‹ Cartouche drame nouveau en cinq actes huit tableauxChapitre 32 sur 91 · TABLEAU I1T, SCENE II · texte numérisé non relu

TABLEAU I1T, SCENE II

LOUISE

Veux-tu bien te taire, méchant, et chasser toutes ces vilaines idées noires .. on parle de mon bonheur, et ça te rend triste... Voyons, essuie tes larmes, et souris-moi, comme aux Ormes. Allons... allons donc !...

Moi, que je vous...

LOUISE

v Je le veux... je le veux...

FRANÇOIS, riant et pleurant à la fois.

Oh! alors... je ne peux pas vous résister, moi, je ne peux pas... ah! ah! ah!... J’ai ri, n’est-ee pas?

LOUISE

Tu viendras au moins huit jours à l’avance... Et, comme je tiens à ce que tu me fasses honneur, je commanderai ruoimème tes habits de gala.

FRANÇOIS

Mes habits?..

LOUISE

Oui, pour qu’ils ne ressemblent pas à ceux-là..

FRANÇOIS

Mais c’est tout neuf !

LOUISE

Ça n’en est pas plus beau.

FRANÇOIS

Louise !

DE GRANDMEU.

Beaudouin... il ne faut plus l appeler Louise.

Elle a change de nom?... Gomment faut-il donc l’appeler maintenant ?

DE GRANDLIEU

Il faut l’appeler mademoiselle Louise.

FRANÇOIS

Mademoiselle... Ah! je vous demande pardon... je ne comprenais pas... Ah! ça m'a fait mal !... Allons, allons, je m’en vais... Adieu, monsieur de Grandlieu , adieu, mademoiselle Louise; il faut me pardonner d’ètre venu. Mademoiselle, j’ai eu tort d’oublier la distance qui nous sépare; mais je m’en souviendrai à l’avenir, et vous 11e me reverrez plus, mademoiselle Louise, vous ne me reverrez plus, adieu!... Ah! mon pauvre François, t’a-t-on assez humilié 1 (il tort.)

LOUISE

Quel désespoir I

DE GRANDLIEU

J’ai été dur, j’ai été cruel... mais il le fallait pour arracher de ce cocur-Ià une chimère insensée.

LOUISE

Que croyez-vous donc, mon père ?

Que ce pauvre fou s'était habitué, sans le savoir peut-être, à voir en toi plus qu'une sœur!

LOUISE, A part.

François? (Germain entre.)

' DE GRANDLIEU

Qu’y a-t-il encore ?

GERMAIN

C’est un vieux monsieur qui demande à vous parler tout de suite.

DE GRANDLIEU

Son nom ?

GERMAIN

il ne veut le dire qu’à vous.

DE GRANDLIEU

Introduis-le ici... (a Louise.) Rentre dans ta chambre, mon enfant, j’irai t’y rejoindre tout à l’heure.

LOUISE, à part.

Lui, François... Oh ! jamais la pensée ne m’était venue qu’il

pût m’aimer!.. (Elle sort d’un côté. De l’autre, parait un vieux seigneur, tout de noir habillé, poussant des sanglots, et se cachant le visage avec nn mouchoir.)

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