AU SEUIL DIVIN
0 pauvre conquérant, de qui l'orgueil abdique C'est d'un rêve dégu, c*esl d'un espoir tombé, Que tu portes sur toi le poids mélancolique, Marchant ainsi, ce soir, en silence, et courbé.
Hier, les horizons de la menteuse vie Avaient pour ton désir Tappât de Tinconnu. Tu rêvais d'être une âme, ici-bas assouvie : Tu partis !... maintenant te voilà revenu.
GARMINA SACRA
Comme le voyageur qui n'a trouvé que sables Chercheur d'ivresses, cœur amèrement puni Pour avoir trop aimé les beautés périssables, Tu sais quelle tristesse est au fond du fini.
Tu vois qu'il faut mourir aux erreurs infécondes ; Et que, pour t'apaiser, tu traînerais en vain, A travers tout l'espace, et de mondes en mondes. L'ardent gémissement de ton grand vide humain.
Laisse-toi pénétrer par ces ombres sereines : Ne sois plus ce passant qui va, le coeur plaintif. Savoure la douceur d'avoir brisé tes chaînes, Toi qui te croyais libre, et qui vivais captif.
Le vent mystérieux, étouffant son murmure, Le vent calme, venu du firmament profond, Est comme le baiser de l'immensité pure, Qui, pour te rassurer, se pose sur ton front.
Tu connaîtras l'attrait de la Beauté suprême. Tais-toi, ferme les yeux, prête l'oreille, entends : Voici le Dieu caché, qui te parle en toi-même, Voici la grande Paix, qui t'appelle, au dedans.