‹ Cartouche drame nouveau en cinq actes huit tableauxChapitre 18 sur 91 · SCÈNE IX · texte numérisé non relu

SCÈNE IX

Les mêmes, FRANÇOIS, JEANNETTE, M1TOUFLET.

JEANNETTE, pleurant.

Grâce ! patron, ce n’est pas ma faute.

MITOCFLET.

Je te dis que tu vas venir chez le prévôt!

JEANNETTE

Chez le prévôt?., mais je ne suis pas une voleuse, moi!..

CARTOUCHE, à part.

Jeannette!

d’orbessan.

La belle Jeannette !

MlTOUFLET.

Oui, mes bons Messieurs, Jeannette qui m’a iaissé voler pour cent écus de fruits.

JEANNETTE

Hélas! je n’étais pas là quand on les a pris.

TABLEAU î, SCÈNE IX. 53

StlTOUFI.ET.

Tu devais y être, et d’ailleurs lu es à messages et tu réponds de la marchandise. Donc, si tu neveux pas aller chez le prévôt, donne-moi cent écus.

JEANNETTE

Je vous les donnerai, patron, mais plus lard, quand je les aurai amassés par mon travail.

MITOUFEET.

11 me les faut tout de suite, où je te mène en prison.

JEANNETTE, pleurant.

En prison!.. Oh! mon Dieu! mon Dieu! ,

Oh 1 pauvre enfant.

d’orbessan.

Fruitier Mitouflet, vous êtes un animal.

Un bélître!., un drôle, et je ne sais qui me retient...

JEANNETTE, à part.

Lui !.. H est revenu !

d’orbessan.

N’ayez pas le malheur de loucher cette jeune fille du bout de vos grosses mains rouges, et attendez que je vous jette mon argent par le nez... Mademoiselle Jeannette me permettra de lui prêter cette misère.

JEANNETTE

Mais, Monsieur...

Pardon, pardon, monsieur le comte, c'est moi qui veux venir on aide à cette jeune fille, et je ne souffrirai pas...

d’orbessan.

Vous ne souffrirez pas? allons donc... J’ai eu le premier l’idée, et... (il cherche ta bourse.)

Eh Lien, soit!., (a part.) Cherche, mon ami, cherche.

D’ORBESSAN, fouillant dans ses poches.

Eh bien? où donc est ma bourse?.. AhI sarpejeu!.. j’ai oublié ma bourse !

C’est ce qui arrive souvent... Je croyais tout à l’heure avoir oublié la mienne... et je l’ai retrouvée, (il s’approche de Jeannette et laisse tomber une poignée d'or dans son tablier.)

JEANNETTE

C’est trop. Monsieur, je ne veux que ce que je dois, et je vous le rendrai bientôt, cet argent...

FRANÇOIS, accourant.

Bientôt, Jeannette, tu vas le rendre tout de suite... ma fille.

cartouche, à part.

François !

FRANÇOIS

Ouand je suis ià, moi, ton cousin, ton ami, je ne veux pas que tu reçoives un service de personne... Est-ce que je n’ai pas la cachette de maman Simonne?.. Tenez, voilà votre argent; toi, Jeannette, rends vite Pau Ire. (Pendant que François compte la somme à Slitouflet, Jeannette rend à Cartouche l‘or qu’il lui a donné.)

JEANNETTE

Merci, Monsieur... je n’oublierai jamais ce que vous venez de faire... (A part.) Oh! non, jamais!.. (François S’approche d'eux.) CARTOUCHE, à part.

S’il allait me reconnaître, me nommer... (a détourne la tète.) FRANÇOIS.

A présent, ma Jeannette, donne-moi ton bras et allons-nousen, tète haute, comme d’honnètes gens que nous sommes!.. Merci de la politesse, Messieurs... Adieu, marchand de prunes.

(lia sortent par le fond.)

CARTOUCHE, à d'Orbesaan.

À ce soir, monsieur le comte !

d’orbessan.

À ce soir !

GRIBICHON, bal.

Capitaine, les provisions sont à l’hôtel, il ne ‘manque plus que les meubles.

CARTOUCHE, de même. Il désigne d’Orbessan, qu'une bouquetière rient d'arrêter.

Tu vois ce gentilhomme?

GRIBICHON.

M. le comte d’Orbessa»?

C’est mon tapissier.

GRIBICHON, aux autres roleurs qui l’entourent.

Voilà le tapissier!

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