SCÈNE XIV
Les Précédent*, SAINT - GÉRAN , DERVILLE , SAINT- ERNEST , Plusieurs autres JEUJNES GENS.
Oui , Messieurs , soyez tous les bien venus , les amis de mon neveu sont les miens, et surtout dans un jour comme celuici!... Permettez que je vous présente à la maîtresse de la maison... celle qni , demain, sera ma femme, Madame de Saint-Géran. j%
DERAILLE.
Général , Je vous en fais mon compliment. ( Avec intention. ) Et, surtout , à votre neveu.
h SAINT-GÉRAN.
Et pourquoi? »
DERVILLE
Parce qu'il aura une jolie tante... et vous une excellente femme. ( S' inclinant à Caroline. ) Ah ! ça , est-ce par raison , ou par sympatie?... Je serais curieux de savoir comment ce mariage-là a pu se faire ?
Je peux vous l'apprendre, Monsieur. {En souriant et avec intention. ) Autrefois nos pères se contentaient de bonnes ménagères.
DERVILLE
C'est vrai ! .*. . Je l'écrivais encore l'autre jour à Léon.
A présent les jeunes gens prétendent que dans ce siècle-ci. •"? il leur faut des femmes qui leur apportent en mariage beaucoup d'esprit. .. il y a tant de gens qui ont besoin de dot. . . mais M. de Saint -Géran n'était pas dans ce cas, et la solidité de son jugement, l'étendue de ses connaissances lui permettaient d'épouser une femme sans instruction et sans talents; voilà, Monsieur, ce qui peut vous expliquer le choix qu'il a fait de moi.
SAINT-GÉRAN
C'est très-bien répondu.
DERVILLE , à part , étonné.
Qu'est-ce que ça signifie?. ♦ . Il me semble qu'elle s'exprime. . . ( Haut. ) Nous dévoua en vouloir à Mademoiselle de nous avoir privé si long-temps du plaisir de l'entendre.
C'est que je pensais qu'il y avait souvent du danger à parler , et rarement à se taire.
SAINT-GÉRAN
C'est bien dit.
Et qu'une personne dont l'entretien se bornerait à oui Mon^ g? sieur, non Monsieur, courrait souvent moins de risques que oo
celle qui fait les honneurs de la conversation. E~J
SAINT-GÉRAN
■en - to <H
Elle a raison, <u
DERVILLE. P 3
Ah! çà, mais décidément elle parlee H P
Oui, Monsieur; mais vous m'avouerez qu'avant déparier, co il fallait connaître la langue du pays. Et comment me faire entendre?... comment prendre ce ton léger?... cette ironie ) $ aimable que vous savez manier avec tant de grâce. . . Il est des fc.1 ! modèles, Monsieur, dont la perfection décourage. £) »»«i SAÏNT-ÇrÉRAN , à paru, étonné et fâché. « $
TT I l I " • y ÛC ' ^
Hum ! hum : ^ &
DERVILLE. W
Mademoiselle... Certainement. . . Mais c'est une mystification ! " ^
SAINT-GERAN , ^ïu pendant les deux précédentes tirades a fci montré de létonnemen t et un air fâché. »**"*
Eh bien! Messieurs , vous n'avez plus rien à dire. , . Allons donc, vous en restez-là. ( A part. ) Morbleu !
f LEON , qui de même a montré de Vétonnement} mais aVun autre
genre.
Je suis anéanti !
DERVILLE
Et moi , d'honneur , je suis pétrifié.