‹ Cardiopathies Mitrales et GestationChapitre 11 sur 53 · ADR · texte numérisé non relu

ADR

pouvant même s’observer en dehors de toute lésion cardiaque. Leur exagération est un symptôme sans gravité intrinsèque, mais il faudra s'assurer ‘que derrière ce symptôme purement fonctionnel, il n'existe pas de troubles du rythme, traduisant une perturbation de la conductibilité cardiaque : instabilité cardiaque avec tachycardie au moindre effort, extrasystolie, tachycardie paroxystique, ou même arythmie complète. Nous retrouverons d’ailleurs ces deux dernières complications dans les troubles sérieux des cardiopathies. Il découle de ceci l’utilité de contrôler toujours les symptômes fonctionnels, qu'accase la malade, par une étude clinique attentive du rythme cardiaque, contrôlée au besoin par l’électrocardiopathie.

Les algies cardiothoraciques, enfin, fréquentes chez les mitrales, peuvent être exagérées pendant la gestation, et souvent extrêmement précocement.

Il en est une notamment spéciale au rétrécissement mitral, et sur laquelle Vaquez a insisté, c’est le point de côté auriculaire gauche, ‘point douloureux postérieur. Il peut s’exagérer au cours de la gestation; il faudra avoir l'attention attirée sur cette exagération, traduisant souvent une augmentation de la dilatation normale de loreillette gauche, et la contrôler par des examens radiologiques qui devront être répétés.

Ces accidents, légers en apparence, devront toujours retenir l'attention du médecin, qui surveillera le cœur d’une femme enceinte; leur exagération devra toujours être redoutée. Car, si comme nous le verrons en esquissant la pathogénie, ces troubles légers semblent relever

simplement de la perturbation endocrino-sympathique, que réalise la gestation de l’auto-intoxication gravidique, il faut craindre toujours l’insuffisance myocardique. C’est dire toute la nécessité d'examens cliniques et radiologiques répétés : surveillance du rythme cardiaque et de la tension artérielle, dépistage de la dilatation exagérée de l’oreillette gauche et de son retentissement sur les cavités droites. Ilen découlera un double intérêt à la fois pronostic et surtout thérapeutique : car si certains troubles légers paraissent en rapportuniquement avec la perturbation neurotonique, ne sont justifiables que d’une thérapeutique puremgnt sédative et calmante, d’autres plus sérieux, relevant d’une insuffisance myocardique” nécessitent une thérapeutique tonicardiaque active.

Ces troubles peuvent d’ailleurs rester très légers pendant toute la gestation: il faut toujours craindre leur exagération au moment de l’accouchement et prophylactiquement prescrire dès le début du travail des tonicardiaques.

Ils disparaissent ou régressent le plus habituellement pendant les suites de couches, et il est exceptionnel que leur persistance ou leur réapparition nécessitent une thérapeutique active d’une part, et la cessation de Pallaitement d’autre part. ;

3° Catégorie C. Accidents sévères

En dehors des cas nombreux, où la gestation n’entraîne que peu ou pas de troubles cardiaques, il en est d’autres dans lesquels elle se complique d'accidents sé-

= sp 2

rieux, passibles d’une thérapeutique active, et qui justifiaient aux yeux de son auteur l’aphorisme classique de Peter.

Leur fréquence est- assez élevée ; nous en avons relevé un total de 5r cas, sur 172 observations, soit un taux de 30 %.

L'influence de la parité sur leur production est nette, ce sontles multipares qui leur paient le tribut le plus lourd : en effet, notre statistique montre que les accidents graves ont atteint :

19 primipares sur 84 ;

11 secundipares sur 33 ;

10 tertipares sur 27 ;

5 quartipares sur 14 ;

5 malades ayant eu 5 gestations et plus sur 14:

La variété de cardiopathie mitrale n’est pas non plus indifférente : c’est une notion classique que la maladie mitrale est la plus dangereuse des lésions valvulaires ; elle se trouve confirmée une fois de plus par les chiffres suivants :

6 insuffisances mitrales sur 4r ont présenté des accidents ;

28 femmes atteintes de sténose pure sur 90;

17 malades atteintes de maladie mitrale sur 4r.

Les accidents sérieux dont il s’agit sont d’origine d’allure clinique et d'évolution variées. Selon leur évolution, il est possible de les scinder en deux groupes :

[. — Accidents à évoiution subaiguë ou chronique.

Il. — Accidents à évolution aiguë (œdème aigu du poumon).

= 98 — I. — Accidents à évolution subaiguë ou chronique

Une telle classification est en réalité moins arbitraire qu’elle peut ne le paraitre de prime abord.

Le groupe des accidents à évolution subaiguë ou chronique, si riche soit-il, ne comprend que des manifestations liées à une insuffisance cardiaque, notamment à une insuffisance du cœur droit, d’allure subaiguë ou chronique, telles par exemple celles qui traduisent la stase et l'hypertension pulmonaires.

Laissant pour la fin de ce chapitre quelques faits d’arythmies extra-systoliques, autres que l’arythmie complète nous n’aurons tout d’abord en vue que la majJorité des cas, ceux de défaillance cardiaque.

Page 1