D’ORBES SAN
Libre!..
Demain, j’aurai échangé les haillons que je porte ici, contre des habits de velours et de soie... demain, je reprendrai ma bonne vie de plaisirs et de luxe. Je couvrirai mes cheveux de parfums, et j’abriterai ma tête sous un feutre plus fin, plus élégant que le vôtre... (a part.) C’est ma boite aux lettres, (il joue
avec le chapeau, et glisse la lettre sous la cocarde.) CeS plumes SOIlt déjà fanées, j’eil aurai de plus belles.... (il rend le chapeau à d’Orbessan, qui le met sur sa tète.) Allons, décidément, je ne me fournirai pas chez votre chapelier.
i d’orbessan.
Puisque vous partez aujourd’hui, je ne veux pas vous importuner plus longtemps... Adieu, monsieur Cartouche!
Au revoir, monsieur le comte.
d'orressan.
A quelle heure partez-vous ?
Mais... vers cinq heures... à peu près ..
d’orbessan.
En sorte que, si je venais à six?..
Vous ne me trouveriez plus.
d’orressan.
N’importe!,. Eh bien!., je reviendrai...
C’est ça, oui, venez donc... je laisserai un mot pour vous.
D’ORBESSAN, revenant sur scs pas.
Un mot... pour moi ?.. A propos... et votre lettre, qui devait partir... avant une demi-heure ?..
Ma lettre?., elle est en route.
d’orbessan, riant.
En routel.. Allons, vous êtes charmant... au revoir !
AU revoit. (o'Orbcssnn frappe à la porto de la prison. — t.c geôlier le fait sortir, puis il vient s'installer auprès de Cartouche.) Hein . .. qu Cat-CC que vous me voulez?
le geôlier.
Rien.
Ah! bon! je suis seul... et vous venez, suivant la consigne, me tenir compagnie?
LE GEÔLIER
Justement.
Aimable prévenance! Et ce sera toujours ainsi?
LE GEÔLIER
Toujours.
Vous ne me laisserez jamais isolé ?
LE GEÔLIER
Jamais!
Même la nuit?..
LE GEÔLIER
Même la nuit.
VOUS êtes adorable !.. (il lui tourne le dos et marche avec colère. — Un second geôlier entre et parle bas au premier.)
LE GEÔLIER
Ah! ah!
Quoi?
LE GEÔLIER
Il y a encore là quelqu’un qui demande à vous voir.
Encore! diable !..
LE GEÔLIER
Ce sont des gens munis de l’autorisatibn du lieutenant de police... Impossible de refuser.
Je m’arrangerai pour qu’ils ne restent pas longtemps.
LE GEÔLIER
Entrez, Madame, entrez.
Une dame !
SCÈ^Œ III.
Les mêmes, GRIBICHON, en vieille douairière. Il est vêtu d'une grande robe à ramages, très~ample. Chariot le suit déguisé en petit laquais nègre, et portant ta queue de sa robe.)
GRIBICHON fait, en s’éventant, le tour de la prison, toujours suivi de Chariot, qui porte la queue de sa robe.)
Ab ! c’est ici la prison de ce grand criminel!... il est trèsbien logé, ce scélérat... mais ou donc est-il?...
LE GEÔLIER
Le voilà, Madame.