‹ Cardiopathies Mitrales et GestationChapitre 10 sur 53 · ÉTUDE CLINIQUE · texte numérisé non relu

ÉTUDE CLINIQUE

L'étude clinique, que nous avons pu faire de l'évoiution des cardiopathies mitrales a porté sur 172 observations, recueillies en 10 ans de fonctionnement de la Clinique Baudelocque (1920-1929).

Suivant la méthode que le P' Couvelaire avait suivie eñ 1929 pour son travail sur celte question, nous avons divisé nos observations en trois grandes catégories.

1° Dans la catégorie À, nous avons groupé les cardiopathies mitrales, sur lesquelles une ou plusieurs gestations n'ont déterminé aucune aggravalion,ni même l’accentuation de symptômes fonctionnels banaux.

2° Dans la catégorie B, il s’agit de cardiaques ayant présenté au cours de la gestation des accidents légers sans gravilé,n’ayant nécessité comme thérapeutique que certaines prescriptions hygiéniques générales.

3° Dans la catégorie G, enfin, ce sont les cardiopathies ayant entraîné des accidents sérieux, qui ont pu dans certains cas conduire à l’avortement thérapeutique.

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PEUT 1° Catégorie À

Dans cette première catégorie, où nous avons pu retenir 73 observalions de cardiopathies mitrales (rétrécissement mitral, insuffisance mitrale et maladie mitrale) il s’agit de malades ayant pu mener à terme ou près du terme, sans présenter aucun accident une ou même plusieurs gestations :

— Cardiopathie souvent latente, découverte souvent au cours d’un examen médical fortuit, pratiqué systématiquement pendant la gestation ;

— Cardiopathie bien compensée, s’accompagnant d’un minimum de signes fonctionnels (dyspnée d’effort, palpitations) que la gestation n’a pas modifiés) ; |

— Ges 73 cas représentent le pourcentage de 42 % de la totalité de nos observations de cardiopathies mitrales.

En examinant ces 73 cas de plus près, nous avons pu vérifier le rôle important, que l’on doit toujours faire jouer, quand on établit le pronostic de l'association cardiopathie-gestation, à deux facteurs importants :

— la variété de la lésion ; — la parité.

La varieté de la lésion : Dans ces 33 observations

nous relevons :

28 insuffisances mitrales sur 41 ; 33 rétrécissements mitraux sur 90 ; 12 maladies mitrales,.sur 41.

Ces chiffres, en ne leur accordant que leur valeur

toute relative, ainsi qu’on doit toujours le faire, quand on s'adresse à une stalistique, vérifient déjà, ainsi que nous le verrons plus loin, quand nous étudierons les accidents sérieux, la gravité croissante de l’insuffisance mitrale, du rétrécissement mitral, el de la maladie mitrale.

La Parité. — Nous relevons de même, quand nous étudions le nombre des gestations qu'ont eues les malades :

k1 primapares sur 84 ;

11 secundipares sur 33;

11 tertipares sur 27;

5 quartipares sur 14; 5 femines ayant eu 5 gestations, et plus sur 14.

Il est évident de même en examinant ces chiffres que le pourcentage de gestations admirablement supportées est supérieur chez les primipares, que chez les multipares.

Nous avons enfin noté, en examinant ces observations, que dans 3 ou 4 cas, la gestation avait entraîné, et dès son début, une sédation des symptômes fonctionnels, dont se plaignaient habituellement Îles malades: disparition de leur dyspnée d’effort, disparition des palpitations.

Dans ces cas peu nombreux, il est vrai, la gestation semble régulariser un système vago-sympathique, normalement légèrement troublé, (perturbation neurotonique), dont ces symptômes ne sont souvent que la simple expression, en dehors de toute insuffisance myocardique.

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2° Catégorie B. Accidents légers

Nous avons rassemblé dans cette catégorie d’observation, les gestalions ayant présenté des accidents légers que Porak avait décrits sous le nom de 7roubles de l’Innervation Cardiaque.

Là encore on doit envisager les deux notions précédentes :

La varielée de la lésion. — Nous trouvons :

7 insuffisances mitrales sur 41;

29 rétrécissements mitraux sur 90;

12 maladies mitrales sur 4r.

Ces accidents légers se rencontrent donc avec une égale fréquence quand il s’agit de rétrécissement mitral ou de maladie mitrale. Ils sont beaucoup plus rares dans l'insuffisance.

La parité : Nous trouvons:

24 primipares sur 84 ;

10 secundipares sur 33;

6 tertipares sur 27; 4 quartipares sur 14 ; 4 femmes ayant eu 5 gestations et plus sur 14.

Ces accidents légers à l'inverse de ce qui se passe pour les accidents sérieux, comme nous le verrons plus loin, s’observent avec une fréquence sensiblement égale, chez les primipares et chez les multipares.

L'apparition de ces accidents légers est dans la règle extrêmement précoce : c’est souvent dès le premier

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\ mois de la gestation, alors que la malade ne se sait : pas encore enceinte qu’elle présente une exagération des symptômes fonctionnels cardiaques habituels, ou l'apparition.de ces symptômes jusque-là inconnus.

Cette augmentation de ces troubles fera parfois le diagnostic de gestation, avec un retard de règles souvent insignifiant, Retenons bien la précocité de ce début, alors qu’on ne peut invoquer pour l'expliquer, ni l’augmentation de travail du cœur, ni la gêne fonctionnelle de l’utérus gravide.

On peut vraiment dire que chez certaines cardiaques l’exagération de la dyspnée d'effort, par exemple, mérite de rentrer dans la catégorie des troubles gravidiques, dits sympathiques au même titre que les troubles digestifs. 6

Cette dyspnée d'effort, en effet, constituant un signe souvent banal, chez une femme atleinte de lésion mitrale, va souvent s’exagérer dès le début de la gestation, rendant rapidement le moindre effort, la moindre fatigue, extrêmement pénibles. A elle seule, c’est un accident léger et sans aucune gravité: mais elle doit retenir l’attention du médecin, et faire rechercher des signes de défaillance myocardique, surtout comme nous le verrons plus loin, quand elle s'accompagne de dyspnée de décubitus soit permanente, soit à type de pseudoasthme. Il s’agit dans ces cas d’accidents sérieux, que nous retrouverons dans la catégorie C.

Il en est de même des palpilalions « battements de cœur sensibles et incommodes pour la malade », symptôme courant au cours des cardiopathies mitrales,

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