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Victor de Vita, Deperaec. Vandalica, I

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romains et gorgé de richesses incalculables. Les prisonniers furent soumis à d*indignes traitements qui amenèrent la peste ^ans leur rangs : Tévêque, Deogratias, convertit deux églises "en hôpitaux et se multiplia pour secourir les malheureux.

Longtemps les Vandales continuèrent leur vie de déprédation et de piraterie dans tout le bassin occidental de la Méditerranée. Les empereurs Majorien et Léon firent en vain tous leurs efforts pour y mettre un terme. Garthage était devenue un repaire de brigands, comme Alger le sera plus tard au temps de Barberousse. Une fois pourtant, en 470, la flotte de Tempire d'Orient, sous les ordres de Basiliscus, avait pris terre au promontoire de Mercure et était venue menacer Garthage elle-même. Mais Genséric fut assez habile pour mettre le feu aux vaisseaux qui allaient

Monnaie de Hanéric '.

l'attaquer, et les forces navales de l'empire d'Orient furent anéanties dans un immense brasier qu'on pouvait contempler des hauteurs de Byrsa.

Genséric mourut en 477. Sous le règne de son fils Hunéric, Garthage fut le théâtre de scènes tragiques qui révèlent les mœurs brutales des barbares. Hunéric, ayant voulu changer Tordre de succession au trône, fit mourir, outre les membres de sa famille, le chancelier du royaume, Heldic et sa femme. Après l'exécution, les restes des deux époux furent traînés, durant un jour entier, sur toutes les places et les rues de Garthage. Un proche parent de ces infortunés, qui avait réussi à se cacher dans une église, fut saisi et jeté dans une fosse immonde, d'où on ne le

1. HONORivs ACT. Bustc de Hunéric (le nom de ce prince est latinisé et rapproché de celui d'Honorius). ^ anno iiii. Femme debout, tenant des épis. Dans le champ, la lettre k, initiale de Karlhago. Argent.

relira .que pour lui faire endurer de ienles torlurea. L'évéque arien, Jocundus, ayant voulu faire entendre des paroles de clémeuce et de pilié, Hunéric lit aussitôt arrêter Jocundus qui fut brâlé vif sur une des places de la ville. Le tyran avait la prétention de s'occuper des querelles tbéoio^iques ; en 484, il présida un concile à Carthage, dans lequel il fit condamner les catholiques par les ariens, et dès lors sévit contre les premiers une persécution sanglante.

Guntliamund , Tbrasamund, Hildéric se montrèrent plus tolérants ; l'un d'eux, Thrasamund, fit même construire des thermes et une tiasilique*. Mais les derniers rois vandales eurent

de la peine à défendre leur royaume contre les incursions des Maures. En 531, le chef de l'armée vandale, Gelimer, ayant remporté un grand succès sur ces derniers, proQta de sa popularité parmi les soldais pour déposer HilJéric et se faire couronner à sa place. Celte usurpation amena l'empereur Justinien à porter la guerre en Afrique, pour e.ssajer de reconquérir celle belle province, depuis si longtemps livrée au brigandage.

L'occasion était propice, car un traité venait d'être signé avec les Perses et l'Orient était en paix. Ce fut en 533 que l'armée, rassemblée à. Cens tant! nop le, reçut l'ordre de s'embarquer, sous les ordres de Bélisaire. Elle se composait de 10.000 fun-

1. Félix dans rAnlkoL vel. laliiu>r.,m, xïxlh, 199 (pp. 479-4S3, éd. Burm] ; et. V. Guéria, Voyage archéol. dans la Régence de Tunis, 1. 1, p. 62; Ch. Tissot, Géogr. comp., t. 1, p. 661.

2. DN REXGVNTHAMVND. Buste de Cuûtliannuid. i). dn C {denarii ceiilum)- Pièce de cent deniers. Argeal.

tassias, 5.000 cavaliers, et comptait 500 grands vaisseaux de transport, et 92 petits bâtiments. La flotte byzantine débarqua sur la côte d'Afrique, après trois mois de navigation, au promontoire de Caput vada (Ras Kaboudia) qui est éloigné de Garthage de cinq jours de marche, par terre*. Immédiatement, l'armée se mit en marche, traversant Sullectum, Leplis parva, Hadrumète ; arrivée à Grasse qui n'était éloignée que de 350 stades de Garthage, elle s'arrêta auprès d'un palais de Gelimer, dont les fertiles jardins contribuèrent à son ravitaillement.

Ge fut alors seulement que Gelimer, qui se trouvait à Hermione, apprit l'approche de Tarmée de Bélisaire. Il écrivit à son frère Ammatas, demeuré dans Garthage, de marcher en hâte à Tennemi et de l'attendre dans les déGlés de Decimum, à 70 stades de la

Monnaie! autonomes de Garthage sous la domination vandale et byzantine '.

ville. Lui-même devait Vy rejoindre avec une autre armée. Mais Ammatas fut vaincu et tué à Decimum, avant que Gelimer fut arrivé, et celui-ci, battu à son tour, dut se réfugier dans sa capitale.

Quand Bélisaire parut sous les murs de la ville, il fut bien surpris de voir que nul ennemi ne se présentait pour lui résister; mais, craignant une surprise, il préféra remettre au lendemain son entrée dans la place. Il attendait d'ailleurs la flotte grecque qui devait attaquer la ville par mer, en même temps qu'il donnerait l'assaut. La flotte parut en effet et les habitants, qui appelaient de tous leurs vœux l'armée grecque, levèrent les

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