‹ Cartouche drame nouveau en cinq actes huit tableauxChapitre 28 sur 91 · TABLEAU III, SCÈNE II · texte numérisé non relu

TABLEAU III, SCÈNE II

LOUISE

Je ne regrette rien, quand vous êtes près de moi, mon père.

DE GRANDLIEU

Avoue, que tu n'es pas encore habituée au bruit et à l'agitation de la vie parisienne.

LOUISE

C'est vrai I

DE GRANDLIEU

Campagnarde, va !

LOUISE

C’est si beau et si bon les champs!.. Ahl tenez, il y a un souvenir pur et béni que je garderai toujours précieusement au fond de mon àme, c’est celui des années si heureuses que j’ai passées dans notre petit domaine, avec mes fleurs et mes oiseaux!... La nuit dernière, j’ai rêvé des Ormes... c’était un dimanche, un beau dimanche de juin... Le ciel et la terre étaient en fête... on entendait sonner la messe au village... et nous sommes partis en souriant pour l’église, à travers les trèfles et les grands blés... Eh bien! au réveil j'ai pleuré comme une enfant de ce que ce n'était qu’un songe!

DE GRANDLIEU

Pardonne-moi, ma Louise, de ne pas trop m’attendrir avec toi... En fin de compte, notre pauvre pays de Bar-sur-Aube n’a rien de fort regrettable : quelle compagnie avions-nous làbas?... Une demi-douzaine de hobereaux ou de bourgeois ennuyeux. Quand je pense que l’hôte indispensable du château, le compagnon de nos promenades, était ce brave François Boaudouin, ton frère de lait.

LOUISE

Oh ! ne dites pas de mal de François!... il est si bon!..

DE GRANDLIEU

Excellent, j’en conviens; mais avec plus de cœur que d’esprit; gauche, mal mis, toujours embarrassé, véritable lits de paysan, capable tout au plus de faire un troisième clerc de procureur. Bref! que ma petite Louise ait eu, pour compagnon de ses jeux, l’eufant d’un métayer, rien de mieux ; mais il était ridicule déjà que mademoiselfc de Grandlieu eût M. François Beaudouin pour unique société.

LOUISE

Si ce pauvre François vous entendait, mon père?

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