‹ Carpeaux. 48 planches hors-texte, accompagnées de 48 notices rédigéesChapitre 16 sur 51 · XV. — LE MARQUIS LÉON DE LABORDE · texte numérisé non relu

XV. — LE MARQUIS LÉON DE LABORDE

Il y a un amusant contraste entre l'effigie puissante de Beauvois, type de solide bourgeoisie provinciale, et le buste pétri d'esprit, de fine intelligence, et de distinction aristocratique du marquis Léon de Laborde.

Fils du comte Joseph de Laborde, archéologue et homme politique, le marquis Léon de Laborde (1807-1869) fut aide-de-camp de la Fayette et secrétaire d'ambassade à Londres et à Rome, en même temps que Chateaubriand, en compagnie de qui il démissionna. Il débuta dans la littérature par quelques-uns de ces Voyages, alors fort à la mode, Voyage de l'Arabie Pétrée (1830), de la Syrie (1837), de l'Asie Mineure (1838), de l'Abyssinie (1838), illustrés de bois ou de lithographies, dont il fournissait lui-même parfois les croquis.

Mais sa curiosité universelle, qui lui fait entreprendre à la fois des études sur la magie, sur l'économie politique ou sur l'organisation des bibliothèques, se fixe peu à peu et il se spécialise dans les études d'art et d'archéologie. Spécialisation toute relative, comme on peut le voir par l'énumération de ses principaux travaux : il étudie Athènes et le Parthénon, ébauche sur un plan très vaste l'histoire de l'impression et de la gravure dont il

écrit un bon chapitre, la Gravure en manière noire (1839), publie des monographies sur des monuments gothiques, sur le Louvre et les Tuileries, le Palais Mazarin, le Château de Madrid. Il contribue surtout à renouveler l'histoire de notre art du XV' et du xvV siècle, avec ses documents sur les Ducs de Bourgogne (1849-52), sur la Renaissance des Arts à la Cour de France (1850-55) et ses Comptes des Bâtiments du Roi (commencés en 1856, terminés en 1877 par M. <J.-J. Cuiffrey, à qui nous devons la bibliographie des travaux de Léon de Laborde).

La connaissance du passé ne lui ferme pas les yeux à l'art contemporain, et lors de l'Exposition Universelle de 1851, il publie un rapport sur l'Application des Arts à l'Industrie, inspiré par un esprit très moderne et qui fait époque dans l'histoire de nos idées sur l'art décoratif.

Conservateur au Louvre à partir de 1847, il lutta contre une longue tradition d'indifférence à l'égard de notre sculpture nationale, avec assez de succès pour qu'on désirât voir son zèle s'employer ailleurs : il fut nommé en 1857 à la direction des Archives impériales, poste pour lequel il était d'ailleurs tout désigné par ses travaux. Il suffirait presque de regarder son buste pour dire que cet impeccable érudit fut aussi un écrivain plein de goût et de finesse.

Le plâtre original, modelé en 1863, est entré au Louvre en 1892. Le marbre est resté dans la famille de Laborde.

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