‹ Carmina sacraChapitre 5 sur 36 · JOUR DE PLUIE · texte numérisé non relu

JOUR DE PLUIE

A Fernand Hayward.

Hier le grand soleil, dans sa gloire emportait

La troupe légère des Heures; Hier un chant sonore et spontané montait

De mes cordes intérieures.

Elles disaient l'éclat de l'éther rayolinant :

L'Inspiration descendue, Ardente, avec un son d'ailes d'or ! Maintenant

Mon âme est froide, détendue.

0 Duages cruels, nuages dont le poids

Pluvieux opprime nos têtes, Le chanteur qui, par vous, est demeuré sans voix,

Se plaint du mal que vous lui faites.

Ah I vienne brusquement, ah I vienne véhément

Le vent î Que sa course affolée, Comme un grand aigle fou, batte le firmament,

Noir sur la muette vallée.

Tel je parle, cherchant longuement du regard Un peu d'azur libre et limpide;

Puis détournant mes yeux de l'espace blafard : Et tandis que, stérile, vide.

Le jour aux pieds de plomb s'éloigne lentement,

Avec tristesse, en vain, j'épie Dans tes fibres l'éveil d'un seul frémissement,

0 profonde lyre assoupie 1

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