P. BlgQiSe aciioni privilégiées
vent retirer l'offre faite par la présente aux actionnaires de Tune quelconque desdites sociétés qui n'aurait pas déposé les 2/3 de son capital-actions... Les soussignés sont autorisés à donner suite à l'affaire proposée quand, à leur avis, un nombre suffisant de titres de tout ou partie des sociétés aura été déposé.
« L'émission autorisée de capital-actions de la Corporation de l'Acier des États-Unis {U.S. steel corporation) prévue actuellement dans ledit contrat est de $ 850.000.000 (quatre milliards deux cent cinquante millions de francs), dont la moitié consistera en actions privilégiées cumulatives à 7 p. 100, et l'autre moitié en actions ordinaires. La société émettra également des bons ou obligations or 5 p. 100, pour une somme totale qui ne pourra dépasser $ 304.000.000 dollars (un milliard cinq cent vingt millions de francs). Dans le cas où moins de la totalité des bons et des titres de la compagnie Carnegie ou moins de la totalité des titres des autres sociétés ci-dessus désignées seraient acquis, le montant des bons et titres à émettre sera réduit proportionnellement comme il est prévu audit contrat.
« Les dépôts devront être effectués avant le 20 mars inclus.
« Signé : J.-P. Morgan et C'*, gérants du syndicat. •
Depuis sa création et afin de se garantir contre les exigences des producteurs de matières premières, la Corporation de l'Acier a acheté nombre de propriétés minières ou autres (mines de fer du lac Supérieur, chemin de fer de Duluth Mesaba et du Nord, entreprise de construction de ponts métalliques, fabrique de tubes à bicyclettes de Shelby). Son capital, qui était à l'origine de 1.154.000.000 de dollars (5 milliards 770 millions de francs), a donc été porté à [ la somme énorme de 1.404.000.000 de dollars (7 mil-
liards 20 millions de francs). En 1902, le trust de l'acier a tenté sans succès de transformer en obligations une partie de ses actions de préférence. L'opposition des tribunaux a fait échouer cette combinaison.
CAIITELLS ET T
SurcttpitallMtlon ou moi Uon, Watering). Ses
lit le plus caractéristique les trusts est la dispro| des entreprises fusionné' ial des nouvelles société:
d'absorber ces entrepri t, ce capital social est ation des apports qui les parties. Les appor is de dollars, il semblei que la société fût créée i s dans une proportion ir afin d'accorder une pri rer au trust un fonds de litê des promoteurs prc [u'il a été dit. Les apport lars, on formera une soci 40, voire de 50 millions, p t, pour faire aboutir la ce ges énormes aux indnstri leur indépendance, ré teur et le financier. Tout ;oûte fort cher. Elle obli n capital pour lui faire imes et de ces commiss avocats du trust ont cepi ratique de la surcapitalii s vulgairement, du tvaten
romoteurqui ajoute su capital i entreprise! fuBionnées el qui crC :Ue fictif agit en effet comaiG le
imaginé à cet efifet la théorie dite de Vearning capacity (capacité lucrative). « Il n'est pas juste, disent-ils, de n'accepter pour base de la fixation du capital du trust que la valeur actuelle en espèces [actualcash value) des propriétés apportées au trust. Ces propriétés ne valaient, par exemple, que 10.000.000 de dollars açant la fusion. Mais, après la fusion^ elles vaudront bien davantage. Le trust sera maître du marché; il n'aura plus à craindre aucune concurrence ; il réalisera sur les frais de publicité et grâce à une meilleure division du travail, des économies considérables. Ses gains seront doubles, triples ou quadruples de ceux qu'eussent réalisés les diverses exploitations aujourd'hui réunies si elles fussent demeurées indépendantes. Cette augmentation des revenus industriels ne doit-elle pas avoir pour effet logique d'augmenter la valeur du capital? Or, en majorant d'avance le capital du trust en formation, on ne fait qu'escompter cette plus-value certaine. On capitalise en prenant pour base non plus les résultats du passé, mais ceux de l'avenir. Ce mode d'évaluation est parfaitement légitime ^ .
Cette augmentation, séduisante à première vue, ne résiste pourtant pas à un examen réfléchi. Prendre pour base d'évaluation les résultats futurs d'une entreprise, c'est déserter le terrain solide de la réalité pour entrer dans le domaine mouvant de la conjecture et de la fantaisie. Il est aisé de connaître les résultats financiers du passé, d'apprécier la valeur présente d'entreprises industrielles d'après leur outillage et leur capacité de
chand de vins fraudeur, qui augmente, en les additionnant d*eau, en les mouillant, ■ le volume du liquide livré par lui à la consommation.
1. D'après Dos Passos, ComTïierctai Trusts^ p. 57-39, le watering serait pour une entreprise nouvelle une nécessité financière absolue, les commanditaires exig^eant de forts avantages.
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production ; il est au contrai dire ce que sera dans l'avei mêmes entreprises. Si cepen suivre cette voie périlleuse, e jours incertain, on doit, tout tre exactement aux actionna:
distinguer clairement les ce éventualités de l'avenir. Libn suite dans une entreprise don présente pour partie que de ont mesuré tout l'aléa.
11 s'en faut cependant de t dure conforme aux prescriptic soit adoptée parles promoteu
L'inflation du capital socia] fait général, mais que l'on se émission. Le public la soupi alléché avant tout par l'apf prendre aux promesses des I (le circulaires. Cette attente, i jours déçue. Certains trusts ( dendes malgré la surcharge é les avantages réservés aux ap Parfois, au contraire, le ivate baisse rapidement de valeur du pair. Cette baisse n'atteint ont cédé leur exploitation au remboursés en espèces avant somme égale au double ou au propriété; elle ne ruine pas dont le savoir-faire a été le S désastreuse pour le bon publi' payé de son bel argent des 1 frauduleusement majorée.
Quelques exemples montreront combien cette pratique du watering est générale.
Le trust du sucre est Tun de ceux dont le capital a été le moins gonflé et Ton admet cependant que la surcapitalisation est au moins du double. La valeur réelle des établissements du trust, en juin 1899, ne dépassait pas 30 à 35 millions de dollars, alors que le capital social était fixé à 75.000.000. Plus de la moitié de ce capital ne représentait donc que de Feau (water) ou, comme disent encore les Américains, de la bonne volonté {good mil) ^
Le capital social des trusts du biscuit, du feuillard et des lamelles [Steel Hoop Company)^ de l'argent métal {International Silver Company) sont majorés dans une proportion notablement supérieure au double. Le trust des rasoirs [National Shear Company) a un capital cinq fois supérieur à la valeur réelle des fabriques fusionnées. Le trust du whisky a été formé en 1898 avec un capital gonflé dans la proportion de 1 à 6^.
Le watering atteint parfois des proportions inouïes. Au cours d'un procès soumis à la Cour de la Chancellerie du New-Jersey il a été établi que la valeur réelle de l'exploitation d'un trust de pêcheries mis en faillite, le Menhaden Trusta n'avait jamais dépassé 200.000 dollars (1 million de francs), prix auquel un syndicat d'actionnaires offrait de racheter l'entreprise. Or le trust avait été créé au capital de 10 millions de dollars (50 millions de francs), c'est-à-dire avec une majoration de 50 %^^\