SOUS UN TABLEAU DE SAINT BENOIT
Le visage éclairé par des prunelles d'aigle ; En un silence auguste et comme égyptien, Portant sur tes genoux l'irréfragable Règle ;
Bénissant d'une main rigide, sans que rien Dérange dans ses plis ta grande serge obscure ; Assis mystiquement sur un fond d'or ancien.
Tu saisis l'Avenir que, d'avance, inaugure La vision présente à ton regard savant, Patriarche voilé, solennelle ti;iure !
Dans ses hauteurs l'Esprit t'a retiré vivant ; Et, ne respirant plus pour les choses mortelles, Qui sont misère et nuit, qui sont poussière et vent!
Autour de toi sentant passer les souffles d'ailes Des farouches Chérubs, tout couverts d'yeux ardents. Épris d'aller où sont leurs Légions fidèles.
Loi des Contemplateurs, Guide des pénitents, Tu suis le cours des flots épanchés de ton urne, Aux lointains horizons de l'Espace et du Temps,
Miséricordieux, sévère et taciturne.