INTRODUCTION
Accueilli avec la plus parfaite courtoisie parmi les assistants du deuxième Institut anatomo- pathologique de Budapest, nous avions le plaisir de participer à leurs travaux, lorsque notre maître et ami, M. le professeur Pertik, chef du service, nous fit un jour l'honneur de nous confier pour un examen histologique détaillé, deux tumeurs du corps thyroïde qu'il avait tenues en réserve, parce que les préparations extemporanées les avaient révélées comme sortant du cadre ordinaire.
Nos premières coupes nous convainquirent en effet, que nous étions en présence de deux cas anormaux ; l’architecture de ces tumeurs, leur morphologie cellulaire, la présence d'éléments inattendus, ne nous permettaient pas de les classer immédiatement et sans autre formalité.
Nous avons fait alors de nouveaux prélèvements dans les points les plus variés de nos pièces, étudié différents organes du cou aux fins de comparaison, et bâti une série d'hypothèses pathogéniques, dont la discussion et les résultats font l’objet de ce travail.
Une de ces hypothèses, relative à l’origine basocellulaire de nos tumeurs, nous a conduit à exposer dans son essence la théorie des carcinomes d'origine basale, encore peu répandue en France, et due à M. le D' Krompecher.
L'interprétation de l’un des deux cas par celle théorie ne
sera peut-être pas acceptée dès l’abord par les anatomo-
CLR
pathologistes ; mais nous serons bien récompensé de nos efforts, si les nouvelles recherches de contrôle et de critique qu'elle provoquera, contribuent à leur tour à étendre le domaine encore relativement restreint des tumeurs d'origine basale.
Avant d'aborder notre sujet, nous tenons à exprimer à M. le professeur Pertik, notre reconnaissance pour le précieux matériel qu'il nous a confié, et le secours qu'il a toujours été prêt à nous donner. Nous remercions M. le D° Krompecher, privat docent, et adjoint du Laboratoire, des attentions qu'il a eues sans cesse à notre égard. M. le Dr Balogh, assistant, a été notre auxiliaire dans différentes recherches ; nous lui gardons un souvenir affectueux.
Enfin M. Szabo a exécuté nos dessins avec une exactitude el une finesse tout à fait remarquables,