DE L'UNIVERSALITÉ
Les Italiens de cette époque, semblables à ce qu'ont pu être les hommes de la Renaissance. J'ai souvent rêvé d'être écrivain ou philosophe dans un petit pays ou bien un pays neuf où il y a tout à faire.
DE LA DURÉE. ET AUTRES RÉFLEXIONS
La multitude des gens de talent qui encombrent tous les chemms jette, chez nous, dans la spécialisation et dans le scepticisme. Dans l'exigence aussi, ce qui est notre revanche.
Mais que penser d'un Prezzolmi, d'un Papini, d'un Croce qui savent que tout ce qu'il leur plaira de dire à leurs concitoyens sera révélation pour eux ? Quelle excitation pour l'esprit.
Un homme de la Renaissance, il lui fallait un an pour apprendre tout ce qu'il y avait de Mathématique en son temps, deux mois pour la Chimie. S'il apprenait presque autant de chimères et d'erreurs que de faits, c'était affaire à la robustesse de son esprit de s'en accommoder. Au moins pouvait-il embrasser le monde connu et le contenir en soi.
J'imagine que dans une ville comme la Florence de 1480, tout ce qu'il y avait de savants, peintres, architectes, ingénieurs et moines émdits pouvait tenir dans une échoppe de perruquier. Quelle Académie divisée en sections vaudra jamais une pareille boutique ?
Cela revient-il à dire qu'une demi ignorance est préférable pour des esprits vivants à trop d'information ? C'est possible.
Tout au moins dirai-je que si la science est le contraire d'un obstacle à la spontanéité de l'esprit, l'information, — cette science des petits esprits, particulière à notre époque, — en est un sous lequel il est difficile que le courage ne plie pas.
(Janvier 1914.)
APPENDICE