DEUXIÈME GEÔLIER
Voici le déjeuner du prisonnier, (il dépose un pain et une cruche sur la table.)
d’orbessan.
C’est bien; laissez-nous.
Lais,sez-nous. .
PREMIER GEÔLIER
Oui, jusqu au départ de M. le comte. (Les deux gotoiers sortent.) SCÈNE II.
CARTOUCHE, D’ORBESSAN.
C’est fort aimable à vous d’ètre venu, monsieur d’Orbessan...
p’ORBESSAN,
Vous ne vous attendiez pas à me voir...
Non; pas aujourd’hui, mais demain.
d’orbessan.
Pourquoi, demain ?
J’avais l’intention, monsieur le comte, d’aller vous rendre visite.
d’orhessan.
Me rendre visite ?
Mais oui.
d’orressan.
Chez moi? dans mon hôtel?...
. Mais oui.
d’orbessan.
Vous aimez à plaisanter, monsieur Cartouche?
Quelquefois; mais en ce, moment, je suis très-sérieux. Je m’ennuie ici... je veux m’en aller!...
d’orbessan.
Et c’est pour vous distraire, que vous avez, dit-on, demandé des plumes, du papier...
Et de l’encre... Quand on voit si peu de monde, il est naturel qu’on ait à écrire à bien des gens...
d’oiibessan.
Oui, mais on a eu la cruauté de vous refuser.
Ce n’était pas pour qu'on me les donnât que je demandais toutes ces choses.
d’orbessan.
Vraiment?... et pourquoi donc alors?...
Pour que mes amis pussent apprendre ce dont j’avais besoin. Tenez, monsieur le comte, je suis plein de confiance, et je n’ai pas de secret pour VOUS.(Eb (lisant ces mots, il casse son pain et en lire du papier, une plume, de l’eucrc et uue fiole. 11 étale te tout devant lui.) Voilà mon affaire... de l’encre, une plume et du papier.
d’orbessan.
Ah bah 1...
Mais oui!., (a part.) Ah! la fiole d’opium, bien!.. Un billet?., voyons... «Capitaine, je t’envoie le plus pressé, je lâcherai de te porterie reste moi-même... » (Haut.) A merveille I
d’orbessan.
Vous êtes content de votre correspondance?... t
Mais oui; je suis assez bien servi; ah çàî je vous crois trop bon gentilhomme pour abuser de la confiance que j’ai en vous ?...
d'orbessan.
Comment donc, la confiance de M. Cartouche m’honore infiniment !.. Ah! je sais en effet que vous avez des amis qui rôdent autour de cette prison.