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les missionnaires descendent au bord du lac, avec tout leur monde, pour planter une croix en souvenir de leur séjour. En même temps ils prennent possession du pays au nom du roi de France, Le procès-verbal de cette cérémonie, publié par M. Margry, est ainsi conçu :
« Nous icy soubsignez, certifions avoir veu afficher Sur les terres du lac nommé d'Érié les armes du Roy de France au pied d'une croix, avec cette inscription : « L'an » de salut 1669, Clément IX estant assis dans la chaire » de saint Pierre, Louis XIV régnant en France, » Monsieur de Courcelles estant gouverneur de la Nou- » velle-France, et Monsieur Talon y estant intendant » pour le Roy, sont arrivez en ce lieu deux mission- » naires du séminaire de Montréal, accompagnez de sept » autres François, qui les premiers de touts les peuples » Européens ont hyverné en ce lac, dont ils ont pris possession au nom de leur Roy, comme d’une terre non occupée, par apposition de ses armes, qu’ils y ont attachées au pied de cette croix ». En foy de quoy nous
vons signé le présent certificat ».
Signé : François DoLuier, prestre du diocèse de Nantes, en Bretagne; ne GazLinée, diacre du diocèse de Rennes, en Bretagne:,
Au moment des discussions que nous avons eues avec l'Angleterre, en 1687, le gouvernement français a envoyé à Londres, comme preuve incontestable des droits de la France sur les lacs Érié, Ontario et pays environ-
! Rel. de Gallinée, — M. P. Mancry, op. cit., ©, 1, Pp. 166.
nants, l'acte transcrit ci-dessus et la carte de Gallinée 1.
Le 26 mars, les explorateurs remontent en canots et se dirigent à l’ouest, en serrant la côte, où tous les soirs ils installent leur campement. Une nuit, tandis qu'ils dorment, les eaux montent subitement et leur énlévent un canot, des bagages et le service d’autel.
Après cent lieues de navigation ils arrivent à l’'embouchure du canal de Détroit.
Le lac Érié ou « des Cerises » qu’ils vont quitter a porté les noms de Teiocha-Rontion, de Conty et du Chat. Gallinée lui donne le nom qu'il porte encore.
Son tracé de la côte septentrionale, la seule qu'il ait vue, laisse à désirer. Il suppose une trop grande distance entre la cluse du Niagara et la péninsule de Long Point qu’il donne sous le nom de « Presqu'ile du lac Érié ». Il déforme et agrandit singulièrement cette péninsule et nomme « Petit lac d'Érié » l'outerbay de Long Point.
Le reste du tracé est correct. Il indique bien la « Pointe Pelée », cette tête du chapelet d’ilots qui sépare du lac principal la terrasse occidentale de l’Érié et en fait, pour ainsi dire, un lac distinct dont la profondeur ne dépasse pas dix mètres.
La rivière de Détroit et les deux îles de son embouchure sont bien représentées, Comme l'indique la carte, cette rivière tourne brusquement à l’est en approchant du lac Saint-Clair.
! Faucon, Histoire de la colonie française en Canada ; Paris,
Lecoffre, 1865, t. Il, p. 307. — Arch. du min. de la Marine mémoires généraux du Canada, 13 mai 1687.
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Sur la rive droite de la rivière on lit cette légende : Ici était une pierre, idole des Iroquois, que nous avons mise en pièces et jetée à l’eau ».
Gallinée, dans sa relation, fait ce récit t : « Au bout de six lieues nous trouvasmes un endroit fort remarquable et fort en vénération à tous les Sauvages de ces contrées à cause d’une idole de pierre que la nature y a formée, à qui ils disent devoir le bonheur de leur navigation sur le lac Érié, lorsqu'ils l'ont passé sans accident, et qu’ils apaisent par des sacrifices, des présents de peaux, de vivres, etc., lorsqu'ils veulent s'y embarquer. Ce lieu estoit plein de cabanages de ceux qui estoient venus rendre leur hommage à cette pierre qui n’avoit autre rapport avec la figure d'un homme que celuy que l'imagination luy vouloit bien donner. Cependant elle estoit toute peinte, et on luy avoit formé une espèce de visage avec du vermillon. Je vous laisse à penser si nous vengeasmes sur cette idole, que les Iroquois nous avoient fort recommandé d'honorer, la perte de nostre chapelle. Nous luy attribuasmes mesmes la disette où nous avions esté de vivres jusques icy. Enfin il n'y avoit personne dont elle n'eust attiré la haine. Je consacray l’une de mes haches pour casser ce dieu de Pierre, et puis ayant accosté nos canots ensemble, nous portasmes les plus gros morceaux au milieu de la rivière et jetasmes aussy tout le reste à l'eau, afin qu’on n'en entendist jamais parler. Dieu nous récompensa
! Rel. de Gallinée. — M, P, Marory, op. cit., t. I, pp. 159-160.
» aussy tost de cette bonne action; car nous tuasmes dans » cette mesme journée un chevreuil et un ours ».
Les Sauvages faisaient honneur à cette idole du succès de leurs navigations; le ‘prêtre et ses fidèles l'accusaient de toutes leurs mésaventures ! Lesquels étaient les plus sages ?
A quatre lieues plus loin, les Sulpiciens entrent dans le lac Saint-Clair, qui fut aussi nommé Sainte-Claire, des Eaux salées, des Claies et de la Chaudière.
Gallinée ne donne pas à ce lac sa véritable étendue, mais il en figure les contours beaucoup mieux que Belin !. Il représente même la baie d’Anchor, omise par. Belin et la plupart des anciens cartographes.
La rivière Saint-Clair, qui réunit le lac Saint-Clair au lac Huron, est indiquée comme venant du nord-est, tandis qu’elle coule du nord au sud,
Elle entre dans le lac Saint-Clair « par quatre bouches » qui ont chacune près de deux lieues d’embouchure ». Ainsi s'exprime Gallinée dans sa relation?:; mais sur sa carte, le tracé est ici interrompu et ne figure réellement que deux des quatre embouchures.
Il marque les deux affluents de droite de la Saint- Clair : la Black River et la « Rivière de Belle Chasse » de Charlevoix. Sur la rive gauche, il paraît avoir indiqué
1 Joliet, sur sa ca:te de 1674, figure par un petit détroit, mal orienté, le passage du lac Érié au lac Huron, Il n2 connaît ni le l:c Saint-Clair, ni les rivières de Détroit et Saint-Clair qui l’unissent aux deux grands lacs,
2 Rel. de Gallinée, — M, P. Marary, op. cit, t. 1, p. 161.
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l'embouchure de la Sudenham, mais il omet la Thames, principal affluent du Jac Saint-Clair,
La rivière Saint-Clair, d'une largeur moyenne d’un kilomètre, serpente en méandrès réguliers. Elle est profonde, d'un cours égal, et sa pente est de six millimètres par kilomètre. Comme la plupart des fleuves qui coulent du nord au sud ou du sud au nord, elle ronge sa rive orientale et en porte les débris sur sa côte opposée. Ce déplacement justifie peut-être, dans une certaine mesure, la faute d'orientation de Gallinée,
Les Sulpiciens remontent sans peine la Saint-Clair et entrent dans le lac Huron. « Ce lac, dit Gallinée, est le » plus grand de toute l'Amérique et on l'appelle la Mer » douce des Hurons ou, en Algonquin, Michigane », Il lui conserve donc, à très peu près, le nom de « Mer d'eau douce » que lui donna Champlain.
Il a longé l’espace d'un degré, la presqu'île de Michigan; mais les plissements du sol et des rideaux de verdure lui ont caché cette vaste plaine, dont le centre précis est un bassin carbonifère, Par suite, il a supposé que de son temps, comme pendant les premiers âges de la terre, elle faisait partie de la grande méditerranée américaine. Il a donc réuni en une seule nappe d’eau, « de 660 à 700 lieues de tour ! » les lacs Huron et Michigan et la presqu'île de Michigan.
Les jésuites Dablon et Marquette, qui se trouvaient
! Mesuré à vol d'oiseau, le périmètre des deux lacs et de la pénin-
sule est d'environ 1 680 milles anglais, soit 2 700 kilomètres ou 675 lieues,
alors à Sainte-Marie-du Sault, n’en savaient pas davantage, comme le prouve la carte de Jacques Marquette. En 1674, Louis Joliet en sait un peu plus et trace grossièrement la presqu'île de Michigan.
Gallinée donne avec une remarquable exacittude la bande orientale du lac Huron.
Entre Thunder Bay et Georgian Bay, le lac atteint une profondeur de 214 mètres; mais sur la rive orientale il est peu profond, plus qu’assez cependant pour que les missionnaires, avec leurs légers canots iroquois, aient pu en suivre les longues et gracieuses courbes.
La chaîne d'îles qui sépare la baie géorgienne et le North Channel du lac Huron est bien en place. Les contours de la grande île Manitôulin, qu’il nomme « Kailtoutoun », sont imparfaits : elle s'avance trop au sud-est, et la péninsule de Bruce ne s'élève pas assez au nord-ouest. Les îles Cokburn et Drummond sont réunies en une seule masse; celles de Saint-Joseph et de Sugar sont déformées, mais on a bien la figure de cette partie du lac Huron et de la fameuse rivière Saint-Mary ou « Sainte-Marie »; on voit que, par les deux branches de
1 « Had the jesuites been disposed to aid him, they could have » given him much additional information, and corrected his most » serious errors; as, for example, the omission of the peninsula of. » Michigan ». (M. Francis ParkmaN, the discovery of the Great West; Boston, Little, Brown, 1869, p. 406). Si les jésuites avaient su quelque chose, ils ne l’auraient pas dit aux Sulpiciens, mais je pense, contrairement à l'avis de M. Francis Parkman, qu'ils ne savaient rien.
cette rivière, le lac Supérieur se décharge dans le North Channel et le lac Huron. eo
Le 25 mai, les Sulpiciens arrivent à Sainte-Marie-du Sault où les Jésuites ont leur principal établissement pour les missions des Outaouais et des peuplades voisines.
Le 28 mai, après trois jours de repos, ils se remettent en route. [ls suivent la rive septentrionale du North Channel, et Gallinée en donne un bon tracé jusqu'à la pointe qu'il nomme Amikoué, au droit du petit-archipel qui sépare le canal du Nord du lac Géorgien. De ce point à la French River ou « Rivière Française », la côte longe, à une très petite distance, le 46e parallèle, Au lieu de cela,
Gullinée donne à la côte une direction nord-ouest sud-est,
et place la rivière Française beaucoup trop au sud. On voit qu’il a voulu faire déboucher cette rivière en face de la pointe orientale de la Grande Manitoulin, et que son erreur a pour cause celle commise dans le placement de cette île et le dessin de la presqu'ile de Bruce.
Il est à remarquer, d’ailleurs, que le lac Géorgien, qu'il nomme « la- des Hurons », est complètement déformé. La raison en est qu'il n'en a vu que la partie septentrionale.
En entrant dans la rivière Française, Gallinée dit : « l'embouchure de cette rivière est fort obstruée par les » îlots ». Les îles, les roches, les chutes, la masse des eaux qui font que cette rivière est l’une des plus pittoresques du Canada, ne le touchent pas. Il reste froid devant ce site qui lutte de splendeur avec celui des Mille- Îles. Est-il insensibie aux beautés de la nature ? Est-il
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affecté de l'échec que la mission subit au point de vue religieux? Se souvient-il de l'avis de Cavelier de la Salle?
Il indique, sans les mettre à leur place, trois îles formées par la rivière, et, alors qu’elles sont de même grandeur, il en fait deux petites et une grande. ;
Le lac Nipissing, qu'il appelle « Lac des Nipissiriniens
ou des Sorciers », est plus correctement représenté que dans la carte de Belin. Ce dernier ne distingue pas la petite rivière de#Vases, afluente du Nipissing, de la rivière Matawan, affluente de l’Ottawa. Gallinée fait très bien cette différence et les noms qu’il donne à ces rivières sont ceux qu'elles portent encore aujourd’hui.
Entre la rivière des Vases et la Matawan il indique, sans les dénommer, cinq petits lacs : ce sont la Truite, la Tortue, les Pins, Talon et un autre dont j'ignore le nom. Il les isole, tandis qu’ils sont reliés par la Matawan. Mais la Matawan n'est pas navigable dans cette partie de son cours puisque Gallinée et Charlevoix indiquent comme portages les espaces qui séparent les lacs.
Gallinée paraît donner à l'Ottawa le nom de « Mataouan » : le nom de la rivière des Outaouais ne se trouve ni sur sa carte ni dans sa relation.
[1 indique, d'après un on-dit, comme allant à Trois- Riviéres, la branche de l'Ottawa qui embrasse au nord la grande île des Allumettes. |
Il signale les rapides du Calumet et place sur l'île du même nom cette légende : « Ici était le fameux Borgne de l'ile ». Vient ensuite le Sault-de la Chaudière, près du site de la grande ville d'Ottawa. Il trace enfin le lac des
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Deux-Montagnes et le lac Saint-Louis où il représente, sans la nommer, l’île Perrot.
Gallinée compte cinq portages sur la rivière Française, et trente sur la Matawan et l'Ottawa, aussi assure-t-il que cette partie de son voyage lui causa les plus grandes fatigues.
De retour à Montréal, en 1670, il a dressé sa carte, la seconde de ces régions; la première est celle de Champlain, de 1636.
Gallinée a commis des erreurs, même dans le tracé des parties qu’il a vues. Son œuvre est néanmoins supérieure aux esquisses rudimentaires de Louis Joliet et de Jacques Marquette; sur plusieurs points sa carte est plus correcte que celles de Guillaume de l'Isle, de 1700, et de Belin de 1744.
C’est en somme un document précieux pour l'étude de la géographie des grands lacs de l'Amérique du Nord.
Gallinée a remis à Jean Talon, intendant de la Nouvelle-France, une copie de sa carte; Jean Talon a envoyé cette copie à Colbert ! qui l'a déposée aux archives de la
! Extrait de la lettre de Talon à Colbert, du 10 novembre 1670 : « Je reviens aux nouvelles descouvertes, et je dis que desjà » MM. Dollier et Gallinée, prestres de Saint-Sulpice, missionnaires » à Montréal, ont parcouru le lac Ontario et visité des nations in- » connues; la carte que j’ay jointe icy sous la cotte C fera connoistr2 » leur route et jusqu'où ils ont percé. Le petit procès-verbal cotté D, »“ qu'ils ont dressé un peu à la haste et sans luy donner toute sa » forme, fera quelque foy qu'ils ont pris possession de toute cette » étendue. Je rectifieray, autant qu'il se pourra, cet acte informe, et » je feray planter partout où les sujets du Roy se porteront, les
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: Marine d'où elle est passée au dépôt des cartes et plans de la Marine.
L'abbé Faillon l'a vue et en a publié une réductiün en 1805. |
M. Francis Parkman aussi l’a vue et en a donné une description sommaire en 1869 2.
En 1870, pendant le siège de Paris, M. Henry Harrisse l'a vainement cherchée. Il a dit, dans une note, que ja Bibliothèque du Parlement Canadien, à Ottawa, en possédait une copie faite en 1856 3.
Mon ami, M. Armand Sanson, inspecteur-adjoint des Forêts, et l'un des secrétaires de la Société normände de : Géographie, l'a vainement cherchée pour moi, lé 30 décembre 1890, à la Bibliothèque du dépôt des cartes et plans de la Marine, et, le 3 janvier 1891, aux archives du dépôt des cartes et plans de la Marine.
» atmcs de Sa Majesté avec les marques de sa religion, affirmant que, » sices précautions n2 Sont pas présentement utiles, elles peuvent » le devenir dans une autre saison ». (M. Pierre MARGRY, 0p. cit., t. 1, p. 88).
1 Faizon, op. cit., t. II.
1 M. Francis Parxman, fhe discovery 0f the Great West, pp. 405-406.
3 Notes pour servir à. l'Histoire, à la Bibliographie et à la Cartographie de la Nouvelle-France et des pays adjacents, 1545- 1700, par l’auteur de la Bibliotheca Americana Vetustissima; Paris, Tross, 1872, p. 103.
M. Gabriel Marcel aussi a vainement cherché uné copie de cette carte, datée de 1671, qu'un mémoire sur la Nouvelle-France indique comine devant se trouver aux Affaires étrangères. (Cartographie de La Nouvelle-France, Revue de Géographie, mai 1885, p. 365),
PORN RSR
Sur les indications de M. Henry Harrisse, j'ai prié mon. ami, M. Benjamin Sulte, d'Ottawa, de m’en faire faire un calque. Il m'a réporidu qu’on n’avait pu la retrouver. I] ne restait donc de ce précieux document que la réduction de l'abbé Faillon, et, d’après M. Harrisse, cette réduction ne comprenait pas toutes les légendes de l'original.
M. Sulte s'est heureusement souvenu que c'est M, Morin, son=beau=père, qui fut chargé par le Parlement d'Ottawa de faire une copie des anciennes cartes du Canada qui existent dans les dépôts de France, M. Sulte se souvint aussi que M. Morin avait l’habitude de faire de chaque pièce deux copies : une pour son gouvernement, l’autre pour lui. Il a trouvé cette seconde copie, et il a eu l'extrême obligeance de m'en Envoyer un calque sur toile,
M. Parkman et M. Harrisse donnent à cette carte deux titres : Carte du Canada et des terres découvertes vers le lac Dérié, et Carte du lac Ontario et des habitations qui l'environnent, ensemble des pays que MM. Dollier et Gallinée, missionnaires du séminaire de Saint-Sul- Pice, ont parcouru (16 70),
Ma copie ne porte que le second titre, avec cette addition : « 1670. — Voir la lettre de M. Talon, du 10 no- » vembre 160 », A gauche $e trouve cette autre rention : « Vraie copie (fac-similé) de l'original déposé aux. » Archives des cartes et plans de la Marine Impériale, » faite à Paris en may 1854. Signé : P.-L, Morin ».
M, Faillon n’a donné aussi qu’un seul titre, et ce titre est un peu différent de celui du fac-similé, dont il repro-
duit d'ailleurs complètement, et lettre pour lettre, la nomenclature et les légendes.
Le fac-similé mesure 1" 56 >X 0® 74.
Gallinée prévient qu'il ne garantit l'exactitude que de ce qu’il a vu. Or, ainsi que je l'ai exposé, avec sa carle et sa relation sous les yeux, il a vu le Saint-Laurent de Montréal au lac Ontario, le sud de ce lac, le nord du lac Érié, le canal de Détroit, le lac et la rivière Saint-Clair, l'orient du lac Huron, Sainte-Marie-du Sault, le North Channel, le lac Géorgien, la rivière des Français, la Matawan et l'Ottawa.
Tant d'efforts méritaient bien la peine que s’est donnée
M. Margry pour retrouver sa relation et le temps que j'ai consacré à l'étude de sa carte.
Il y a bien longtemps, M. Pierre Margry, l'infatigable chercheur, le consciencieux savant auquel ont forcément recours tous ceux qui s'occupent des origines de l’Amérique du Nord, a fait un calque de la carte de Gallinée. [1 a eu la bonté de me le montrer. J'ai cru y remarquer quelques légendes, tout au moins quelques parties de légendes qui ne se trouvent pas dans mon fac-similé.
Je n'ai pas besoin de vous dire, Messieurs, qu’un travail de ce genre, fait par M. Margry lui-même, m'inspire une confiance absolue.
J'ai fait, avec M. Pierre Margry, la comparaison de sa carte avec la mienne. J'ai constaté qu'en effet le calque de M. Margry est plus complet que le mien, mais il n’a pas
voulu me laisser copier les phrases ou parties de phrases qui me manquent. Je vous offre donc mon calque tel qu'il m'est venu du Canada. En somme, le tracé est identique à celui du calque de M. Margry, il n'y manque aucune légende essentielle, et je regarde comme une bonne fortune de pouvoir vous offrir cette copie de la deuxième carte des grands lacs américains.
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On dit que cette br$ va/ aux Érois rivikres.
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VRAIE COPIE (FAC-SIMILE) de l'Original dépose aux Archives des cartes et plans de la Marine, Impériale’. Faite à en May 1854.
Signe PLMorin
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