‹ CarnotChapitre 30 sur 42 · RONS DE BONNES NOUVELLES A PORTER A VQS · texte numérisé non relu

RONS DE BONNES NOUVELLES A PORTER A VQS

« commettans, » ( Extra it do l'ouvrage indique a la mote 6. )

De quel nom doit-on appeler, apres avoir lu Fauche-

Borel, Facte du 18 fructidor , quand op le vott dfrfg&V pour cause de royalisme , contre CarnJbt , par les homines dont la deloyaute politique ne peut plus dtre misr en doute; qui non-seulement n'ont pas centredit lesassertions contenues dans Fouvrage de Faucbe-Borel, ma is en ont fait un commensal presque habiiuel ? De bonne foi , et tout esprit de parti* a part , se pourrait-il qu'au moins le mepris public n'ecrasat pas de tout son" poids ces ctres qui se jouent de tous les sentimens d'honneur, de toutes les affections sociales , et se consolent de leur avilissement moral par quelque exception accordee aujourd'hui, moins a leurs anciennes perfidiesqtt'a leur basse et servile nullity ?

(m) Ces mots quand mime , expression (Tune reticence apparente et mysterieuse , furent pour la premiere fois prononces pendant la 'session de t8i5. Deshommes effervescent pretendaient servir le Rot et lui donner des preuves de devouement, en contra riant ouvertement et sans reserve ses volontes les plus fortement expriraees. lis avaient des moyens a part pour le soutenir, le defendre , le preserver, le sauver de tout

danger, quand meme , sans doute, H ne le vow-

drait pas, Ge ne peut etre qu'ainsi qu'on doit entendre ce cri devenu parmi eux , en quelque sorte , un echo. II faut en France moins qu'un pareil ecart pour appeler le ridicule stir ceux qui le commettent : aussi , depuis cette ineartade, ceux qu'on nommait de*ja les ultra royalistes, furent appeles les quand mime. Cette designation de caractere recut sa confirmation par l'exclamation affectee d'un de ces messieurs, lors de la prorogation des Chambres de i8i5 r le 39 avril 1816. Tous les journaux ont rendu compte de leur cloture et des details qu'il l'accompagnerent. Le Journal general disait : « La Chambre ( des Deputes) « se slpare : a l'instant mime, des cris de vive le rot « se font entendre de toute part. Une seule voix mele

ttVete en dFamour et d'obeissancc ees tntrts , tjiiani u meme : personne ne les a repetes. »

(iq) Ge Tut dans la campagne de l'armee du Rhin , en i8oo> etau combat sanglant de Neubourg, que pent le brave 'Latour (C Auvergne , nomine" le premier Grenadier de France. Cet aucien officier, veritable preux, modelede valenr et de vertus guerrie>es avait qui tie la retraite qurl s'etart choisle, apres de longs et honorable* services , lorsquil vit les dangers qui menacaient de nouveau sa pa trie. 11 avait repris ses amies pour vcm'r combsrttre , corame simple soldat , an premier rang des grenadiers du quarante-sixihme regiment. Il y fut frapp£ au cfleur et traverse* cf un coup de lance, Toute Fannie francaise porta le detfil pendant trois jours. Sa place ne fut pas rernplie ; et lorsque son nom , conserve a la t£te du contrdle de ia compagnie , £tait prononce" a. chaqoe appel , le plus ancien grenadier repondait : mort au champ d'honneitr. Au lieu meme oil ce brave avait succombe* on eleva un monument , qui, consacrd nux Dertus el au courage, fut mis sous la sauvegarde des braves de tous les pays. Ge sont les expressions de l'ofdre da jour du general Dessoles, alors chef d'etat-majoT de Moreau. ( Pre'cis des evinemens milt" taires, campagne de 1800, par Matkieu Dumas. )

(i3) Les prevenances et les. insinuations des generau* et d'un prince etranger, ont surement done 6 Keu k l'opinion fausse , mais assez accreditee , que huit ou dix millions avaient £te offertes a Garnot pour le porter a livrer la place d'Anvers , et qu'il en rejeta d6daigneivsement la proposition.. La connaissance qvtils avaient de Garnot les aurait tenus eloigues de eette idee; mais si , par bizarrerie , elle etait venue en tete a quelqu'un d'entr'eux , il ne fa ud rait pas s'etonner de Tenormite de la somme : on n'aurait pu esperer de tenter Garnot, qu'en, lui donnant.les moyens de racheter et de rendre & la liberie une peuplade tout entiere.

<t se joint a la nature : on y met des grains cTorge <ra d*att voine on rcmet la racioe en terre ; ces graines germent •, « pousscntnussi des racines; elles s'implantent dans la raatf- « dragore. On la retire de terre j on subdi vise ses petites « racines , elles representent alors les poils : on prepare € ainsi des mandragores males et femelles. Ces man- « dragOres, dans les mains des charlatans, passent pout « des choses merveilleases. » ( Manuel du dfaturaliste^ pag. 309.)

(16) Dans une tettre an due de Wellington, attribute au due d'Otrante , on lit : « On se plaint , avec raison* « de la violation da secret des lettres. Cette mesure « de police est odieuse , et inutile quand elle estconnue. « Je Pai to u jours repoussee. Elle n'a ete imaginee que « par des gens homes , qui ne sen tent pas la force des « moyeus qu'ik emploient. »

Si cette tettre est reellement du ministre FouchS , fl Taut dire, ou que Taltercation supposed entre Camotet tin de ses collegnes , relativement a la violation du secret des lettres, fut etrangere au due d'Otrante j ou que > hors et loin du mi n is t ere, il a consider bien difleremment cette violation : encore, sous ce dernier point de vue , ne concevrait on pas comment , enecrivant a lord Wellington , Foucho aurait pu dire que cette raesure de police n'a ete imaginee que par des gens bornes, et qui he sentent pas la force des mojrens qttils emploient z «ar Fouche 1 n'est pas borne* : et personue ne sent mteut que lui, peut-6tre, la force des moyeus qu'il emploie. On sait assez que sa pensee embrasse l'avenir , et qv* toujours il sut , en moyens , faire un fonds de reserve pour les terns importuns et opportuns. Don tons alors de la verite du bruit presque general, qui, par rapport a la lettre de Carnot aux prefets, sur la violation du secret, institua Fouche opposant a ce vceu des principes et de Thonneur.

(17; <tJ*aimerais,mieux, dit Henri IV faisant le siege

+ de P*ris % em *504, n'avoif poittt An $*tfo, <jue de

c Pavoir tout ruine* , et tout distil par la mort & « tant de personnes. » -

OS) Carnot, exile", cholsit potir son lieu de repoa la Polbgne. Vatsovie fut la vine qu*fl prtfera; et s'il pouvait j avoir de consolation parfaite pour ub proscrU loin de sou sol natal , Carnot en a wait trouve' uno immense dans raccueil distingue" qu*il recti t dans sa terre nospitaliere, et dans les provenances dedicates de ses nouveaux concitoyens : je dis de ses concitoyens, ea ce sens que la Pologhe compte un grand nombre d'arais d'une sage independence. Apres huit mois de sejour k Varsovie , Carnot s'eto est eloign'6 pour se transporter * Magdebourg. "Dei cotisidMtiotiJ particulieres et des besoins d'ecomomie Pont d&efiriiue' a ce charigemerit de domicile, qui, au restt, s f e*t 6pe>6 dii gr* et de FaecoHl des deux puissances qui, des fe princfpe, ont pro a sou soft un interct flatleur.

(19) Me'moires secrets de Duclos , torn, a, pag. a84»

$•. Wit. 1808.

(30) fiieft Autre! que Moi anticiperit sur 1* fugenient que 1* posterity ptirtera par rappbft a Carnot. B'honoratbleff femoigflage*, nationamx et Ararigers, Se s6nt gfotkppes autour de lui 5 son siecle l'a place" d'a~vtfnce k Fabri cftrn feisceau de preuveS tfestiirie et <fe C6rifftfratib*, dtsespoh? de ses ennemis. Je vais mttfrfrlre ce qtr'a Id hftte fell ai rectteitti dans des Series retfcnis

ptlEwJS'.

Mxtrdii du journal *h gl&te f be Sditaburg ltc#ievr , iA 47 , nopetttbre ibib, pug. 183.

« II est pea d'individtis sur lesquets I'opfcubn ait *<* « plus ffottatite , et , par ce , plus manifesteirtent sous « rmfluenoc «*ea pr^juges et do riateret du moraect ,

« que §ur Feminent personnage ( Garnot ) qui fait h « sujet de cet article.

c Pendant qu'il faisait partie da gouvern'ement rdc Yolationnaire , et qu'il nous e"tait seulement connu c par les eftrayans succes des armees franchises placed « sous sa direction , nous avons pris a t&che de ne c rien dire de lui individuellement , et nous avons « affectl de le confondre avec les chefs du parti jac cobin. »

« Ce grand homme Itait bien eloigne de semblables « folies j et , sans aucun doute , les incoui parables sac- « ces de M. Carnot ouvrirent les yens sur son carac- « tere personnel , et lui concilierent l'estirae generate. « En consequence , l'opinion publique itait preparee « a Iprouver en sa faveur un grand changement panni c nous , des qu'il cesserait d'etre pour notre pays un aobjet de terreur.

« A la resolution de septembre 1797 (18 fructidoran « 5 ) , par laquelle il fut exclu du dircctoire, et banni « de la patrie qu'il avait si souvent sauvee , nous n'en- « tendimes plus parler alors que de ses prodigieux « talens , de sa parfaite integrity , de sa vertueuse fer- « meU , et de son grand caractere. Ccs senlimens fact rent propages , et passerent de boucbe en bouche , « conime exprimant une opinion incontestable , lorsqae, « dans le vrai, Us ne provenaientquede la fausse confiance « que M. Garnot avait adopte* les principes monarchi- « ques , et de la persuasion , bientot apres justifiee par « les 6 veneraens , que sa perte ne pourrait jamais 6tre « repartee en France pour la direction de la guerre.

« L'admiration et rioteret que fit naitre la ccV « lebre apologic de sa conduite {Reponse de L. NH-

* Carhot ) , sont Encore presens a la raemoirede chaeun « de nous ; et Ton ne peut. se ddfendre , a la lecture

* de toutes les pages de cet £crit, de voir que ceux « qui s^taient berces de l'idee que M. Carnot avait trahi « la France, s'etaient prodigieusement trompes sur sa a maniere d'etre. »

« Nous allons rapporter ceque toute personne insit truite des fa its ne saurait contredire. Oil ne peut nier « qu'il ne se soil moutre fami Je plus constant de la « liberie , qui ait paru en France j le plus renomm* « par ses actes d'op position personnelle a tous les genres « de tyrannie , celui qui s'est le plus sou vent expose* « sur la breche , et efforce de donner a sa patrie la « destinee a laquelle il pensait quelle dey ait aspirer « pour son bonbeur. Tels sont les hommes, quel que • soit le lieu qui les vit naitre , a la conduite desquels « funivers recounaissant doit toujours des eloges; et « ces eloges ne sont pas moins raerites sans alteration , « lorsque de pareils hommes soutiennent des princi- « pas errones ou funestes a nos yeux. Provoquer de « puissantes associations contre les progres des abus , .« ou combaUre en comraun pour la bonne cause , est c sans doute rendre un grand service a l'humanite; « mais il n'y a aucune comparaison a faire de « ces actions a eel les d'uu homme qui > seul et sans « appui v affronte le pouvoir du despotisme le plus m absolu , donne au peuple , j usque dans sa detresse , « par son exemple , les meilleures lecons , eel les qui « sont les plus fa tales aux oppresseurs , les plus cheres aux « amis de la liberty $ ce qu'un seul bras peut achever « lorsqu'il est dirige par de solides principeS et souit tenu par un grand enthousiasme. Proposer de tels .? hommes a 1'admiration de la posterity,, les donner pour

( 292 ) « example , c'est le domaifie de I'hisfoire ; mais il est « tittle attest de la devancer , en faisant oonnattre les faits « avec plus de details , pour l'instructioit des coolera- « porains. »

Ex trait du journal de Liege t par 3. F. Desoer. JeWi 7 semtembre i8i5 , H°. io.

« En jetarit les yeux sur la carriere de cet Eminent « personnage ( Carnot ) , nous pensons qti'bn n'hesitera

* pas un moment a fixer surtout son admiratipn sur « son esprit d'independance , et sur sa parfaite integrity. « Queftque briliaris qu'aierit M ses talens divers et les « sueces qui en out e*td le resultat , la portion de sa « Vie qiril a passe* dans la retraile, parait avec un lustre •w ntoins eclatant pcut-6tre , mais iufiniirient plus inte*~ « ressant aux yeux des sages et des amis de I'huma- « nrtc\ Latter constamntent contfe • les entreprises du « pouvoir arbitraire t et pottr delivrer son pays de la

* servitude , exposer , dans une entreprise aussi peril- « leuse, sa vie et m£ma sa gloire,' c'est , Sans doute,. « le plus noble effort de la vertu. Mais ndus ne savons* « pas si le Sacrifice m&ne de ces principes , en se « soaaiettant au pouvoir pour servir sa patrie et fa « genre humain , n'est pas une chose encore plus difii- « cile , s'il n'est pas plus difficile de renoncer aux agre^ « mens <Fune vie active , pour n'avoir pas a se soumetlr'e « a de vites complaisances; cPabandonner It>> theatre o de la renomtaee , ftalat et la richesse , de renoncer c au plaisir enchanteur dn pouvoir , pour jouir du « calme et de la serenite* cfune conscience pure. Mafs> « une suite d'aimees passles dans une inactivity abso- « iue , pour quelqu'un qui , comme Carnot , avait gou- « verne 1 la France et dirige* le tonnerre sur toutes les « contrees de FEurope; son eloignement volontaire « d'un theatre oil il ne voyait que des hommes iaca- « pables de donner de la suite a ses grandes entrepri- « sesj la transition de Implication, de sa grande cx>

« patience, et de ses talens , poor commander afltude « abstraite des mathematiques ; e'est, il faut en con- « venir, atteindre a un degre* dc vertus publiques qui * approche de la grandeur d'un caracteYe ideal. Peut- <m e*tre ne peut-il trouver sa recompense que dans le bien « reel, que de teis exempies donnent au genre huff main ; a raoins qu'il ne la trouve dans la satisfaction « de vivre eloigne* des hommes qui sont conduits par « tent de petites intrigues, ou des vues criminelles. »

ExTRAlT dfe towrage intitule' i Cinq mots de This to ire de France, ou , etc. ; par Regnault-de-Warin. Paris i8i5, eke? pelaunay , libraire, pag. a 70.

<r L'eJoge de M. Garnot est dans son nom synonyme «r de vertus.... On ne yante point ici des talens varies 9 qui suffiraient a plusieurs reputations 5 mais quel «t homme que celui qui , apres n'avoir gouverne" la « France que pour la sauver , cache sa gloire sous un « toit presqu'ignore 1 !

« Si le Roi eut appele* aupres de lui ce grand citoyen rr ou Teut trouve peasant a la patrie , et se consolant « de rin justice entre le compas de Vauban et la coi- « gnee de Phocion. »

Ex TRAIT da journal de la province de Liige , n* 96 ; 32 , 23 avril 1816, article Bruxelles.

«t L'ecole poly technique , qui vient de tomber sous m la faulx des ultra-royalistes , est une institution due « au genie de Carnot , pour lequel tous les Aleves «r avaient une admiration et un attachement qui resit semblait a un culte. Ge general , aussi habile homme « d'etat , que grand mathematicien , avait naturalise « dans cette ecole un amour pour la patrie qui ne con- « Daissait ni privations ni sacrifices. Tous les eleves « avaient, a la verity, une teinte repubKcaine emprun*

(294) c tec de lent fondateur; mais fausterite' de leur* prin- „ a cipes , quoique fortifiee par une education toute ro- « maioe, cedait chez eux k la soif de la gloire, k < leur devouement pour la pa trie, pour Iaquelle ils « seraient morts , quelque f&t le gouvernement. Cette * ecole fournissait d'excellens ofnciers d'artillerie et da « g£nie. La marine , le genie civil , les mines , toutes « les branches qui doivent leur prosperite* a i'instruc- « tiondans les sciences exactes , tenaient leur eclat de « cette belle institution , la premiere de l'Europe. »

Biogrjpbje moderne , s % Edition , 3 e vol. imprimd en iti6, ou Precis Historique de tous les evenemens qui se sont succddes depuis la convocation des notables jusqu*au ritablissement de S. M. Loui£ XVIII sur le trdne de France , page 35 , a e volume , on y lit : « An milieu de toutes ces horribles bacanales, le comit£ du aalut public organisait du moins la victoire et preparait une carriere de gloire oil Phonneur put se montrer ou se reTugier. Robespierre et les siens avaient eu le bon sens de laisser la direction des affaires a un homme d'un vrai merite et dont le nom ne meritait pas d'etre melS a celui d'un Robespierre : Vhistoire a Minmti" CarnoU »

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