‹ CarnotChapitre 12 sur 42 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Carnot au Directoire exScutif.

La conscience de Carnot etait affranchie par la publicite de sa pensee sur l'etablisse— ment du pouvoir directorial ; son opinion per— sonnelle ftechit religieusement devant Popinion commune. La Constitution nouvellement ac— ceptee par la majorite de la nation , devint son Code politique. Cette fois encore , il ne futpas to contradiction avec lui-meme , en acceptant la place eminente de directeur, s'il est de— montre vrai que les besoins et les vceux pu— bHcs l'y appellerent; et cette demonstration resultera de faits trop reels.

Le gouvernement directorial ne lui parais-

sait pas le meilleur possible ; mais il savait

• qu'on n*arrive que par degres k tous les genres

de perfection : ce qu'il savait par-dessus tout >

c'est qu'il se devait sans reserve a la patrie* Le

. ( 55 ) f&aQieur deja la fi appait ; de plus grands man* la menaqaient encore. L'eloignement de Carnot pour les hautes fonctions publiques, eut &e Wamable dans les momens de danger , un coeur citoyen s'abandonne au travers des perils , k sa pente naturelle. Ce gouvernement , d'ailleurs , n'etait ni dans 1'ensemble , ni dans les details de son origine et de son organisation , ni dans la combinaison de Pune et de 1'autre , en opposition ayec les principes consacres par Pexercice des droits originaires des peuples; il ne devait pas etre , par son essence , tyrannique et oppresseur. Si de grands maux en decoulerent , ils fuient inherens , et par exclusion T h ses elemens intimes. II est des hommes si pleins de poison , qu'ils corrompent les institutions les plus utiles. On nedutpass'etonner si les operations de ce Directoire fatal furent si souvent empoisonnees par la suite, dans leur masse et dans leurs fractions.

- La nouvelle organisation publique, connue sous le nom de Constitution de Pan 3 , fiit divisee en deux pouvoirs , le legislatif et Pexecutif ; et le premier de ces pouvoirs , en conseil des cinq-cents et conseil des anciens.

Quatorze departemens appellerent Carnot h cette assemblee legislative (4); il y prit place parmi les anciens. II fut d'abord le point d'appui

( «6 ) de ceux qui , plains du desir de voir rdorga*

wiser la victoire , que depuis sa retraite,

Pinsuffisgut comite de salut public avait laisse

^'eloigner de bos drapeaux , comptait sur lui pour Py rappeler ; mais les prejuges de cette multitude implacable qui repoussait , sans examen, tout ce qui avait tenu au comite de salut public , form&rent contre lui , dans les conseils , una opposition menagante , et Le-* tourneur lui fat prefere.

iS^ey**, doni la prudence Ait raiement en defaut, avait rami les suffrages. Le moment ne lui parut pas opportun : il refusa alors , ce qtfil accepta depuis , de Berlin , oil il etait en ambassade.

• Les suffrages <fe tous se rfupirent sur Camot. Les besoins de 1'Etat , sous les rapports milltaires surtout, avaient vaincu toutes les repugnances, surmonte toutes les preventions contre son inflexible probite , et Son patriotism^ indomptable. Le besoin en rendit le choix neoessaiie. Le cbemin de la victoire etait abstroe devant nos guerriers : l'imperitie de quelques chefs , malfaisans , meme dans leurs elans pretendus patriotiques , leur en avait fait perdre la trace, Manheim itait 4vacud: y la lev4e du sidge de Mayence itait opSrSe : Pennemi avait pris I 9 offensive eur la rive gauche du

Rhin: les furies de la Vendie leurs feux dSvastateurs : la Hollands itait menacSe cPune descente , et Varmie de la rdpublique ne pouvait plus, que difficilement , garder la defensive sur les fronts res de PItalie.

Carnot accepts. II brava les dangers dont il etait averti par sa prevoyance ; danger redoutable en raison de l'irritation de quelques homines passionnes qui avaient et£ rappeles de leur mission dans le Midi , ou , par des exc&s de tout genre , ils araient souille le caract&ie augoste dont les honneurs etaient descendus jusqu'k eux

Les commencemens de la reunion des cinq directeurSy toute incoherente qu'elle £tait, furent heureux. Nulle dissidence apparente ne per^ait It trayers les elemens heterogfenes dont die etait composes Les charges de 1'administration firrent partagees ; la division en fut faite de raaniere quet&aque directeur charge specialement de parties distinc(es , le directoire ne put etre trompe ni par les infidelites , ni par les artifices des ministres. La justice , les finances , les relations exterieures furent les attributions de l'un; la marine et les colonies celles d'un autre; la police fut confiee k un troisi&me; 1 'instruction publique, les sciences, arts et

(58) manufactures furent le domaine d'un quatrieme ; 'et Carnot eut uniquement et exciusivement k I regler tout ce qui etait relatif a la guerre (5).

Quant au placement et a la surveillance des egens du gouvernemenf , ils se partagerent le territoire. Reubell eut PEst , Rdveillibre

FOuest, Bar r as le Midi, JLetourneur le milieu de la France y et Carnot le Nord.

Unis dans Pintention et Pexecution de leur systeme administratif , cette union se fitreniarquer dans leur message aux conseils , lors de la dissolution du Club du Pantheon , en ventose AN 4. Sur C importance de cette mesure et sur le disir de combattre toutes les factions , tous les membres du directoire sont unantmes , disaient-ils. On sait que la reunion du Pantheon avait pour but la resurrection de la Constitution de 1793^ . Les rapports relatifs aux armees s'etaient faits jusqu'alors a la tribune ; Carnot proposa et obtint d'en consigner totis les hauts faits dans un journal. qui portegait peurtitre, Journal des DSfenseurs de la Patrie : il en surveilla la redaction jusqu'apres la signature des preliminaires de LSoben. Ce journal fat le signal flectrique de grandes actions.

Une trame fut ourdie contre le directoire. Les conjures du camp de Grenelle devaient en mas-

(5 9 ) sacrer les membjfes. La conjuration eclala ; et ce jour Ah meme deux d?entr*eux etaient, l'un k Surenne , et l'autre k Arcueil. Aucune mesure lz'etait prise pour dejouer les factieux; lehasard sauva ceux qui £taient restes au Luxembourg ; Carnot etait du nombre.

Habilement aide par le ministre Cochort ,

Carnot decouvritles pro jets des B rot tier, Lavil-

leheurnois , etc. ; ils fiirent condamnes , comroe

royalistes , k la deportation. Comment se fait— il ,

que peu de terns apres , Carnot et Cochon le

fussent au m£me titre? Une politique atroceet

haineuse a explique cette contradiction insensee.

Lie terns et desbesoinsnouveaux avaient amene

la necessite d'une reorganisation dans 1'armee ,

et cette reorganisation entrainait une grande

reforme. Quelques froisses que dussent en &tre

beaucoup et de grands interets , Carnot la pro-

posa ; elle fut arr&ee. L'immensite des mecon-

tens en rendit Pex£cution penible. Si le direc-

toire eiit pose en principe et pour base de son

operation , que Panciennete devait 3tre observer

dans tous les grades , beaucoup d ? officiers gene-

raux , braves , mais tacticiens , outre ou sans

mesure , Peussent emport£ sur les hommes ha-

biles. Hoche y Moreau , Marceau , Joubert ,

et Bonaparte par exemple , eussent ete ecart^s ,

etc'eutete, sans ntol cdntredit , un qontre-sens

(6o) dans Porganisation militaire. L'ammoshe contre Camot , auteur connu da pro jet , n'ett fat pas moms portee jusqu'a la frenesie , k tet point , que quand il eut &tt arreter par le direetotre , quele commandement en chef d& Parmee d'ltalie serait confie k Bonaparte , on general , comra tout au plus par son nom , que ft tair&i par egard pour sa sottise, se plaignit avec insolence a* directoire de la pr ef ere n ce aocordee sot lui k Bonaparte , denon$a au coipslegislatif celui des ddiecr tears charge speciakment de la pctrtie miHtaire, et n'en renouvda qu'avec plus de fureur ses plaintes et ses menaces , apr&s qu'uis ordie da jour eut fait justice de sa ridicule pretention.

Bonaparte arait repondu k la desaprobation qui poursuivait le ekoix que le drrectoire avatt fait de lui , dis le f5 prairiai suiyant : Parmee franchise sous ses ordres etais entree k F'Sramte.

Ses progrfes devatent etre rapides* Le chateau de Milan ayqit capitale ; le pape obtenu un armistice : et Panaee du Rhin pa&ait ce fleuvepr^S de Strasbourg , tandis que celle de Sambre-et- Meuse le traversal pres de Newied, et s'ayan~ 9ait victfcrieuse vers le centre de Pempire.

Plusieurs princes demand&ient la pais : des treves , des armistices furentconclus avec quelques autres.

Lesarm^deSamla^etr-Meu^eta^

(6i ) etaient pr&s d'op6rer leur jonction sons les nmis de Ratisbonne ; elles allaient donner la main k celle d'ltalie k travers le Tyrol , menace au Nord et au Midi , quand des refers iaattendues (ce serait bieso le cas de dire) , quand des calculs intercssee en suspendirent les triomphes. Un onroge necemment imprime, et dont les assertions n'ont point ete contredite& , a devoile les causes artificieusement perfides de la defection moioentanee de nos annees malheoreoses ; mais la victoiie les attendait k Kell. De fai- Mes retranchemens enveloppant un vieuxfortin demantele, destine seulement&couvrirunpont pendant queLques instans , arret&rent les forces relinks des deux annees imperiales , depuis le devx&mejour complement aire an 4> jusqu'au 21 nivfoe an 5. Des pertes immenses les acea- Uere^t devant /Cell, pendant les quatre mois et demi que dura I'attaqne. A i'aide de la belle defense de nos annees, des secouns considerables fil^rent k l'aimee d'ltalie, et lui assurferent les succes qui la conduisuent aux portes de V forme , & termin^rent la guerre par la signature des preliminaires de pai* k Ldoben, Is 29 germinal an 5.

La pai* etait fiute avec VBspagne et la Prwee. Les belles campagnes des annees 4 «t 5 avaieat assure celle avec ¥ Empire, la

Sdrdaigne , "Naples, Rome y et peut-etre VAngleterre elle-mSme.

Un iitiuveaU systeme gouvernemental en.

rendit la jouissancfe fugitive. La paix ne fut que le bonheur d'un moment. Aux approches du 18 fructidor, tout changea de face. Les malheurs de cette epoque , Pune des plus d&sastreuses dg notre revolution , soht diis a des calculs d'interet et de vanite , dont une main indiscrete a decouvert jusqu'ati totaIj* Le mot de Penigme est en toiites lettres dans un ecrit recemment publie (6).

La dissidence des membres du pouvoir executif entre eux, fut la source et Porigine du peu de duree de la paix. La majorite intereSsee voulait la guerre ; elle voulait surtout les troubles, les agitations que savent mettre k profit les hdmmes corromptis, pour arriver k leur but ambitieux , k Paide de Partifice , j'ai prfcsque dit de la trahison. La minorite voulait la paix , et avec elle Taffermissement du gouvernement etabli , auquel le calme et le repos de la patrie etaient inherens. Carnot et Barthdlemi formaient cette minorite pure.

Carnot etait alors , pour la seconde fois , president du directoire. II determina ses collogues k ordonner la signature de la paix definitive. Les paquets etaient expedies , le courrier parti

pour Bonaparte , stance t en ante , et le lendexuain le hasard fit decouvrir k Carnot le depart d'uii second courrier. II ne dissimula pas son etonnement:onfeignit la surprise. Leministre des relations exterieures entra tout k propos, pour expliquer le depart de la nouvelle dep£che.

Ce ministre fut toujours habile ; et sa reputation ne pourra jamais etre mise en question devant la definition qu'un publiciste a donnee de la politique quand il a dit, qu'elle est Part de tromper les homines , plutot que celui de les gouverner. Ars non tarn regendi, quam fallendi animas.

Gamot , comme president, Pinterrogea , et lui demanda , avec la dignite de sa place , ce que c'etait que le nouveau courrier parti pour Pitalie ? Le ministre balbutia , mais il ne palit pas (la figure des diplomates, par instinct, est immobile). Bientot, rassure contre cette attaque imprevue , il trouva dans le recueil de ses moyens erf reserve , que ce courrier port ait une ampliation d instruction pour la signature du

traits. II n'en etait rien Ce courrier etait

porteur d'un contre-ordre sans ce contre-

ordre , la paix eut ete signee ; et jamais le president du directoire n'a pu m£me soup^onner , que par cette decouverte fortuite, pourquoi la signature de la paix n'ayait pas eu lieu.

€e fat pendant la meroe presidenoe que Camot pranon^a , an nom du diiectoiie execotzf , deux discours icmaiqnaUes.

Le 25 messidor an 5, anniyersaire dn i4 juflkt 1789, on l'entendit s'ecrier an milieu de la minion nationals

« Combien il est doux de celebter le jonr qui <c vit naitre la liberie ! cette liberie sortie du « sein des orages, preservee an milieu detant « d'eeuetls , sanctionnee par tant de vktoires ; cc cetle liberie enfin qui garantit nne constitute tion nouvelle encore, mais dej& eprouvee par cc de si yiolentes attaques , par tant de sourdes <c menees , par de si grands succes.

cc Quel spectacle sublime que odui d'nn peua pie qui, dechire an dedans par une affieuse <sc guerre civile, cerne au dehors par les phaa langes d'une coalition monstrueuse , n'ayant cc k leur opposer qu'une jennesse sans expecc rienoe, chaste neanmoins et disperse tons ses cc ennemis , inonde leurs propres Etats, venge cc son independance , couronne ses triomphes cc par des traits bonorables , et stipule avec a moderation , sur le theatre meme de ses cc victoires , les condition^ de la paix et du repos cc de l'Europe ! voiUrce que peut le genie de cc la liberie : voift ce que peuvent les bras qui cc renverstaent la bastille au i4 juillet

<* Heoreuse si , tandis que la republique nais* tt saute etonnait l'univers par l'eclat de sea « annes, des mecbans suscites par les plus viles <c passions , par la jalousie , par la cupidite , par <c la soif de la vengeance , ne se fussent efforces

<c k Penvi de declarer son sein

« Amis de la republique , voulez-vous Mter <( l'instant d'une jouissance inalterable ? eloi- « gnez de vous ces restes impurs d'une secte « abhorree 5 ces disciples sanguinaires de Ro- <( bespierre et de Baboeuf (7) , qui m£lent incc sollemment leur cause k la votre. »

Le $3 thermidor suiyant , jour anniversaire da / o aout sygs, dans une fSte aussi solennelle, Carnot, toujours president du directoire, disait : <c Un seul lustre s'est ecoule depuis cette grande « epoque , et dejk la rapidite des evfenemens a nous en a separes par des sifecfcs.

<c Pendant ce court intervalle , que de faits « memorables se pressent les uns les autres ! cc que de triompbes ! que de scfenes tragiques ! « quelle reunion de sublime et de faiblesse ! que a de prejuges detruits ! que de talens moiscc sonnes ! que d'efforts combines pour fairer « perir la liberie naissante ! que de yagues bri-

« sees coDhs la volonte nationale ! que de teches

( 66 ) « moyens pour etouffer la republique ! que <fe « vip&es etouffees dans ses bras de geant !

L'honnear , la probite , le desinteressement,

la purete detentions ftucnt toujours antipa-

thiques a la bassesse , a la mauvaise foi , a la

cupidite, k la corruption. Carnot ne pouvait

qu'importnner ses collegues au directoire: sa

perte fat rescue. Dejk , et bien des fois , Cochon y

ministre de la police generate , Pavait engage

& se mefier des assassins y quels que f assent

leurs costumes ; aussi paya-t-il au 1 8 fruc-

tidor, et son invitation k Carnot, et ses de-

couvertes dans les cabinets les plus secrets du

palais directorial.

Le triumvirat etait en gnerre ouverfe avec le corps legislatif. Les amis de la Constitution comptaient , pour la sauver , sur la reunion prochaine de representans moins discordans entre eux et le directoire , quand inopinement , et k Pinsu de Carnot , charge de la partie de la guerre , coutre le texte meme de k Constitution , ime partie de Parmee de Sambre-et-Meuse arriva aux portes de Paris , pour soutenir les vues secretes des directeurs rebelles. Le signal des hostilites directoriales fot des*-lors donne. • Une perfidie profonde ayait mis k profit Pordie intime k Hoche de se rendre personnelle-

toent k Paris. Ce voyage devait avoir pour objet unique,- de concerter avec lui une nouvelle expedition sur VIrlande ; mais aucun ordre legal de faire marcher des troupes n'avait ete donne. Les triumvirs profit&rent de la cir- Constance du voyage de Hoche , pour les diriger vers Paris , k l'iusu de Carnot.

Ayerfi par des lettres d'officiers des colonnes

deja en route , de coibmissaiies , d'officiers mu-

nicipaux qui en temoignaient de l'inquietude,

Carnot n'y crut que quand, apres un sejour

incognito k Paris , Hoche se presenta & lui.

Embarrasse des questions pressantes de Carnot ,

il elu&a toute reponse positive. On feisait ce-

pendant circuler dans Ppris , un ordre signe de

Carnot lui-mepie , qui appelait Hoche aupres

du directoire. Cet ordre lui &ait personnel , et

n' avail aucun rapport k la marche des troupes.

Hoche etait franc y ouvert j il fut humilie da

role abject qu'on lui faisait jouer : 3 fitdfes-lors

declarer aux triumvirs qu'il dirait la v&rite toute

entiere , s'ils ne faisaient cesser sans delai les

bruits deshonorans et absurdes qui circulaient

sur son compte. Ces reflexions parurent imper-

tinentes. Hoche le sut et partit la nuit merae ,

sans conge , sans ordre , pour retourner au del&

du Rliin. II y etait a peine qu'il expira , et

Its vastes desseins dans lesquels, trop tard

pour lui et pour la patrie , 3 avait penetre » fluent tout a coup ensevelis dans sa tombe.

Le plan d'une usurpation entiere des pou— voirs , etait arrete. Avec quelque feinte que fussent accueillis, par la majorite ambitieuse du directoire , les voeux et les moyens de rapprochemeht proposes par Carnot , Barthelemi ^ et quelques membres du corps legislatif , le renversement de la Constitution, des-lors ir*^ tevocablement resohi, la chute de ses defenseurs desinteresses fat juree.

La premiere tentative etait hasardeuse; la premiere barrifere difficile k franchir. Les am— bitieux ne se le dissimulaient pas : mais ren- Versee une fois, les ennemis interieursetexterieurs de la France , ne devaient plus trouver d'dbstacles. un effort d'audace et de corruption enfanta le 18 fructidor , avec tous ses desastres politiques , physiques et moraux.

Les actes d'accusation de ceux qui devaient ensanglanter cette journee et en devenir leg victimes, etaient dresses d'avance. lis etaient d'une atrocite sans exemple, et d'une inconsequence inouie.

Je ne dois pas terminer ce chapitre sans faiit remarquer une bizarre contradiction dans Id supposition des crimes de Carnot. On a hide* puis dans la correspondance de Kinglink{%):

<C Carnot joue au directoire le premier r6te «c dee enrages ». Et plus loin : « Le soldat <c murmure hautefnent de la demission de <c Pichegru ; et s'il en arrivait malheur , oc on e'en prendrait au directoire , et sur-> <c tout a Carnot. j> Et cependant Carnot fiit proscrit comme coraplice de Pichegru dans la conspiration supposee prouvee par les pieces Kinglirik.

Malheureux , vous mentiez & la foule ignorante; mais vous ne mentiez pas a votre conscience > si vous n'en aviez pas etoufie tous les remords.

Jamais Carnot n'eut avec Pichegru , de rapports d'intimite; moins encore des liaisons dandestines. II ne s'agit jamais entre eux , que du service militaire et du bien public, que Carnot ne pouvait , ne voulait pas voir , hors de l'union generale , de Pharmonie universelle entre tous les corps de l'Etat.

Carnot etait entre au directoire > chef de bataillon dans son arme ; et il etait reste a ce grade quand, au 18 fructidor, la proscription s'etendit sur lui si largement.

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