‹ Carnets de voyage;Chapitre 27 sur 47 · Examinateur à l'École navale · texte numérisé non relu

Examinateur à l'École navale

l'ordre et de riinité, bref, les idées de Bossuet, sont gauloises et aussi latines. M. Lerambert dit que leurs élèves recrutent de plus en plus la marine et l'armée; personne ne peut leur faire concurrence, cai* ils donnent l'éducation, non à la masse et d'une façon générale comme nos professeurs de lycées, mais à chacun individuellement, appropriant l'éducation à l'élève. Il> se font des amis de chaque jeune garçon; chez eux, le maître, délivré des soucis de la famille, n'a plus que l'esprit de corps; tout son effort, toute sa pensée est dirigée vers les succès de l'institution, et, n'ayant pas de foyer, il reporte ses tendresses ou ses amitiés vers ses élèves; il est paternel. Voyez le témoignage que Lamartine leur rend et la comparaison qu'il établit entre leurs institutions et les collèges. Le jeune homme leur échappe, de vingt à trente-cinq ans, au contact de Paris, des journaux; mais il leur revient sitôt qu'il se marie, qu'il a du bien, qu'il veut faire élever ses enfants; d'ailleurs la femme y pousse. Ils savent bien que les affections, les souvenirs d'enfance, les intérêts sont plus forts que les idées pures ; c'est un accès

qui doit passer; ensuite l'homme suit la pente qui le ramène dans leurs hras. Même, la moitié du temps il leur reste; il J a si peu d'esprits quisoient serviteurs des idées pures ! Etcombien peu de jeunes officiers lisent ou pensent par eux-mêmes ^ Toutes les attaches de famille, de relations les retiennent. « Ce serait faire de la peine chez moi, j'aime mieux ne pas lire, penser à autre chose, aller dans le monde, m'amuser. »

1. Celui que je voyais ici l'an dernier et qui me parlait du livre de Renan, s'accrochait à ce mot de « roman » par lequel on a essayé de discréditer l'ouvrage.

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