O. MOUCHE
Pour qui le malheur?
FRANÇOIS
Damct.. pour moi.
CARTOl’CUB.
Ah! tu trouves?
FRANÇOIS
Dis donc, Minique, lu as joliment fait Ion chemin, n'd-fc jias?
Moi?., oui, oui... pa* trop mal... au collège, j’avais des dispositions...
FRANÇOIS
Pas pour le latin, toujour-. .
Ohl non... mais pour le ..
FRANÇOIS
Pour le... quoi ?..
CARTOCCBI.
Eh! tu sais bien... tu n’as pas oublié la rafle de bonnets de coton que j’ai faite un jour dans le dortoir?..
FRANÇOIS
Un bon tour d'espiègle!.. O qui te fit découvrir, c’est que tu n’av.ds laissé que les deux mV.rcs ..
Je m’en suis asso z voulu de cette maladresse.
FRANÇOIS
Je suis *ùr que tu serais plus li «bile aujourd’hui...
CARTUUCIIR.
Je t’en réponds... et le* pots de miel de Narbonne que j’avais dérobes au principal?..
FRANÇOIS
pour le coup, c’éujt pousser trop loin la gourmandise.
Tu en as mangé, de ce miel-là?
FRANÇOIS
Ne me le reproche pas... c’était du bien volé; aussi, j’en ai été malade? (l’est au point qu’aujourd’hui encore je ne peux voir une abeille... sans émotion!
Une chose bien étonnante, c'est que je ne t'ai jamais rien pris, à toi?
FRANÇOIS
Comment, étonnante!... Pourquoi donc m’aurai S-lu pris quelque chose?... Voilà qui eiD été l»eau, par exemple!
Je me rappelle cependant un objet dont la possession me tentait si fort que je n eu dormais plus...
Il fallait me le demander, mon Minique...
C'était un joli petit couteau à mouche du nacre, avec une lame anglaise, et un écusson «l'argent au milieu.
FRANÇuiS.
Mon petit couteau que j’aiinais tant!., (a part.) Un cadeau de Louise!..
Un jour, ne pouvant plus résister à mon désir, je m’étais emparé déco trésor, et je te pirmiidai que tu l’avais perdu... Mais je te vis si triste, si de^esi’éi'é, que j’eus le courage héroïque de le remettre tout de suite dans ton pupitre...
FRANÇOIS
Je J’ai toujours...
Vrai?...
Le voici...
Oui, c’est bien le même... Ce que c’est, je le trouve encore
charmant Ah bah !
FRANÇOIS
Il me rappelle mon enfance... ma jeunesse... notre amitié... il me rappelle ce bon sentiment qui « fait Lattre mon cœur à la vue de tes larmes, qui m’a fait te le rendre {tour calmer ton chagrin!.. Je l’aime ce pauvre petit couteau.
FRANÇOIS
Bien vrai?.. Eh bien...j»mle-le, Dominique.
Tu me le donnes? merci!..
FRANÇOIS, 1 |iirt.
Je ne m’en servirai plus, maintenant.
Le diable m’emporte, je ne croyais pas pouvoir être ému par si pi u de chose!.. CV*t cmnmeuno larme que je viens de sentir là!... (na«u) Ta main, François !
FRANÇOIS
M<m bon Minique!.. Ah çà! tu ne tn’as point dit encore ce que lu faisais à Paris?
Ce que je fais?..
FRANÇOIS
Oui.
CARTOUCHE, à part.
Drtle de garçon, va! il a une manière de vous demander cela on face.. Im.u.) Voyous, il est impossible que lu n'aies pas * entendu {varier de moi?..
FRANÇOIS
De toi, Dominique?
J’ai un autre nom...
FRANÇOIS
Ton ton de famille?
Je m’appelle Dominique...
FRANÇOIS
Dominique Cartouche... je le sais bien.
Et ce nom-là n’a pas retenti à tes oreilles jusque dans le fond de ta province?
FRANÇOIS
Jamais!
C AHTOU'CIIE , à part.
Et voilà ce que c’est que la renommée I
FRANÇOIS
Il faut to dire, du reste, que là-bas je vivais à peu près comme un 1-uip... Enfin tu es célèbre, et j’en suis content; rien qu’à voir les habits, on a bonne idée de (a profession.
» cher, un art que je t'enseignerai si tu veux?.. (Bu- i >n.) Ah 1 diahle! je crois quon me poursuit... j
Ça n'est pus une profession.-.
FRANÇOIS
De ton métier?
Ça n'est pas un métier non plus.
FRANÇOIS
Qu ‘est-ce que c’est donc, alors?
C'est un art!
FRANÇOIS
Ah!
/lui, mon
m«ur* au debor».
FRANÇOIS
Attends... je vais écouter.. .(il «Htr'ourr* la porta « prit* parvint.) Ne crains rien... ce sont des soldats qui cherchent des voleurs. CARTOUCHE, A pari.
Gomme c’est rassurant!..
FRANÇOIS
Ce Paris en fourmille... Est-ce qu’on t’a volé, toi?
Non... pas encore... (n u um) Tu permets, n'est-ce pas? Je trouve qu’il fait une chaleur...
FRANÇOIS
Pas moi... je suis glacé...
Vraiment? (n su un gilet.)
FRANÇOIS
Tu disais donc que ton art?..
Je te disais que c’était l’art de faire fortune très-vite.
FRANÇOIS
Honnêtement?..
Presque...
FRANÇOIS
Comment!., presque?..
CARTOUCHE, i part.
On monte... (Haut.) Va donc voir...
FRANÇOIS
Si c’est toi que l’on cherche... oui, j'y vais... (tl ion.)
CARTOUCHE, seul.
Pas une minute à perdre... s’ils ont mon signalement, il faut' les dépister... Heureusement j’ai toujours, sur moi, tout ce qu’il faut... pour la télé, oui... mais, pour le reste, voyons... ijuVst-ce qu’il y a lé-dedans?., (il ouvre une malle.) Les hardes de mon ami François ; ça sera un peu court, mais je n’en aurai que plus l’air d'un nouveau débarqué, (u»'bibili* en p*;un.
«« coiffe «l'eue perruque ébouiiffee, rabat uu bonnet tur yx lèle et te donne toute l' apparent* d'uo lourdaud.)
FRANÇOIS, rentraut.
Ce sont des soldats qui... Tiens, qu’e4*ce que c'est que celui-là?..
CARTOUCHE, patoisant.
Eh! bonjour donc, cousin!..
FRANÇOIS
Cousin!... d’où tombc-t-il ce cousin-là?...
Et j’ suis vot* cousin Jean Pilou, j’arrive de Bar-sur-Aube; mon pauvre neveu est tombé à la milice, et ça y fait peur d’ùtre soldat, et je suis venu pour voir le petit roi, pour y dire : Sire vot’ majesté, mon neveu est tombé à la milice... eh Leni voyons, est-ce que nous ne pourrions pas arranger c'tl’ aiVaire-lk ensemble?... hein?...
FRANÇOIS, le regardent de pré».
Comment!., comment!.. Jean Pitou!... (Le mcormImul) Ah baht... c'est toi qui t’es affublé comme ça... ah bien!... par exemple!... (Oo trappe k U porte.)
Tais-toi et laisse-moi faire...