CHAPITRE PREMIER
Observations cliniques et procès-verbaux des autopsies (1).
Gas noie
1° Observation clinique. — Charles W..., 60 ans, garcon de café, entré dans le service de médecine de M. le professeur Koranyi, le 3 mars 1903, mort le 22 mars.
a) Commémoralifs. — Antécédents héréditaires nuls. Le malade ne se souvient pas avoir eu d’autres maladies, qu'une syphilis à 23 ans, qui, traitée dès l'apparition des accidents secondaires par les frictions mercurielles, ne reparut jamais. Il a abusé de l’alcool et du tabac.
l'y a 4 mois, il remarqua pour la première fois une gêne de la respiration qui augmentait par l'effort, la marche accélérée, les émotions ; au repos la respiration restait bruyante, Pourtant il pouvait continuer son travail habituel.
Il y a 3 mois, survint un enrouement qui persiste depuis ce temps. Pas de douleurs locales, niirradiées.
Il y a six semaines accès de dyspnée extrêmement grave, mais le paroxysme se dissipa spontanément au bout d’une heure.
(1) Nous sommes heureux de pouvoir remercier ici MM. les Professeurs Koranyi et Navratil de l’extrème obligeance avec laquelle ils ont mis à notre disposition les observations cliniques de leurs deux malades.
Le protocole des autopsies a été relevé dans les registres de l'Institut anatomo-pathologique et abrégé dans ce qui n'avait pas d'intérêt pour nous. Les deux tumeurs sont conservées dans leurs rapports avec les organes du cou au Musée du Laboratoire.
b) £lal actuel. — Le malade est de moyenne stature, bien développé, mais amaigri. Système osseux intact. Peau et muqueuses saines ; les lèvres un peu cyanosées, les pupilles moyenmement dilatées réagissent normalement.
Le lobe droit de la glande thyroïde est augmenté de volume. Pas de ganglions. Cage thoracique bombée, respiration à type thoracique (20 par minute).
On ne sent pas la pointe du cœur. Pouls assez tendu, à 78. Déglutition libre, fonctions digestives normales, rien dans la cavité abdominale.
Percussion. — Submatité dans la moitié interne de la région sous-claviculaire droite,matité au-dessus de la poignée sternale. La matité cardiaque s’étend en dehors jusqu'à un doigt de la ligne du mamelon.
Auscultation.— Deuxième bruit aortique, légèrement accentué.
Respiration rude aux sommets (?), difficile à apprécier à cause du bruit laryngien.
Urines. — Jaune clair, acides, P. S.:1018.Ne contiennent rien d’anormal, pas d'albumine. Quantité 1.200 centimètres cubes.
Examen laryngoscopique. — Excursions très imparfaites de la corde vocale inférieure droite. Trachée comprimée d’avant en arrière et de droite à gauche. On devine une masse néoplasiqué sous la muqueuse trachéale du côté droit.
Etat du sang. —- G. R. : 4.600.000 : G. B. : 11.000. Les préparations colorées n’indiquent rien de particuler.
Rayons Rüntgen. — À droite de la poignée sternale une ombre, sans pulsalions.
c) Marche de la maladie. — Le 4 mars : traitement arsénical. progressif.
Le 11. — Nouvel examen aux rayons X, pendant lequel le malade subitement cyanosé est pris d’un accès de dyspnée inquiélant.
L'inspiration est longue et pénible. Oxygène.
Le 22. — Accès de dyspnée plus violent, spontané. Cyanose, tirage. Mort.