‹ CarnotChapitre 29 sur 42 · COUPLETS BACHIQUES · texte numérisé non relu

COUPLETS BACHIQUES

fcuvONS outre mesure Aux enfans d'£picure ; "Buvons a totis les Fous.

Messieurs les ratsonnables > Allez a tous les diables , Ou trinquez avec nous.

Bien mieux que la physique*] ftotre systeme explique La foudre et ses carreatix.

Quand vous croyez qu*il tonne, C'est que Bacchus entonne Son vin dans ses caveaux.

Noe* , ce joyeux pere , Qui montrait son derriere Quand il avait bien bu , Valait , sur ma parole , Cent fois mieux que le drole Qui rit de Tavoir vu.

Vous avez ltk peut-e'tre Que la Grece vit naitre Le docte Anacreon :

Moquons-nous de Thistoire; Il vauAeaucoup mieux croke Qtt'il etait Bourguignon.

Four triompher des belfe*,.

Pour dompter let cruelles > Avalez du vm vie ax.

Dans l'amoureux mystere, Nous fieri cms de Peau claire Sans ce present des dieux.

Hippocrate radote >

Et sa faculty sotte ,

En parlant du mousseux ;

Narguons leur botaniqucf.

£*est line politique

Pour boire tout entr'eux.

Chaotant riban ribaine, Le boohomree Silene, Vn grand broc a k main , Btavait com me uae epouge* Et valaft , sans mensem ge > Le plus, fier bernardin.

JWais du ciel empyree

La coborte sacree

Sourit a roes accords ;

Je vois , loin de ce monde >

Les dieux , en table ronde>

Partager mes transports*

An marrage d r un de ses freres, il cbanta. Un des> couplets de sa chanson est remarquable; il est Pa band ondu coeur j ii peint les vertus essentielles de sa famille* l'amour a Peprenve , l'union inalterable. Il en est peu ,. dit-on , qui offre a un si beau degre Piirtage des moeuss patriarchates.

PinssiQifS-NOus dans votre minaga Voir regner l'amour et la paix \ Qu'aucun soupcon , qu'aucun nuage Ne vienne l'obscurcir jamais { S'il es\ quelques pleurs a repandre, Pour vous aider nous voilk tous :

L'amitie* fraternelle et tendre Consent a, les verse? pour vous.

Mon Retour a ma ChaumiSrc est Fexpression d'u* ceeur fatigue 1 dc Taspect des vices qui Fentouraient , et dont il ne pouvait ni paralyser les moyens , ni manifester les excea. Il £ta>t membre du Direcloire. L'histoire si deja, devoile les turpitudes de la reunion impie des directeurs contre lesquels Caraot avail sans, eesse a latter. Le sort devait bientot ope>er Is renouvellement d'um cinquieme. Garpot voulait qu'il torn bat sur lui , et le reodit a un, atmosphere plus pur que cclui dont depuis trop loogtems , a son gr^ , il humait Fair infect Lei amis de la patrie se rfunirent pour delourner sa resolution ; elle leur paraissait contraire a Tinteret bien entendu de tous 5 ib ne 1 jugeaient pas aussj bien que lui les £v£nemens. Sa retraite , a cette 6poque , eut enlev6 le pre^ex^e apparent <te la journee du 18 fructidor , bien moins fa tale a Carnot qu'k la. France. C'est au milieu de ces agitations qu'il composa ces vers, expression d'une ame affect£e , mais calme. Je les place dans les notes , pour ne pas interrompre ma narration , au chapitre du direcloire* par des episodes poeHiques*

MON RETOUR A $A GHAUMl^RE.

Vieillb Chaumiere , a ton aspect Mes yeux se remplissent de larmes * Won, $u ne m'offres ricn d'abject; Je. te retrouve tous tes charmes.

Vers tes foyers jc vois encar L'amitie, les vertus antiques, L'innocence de l'age d'or Ha biter sous ces toils rustiques.

Fuyez tumuhueuz dlsirs; Calme mes sens tendre verdure :

Je ne veux plus d'autres plaisirs Que eeuz de la simple nature.

Venez , venez , jeunes bergers , Entourez-moi , jeunes bergeres ; Suivons dans ces rians vergers Les moeurs agrestes de nos peres.

La paitf reviendra dans mon coeuv Avec vos chansons pastorales $ Je retrouverai le bonheuc Autour de vos tables fru gaTes •* O simplicity ! plaisir pur , Douce image de l'innocence, Venez me rendre, a» Tage mur.,.

Les jours fortunes de Uenfance.

On est convaineu, en» lisant Cajraot, que jusques elans les productions de ses ioisirs , il ne s'est pas born 6 a l'emploi d'cm certain nombre de couleurs , qu'il les a-toutes fondue* avec intelligence , pour en former tous les tons, convenables a l 1 imitation de la nature..

(J) Les Rosati de Pans, Brent lmprfmer en 1797 , plusieurs des poesies de Garnot. Une jolie epitre dedicatoire en preclda fe recueil. L'epigraphe n'etail autre que le quatrain place par Carnot a la tele de ses poesiesfugitives, Venez, Bacchus , Amour, etc. On peut appeler refinement d'hommage, cette dedicate attention* des Rosati de Paris : elle ajoutait at* prix du diploma qu'ils adressaient a- Carnot.

(4) Les departemens qui nommerent Caroot an corps* legislatif sont rem&rquables par leur importance : ce sont eeux de la Sartke , da Nord> des Posges, de YOrne , de la Mozelle , dn Puy-de-Dome , de la Loire- lnfc~ rieure , du Morbihan, de la Majrenne, de la Haule- Vienne , de la Creuse, de Maine-et- Loire , de la Manche et des PyrSnees-Qrientales.

(5) Pour Paider dans ses immenses travaux, Carnot avait cholsi pour Puu de ses secretaires , M. Allent , jeuoe alors, raais dont la maturity d'esprit avait devance la maturity d'age. II l'avait d'abord fait entrer dans le corps du genie, li est aujourd'hut conseiller d'£tat et lieutenant-general , employe dans ce grade- dans les gardes nationales.

Les secretaires pour Fexpexlition etaient Clarke-, due de Feltre , et le comte Dupont , lieutenant-general : Fun et l'autre ministres de la guerre.

(6) Lisez le Precis historique des diffefentes mission* dans lesquelles M. Louis Faucke-Borel a iXk employe; pour la cause de la morfafchie ; suivi de pieces justificatives; imprime* aux frais de L'auteur. Octobre i8i5.

(?) Chaque fois qu'il a fallu f rapper les conspira tears* Carnot a porte* les premiers coups. C'est lui qui, cbea Je ministre de la police y traea de sa main la route qu'on deva.it suivre et les avenues qu T oa devait garder, pour saisir, au meme instant , Babeuf* s*s plans et ses principaux collaborateurs $ service dont l'importance n'a pas besoin d'etre de*montree r car si I'oplratioo manquait , seuleraent en pertie, si Ton avait le terns de livrer aux flainmes les pieces Rentes , de prevenir tel des conjures , le tocsin de la vengeance etait aussitot sonne dans les deux consetb , la plus legitime tentative devenait un crime de leze-nation , les accuses se mettaient a la place des accusateurs ; au lieu de Drouet , le directoire etait pris en flagrant delit. (Ex-

( aSl >

tsait <Tun ouvrage intitule les Cinq Homines, par Joseph Despaze , pag. 220 et 221. Paris, chezDesenne, libra ire , etc. 1796. Y* aonee de la republique. )

(8) Voyea la Correspondanoe de Kinglink, toI. i ct .; pag. 43 et 33;. \

(9) Depuis Pardon nance du 24 jufllet 181 5, Boulay aura, meme malgre lui, rapproche par ses souvenirs quelques £venemens politiques et leurs consequences ; et ce n'est surement pas sans quelque amertume qu'il se sera arrete devant cette reflexion teute saluretic dans la position oil des terns nouveaux font place 9 qu'en revolution rien n'est fixe ; et qu'un jour le proscripteur et le proscrit peuvent etre compris et reunis dans une meme proscription.

(10) II ne faut pas de commentaire a l'e'crit de M. Fauche-Borel j ses details sufnsent pour fa ire appr£cier a leur vaieur les hommes et les choses , dans la cir- Constance oil des int£rets divers les avait places. Je ne vais quen copier quelques endroits d'une originalite bizarre.

« M. Mounier avait pour ami ( c'est M. Fauche-Borel • qui parle) un secretaire du directeur Barras CM. Bot- « tot) , qui, frequentant la maison, laissa entrcvoir de- « vant inoi , que si Ton se ftit confie a ce directeur « pour le projet royaliste du 19, il 1'aurait seconde. Je « saisis* avidement cet aveu. La conversation s'engagea a avec reserve ; elle se continua les jours suivqns j et le « secretaire de Barras , apres s'etre assure* que j'ctais « l'agent de sa majestd , roe ddclara le desir que ce « directeur avoit d'etre utile a sa cause. »

« J'avais passe trois jours cache lorsque M. Monnier , « encourage par les premieres ouvertures de M. Bottot , <t me fit plusieurs questions sur les intentions du roi , sur « ses dispositions en vers des personnes qui avaientmarque «c dans la revolution par des actes qualifies de crimes poli-

'e tiques , et qu'on regardait comme irremissibTes. Je « satisfis a ces questions eo assurant M. Mourner que « le roi elait bon , et qu'il oe faltait pas douter un ins- « tantqu'il n*ietendit son indulgence, merae ses fa veurs, f sur cenx qui , ayant de grands torts a se reprocher t « cbercheraicnt a les reparer par de grands services, c Ma reponse , a ce qu'on m'assura , fut rendue mot pour « mot a Barras , qui avoua a Mounier , que des rap-

* ports certains m'avaient fait connattre a lui , comme « un des principaux agens du roi et du prince de Condi, « ajoutaot que fetais capable de traiter une affaire d'une c aussi haute importance , et qull faciliterait volontiers

* mon depart pour me rendre aupres du roi , a I'effet « de prendre ses ordres. »

« Pour preuve de ses dispositions tranches et loyales , « M. Barras me faisait remettre par Mounier un passe-

* port sous le nom de Borelly ; et comme il elait diffi- « cile de sortir de Paris (trois jours apres le dix-huk « fructidor ) , M. Mounier m'accompagna avec un ordre « particulier jusqu'a Charenton , oil je trouvai le brave « colonel Pillichodi ,, qui m'y attendait , et qui connait, « comme moi , les dangers auzquels nous cchappafnes> c jusqua la frontiere. U me tardait de me rendre au- « pres des princes. , pour leur foire part de ma decou- « verte et du parti qu'on pourrait en tirer. Le roi etait « alors a Mittau ; mais ,. reflecbissant que je oe deva is « me presenter devant sa majesty qu'avec la preuve des « fondetnens sur lesqueb j'etabb'ssais deja de neuveaux « projels, je me rendis a Londres ,. oil j'attendis les m lettres qui pouvaient les justiuer. Ellcs devaient etre « adressees a Hambourg , et j'y avais cxpressement re- « commands de me les fafre parvenir , pour aller a « Mittau porter les deruieres communications de Ten- « voy£ de M. Barras. Il demandait formelleraent que « le roi accordat des lettres patent es qui , tout en con-

« servant la d ignite" du monarque assurassent a Barras. » « sa tranquil! itd , ses propridiis , et la bienveillance

* de sa majesty II donna meme un model* de la forme « particuliere que devaient avoir ces lettres patentes : et « enfin , il ne dissiroulait pas que l'ope>ation projetee h de ce directeur, et Iesfrais qu'elles pouvaient exiger , « mettaient Louis XVIII dans la nlcessite d'y faire ina tervenir quelque puissance

it ,,.,.... . . . .

9 Tout ay ant M cUfioitivement regld , M. Mounter i retourna a Paris pour instruire B arras de ce qui s'e"- « tai( passed On coovint qu'apres le retour de MitUu « et de Petersbourg , ou $e rendraft a Wesel- , et qu'oo « instruirait a point nomme IVL Mounier,. afiaqu'il s'y h rendit de son cote, pour y faire Vecliange de l*ac- « ceptation , par icrit , du directeur Barras T avec le* « lettres patentes qu'il aurait obtenues. «

« Ce nouvel agent me fit connaitre eombien il * s'estimait heureux de pouvoir porter au directeur 9 Barras les raoyens que le Roi mettait dans ses mains <r pour r^tablir I'ordre et la tranquillity dans Paris. « Je lui remis les lettres patentes* du Roi pour Si. « de Barras. De retour a Paris , ce nouvel agent roe <* manda qtie tout allait au mieux; quil fallait que nous « Missions de la patience. Il me donna la mime a$su- « ranee dans sa derniere lettre en date du 28 octobre , c dixrneuf jours avaut le renversement qui se fit du £ directoire , au profit de Buonaparte, le 17 brumaire « suivant. Atteni>E£-i4oi , me disait-il , nous au-

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