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Il est en effet incontestable que les lésions rénales aggravent souvent ou provoquent les troubles cardiaques ; l’adultération du myocarde n’est pas moins importante. Bref, les lésions rénales ou myocardiques entraînent presque fatalement l’asystolie et souvent la mort de la femme.
CONC LUSION
Il faut certainement tenir compte des causes d’aggravation possibles des cardiopathies pendant la grossesse ; ce sont l’âge, la multiparité, le surmenage physique, les déviations de la colonne vertébrale, les grossesses multiples, les maladies aiguës ou chroniques, les accidents gravido-cardiaques. |
Mais il faut aussi se rappeler les nombreux cas où l’influence réciproque de la grossesse et des maladies de cœur s’est montrée nulle ou presque nulle. On permettra alors le mariage et les grossesses si le myocarde et le rein sont sains ; s'ils sont lésés, on portera tout au moins un pronostic très réservé, car alors la vie : de la mère et aussi celle de l'enfant pourront être gravement compromises par l'apparition d'accidents gravido-cardiaques.
Dans tous les cas, avant de se prononcer, on devra se rendre compte de l’état actuel du myocarde et des reins par l'examen attentif de ces organes et par l'analyse des urines. Les antécédents devront aussi être fouillés scrupuleusement ; ils nous renseigneront sur l’état antérieur du myocarde et du filtre rénal. Si: des troubles asystoliques se sont déjà montrés avant le mariage ou aux grossesses précédentes, on doit prévoir que la résistance de la fibre cardiaque ne sera pas indéfinie ; il en sera de même pour des lésions rénales antérieures graves. Dans ces deux cas seulement, on devra s'opposer formellement au mariage, ou, s’il s’agit d'une grossesse, porter un pronostic très grave.
Let L AE
Si, au contraire, la compensation existe, si auparavant la cardiopathie ne s’est traduite par aucun trouble important, si le filtre rénal fonctionne bien quantitativement et qualitativement, on n’a pas le droit de défendre aux cardiaques le mariage ni la maternité, et on ne doit pas s’opposer à ce que la mère nourrisse son enfant de son propre lait.
En résumé, le pronostic ne doit s’établir qu'après un examen complet de la malade, et n'est pas, dans la généralité des cas aussi grave que quelques auteurs l'ont pensé.