‹ Carnaval est mort: premiers essais pour mieux comprendre mon tempsChapitre 52 sur 56 · LE VOYAGE EN ITALIE · texte numérisé non relu

LE VOYAGE EN ITALIE

Quand je suis parti pour l'Italie mes amis m ont fait bien de l'honneur ; ils m'ont dit : nous espérons que vous nous rapporterez de belles paroles sur ce pays. Nous sommes curieux de savoir comment votre esprit vif et neuf se sera assimilé la beauté de 1 art italien.

Mes amis, je suis bien entré dans les musées, dans les églises, dans les palais. J'ai vu bien des œuvres devant lesquelles mon esprit a plié et adoré. Mais cela restera, s'il vous plaît, un secret entre mon esprit et moi.

Je ne vous raconterai pas plus ces choses, que je ne vous introduis avec moi dans mes nuits d'amour, pas plus que je n ai hâte que la symphonie soit exécutée pour aller vous communiquer les idées ingénieuses qu'elle a fait naître en moi.

Mes amis, je ne suis pas de cette trempe-là. Et si vos yeux sont bons, reconnaissez un jour en moi et dans mes écrits ce que je pense des Adorations, des Annonciations, des Transfigurations, des Crucifiements et des Dépositions. Ce sera votre part du travail, votre façon de faire le voyage, et la plus profitable pour vous.

Moi je vais vous entretenir en effet de ce que j'ai vu de beau en Italie : c'est le spectacle d'une société d'hommes et de femmes luttant de toutes ses forces pour une vie plus haute, plus digne et plus sûre. Voilà la vraie Adoration, la vraie Annonciation, la vraie Transfiguration. Et c'est dans le combat de tous les jours, soutenu par les sociétés d'hommes et de femmes que j'ai vu les plus grands Crucifiements, que j'ai assisté aux plus émouvantes Dépositions.

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