‹ Cartouche drame nouveau en cinq actes huit tableauxChapitre 85 sur 91 · SCÈNE ni · texte numérisé non relu

SCÈNE ni

CARTOUCHE, GRIBICHON, roleurs en sentinelle, d’autres sur le devant du théâtre.

Quels ordres, capitaine?...

Approchez tous et écoutez-moi. Il ne s’agit pas cette fois de dépouiller quelque voyageur, il s’agit de venger votre chef, votre compagnon, votre ami... Êtes-vous prêts à me seconder?...

TOUS

Oui î. . oui!..

Celui que nous attendons ici m’a ravi un bien mille fois plus cher que tous ceux que nous ayons jamais ravis nous- mêmes. H m’a pris la seule affection de mon cœur, la seule joie de mon âme; et pour cela, je ne veux pas qu’on le tue, entendez-vous? C'est à moi que sa vie appartient... je veux jouir de chacune de ses souffrances... je veux savourer chacune de ses tortures... je veux qu’il comprenne bien en mourant la cause de sa mort; je veux qu’il sache bien que c'est moi qui l'ai condamné, que c’est Cartouche qui le tue.

DOUBLEMAIN, entrant.

Capitaine, le chevalier du guet, suivi d’un détachement de ses hommes, se dirige de ce coté... (Plusieurs voleurs arment leur

fusil.)

Laissez-les passer.

GRIBICHON.

Comment, le chevalier du guet?...

Ce n’est pas lui que je veux frapper aujourd’hui... le combat que je lui livrerais mettrait M. d’Orbessan sur ses gardes, et compromettrait ma vengeance.

D0UBLEMA1N.

Ils viennent... les voilà...

Tenons-nous à l’écart... (Mouvement des voleurs.) Retirez-vous, ’

je le veux. (Tout le monde s’éloigne leutemeut, on voit paraître, au fond, de Grandiieu, suivi de soldats.)

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