‹ Cartouche [microforme]Chapitre 23 sur 57 · LES MÊMES, VOLEURS · texte numérisé non relu

LES MÊMES, VOLEURS

PIERRE.—A qui diable en a-t-il donc? (Se retournant et se voyant cerné.) Ah! mon Dieu!

BEAULIEU (sortant de la maison, suivi et précédé de voleurs) —Vous voyez devant vous un imbécile qui se vante d'arrêter Cartouche.

PIERRE.—C'est moi, oui, braves gendarmes, qui viens prendre place parmi vous, augmenter le nombre des défenseurs qui... Enfin, voilà un p'tit mot de monsieur de Saint-Alban.

BEAULIEU (prenant la lettre).—De Saint-Alban !...(Aux voleurs.) C'est de Cartouche. (Zisant à voix basse.) “Je vous livre pour vos menus ‘plaisirs, un rustre qui veut prendre du service ‘parmi les gendarmes, et qui se flatte de m'arrè- “ter. Accueillez-le de façon à lui faire perdre “ pour longtemps l’ardeur martiale dont il se croit “animé.” Pardon, l’ami, si, ne vous connaissant pas, je vous ai si mal reçu d’abord

PIERRE.—Le p'tit mot fait son effet.

BEAULIEU.—Mais votre tournure.

PIERRE.— N'est pas brillante... c’est vrai. Vous me preniez peut-être pour un des gens de Cartouche.

BEAULIEU.— Justement.

PIERRE.— Avec mon grand sabre et mon fusil de chasse. (Zes voleurs s'emparent des armes de Pierre Leroux.) Ah ben! à propos de gens de Cartouche, tenez-vous sur vos gardes. 1l y en a un qui m'a accompagné jusqu'ici, et qui m'a emprunté, sans m'en demander la permission, mon mouchoir et ma montre.

BEAULIEU (aux autres).—C'est la Pince.

PIERRE —Ah ! il s'appelle la Pince 1... Tâchez donc de le pincer à son tour... Ah! ça, mais dites donc, je ne vous vois pas du tout l'uniforme des gendarmes.

BEAULIEU.—C'est le costume du matin, le négligé.

PIERRE—Oui, ça m'a tout l'air d’un négligé.

Eh bien! voyons, enrôlez-moi. Par quel grade vais-je commencer ?

op

BEAULIEU.—Simple gendarme, d’abord, ensuite nous verrons.

PIERRE.—Simple gendarme !.…. j'aimerais mieux être capitaine ; mais si ça ne se peut pas.

BEAULIEU.——Non, ça ne se peut pas. Vous allez signer cela. (77 Jui montre un papier.)

PIERRE.—Qu'est-ce que c’est ça?

BEAULIEU.—Le tableau de la troupe.

PIERRE.--Je ne risque rien ?..

BEAULIEU —Absolument rien (à part) que d’être pendu.

PIERRE.—Ah ! ben, à la bonne heure. (77 signe.) V’là que c’est fait. Attendez donc, et ma pataraphe.…. là ; maintenant rien n’y manque, et je suis des vôtres.

BEAULIEU.— Un instant ; il faut avant passer par | les épreuves de rigueur.

Pirerre.—Est-ce que c’est bien de rigueur P BEAULIEU. — Tout à fait. Qu'on lui bande les | yeux.

PIERRE. — Tiens, nous allons donc jouer à col- * lin-maillard ? j'y suis fort, je vous en préviens.

. BEAULIEU (bas, à un des siens).—Conduisez-le | dans une des caves de la ferme, et qu'il y attende que le capitaine ait prononcé sur son sort. (OU s'empare de Pierre Leroux par les pieds et par les bras.)

PIERRE. — Eh ben! qu'est-ce que vous faites.

donc là? je vous en prie, prenez bien garde de me laisser tomber, je suis très délicat. (O#= entre Pierre L:roux dans le bâtiment, à gauche.—Sons de cor.)

BEAULIEU — J'entends le signal du retour ; c’est notre capitaine.

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