Industrial Commission^ 1. 1, Review of Evidence^ p
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ont nié que, d'une manière générale, les trusts aient haussé les prix de vente. Et d'abord, observe-t-on, cest une loi économique bien connue et non contestée que le renchérissement d'une marchandise en raréfie la demande ^ Si donc un trust élevait les prix de vente, la consommation diminuerait. L'intérêt du trust, comme celui de tout industriel, est de maintenir les cours à un niveau raisonnable afin de faciliter la diffusion de ses produits. La vente de très grandes quantités, même avec un petit bénéfice, est plus avantageuse que la vente de quantités beaucoup moindres, même réalisée avec un bénéfice élevé ^.
L'argument est spécieux, mais il n'est pas absolument probant. La maxime économique que l'on invoque n'est vraie que dans une certaine mesure. Au delà d'une limite donnée, la baisse du prix d'un objet cesse de déterminer une augmentation de la production suffisante pour compenser la diminution du bénéfice perçu sur chaque objet. Inversement le renchérissement d'une marchandise, s'il est progressif et modéré, encore que parfaitement injustifié, peut fort bien être
I. C'est ainsi, observe Collier (p. 104), que le trust du fil de Ter {American Steel and Wire Company) ayant élevé abusivement les prix de vente, la demande a diminué; une crise de surproduction s*esl déclarée (avril 1900) et les cours ont baissé de 35 à 33 °/o. « Quelques expériences de ce genre, ajoute notre auteur, apprendront aux magnats des trusts que les bas prix équivalent aux grands profits. »
S. L'ex-speaker Reed (cité par Collier, p. 106) raconte à ce sujet l'anecdote suivante : « Il y a nombre d'années, un vieux et sage chef d'industrie me confia le secret de ses succès. Je lui disais : « Vous êtes le seul • homme qui fabrique ces objets. Vous pouvez demander le prix qui vous « convient. » Il me répondit : « Il n'est pas de minute au contraire où je « n'étudie le moyen de fabriquer ces objets à meilleur compte pour les vendre meilleur marché » —«Pourquoi? » — «Parce que, me dît-il, je suis le seul producteur dans cette spécialité et que je désire rester le seul. Si je hausse les prix, j'aurai un boom (une période de forts bénéfices), mais je perdrai mon afi'aire. Or dans une longue carrière commerciale, les affaires valent mieux qu'un boom. In the long run, business is better than boom, » II reste à savoir si cette sage maxime est aussi la îvise des trusts.
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au total une opération avantageuse ; la consommation ne diminuant pas proportion de la majoration du prix surplus des produits indispensable!
tels par l'habitude : le pétrole, le su personnes le tabac ne peuvent être chés de la consommation. Certair pourraient être, il est vrai, rempli le pétrole par l'huile végétale à bi tricité, le fer par le bois. Mais pré s'arrangent, tout en exagérant lea ou des marchandises dont ils sont d pas faire hausser au niveau des prod leur être aisément substitués ou enci autres produits, lis exploitent le c continuité, mais avec intelligence.
Comment, disent encore les avoc associations pourraient-elles abuser pouvoir? En faisant hausser sans vente, les trusts provoqueraient eu de la concurrence, ainsi qu'il est trust du sucre '. Dans an pays corr
1. La marge entre le prix du sucre brut el ce la samnie qui représente à la Soi» le prix du n rafOneur, était en 1S97 de 946/lDDO» de rcnt, so monnaie (par liïre de sucre de W3 grammes].
Indépendantes, celles d'Arbnckle et de Doscber, rPDre réduit i T30/1(K10" de cent l'écart entre le | du ralGné. Le taux de U baisse ainsi survenue, i peu plus de s centimes par livre) parait bien l mander, puisque la concurrence n'a pas Tait bai si ïnimeot le trust du sucre araii exagéré lei qu'une différence de IjlCt' de cent (ou 1/3 cer livre de sucre correspond pour l'ensemble de uaine à une économie ou A une dépense neuve Irancs par an. Les Arbuckle et les Doscheront t .T! millions de Craocs que prélevai! le trust du en lice, ce fait prouve, diton, qi
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OÙ l'argent abonde et où le taux de Fintérêt est très réduit, où d'ailleurs les hommes d'initiative et d'énergie sont légion, il est inadmissible qu'une association telle que le trust puisse longtemps exploiter le marché de la consommation sans se trouver en présence d'une concurrence.
Ici encore l'argument renferme une part de vérité, mais sa portée est restreinte. Sans doute, lorsqu'un trust abuse ouvertement de ses avantages et accumule des bénéfices scandaleux, il est exposé à voir surgir des entreprises rivales qui tentent de lui disputer le marché. Mais avant qu'une concurrence vraiment redoutable apparaisse, le trust a devant lui un vaste champ à parcourir où il peut se donner librement carrière. Il n'est pas facile en effet d'entrer en lutte avec une organisation aussi puissante que le trust.
lo Pour créer une entreprise capable de se mesurer contre un trust, il faut disposer d'immenses capitaux. Cette condition pourra sans doute être remplie, mais non cependant sans difficulté, car l'opération est en soi hasardeuse et l'épargne publique n'osera guère s'y aventurer.
2» Le trust est en possession d'état. Il a pour lui une situation acquise d'où il peut voir venir ses adversaires. Aux premiers symptômes du danger, il ne manquera pas de baisser ses prix temporairement, à les ramener même jusqu'au niveau du prix de revient. Les circonstances se trouvent de la sorte instantanément modifiées. La seule raison d'être de la concurrence qui vient de surgir — l'élévation des prix — disparaît. L'entreprise rivale est ainsi, dès les premiers jours, aux prises avec de graves difficultés. Souvent, elle sombre presque aussitôt, jugulée par la baisse artificielle qui salue ses débuts. Le plus souvent, après une guerre de tarifs
plus OU moÏDS ardente, plus ou ni' signe un traité de paix avec le trus lui. Les prix sont alors relevés et a hauts cours. Il faut bien que le con éternelle victime, paie les frais de I réconciliation !
En résumé, la coacamace potentii en Amérique, ou virtuelle, comme France, existe réellement; elle a m le seul frein aux abus dont le trust pable. Mais cette concurrence n'agit tence ; ce frein fonctionne lentement < instant comprimée, la force du trusi de l'obstacle qui lui a été opposé.
Beaucoup mieux que les discussii chères aux économistes, l'expérien permettra d'étudier et de préciser ] par les trusts sur les variations des encore sans doute les deux partis pas manqué de s'attribuer la vîcto maniés, les chiffres et les statistiqn sait, servir indifféremment à la i toutes les thèses. Entre ces affirmatii est-il donc impossible de faire un s'est-il jamais rencontré un statistii pètent et impartial qui ait mérité d'èl
(. La thèse d'après laciuelle le trust aurait I vente a été lontenue notainmeDt par GudIod, Kew-ïork, Applelon, 1900, in-8. — Voir aussi di RevifW de mai 1901 l'article de M. Tliarber, pr Associalion : Influence oftrutlt on pricei. Ed i ment dans le compte rendu de U Chicago C », Byron Holl, p. llï, et daqs les publications i Trade League les éludes monographiques de , du papier, de Bjron Hnlt sur celui du Ter-blanc, du ai de fer. Voir eofln Collier, ch. « el Jenks, i
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arbitre par le public soucieux de connaître toute la vérité et rien que la vérité? Cet homme existe; il s'appelle M. Jenks.
M. Jeremiah Whipple Jenks, professeur de science politique à l'Université de Cornell, expert-conseil du Département américain du travail, a été le collaborateur technique, le statisticien attitré de la grande commission d'enquête VIndustrial Commission^ dont les procès-verbaux et les rapports constituent une source inépuisable de renseignement!? et d'éléments d'appréciation sur la question des trusts. Avec VIndustrial Commission, M. Jenks a recueilli les dépositions de tous les hommes qui, en raison de leur profession ou de leurs études spéciales, ont été le plus à même de connaître les trusts : soit qu'ils les aient fondés , soit qu'ils les aient dirigés, soit qu'ils les aient combattus. Le statisticien de la Commission industrielle placé ainsi à la source même de toutes les informations, en contact direct avec les hommes d'affaires les plus considérables des Etats-Unis dont il contrôlait les dires les uns par les autres, a pu dresser des tables récapitulatives des variations survenues depuis vingt ans dans les prix de vente. Il a patiemment, mais sûrement, décomposé ces prix de manière à déterminer pour chaque année et pour chaque marchandise le coût du produit brut d'une part , le coût de la fabrication et le bénélice industriel d'autre part. Toutes les circonstances particulières qui peuvent influer sur les cours (revision des tarifs douaniers, inventions nouvelles, concurrence étrangère, grèves, augmentation ou diminution de la consommation) ont été examinées et prises en considération pour l'établissement de ses calculs. ïl a pu, dans de savants graphiques, tracer
la carte des variations de prix, mieux encore retracer
le de ces fluctuations, en définir l'origine lification, assigner à chacune d'elles sa véri- ,se. Personnellement étranger aux contro- 1 divisent les partisans et les adversaires des Qseigné mieux que quiconque sur l'orgauisae mécanisme de ces grandes associations, était vraiment l'arbitre par excellence à la uquel on pouvait soumettre le jugement de le question : quelle a été l'influence du trust upement des prix.''
taumerons à grands traits les données esseulés conclusions générales des beaux travaux ks'.
e. — Des tables de prix publiées par M. Jenks 'airons seulement quelques chiffres qui serpoints de repère et qui indiqueront les ten- §nérales du marché du sucre aux diverses li s'est produit un événement important de influencer au point de vue qui nous occupe L d'un trust ; suppression ou résurrection de
era le lexle tn extenso des études de H. Jcnks : i° dans le km lie l'enquéle de l'Iaduatrial Commlsslou ; î°daDB le IMO du Bulletin of the Department o( labor. — M. Jenks I observatiana aous une roroie plus abrégée et aussi moiot us ie rbapitre viii de son livre The trust problem.