‹ CarthageChapitre 10 sur 37 · Diod. Sic, XX, 10 et · texte numérisé non relu

Diod. Sic, XX, 10 et

ses troupes en cinq colonnes et les fît entrer en môme temps par cinq rues dilTérentes, où elles massacrèrent tous les hommes qi'elles rencontrèrent et mirent en fuite ceux qu'elles ne p irent atteindre. Un tumulte effroyable s*éleva alors dans toute Il ville : les Carthaginois, dans le premier moment, crurent que l'ennemi l'avait envahie et qu'elle lui avait été livrée par trahison ; mais quand la vérité fut connue, toute la jeunesse courut aux armes pour repousser le tyran. Bomilcar, de son côté, continuant à s'avancer par les rues, cherchait à gagner le forum et faisait tomber sous ses coups un grand nombre de ► citoyens désarmés. Tandis qu'il s'efforçait de parvenir à cette place, les Carthaginois s'emparèrent des maisons élevées qui la bordaient, et de là lancèrent une grêle de traits qui blessèrent un grand nombre de ceux qui avaient pris part à l'entreprise et ne pouvaient échapper aux flèches tombant de tous côtés, le lieu où ils étaient étant découvert et n'offrant aucun abri. Les insurgés ainsi maltraités se formèrent tous en colonne serrée et essayèrent, en traversant denouveau les rues étroites qu'ils venaient de parcourir, de retourner à la ville neuve (Megara). Accablée dans sa marche par les traits qui lui étaient lancés sans relâche du haut des toits, à mesure qu'elle passait à portée des maisons, cette troupe parvint néanmoins à gagner une hauteur où elle se posta, et bientôt tous les Carthaginois étant accourus en armes, prirent position en face des insurgés; enfin, des parlementaires, choisis parmi les sénateurs les plus

habiles,conclurent un accommodement en promettant l'amnistie aux rebelles. Ce traité fut observé à l'égard de tous les révoltés, dans la crainte d'exposer la ville à de nouveaux dangers; mais Bomilcar en fut excepté*. » Complétant le récit de Diodore, Justin ajoute : « Pour punir sa trahison, les Carthaginois le firent mettre en croix au milieu du forum, voulant ainsi que ce lieu, qui l'avait vu comblé d'honneurs, servît de théâtre à son supplice. Bomilcar supporta avec courage la cruauté de ses concitoyens, et du haut de sa croix, comme d'une estrade élevée, il leur reprocha leurs crimes, rappelant

Page 1