SCÈNE PREMIÈRE
LOUISE, DE GRANDÜEU
Allons, mon bon père, venez... en voilà assez pour ce matin de vos vilaines paperasses...
DE GKAHDUEU.
Voyons, Louise, laisse-un» seulement quelques minutes.
LOUISE
Du tout, vous êtes mon prisonnier.
DF. CRaHDLIRU.
Mauvaise fille, qui méfait négliger le service du roi.
LOUISE
Vous travaillez trop, vous vous rendrez malade.
DE CRAHDUFU.
Ah I c'cst que j’ai à remplir une tâche pleine de difficoltét et de fatigues!.. Hier encore, les lia. les ont été mises au pillage par lu bande de Cartouche, et je crains qu’il ne soit luiméme de retour.
LOUISE
Je ne veux rien entendre... asseyez-vous là, nous passerons la matinée ensemble... comme aux Ormes... (ua tiltoce.)
DE GltA.NDUFL.
Louise?..
LOUISE
Père?..
DR CRAHULIEU.
Dis-moi, mon enfant, est-ce que lu regrettes les Ormes?
J« ne regrette rien, quand vous êtes près de moi, mon père.
DE CRAHDLIRU.
Avoue, que tu n'es pas encore habituée au bruit et à l'agitation de la vie parisienne.
LOUISE
C’est vrai I
DE GRAHDLIEU.
Campagnarde, va !
LOUISE
C’est si beau et si bon les champs!.. Ahl tenez, il y a un souvenir pure! béni .pie je garderai toujours précieusement au fond de mon Ame, c’est celui des années si tieitrcusâ* que j’ui ; passées dans notre petit domaine, avec mes fleurs et mes oii seaux'... La nuit dernière, j’ai rêvé des Ormes... c'était un dimanche, un beau dimanche de juin... L/î ciel et la terre étaient en fétc... on entendait sonner la messe au village... et nous sommes partis eu souriant pour l'église, à travers le» trèfle* et le» grands blés... Eh bien! au réveil j'ai pleuré comme une enfant de ce que ce u 'était qu'un songé!
DF. GSANUUEU.
Pardonne-moi, ma Louise, de ne pas trop m'attendrir avec mi... Eu fin de compte, notre pauvre pays de Bar-sur- Aube u'a rien de fort regrettable : quelle romp ignte avions-nous làbas?... Une demi-douzaine de hoberraux uu de bourgeois ennuyeux. Quand je pcnst'que PhMe indispensable du chalean, le compagnon de nos promenades, était ce brave François Beaudouin, ton frère de lait.
LOUISE
Ob ! ne dites pas de mal de François!.., il est si bon!,.
DK GIAMil.lKl'.
Excellent» j’en conviens , m.iis avec plus de cœur que d’esprit; gauche, mal mis, toujours embarrassé, véritable tils de paysan, capable tout au plus de faire un troisième clerc de procureur. Bref! que ma petite Louise ail eu, pour cnmjiagttoii de <cs jeux, l'enfant d’un métayer, rien de mieux ; mais il était ridicule déjà que mademoiselle de Grandlieu eût M. François Beaudouin pour unique société.
LOUISE
Si ce pauvre François vous entendait» mon père?