‹ Carmina sacraChapitre 7 sur 36 · VERS DORÉS · texte numérisé non relu

VERS DORÉS

A Agenore Frangipani.

En regardant, penchés tous deux à la fenêtre,

Le splendide Hespérus auprès du croissant naître.

Et la nuit envahir les monts silencieux,

Nous nous sommes remplis de la vertu des cieux

11 est temps d'allumer dans la calme demeure

Ces lampes, que ta main ranime d'heure en heure.

Tout nous délivre ici des liens du réel :

Ce jour tranquille est comme un jour surnaturel.

On dirait que l'on voit, il semble qu'on entende

La Muse s'avancer, grave, sereine et grande !

Et toi, ne sens-tu pas jusqu'à ton front monter L"ardente émotion d'un cœur qui va chanter? En méditant je suis ton âme qui s'éveille, Ton âme frémissante, à mon âme pareille. Tu chanteras : oui, c'est ton redoutable sort. Ah ! puissent tes accents, triomphant de la mort, Dans l'avenir unis à mes sonnantes rimes Remplir ceux qui viendront d'impressions sublimes 1 Mais il faut, d'un labeur âpre et mâle, payer D'avance la future ivresse du laurier.

Rien de beau, rien de grand, qui ne soit difficile. Aux rigueurs de l'art pur prête un esprit docile; Crois-en laîné mtiri qui, jamais, ne te ment : Sois sévère à toi-même, et pour que, longuement. Ton effort inspiré près du mien se soutienne, Rapproche, Agenore, ta lampe de la mienne.

CHANTS d'oMBRIE ET DE TOSCANE S3

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