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8 -— (1673) — (Carte des grands lacs et du Mississipi, celui-ci étant supposé, comme l'indique une ligne de points, se jeter dans le golfe du Mexique.) Mss. sur papier. 0,13><0,15.
D. C. B. N. vol. 159. 71.
Le Mississipi s’appelle R. Colbert ; les lacs Supérieur, Illinois, Huron et Ontario : lacs Condé, Dauphin, Orléans, Conty ou Erié et Frontenac; on voit la R. Segnelay et tout au nord le lac des Assenipoils. L'absence detracé pour le cours inférieur du Mississipi donne à cette carte la date de 1673. Elle aurait pour auteur le P. Gentil d’après une note mss° sur le feuillet de garde du volume.
9 —16075— (Carte du pays compris entre l'embouchure du Mississipi et le golfe St-Laurent). Mss. sur papier colorié de M1 3/4 inches X25 1/2.
Cette carte, qui aopartient à M. John Clarck d’Auburn, état de New-York, est considérée par lui .omme étant de Jolliet, bien que le nom de ce voyageur n’y figure point. Mais les noms des cours d’eau, des tribus, les légendes sur le Mississipi et ses tributaires sont analogues à ceux de la carte de Jolliet reproduite par M. G. Gravier.
M. J. Clark qui nous donnait ces détails dans une lettre qu’il nous écrivait le 8 mars 1884 ajoutait que, pour lui, il ne croyait pas à la priorité de La Salle pour la découverte du Mississipi. Les expressions dont il se sert sont trop caractéristiques pour que nous ne les reproduisions pas textuellement.
«. Jwould say that all raatter appearing on any authentie Jolliet’s map, relating to La Salle’s discoveries, are fraudulent additions. That no scholar in America whose opinion has any value, accept M. Margry’s view as to La Salle’s discovery of the Mississipi previous to 1674. For myself, I deny most emphatically that La Salle ever discovered or descended any part of that river now known as Ohio and Allegany. I concede that in 1670-1671 he discovered and descended the Wabash to the fall at Logansport and called it the Ohio —
* That, in 1671—1672 he discovered and descended the Illinois as far as present
Peoria (Crevecœur) and called that the Ohio. »
M. Clarck annonçait à ce moment qu'il préparait un travail sur les découvertes de La Salle et qu’il se proposait de faire reproduire la carte ci-dessus. Nous ignorons si cet ouvrage a paru, nous aurions été heureux de voir comment il défendait ces dernières théories sur les erreurs de la Salle.
10 — 1679 — Cette carte montre le chemin que Loüis Jolliet a fait | depuis Tadoussac iusqu’à la mer du Nord, dans la | Baye D'Hudson; et marque la vraye scituation | de la Baye et du d’estroit, ce qui est marqué de rouge | est le chemin par
où il a esté. | Fait à Québec en Canada, | le 8-nouembre1679. | L. Jolliet. | Mss. sur papier. 0,77 X 0,52.
Pièce 179 du Recueil Baudrand, tome VI, vol. 388.
Un calque de cette carte qui ne diffère que très peu du n° 207 de M. H. Harrisse, fait par d’Anville, se trouve À. E. D. G, n° 8665.
11 —1680— (Carte du cours du Saint-Laurent depuis son embouchure jusques et y compris le lac Supérieur.)Wss.sur papier, non colorié, en deux feuilles réunies. 1,18><0,45.
Dans le coin supérieur gauche de cette carte on lit : « Ce que j’ay marqué avec un trait dessous est tiré | d’une carte faite par un sauuage et enuoyé | par M. de Belmont 1680. » |
Au milieu du lac Supérieur se trouve l'inscription suivante : « C’est sur les bords de ce lac, dans celuy des Ilinois et dans les isles de lun et de l’autre qu'on trouve des pièces de cuivre de différentes grosseurs, tout affiné, en sorte qu’on le peut aisément forger comme jay fait sans le fondre, on n’en a pu encore trouuer la mine, les sauuages mêmes qui depuis longtemps rôdent toutes ces costes ne nous en peuuent donner aucunes nouuelles, on a trouvé depuis deux ans dans une isle une masse de cuivre vers l’emb. du lac des Ilinois qui pèse plus de 150 livres. »
Notons encore les inscriptions suivantes :
Saut Sainte-Marie, résidence considérable des Jésuites. — Missimakinac (sic) isle où les Jésuites ont établi le siège de leurs mission; outaouases. — Lac des Hurons nomé par les Algonkins Michigané — et au-dessous : « Ce côté du lac n’est pas encore connu. » — Lac Erié dit par les Iroquois Técharonskion — et plus bas : « Je n’ay pas vu la côte du midi du lac Erié, c’est pourquoy je n’en marque rien, » — Sur la rive occidentale du lac Erié se lit : « J’ay observé en ce lieu le déclin de l’aymant et l’ay trouvé d’14 15 pareille à celle de Montréal par une ligne méridienne tirée le 21 mars. »
19 — 1682 — Carte | de la | Louisiane | En l’Amérique Septentrionale, depuis la | Nouvelle-France jusqu’au Golfe de | Mexique où sont décris les Pays que le sieur de | La Salle a découverts dans un grand continent | compris depuis 50 deg. de l’Élévation du Pôle | jusques à 95, les années 1679, 80, 81, 89 | Calque mss. 0,53 x 0,49.
(Déchiré à l'embouchure du Mississipi. Cette carte a été reproduite par
M. P. Margry au tome IIl de ses Mémoires et documents pour servir à l'his-
toire des origines françaises des pays d’outremer….)
13 -— 1683 — Plan | géométrique de la | basseville de Québec | auec partie de la haute | ville | pour connoistre la disposition
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du | lieu et faire voir l’augmentation | qui s’en peut faire jusqu’à la | basse marée, comme il se | distingue aisément par | ces aligmens lirezenpetits | points vuides. | Par Jean Baptiste | Louis | Franquelin | 1683. | Mss. 0,35 X 0,35.
D. F, C., Amér. sept. 346.
Tel est le titre du plan donné en abrégé par M. Harrisse sous le n° 221 et qu'il se contente d'indiquer comme existant aux archives de la rue de l'Université. ù
A ce plan, fin et et soigneusement dessiné comme tous ceux de Franquelin, était joint le mémoire ci-dessous, que M. Harrisse regrettait de n'avoir pu copier.
1683 — Mémoire à Monseigneur le Marquis de Seignelay pour l'augmentation de la basse ville de Québek.
L'augmentation de la basse ville de Québek, qui est la capitale de la Nouuelle- France, estant ce qui se peut faire de plus auantageux dans ledit pays, tant pour attirer de nouueaux habitans dans ladite ville et la rendre plus marchande, que pour la mettre en estat par l'abondance du peuple de résister aux efforts de ceux qui pourroient estre capables de faire des entreprises contre cette colonie, ladite basse ville estant bornée d’un costé par une coste fort éleuée, et de l’autre par le fleuve de Saint-Laurens, M. de Meulles, intendant de justice, police et finances de Canada, n’a trouué qu'un moyen, mais très facile pour faire cette augmentation, qui est de prendre un espace qui se découvre à basse marée de deux cens toises de long d’un costé et de cent toises pour le retour qui rend (sic) au Sault au matelot et de quatre-vingtz de large depuis la coste jusques à ladite basse marée, comme il se peut voir sur le plan cy joint, au bout duquel espace on borneroit la riuière par une digue ou muraille de la haulteur de douze pieds sur huit pieds d'épaisseur par en bas, qui se réduiroit à trois pieds par le hault. Cette muraille arrestant la marée donneroit lieu aux habitans de prendre des places pour les bastir et la ville se trouueroit par ce moyen augmentée de plus d’un tiers et se fortifieroit beaucoup, puisque mesme au bout desdites deux cens toises il y aurait un éperon où on pourroit monter vingt pièces de canon. Cette dépense peut aller à trente mille liures. Si Sa Majesté veut l’entreprendre, elle aura toutes les places qu’elle réunira à son domaine; que si elle ne veut pas entrer dans cette proposition, mondit sieur de Meulles s’oblige de faire ladite digue ou muraille à ses frais et dépens, s’il plaist à Monseigneur le Marquis de luy obtenir un arrest de concession de toutes les places vacantes et non basties contenues dans ledit espace, luy faire accorder dix milles liures par Sa Maiesté une fois payées et l'entrée franche audit pays de trente tonneaux de vin et de quinze tonneaux d’eau de vie pour les ouvriers. »
Nous reproduisons également ici deux autres mémoires adressés au ministre pendant le séjour en France de l’habile cartographe, qui nous paraissent intéressants à plus d’un titre. On y verra notamment que Franquelin était, dès cette époque, préoccupé de cette rivière de l’ouest à la recherche de laquelle
La Varenne de la Véranderie devait, quelques années plus tard, consacrer sa fortune et sa vie.
Mémoire pour informer Monseigneur de l'importance qu'il y a de tirer des lignes justes sur les limites des terres qui appartiennent au Roy dans la Nouvelle France, planter des bornes, arborer les armes de Sa Majesté et en faire une carte bien fidelle 1.
Il est important de faire attention que les étrangers se mettent insensiblement en possession de ce qui appartient au Roy, et si on le souffre plus longtemps, la colonie et le commerce se détruiront.
Un des moyens pour l’'empescher, est d’enuoyer une personne qui puisse tirer des lignes justes et former des limittes en plantant des bornes auec les armes de sa Majesté, comme Mons: le marquis de Denonuille et Mons’ de Champigny l'ont projetté.
On pourroit faire mouler à Rochefort une douzaine ou deux de plaques de cuiure dans lesquelles les armes de sa Majesté seroient d’un costé et l'inscription qu’il plairoit à Monseigneur d’ordonner, de l’autre, cv qui se feroit à peu de frais.
Il sembleroit qu'il seroit assez nécessaire de diuiser ce grand terrain en Prouinces auxquelles on donneroit des limittes et des noms françois, stables et permanans aussy bien qu’aux riuières et aux lieux particuliers, en abolissant tous les noms sauuages qui ne font que de la confusion, parce qu'ils changent très souuent et que chacque nation nomme les lieux et les riuières en sa langue, ce qui fait qu’une mesme chose a toujours diuers noms.
Ce trauail non seullement rendroit les cartes plus intelligibles, mais confirmeroit encore la possession des pais qui y seroient contenus.
On pourroit faire des cartes particulières de ces prouinces, en grand point, bien justes et bien fidelles auec des auertissemens qui marqueroient la qualité des terres, leur climat et leurs autres propriétez.
Monsieur le marquis de Denonuille et Monsieur de Champigny ont fait promettre au S' Franquelin de commencer cet ouurage à son retour en France parce qu’il est le seul dans ce pais qui ait acquis par son trauail de plusieurs années les connoissances nécessaires pour y réussir.
S'il plaist à Monseigneur de considérer l'utilité de cette entreprise, qui dans une si grande étendue de pais, ne peut estre que bien rude et bien pénible, il supplie très humblement Sa Grandeur de luy en faire expédier la commission en luy en accordant les mesmes appointemens qu'aux ingénieurs de Canada et luy continuant les siens parce qu'il faudra qu’il entretienne un dessinateur à Québec pour mettre ses ouvrages au net affin qu’il les puisse enuoyer tous les ans. » (Archives des fortifications des colonies Amer. sept., 280).
Additions au mémoire que Franquelin hydrographe du Roy à Quebec a présenté à Monseigneur, touchant l'importance qu’il y a de planter des bornes, arborer les armes du Roy et tirer des lignes sur les limiles des terres qui appartiennent à sa Majesté dans la Nouvelle France.
On aurait peû commencer cette entreprise du costé des colonies angloises qui joignent le pays des Iroquois, sans que la conjoncture des affaires y pourra