LES FUSIONS INDUSTRIELLES EN ANGLETERRE
Trusts internationaux.
Il existe un petit nombre de trusts internationaux, c'est-à-dire de puissantes compagnies dont les propriétés et les intérêts s'étendent sur plusieurs pays. Rappelons qu'il est essentiel de ne pas confondre l^s trusts internationaux avec les cartells internationaux
dont il a été traité précédemment [suprà, p. 95). Le trust est une entreprise unifiée; le cartell est une entente de producteurs n'aliénant leur liberté que sur certains points.
L'organisation et le fonctionnement des trusts internationaux sont assez mal connus. Ces entreprises parviennent le plus souvent à se dérober aux investi* gâtions dont elles sont l'objet. Les plus importantes de ces organisations sont les suivantes :
1** Le trust de la Dynamite (Nobel Dynamite Trust Company), formé en 1886 au capital de 9.600.000 livres sterling. Cette compagnie ^ acquis la totalité des actions des cinq plus grandes compagnies anglaises et allemandes pour la fabrication des explosifs. Son influence sur le marché international des produits de ce genre est considérable.
2** Le trust du Nickel [International Nickel Co.), formé en 1902 à Trenton (États-Unis, New- Jersey). Ce trust anglo-américain constitué au capital de 24 millions de dollars, plus 10 millions de dollars représentés par des obligations, a fusionné la Canadian Copper Co., la Nickel Corporation (de Londres), l'Oxford Copper Co. ; il possède en outre en Amérique d'importantes fabriques à' Bayonne (New-Jersey). On estime qu'il représente la moitié de la production du monde ^.
1. Handels Muséum de Vienne, n^ du 24 avril 1902. Voir aussi la Financial and Commercial Chronicle de New-York du 29 novembre 1902.
3* Le trust du Borax [Borax Consolidated Corn- +j
pany, 1899, capital : 3.200.000 livres). — Ce trust, :j
formé en Angleterre, a absorbé il y a trois ans, en jj
même temps que diverses sociétés anglaises, améri- s
eaines. chiliennes, péruviennes, une société française, ;
la Société lyonnaise des mines et usines de borax, propriétaire de trois raffineries à Maisons-Laffîtte, Lyon, Vienne et concessionnaire des mines de Khuvadenghian et de Karassi (Asie Mineure). Les actionnaires de la compagnie lyonnaise ont eu Toption entre le remboursement au pair en espèces ou en obligations 4 1/2 du trust anglais ^
4® Le trust du soufre [Anglo Sicilian Sulphur Company) a un capital autorisé de plus de 25 millions de francs sur lesquels plus de la moitié a été versée. Par suite des contrats passés en 1901 avec les propriétaires des principales soufrières, la compagnie contrôle 90 % de la production sicilienne du soufre. Depuis la formation de cette société, le prix de vente du soufre brut destiné à l'exportation a augmenté pour le plus grand profit de la région et les salaires ont haussé ^.
5® La Coats Compagny et sa sœur cadette l'-A/we/^Va/i Thread Compagny sont deux trusts anglo-américains. La Coats Company possède des fabriques en Angleterre, au Canada, en Russie, h' American thread Com^ pany a un capital émis de 4.890.475 dollars en priorités, 4.200.000 dollars en actions ordinaires, 6.000.000 de dollars en obligations. La majorité de ces titres appartient à VEnglish Semng Company ^ autre trust allié des précédents mais purement anglais et qui a formé le capital nécessaire à l'achat des entreprises
i. Pour plus de détails, voir Laur, De V Accaparement, p. 167.
2. American Consulat Reports, TradeCombinations tn Europe, p. 49S.