‹ Cartouche drame nouveau en cinq actes huit tableaux (volume 2)Chapitre 30 sur 91 · O. MOUCHE · texte numérisé non relu

O. MOUCHE

Pour qui le malheur?

FRANÇOIS

Damct.. pour moi.

CARTOl’CUB.

Ah! tu trouves?

FRANÇOIS

Dis donc, Minique, lu as joliment fait Ion chemin, n'd-fc jias?

Moi?., oui, oui... pa* trop mal... au collège, j’avais des dispositions...

FRANÇOIS

Pas pour le latin, toujour-. .

Ohl non... mais pour le ..

FRANÇOIS

Pour le... quoi ?..

CARTOCCBI.

Eh! tu sais bien... tu n’as pas oublié la rafle de bonnets de coton que j’ai faite un jour dans le dortoir?..

FRANÇOIS

Un bon tour d'espiègle!.. O qui te fit découvrir, c’est que tu n’av.ds laissé que les deux mV.rcs ..

Je m’en suis asso z voulu de cette maladresse.

FRANÇOIS

Je suis *ùr que tu serais plus li «bile aujourd’hui...

CARTUUCIIR.

Je t’en réponds... et le* pots de miel de Narbonne que j’avais dérobes au principal?..

FRANÇOIS

pour le coup, c’éujt pousser trop loin la gourmandise.

Tu en as mangé, de ce miel-là?

FRANÇOIS

Ne me le reproche pas... c’était du bien volé; aussi, j’en ai été malade? (l’est au point qu’aujourd’hui encore je ne peux voir une abeille... sans émotion!

Une chose bien étonnante, c'est que je ne t'ai jamais rien pris, à toi?

FRANÇOIS

Comment, étonnante!... Pourquoi donc m’aurai S-lu pris quelque chose?... Voilà qui eiD été l»eau, par exemple!

Je me rappelle cependant un objet dont la possession me tentait si fort que je n eu dormais plus...

Il fallait me le demander, mon Minique...

C'était un joli petit couteau à mouche du nacre, avec une lame anglaise, et un écusson «l'argent au milieu.

FRANÇuiS.

Mon petit couteau que j’aiinais tant!., (a part.) Un cadeau de Louise!..

Un jour, ne pouvant plus résister à mon désir, je m’étais emparé déco trésor, et je te pirmiidai que tu l’avais perdu... Mais je te vis si triste, si de^esi’éi'é, que j’eus le courage héroïque de le remettre tout de suite dans ton pupitre...

FRANÇOIS

Je J’ai toujours...

Vrai?...

Le voici...

Oui, c’est bien le même... Ce que c’est, je le trouve encore

charmant Ah bah !

FRANÇOIS

Il me rappelle mon enfance... ma jeunesse... notre amitié... il me rappelle ce bon sentiment qui « fait Lattre mon cœur à la vue de tes larmes, qui m’a fait te le rendre {tour calmer ton chagrin!.. Je l’aime ce pauvre petit couteau.

FRANÇOIS

Bien vrai?.. Eh bien...j»mle-le, Dominique.

Tu me le donnes? merci!..

FRANÇOIS, 1 |iirt.

Je ne m’en servirai plus, maintenant.

Le diable m’emporte, je ne croyais pas pouvoir être ému par si pi u de chose!.. CV*t cmnmeuno larme que je viens de sentir là!... (na«u) Ta main, François !

FRANÇOIS

M<m bon Minique!.. Ah çà! tu ne tn’as point dit encore ce que lu faisais à Paris?

Ce que je fais?..

FRANÇOIS

Oui.

CARTOUCHE, à part.

Drtle de garçon, va! il a une manière de vous demander cela on face.. Im.u.) Voyous, il est impossible que lu n'aies pas * entendu {varier de moi?..

FRANÇOIS

De toi, Dominique?

J’ai un autre nom...

FRANÇOIS

Ton ton de famille?

Je m’appelle Dominique...

FRANÇOIS

Dominique Cartouche... je le sais bien.

Et ce nom-là n’a pas retenti à tes oreilles jusque dans le fond de ta province?

FRANÇOIS

Jamais!

C AHTOU'CIIE , à part.

Et voilà ce que c’est que la renommée I

FRANÇOIS

Il faut to dire, du reste, que là-bas je vivais à peu près comme un 1-uip... Enfin tu es célèbre, et j’en suis content; rien qu’à voir les habits, on a bonne idée de (a profession.

» cher, un art que je t'enseignerai si tu veux?.. (Bu- i >n.) Ah 1 diahle! je crois quon me poursuit... j

Ça n'est pus une profession.-.

FRANÇOIS

De ton métier?

Ça n'est pas un métier non plus.

FRANÇOIS

Qu ‘est-ce que c’est donc, alors?

C'est un art!

FRANÇOIS

Ah!

/lui, mon

m«ur* au debor».

FRANÇOIS

Attends... je vais écouter.. .(il «Htr'ourr* la porta « prit* parvint.) Ne crains rien... ce sont des soldats qui cherchent des voleurs. CARTOUCHE, A pari.

Gomme c’est rassurant!..

FRANÇOIS

Ce Paris en fourmille... Est-ce qu’on t’a volé, toi?

Non... pas encore... (n u um) Tu permets, n'est-ce pas? Je trouve qu’il fait une chaleur...

FRANÇOIS

Pas moi... je suis glacé...

Vraiment? (n su un gilet.)

FRANÇOIS

Tu disais donc que ton art?..

Je te disais que c’était l’art de faire fortune très-vite.

FRANÇOIS

Honnêtement?..

Presque...

FRANÇOIS

Comment!., presque?..

CARTOUCHE, i part.

On monte... (Haut.) Va donc voir...

FRANÇOIS

Si c’est toi que l’on cherche... oui, j'y vais... (tl ion.)

CARTOUCHE, seul.

Pas une minute à perdre... s’ils ont mon signalement, il faut' les dépister... Heureusement j’ai toujours, sur moi, tout ce qu’il faut... pour la télé, oui... mais, pour le reste, voyons... ijuVst-ce qu’il y a lé-dedans?., (il ouvre une malle.) Les hardes de mon ami François ; ça sera un peu court, mais je n’en aurai que plus l’air d'un nouveau débarqué, (u»'bibili* en p*;un.

«« coiffe «l'eue perruque ébouiiffee, rabat uu bonnet tur yx lèle et te donne toute l' apparent* d'uo lourdaud.)

FRANÇOIS, rentraut.

Ce sont des soldats qui... Tiens, qu’e4*ce que c'est que celui-là?..

CARTOUCHE, patoisant.

Eh! bonjour donc, cousin!..

FRANÇOIS

Cousin!... d’où tombc-t-il ce cousin-là?...

Et j’ suis vot* cousin Jean Pilou, j’arrive de Bar-sur-Aube; mon pauvre neveu est tombé à la milice, et ça y fait peur d’ùtre soldat, et je suis venu pour voir le petit roi, pour y dire : Sire vot’ majesté, mon neveu est tombé à la milice... eh Leni voyons, est-ce que nous ne pourrions pas arranger c'tl’ aiVaire-lk ensemble?... hein?...

FRANÇOIS, le regardent de pré».

Comment!., comment!.. Jean Pitou!... (Le mcormImul) Ah baht... c'est toi qui t’es affublé comme ça... ah bien!... par exemple!... (Oo trappe k U porte.)

Tais-toi et laisse-moi faire...

Page 1