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CHaARLEs.—Léon !...Mais votre frère.
Léon. - La tombe ne rend pas sa proie.
CHARLES.—Saint-Alban n’est plus !... Mais vous, Léon. comment avez-vous échappé au trépas ?.. comment vous trouvez-vous dans ces lieux horribles ?
Léon.—Ecoute. Tute rappelles ce jour fatal où tu pensais nous quitter pour quelques heures seulement... le ciel en avait décidé autrement. Profitant du silence de la nuit, de l'horreur des ténèbres. un monstre parut devant nous; le fer et la flamme brillaient dans ses mains. Surpris au milieu du sommeil, nous n'offrimes aucune résistance... Les barbares !.. Sous mes yeux même ils frappèrent Saint-Alban de mille coups. Eperdu, je veux fuir... à la lueur de l'incendie le monstre m'aperçoit.. me poursuit... Je me barricade dans une chambre... En voulant éviter le couteau des bandits. J'allais périr dans les flammes... Mais on accourt.. c'était un des siens... ‘ Fuyons, lui dit-il, ou nous sommes perdus... fuyons !... “Il lentraîne à ces mots. Je bénis le ciel qui m'’arrache à la mort. Je sors du château en flammes. les bandits avaient disparu.
CHARLES.—Et vous habitez les mêmes lieux |!
LÉON.—Le hasard seul m'a conduit ici. Ne respirant que la vengeance, j'accourais sur ses traces, lorsque, la nuit même de mon arrivée dans cette ferme, il en surprit les paisibles habitants. J'allais devenir une seconde fois sa victime; un déguisement de vieillard frappe mes regards, je m'en couvre à la hâte... Ils arrivent ; m'examinent, m'interrogent… Je feins de ne pas les endre, et, croyant alors n'avoir rien à redouter de ma présence, l’un d'eux conçoit le dessein de me garder. Ils me proposent de les servir... j'ai l'air
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de refuser. ils commandent..… Depuis ce jour, sans cesse sur ses pas, j'épie ses moindres démarches ; je ne veux pas laisser à d’autres le soin de livrer un tel monstre à la justice. Hier il a su tromper mon espoir... bientôt, j'en ai la certitude, il ne pourra plus se soustraire à mes coups.
CHARLES.—Grand Dien ! à quel excès de misère me réserviez-vous |
LÉon.—Ce n'est ni aux plaintes ni aux prières qu'il faut avoir recours.
CHARLES.—Que veux-tu dire ?
LÉON.—IL faut livrer aux tribunaux, qui le réclament, le destructeur de tant de familles.
CHARLES.—Eh quoi! lorsque je venais pour le sauver.
LÉON.—N'’a-t-il pas refusé de te suivre ?.. Pas un mot de votre entretien n'a pu m'échapper.
CHARLES.— N'importe, 1l est mon frère.
LÉON.—Abh ! tu devrais l’oublier en ce moment, mais si le meurtre de mon frère qui te nomma son ami, quite consola dans tes peines lorsque tous les hommes te repoussaient, ne suffit pas pour que tu te rendes à mes vœux... regarde où te mènera ta fatale indulgence. Il peut poursuivre lon gtemps encore sa carrière criminelle. chaque jour, tu verras tomber sous son poignard de nouvelles victimes. tout leur sang rejaillira sur toi... Oui, à compter de ce moment, si tu refuses de seconder mes efforts, tu deviens son complice. la voix publique Paccuse, te condamme... te maudit !.… Charles! Charles ! ne me résiste plus... venge la mort de Saint-Alban… venge ton pays !.…
CHarLes.— Léon !... je ne puis... non, jamais.
LÉon.—Silence !.. Voici les soldats.
CHARLES (à part.) Puisse-t-il être temps encore de le sauver !