‹ Carmina sacraChapitre 4 sur 36 · LE VENT DANS LA NUIT · texte numérisé non relu

LE VENT DANS LA NUIT

A Corrado Zacchelii.

Après régareraent d'une course féconde, Mes yeux sur ie couchant se fermaient éblouis. Pourtant ses jours si purs, que la lumière inonde, Ne valent pas les soirs de ce divin pays.

Je me suis incliné vers l'ombre inspiratrice Elle comble de paix le creux du val dormant. Nul souvenir amer, plus rien qui me meurtrisse . Je sens mon cœur léger palpiter doucement.

22 GARMINA SACRA

Je m'abreuve à ce lait, qui de Téther ruisselle : Cette nuit, c'est la nuit que j'aime, avec son goût De nectar, son odeur d'ambroisie immortelle... Mais voici que le vent s'est levé tout à coup !

Dans l'incessant retour d'une éternelle fuite, Je l'entends qui gémit, puis qui semble parler : D'un souffle impétueux, on dirait qu'il agite Les astres glorieux, et qu'il les fcdt trembler.

0 vent sombre, emplissant d*une angoisse soudaine Cet horizon désert, par tes ailes battu, Toi qui vas des sommets endormis à la plaine, De ta voix fatidique, ô vent, que me dis-tu?

Fendant Pair de ton vol indomptable et sonore, Et faisant retentir dans mon âme des glas, Parles-tu, vent cruel, de m'emporter encore Vers quelque ciel lointain que je ne connais pas ?

0 vent mélancolique, ô vent plein de mystère, Qui troubles cette nuit le silence étoile, Laisse-moi, laisse-moi, car c'est ici la terre, Où je veux~longtemps vivre, et mourir cnn<nl«4.

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