Justin, XXII
2. Diod. Sic, HisL, XX, 57; cf. Ch. Tissoi^Géogr. comp., t. I, p. 538.
3. Justin, XVUI, 2; Polyb., III, 25. Cf. Duruy, llist. des Romains, I, 440.
Carthaginois! » Cette prédiction ne devait pas tarder à s*accomplir au pied de la lettre : la première guerre punique commence en 268 avant J.C.*.
1. Voyez, sur cette période, Rudolf Schuberi, Geschichle des Pyrrhus, pp. 20 fc et suiv. (Kôuigsberg, 1891), et Julius heloch, dams V Hermès, 1893, t.XXVllI, p. 481 etsuiv.
Vases en terre cuite, trourés dans des tombeaui paniques de Garthage,
Quel drame que ces guerres puniques I el quelle triste destinée que celle deCarthage qui succombe, après une lulte plus que séculaire, laissant à ses seuls ennemis le soin de sa gloire et de son honneur et la mission de transmettre à la postérité le nom des hommes de guerre qui l*ont défendue! Que seraient à nos yeux les Asdrubal, les Hannon, les Âmilcar, les Annibal ; que penserions-nous de la foi punique elle-même, si, pour former notre jugement, nous avions d'autres témoignages que ceux des Romains? si nous pouvions passer dans le camp carthaginois pour assister à ce duel gigantesque dont les émouvantes péripéties ne nous sont racontées que par le champion victo rieux? Et cependant, il nous suffît de ces récits intéressés d'un implacable ennemi, pour admirer les héros de l'indépendance carthaginoise, flétrir la perfidie et la cruauté de Rome, être ému de pitié, enfin, pour cette grande cité que tous ses alliés abandonnent dès qu'ils la voient malheureuse.
La première guerre punique dure vingt-sept ans, de 268 à 241 ; il s'agit, pour Carthage, de défendre ses possessions de Sicile et sa prépondérance sur la mer Tyrrhénienne. Rome a pris la suite des affaires des Grecs dans le bassin occidental de la Méditerranée; elle envoie le consul C, Appius Claudius au secours d'une bande de pillards, les Mamertins, que les Syracusains et les Carthaginois voulaient punir d'avoir pris et pillé Messine. Ce fut l'étincelle qui alluma l'incendie depuis longtemps préparé. Après des alternatives de succès et de revers, le cpnsul romain Duillius remporte, en 260, sur la flotte punique la mémorable victoire de Mylae (Melazzo). Le général carthaginois.
LES GUERRES PUNIQUES 3l
Annibal fils de Giscon, vaincu et fugitif, est obligé d'user de ruse pour éviter le sort que sa terrible patrie réservait aux généraux malheureux. Dissimulant sa défaite, il envoie au sénat un messager qui, introduit dans la curie, annonce à rassemblée que les Romains sont arrivés avec leur flotte, et il demande, de la part d'Annibal, si le sénat est d'avis qu'on livre bataille. Tous s'écrient qu'Annibal n'a que trop tardé et qu'il doit combattre sans perdre un instant. « Eb! bien, s'écrie l'envoyé, il Ta fait et il a été vaincu! » Par ce stratagème, Annibal mit le sénat dans l'impossibilité de lui appliquer une loi barbare.
Vainqueurs de nouveau à Ecnome en 256, les Romains se décident à porter la guerre en Afrique : une armée, sous les ordres de Regulus, débarque à Clypea, et sans coup férir, s'empare de Maxula (Rades) et de Tunis. Peut-être le consul romain aurait-il réussi à prendre Carlhage elle-même, sans l'énergie et le talent militaire du Lacédémonien Xantippe. Ce dernier, qui figurait parmi les mercenaires à la solde de Garthage, demande à être entendu par le sénat; il expose les raisons qui ont amené les défaites antérieures, l'indiscipline de l'armée, l'incapacité des généraux, l'infériorilé des positions adoptées ; il démontre qu'avec certains changements essentiels on serait assuré de la victoire. Le sénat carthaginois, aux abois, s'enthousiasme pour ce soldat de fortune; Xantippe est chargé d'organiser et de commander les troupes dans la bataille décisive qui va être livrée. Le succès répondit pleinement à la confiance de tous : les Romains furent écrasés par les éléphants carthaginois, et l'armée victorieuse rentra dans les murs de Carthage, traînant à sa suite le consul romain Regulus avec cinq cents prisonniers*.
Par suite de cet événement, le théâtre de la guerre se trouva reporté en Sicile; plusieurs années durant, les deux partis luttèrent avec des succès égaux; mais en 250, le consul Metellus remporta, sous les murs de Panorme, une victoire dans laquelle les Carthaginois, commandés par Asdrubal, perdirent vingt mille soldats et tous leurs éléphants.
Ce nouveau désastre poussa le sénat de Carthage à faire des