‹ CarnotChapitre 4 sur 42 · YU ATA5T-PH0P0S · texte numérisé non relu

YU ATA5T-PH0P0S

distinctions, temoignages authentiques v d'une haute et publique estime 9 si les consolations qui lui sont prodiguees dans la terre hospitalise qui lui sert d'honorable retraite , adoucissent le poidsd'amertume qui oppresse son coeur tout francais \ si , transports souvent par la pens^e , sur sa terre natale , il trouve quelque rafraichissement dans les souvfcnirs qu'il en a emportes , nous nous devons aussi rious-mfones k ceux qui nous restent de lui, et le font, pour ainsi dire ; exister tout entier parmi nous ; et c'est bien k ces souvenirs , et a eux seuls, qu'en ^crivant sur Carnot, je vais me livrer.

Je n'eus jamais , et sous aucun rapport , des liaisons avec lui ; je Tai vu deux fois en ma vie; et chaque fois je me suis, tout au plus un quart d'heure , entretenu aveq lui ; j'en suis k peine cpnnu,

Aueun autre lien pe m'attache k lui

que le lien tout-puissant de la patrie.

▲VANT-VftOPOS, IS

Us me sont antipathiques, ceux qui ont nui aux progres de sa magnificence; je fuis, comrae par instinct, ceux qui ont tente de l'avilir, (quelques yaines qu'aient 4t6 leors tentatives) comme je suis entrain^, par un attrait irresistible, vers ceux qui out concouru k sa splendeur,

Carnot, sans doute, a bieu m&ittf, parmi ceux-ci, uue place distinguee; il est })ien l'homme de son pays : sans doute aussi il appartient k llustobe.

Eh bien ! c est pour llostoire que j'esquisse ici, les traits marquans, qui d^ja le plaeent au rang dleve que son siecle lui assigne , au degr^ supfrieur que la posterite lui reserve.

Je serai impartial; je n'appartins, de ma vie > a aucune faction. Je souffris de Tinjustice des revolutionnaires excessifs; je fus victime des reacteurs impitoyables; et au milieu deux, je deweurai toujours moi.

Pour ecrire impartialemept sur Gar-

% AVAWT-PHOPOIS.

not, jai recherche, j'ai trouve lesrenseignemens les plus exacts ; je les ai puises dans les sources les plus opposees. Je ne dirai de lui que ce qui me sera demontre yrai; ses erreurs n'echapperont pas a mon impartiality. JHoutragerais sa franchise, je demeriterais devant sa loyaute^ si je sacrifiais la v^rite au plaisir de le trouver infaillible. 11 est homme, et personne ne dirait avec plus de sincerite que lui , nil a me humani alienum puto. II a trop vecu au milieu de la tour men te , il a vogue trop longtems sur une mer fertile en ecueils, pour s'etre preserve du danger de tous ceux dont il eta it environne x et quand un torrent de^ vastateur a tout entraine, comment croire quil soit un £tre* assez privilegie pour en avoir surmonte 1'impetuosite, pour avoir trouve un abri contre sa violence ? Heureux ceux que ce torrent n'a pas rencontre sur son passage \ plus heureux encore , pour le

AVAlfT-PHOPOS. *j

repos de leur conscience , cenx qui , exempts de remords, n'ont pas £ se reprocher d avoir , de pr6s ou de loin, rompu la digue , poussd l'entrafnement, cause la submersion,

Ce qu'on a a dire sur Carnot lient trop essentiellement a l'histoire de la revolution francaise , pour que la division de cet ^crit n'en rappelle pas les principales ^poques. Souvenir fa* cheux , mais utile ! Souvenir importun, mais inevitable !

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