LÉON, CAROLINE
LÉON
Mariane et cent mille francs ! . . . Par exemple , je ne croyais pas que sa rage de marier allât jusques-là. Mais , comment diable me tirer de là? ( Avec dépit a Caroline. ) Et c'est vous , Mademoiselle; que je dois remercier de ce service. CAROLINE, avec dépit.
Me remercier ! non , Monsieur, je n'ai fait que mon devoir j
vous en aimez une autre... vous ne m'aimez pas. Votre conduite est toute naturelle. . . qui pourrait s'en étonner ? Ce n'est certainement pas moi. . . et je me rends trop de justice pour ne pas être la première à plaider votre cause.
LÉON , la regardant avec étonnement.
Qu'entends-je? Et qui vous a dit que cet hymen comblait mes vœux?
Qui me l'a dit? votre oncle ! Vous même , les transports de joie que vous avez fait éclater. . . Mais je le vois -} vous craignez même de m'avoir une obligation. . . et le bonheur que vous désirez 7 cesse d'en être un quand il vous vient de moi.
LEON
Non , rien n'égale ma surprise , et c'est vous qui croyez que Mariane a pu me plaire ?
Air de Romagnesi.
De cet amour vif et soudain, Pourquoi plui long- temps yous défendre ; J'en aurais gémi ce matin , A présent on peut me l'apprendre!
Qui pourrait tous en empêcher?
Quand on est d'humeur inconstante, A sa femme on doit le cacher; Mais on peut le dire à sa tante.
LÉON
Comment , ma tante !
3e. COUPLET.
Oui, ce nom-là me semble doux* Désormais il doit me suffire ; Il faut $ pour fixer un époux , Des charmes qui puissent séduire.
Un neveu... du moins je le croi, Sans qu'aucun prestige le tente; Peut vous aimer... voilà pourquoi J'ai pris le nom de votre tante, Je l'avouerai, voilà pourquoi J'ai pris le nom de votre tante.1
LÉON
Ah ! Caroline. . . daignez m'entendre. . . Allons , voilà qu'on vient de ce côté , quand je donnerais tout au monde pour un moment d'entretien. C'est mon oncle et ces Messieurs.
CAROLINE, à part.
Ces Messieurs. . . Ah! si je pouvais me venger à ses yeux.