‹ Cartographie de la Nouvelle France [microforme]Chapitre 8 sur 21 · Mars · texte numérisé non relu

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peut estre apporter quelques difficultez. Mais, comme il n’est pas moins important de faire la mesme oppération vers la baye du Nord, on peut y travailler du moins, avec autant d'utilité et mesme avec plus de fruit, en voicy quatre raisons.

La première que les Anglois n'ayant point encore pénétré dans les terres qui sont au couchant de cette baye, il seroit à propos avant qu'ils y pénétrassent, d'en aller prendre possession, en y plantant des bornes et y arborant les armes de sa Majesté.

La seconde, que l’on prendroit de bonnes et entières connoissances des lacs des Assiniboels, des Christinaux et d’autres lacs d’où les Anglois tirent toutes les pelleteries qu’ils traitent au port Bourbon nommé par eux port Nelson.

La troisième, que les nations de ce continent sont fort docilles et aiment beaucoup mieux les François que les Anglois et qu'ainsi il seroit aysé de les détourner du port Nelson pour nous les attirer dans nos postes ; et par conséquent profiter de ce commerce. Ce qui détruiroit entièrement la traitte desdits Anglois et les contraindroit absolument d'abandonner auant qu'il fust trois ou quatre ans.

La quatrième, que l’on pourroit scauoir, s’il est vray comme les sauuages l’assure (sic) qu’il y a une grande riuière dans le lac des Assinihoels qui coule vers le nord ouest; par où ce même lac se décharge parce que si cela estoit, on pourroit connoître s’il y a un passage dans le nord, à la mer de l’ouest, comme on l’a plusieurs fois tenté par mer, ou bien on examineroit si cette riuière est nauigable et si elle a quelque bon haure à son embouchure, car pour lors il sembleroit qu’il seroit beaucoup plus auantageux qu’il n’y eust point de passage, à cause des étrangers qui auroient le mesme auantage que nous, s’il y en auoit un, outre que le commerce qu’on feroit par le moyen de cette riuière seroit très utille et très profitable au pays, quoy qu'il s’y rencontrast des difficultez pour le transport des marchandises; parce que ces mesmes difficultez donneroient lieu au peuple de faire les colonies pour faciliter les voitures, lesquels se sentant attirez par l'espérance de quelque gain et par des sallaires reglez et asseurez s’avanceroient dans des terres qui demeureront encore longtems incultes sans cela (Archives du dépôt des fortifications des colonies, Amér. sept., 280).

Les renseignements biographiques sur l'habile cartographe Franquelin étant extrèmement rares, nous enregistrons les suivants avec plaisir.

Dans un résumé de la Correspondance du Canada de 1687 que nous trouvons aux Archives des affaires étrangères, Amérique, t. Il :

Nous lisons : « Le S' Franquelin remercie de l'emploi d’hydrographe qu’on luy a donné. IL représente qu’étant obligé d’auoir un logement qui luy couste cent escus par an, pour auoir un grand lieu où il puisse donner ses leçons et n'ayant que 400 liures d’appointemens, il aura peine à subsister mais cependant qu'il s’appliquera de son mieux à l’instruction de ses escoliers. »

Franquelin a donc été nommé hydrographe à Québec en 1686 aux appointements de 400 livres.

Enfin nous trouvons à la Bibliothèque nationale ; Mss. fr. Nouv. acq.,n° 2610 dans une lettre mss° adressée à M de Lamet curé de St Eustache par le P. Cha-

baud missionnaire et datée de Kebec le 29 9bre 1688 la phrase suivante qui nous donne la date du voyage en France de Franquelin :

« Monsieur Franquelin nostre mathématicien va à la Cour, il emporte une carte considérable que vous pourrez voir chez Monsieur de Segnelé, »

Nous ignorons ce que cette carte a pu devenir.

44 — 1683 — Carte | du fort S' Louis | de Quebec | Par Jean Bap-

tiste Louis Franquelin. | 1683. | Mss. sur papier. 0,61 >< 0,48. D. F. C. Amér, sept. 347.

Ceci n’est pas une carte, mais une perspective cavalière très finement dessinée, avec luxe de cartouches ingénieux, la lettre est particulièrement soignée. Dans le coin supérieur gauche se trouve ajoutée par une main étrangère la date 25 8bre 1683. C’est le n° 220 de M. Harrisse).

45 — 1684 — Monseigneur, | Monseigneur de la Barre | gouuerneur | et lieutenant général pour le Roy en toute | l’estendue de la Nouuelle France | par son très humble et très obeissant et très fidelle seruiteur | et subiet, | Jolliet. | 1684. | Mss. sur papier. 0,65 = 0,42.

D. M. Pf. 123. Div. 8. p. F.

C’est la carte que M. Harrisse indique à tort comme un duplicatum de son n° 207.

Antoine Le Febvre de La Barre, né en 1622, maître des requêtes et intendant de Paris, fut intéressé dans la Compagnie de l’Amérique équinoxiale ; le 25 octobre 1663, il fut nommé gouverneur du Canada et de Acadie, Capitaine de vaisseau en 1671, repassa en France en 1685, eut les provisions de gouverneur de Cayenne le 1er octobre 1687 et y mourut le 3 septembre 1690.

(Alphabet Laffilard, Colonies.)

A quelle carte se rapporte la lettre suivante de Jolliet? Voici ce que nous n'avons pu découvrir et ce qu'il aurait été intéressant de connaitre.

Monseigneur,

Monseigneur le Marquis de Seignelay ministre et secrétaire d'état.

Monseigneur, Ce n’est pas sans raison que de tout temps ceux qui sont venus dans le pais de la Nouuelle France, ont appréhendé l'entrée du golfe Saincet Laurent et tous les passages depuis Anticosty iusqu’à Québec qui sont à plus de cens trente lieues l’un de l’autre.

On sait, Monseigneur, que plusieurs nauires enuoyez de Sa Maiesté aussy bien que les autres marchands ont péris dans ledict fleuue, faute de cartes asseurées sur lesquelles on pût nauiguer.

L'expérience que jay depuis dix huict ans que Î'ay employez après mes estudes de philosophie et mathématiques dans les voyages que j’ay faicts tant sur la riuière de Mechisipi, pais des Ilinois, lacs des Pouteouatami, contrée

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