LES MARCHANDS
Au voleur! à la garde! (S’adressant àd’Orbésean et oui gentilshommes.)
Justice, mes bons seigneurs, justice !
d’orbessan.
Eh I sarpcjeu, pauvres diables, nous ne pouvons que vous plaindre .. nous ne sommes pas gens d’uniforme, nous... (Montrant Cartouche.) Mais, tenez, adressez-vous à Monsieur, qui est officier aux mousquetaires : par ordre du secrétaire d’État, M. Leblanc, cet honorable corps est tenu d’aider et suppléer, en pareil cas, les archers et sergents à robe courte.
LES MARCHANDS, à Cartouche.
Justice, Monsieur, justice! nous sommes volés, indignement volés !
Calmez-vous, braves gens, et surtout criez moins ; iLfaudra d’abord rédiger vos plaintes par écrit, alléguer des preuves, citer des témoins, ensuite, on verra, on instrumentera. (l*j
marchands s’éloignent avec des murmures.)
d’orbessan.
Toujours des délais!... Ah! Monsieur, vous faites votre devoir, je le veux bien, mais, sarpejeu, vous le faites avec une lenteur qui commence à m’agacer terriblement les nerfs!... Si je m’en mêlais, moi, je serais plus expéditif que ça, j’en réponds !..
Croyez-vous ?
d’orbessan.
C’est que ce brigandage devient intolérable, à la fin!... les voleurs nous ont gâté l’Opéra, les Gobelins, les Porcherons, et voilà qu’ils nous gâtent les Halles, à présent!
C’est fort triste, j’en conviens.
d’orbessan.
Il est véritablement incroyable qu’on n’ait pas encore exterminé cette bande.
Le meilleur moyen d’en venir à bout, serait de s’emparer du chef.
d’orbessan.
Certainement!
Oui; mais c’est là le difficile !
Allons donc!
Ce chef, il faut bien l'avouer, n’est pas un gibier commode à prendre.
d’orbessan.
M. Cartouche?... dire qu’oit a fait à ce drôle un certain renom d’adresse et de bravoure!... mais ce n’est qu’un fripon de dixième ordre, ses ruses sont grossières, ses vols sont bêtes, et, quant au çourage, ah ! j’ai des palefreniers qui lui rendraient des points!... M. Cartouche? mais je me chargerai.