‹ Cartouche drame nouveau en cinq actes huit tableaux (volume 2)Chapitre 19 sur 91 · LOUISE ET DS GRANDLIEU · texte numérisé non relu

LOUISE ET DS GRANDLIEU

François!

GERMAIN

Il dit qu’il vous apporte des nouvelles des Ormes.

UK GHANDUKU.

Nous relancer jusqu'ici!..

LOUISE

Rccevex-le bien, je vous en prie...

DE GIIA'DLIFU.

Sors tranquille, (a CanMta.) Fais entrer M. François Beau-

douill. (U di.m«tique introduit Franfut» «I M r«ure. D« C rend lieu • prit uh gexetlc, el Lou.tc uu Mtrtgt d'aiguille.)

FRANÇOIS

Bonjour, monsieur de Grandlieu...

DE GRANDLIEU

Comment, c’est loi?

FRANÇOIS, •liast i lai.

Oui, c’est moi. c’est moi-méme, monsieur de Grandlieu. (a parc) liens ! à peine s'il m’a regardé ! (Haut.) Bonsoir, sceurl

LOUISE

Bonsoir, François,...

FRANÇOIS, I part.

Elle ne m’oflVe pas «a joue, comme là-bas.,, tant pis, je vais l'embrasser tout de même...

LOUISE, prè-enant ton ge»«.

Tu ne me donnes pas la main...

Oh! si!... (a part.) C’est toujours ça. (u* tiicnee.) Qu'est-ce

LOUISE

FRANÇOIS

qu’ils ont donc?

Tu vas bien?

Oui, oui... à présent!

LOUISE

Est-ce que tu as été malade depuis notre départ?

FRANÇOIS

Dame! oui, j'ai manqué de mourir... un peu.

LOUISE

Toi !... et de quelle maladie donc?

FRANÇOIS

Je ne sais... je m’en allais.

LOUISE

Pauvre François!

FRANÇOIS

Oh ! je suis â peu prés guéri maintenant.

LOUISE

Tant mieux !

Avant de partir, je suis allé am Ormes.

LOUISE

Ah!

FRANÇOIS

J’ai tout visité, tout parcouru.

LOUISE

Vraimeut?

FRANÇOIS

J’iii jeté du |»aiii blanc à tes poissons rouges, et donné de la luzerne fraîche à tes chèvres.

LOUISE

Tu as bien fait, je l’en remercie.

FRANÇOIS

Je savais bien que ça te ferait plaisir. (u<w *n<at Je CrodllM.) LOUISE, qui fa oUrené.

François t...

FRANÇOIS

Louise?...

LOUISE

Ne me tutoie plus...

- FRANÇOIS

Pourquoi donc ?

LOUISE, regardant m père

Je t'en prie...

FRANÇOIS, A part.

Elle me tutoie toujours, elle.

DK GRANDLIEU.

Beaudouin !

FRANÇOIS

Monsieur?

de grandlieu.

Pourquoi diable as-tu quitté le pays?

FRANÇOIS

.Mais pour vous voir tous les deux, Monsieur.

de grandlieu.

N'étais-tu pas entré clerc chez le procureur Itesj&rdins?

FRANÇOIS

Oui, Monsieur; mais je m'ennuyais tant dans son étude, que...

DE CRANDI.IEU.

Tu as eu tort d'en sortir... à ton âge. on ne doit pas s'ennuyer du travail; la mère n'est pas riche, et il est temps que tu songes à gagner ta vie.

FRANÇOIS

Je tâcherai de la gagner à Pans, Monsieur. Oh ! j’aurai plus de courage ici.

Ah! c’est qu’ici, pour les gens de ta classe, les emplois sont beaucoup plus rares, les moyens de parvenir beaucoup plus difficiles... Ctois-mui, Beaudouin, ta place n’est pas à Paris.

FRANÇOIS

Ma place... ma... c’est-à-dire que vous me renvoyez, Monsieur?

DE GRANDLIEU

Non!... mais je te donne un conseil, voilà tout

FRANÇOIS, A put.

Oh!

LOUISE, à part.

Il a les yeux gros de larmes...

FRANÇOIS, pleurant.

Je partirai, Monsieur, je partirai...

DE CRANDUEU.

C’est bien, mon garçon...

FRANÇOIS

Oh! oui, oui, je quitterai Pans, pour n’y jamais revenir.

LOUISE

Mais je veux que lu y reviennes, moi

FRANÇOIS

Vous! vous! oh! quand donc?

DE GRANDUEO.

Le jour dé son mariage.

Elle va se marier ? Elle ! se marier I

DF. GRANDLIEU

Est-ce que cela t'étonne ?

FRANÇOIS

Ohl non, Monsieur, non!... c'est tout naturel, c’est tout simple!... elle c*l assez jolie et assez bonne pour qu’on la roche relie, pour qu’on l’aime .. Tout ce que je peux souhaiter, moi, c'est qu’elle trouve un mari qui soit digne d'elle!..*

DE GRANDLIEU

Nous l’espérons! Avec sa fortune, avec son nom, et ma position aetm lie, Louise ne |ieut épouser qu'un gentilhomme de bonne souche, et tu dois comprendre qu'une telle alliance ne sc serait jamais rencontrée à BÀr-snr-Auoe.

FRANÇOIS

Oui, je le comprend». Monsieur, le comprends tout’ Il y a un gouffre, un abîme, entre Louise de Grandlieu et les gens do ce pays-là, des campagnards sans esprit, des rustres sans éducation, mes pareils, en un mot. (a pin.) I>< pauvres diables qui n'ont que du coeur...

LOUISE

François! (o viendras à ma messe de mariage... lu me le prou tels?..

Je lâcherai.,, si je su» encore de ce monde !

LOUISE

Voux-Ui bien le faire, méchant, et chasser toutes ces vilniiits idées noires .. on parie de nmn bonheur, et ça te rend triitc.. . Voyons, essuie te.» larmes, et souris-mot, comme aux Ormes. Allons... allons donc !...

François.

Moi, que je vous...

» LOUISE

Je le veux... je le veux...

FRANÇOIS, r-ant et pleurant A U fuit.

01» ! alors... je ne peux pas vous résister, moi, je ne peux pas... ah! ah ! ah!... J'ai ri, n’e>t-cc pas?

LOUISE

Tu viendras au moins huit jours à l'avance... Et, comme -je tiens à o»; que lu me fasses honneur, je commanderai moiuiéinc les habits de gala. .

FRANÇOIS

Mes habits?..

LOUISE

Oui, pour qu'ils ne ressemblent pas à ceux-là.

FRANÇOIS

Maïs c'est tout neuf !

LOU ISF..

Ça n'en est pas plus beau.

Louise! ,

DF. GRANDIIKL.

Ite ludouio... il ne faut plus I appeler Louise.

FRANÇOIS

Elle a change de nom?... Continent faut-il donc l'appeler maintenant?

DE CR INOl.irU.

Il faut l'appeler mademoiselle Louise.

FRANÇOIS

Mademoiselle... Ah! je vous demande pardon... je ne comprenais pas... Ah! ça m'a fait mal !... Allons, allons, je m'en vais... Adieu, monsieur de Grand! jeu . adieu, mademoiselle Louise; il faut me pardonner d'être venu, Mademoiselle, j’ai eu lort d'oublier la distance qui nous sépare; mais je m'en souviendrai ii l'avenir, ei vous ne me reverrez plus, mademoiselle Louise, vous lie me reverrez plus, adieu!... Ah! mon pauvre François, tVt-on assez humilie! (il wn.)

LOUISE

Quel désespoir I

DK GRANDLIEU.

J’ai été dur, j’ai été cruel... ma» il le fallait pour arracher de ce cœur-la une chimère inson-ée.

LOUISE

Que croyez-vous donc, mon pere ?

DK CH <M>I IEU.

Que ce pauvre fou s'était habitue, sans le savoir peut-être, à voir eu toi plus qu'une soeur!

LOUISE, è part.

François? I Germais entre. )

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