TROISIEME FASCICULE
Aux bureaux de la Société Historique
içai
rattacher les Déliés à un village des environs de Pontoise, qui se trouve indifféremment écrit dans notre cartulaire Lex^ Leis^ Lests (Cf. CartuL N* VIII , XIX, XX, XV, CL) et qui s'est quelquefois traduit par Loca^ mais jamais par Licata ou Licaiœ. C'est Lieux^ appelé, depuis le XVIII* siècle, VauréaL
D. Estiennot, convaincu de cette assimilation, n'a pas hésité à enchevêtrer dans un même arbre généalogique les personnages tout à fait effacés qui apparaissent dans le cartulaire avec le surnom de Lieux^ et les Déliés^ qui étaient suzerains d'un grand nombre de fiefs et restèrent les chefs de la noblesse vexinoise jusqu'au règne de saint Louis.
L'inspiration qui poussait les écrivains du XVII* siècle à rattacher Amauri de Pontoise à l'ancienne souche des comtes de Vexin, tout en ayant donné lieu de leur part à des conclusions inadmissibles, avait cependant sa raison d'être.
Nous voyons la famille Déliés conserver héréditairement dans la ville de Pontoise et celle de Mantes, des droits féodaux qui constituent un démembrement de la puissance souveraine (6).
L'exercice des fonctions de vicomte, confiées dans ces deux villes à des membres de cette famille, nous fait présumer qu'il faut voir en elle effectivement une branche cadette des comtes de Vexiq» mais dont l'origine doit être recherchée plus haut.
Gautier /, comte d'Amiens et de Vexin, fils, non de Galeran comme l'ont supposé les anciens généalogistes, mais de Raoul /, comte de Valois, et de Ledgarde qui se remaria à Galeran, eut plusieurs fils (7).
L'ainé, Gautier le BlanCj hérita des honneurs de son père et de son aïeul. Que devint Raoul^ le premier de ses frères cadets, dont le nom figure à côté du sien dans un acte de 987? Un obstacle dut s'opposer à ce qu'il reçût une part -dans la succession de son père, car Gautier le Blanc divisa plus tard ses états entre ses deux fils, Raoul et Dreux^ dont le premier eut Amiens et Crépy, le second Mantes et Pontoise.
On pourrait donc admettre a priori qu'un défaut physique ou quelque accident empêcha Raoul, second fils de Gautier I, de recueillir une partie de l'héritage paternel : le Valois, qui eût dû lui revenir, puisqu'on lui avait attribué le prénom de son aïeul.
alors VaU'Raoul, Plus tard on a transformé le prénom de Raoul dont on ne s'expliquait plas l'étymologie en Real^ comme s*il venait de Regaîis, Un des premiers exemples de cette forme corrompue se rencontre dans le cartulaire de St-Windrille, à propos de Real Harenc de Scherville^ en X397 (Fol. Tii^x xnc. Arch. de la Seine-Inférieure).
(6) Ainsi Amauri possédait à Mantes le tonlieu de sel, et en 1190 Henri Déliés jouit, sur toute une rue de Pontoise, des droits soivants : foragium, mensuras, teloneum de mercatore ».
(7) La généalogie de Gautier I résulte d'un texte du Cartulaire de St-Crépin de Boissons conservé aux Archives de l'Aisne. Dans l'Histoire des Familles palatines que nous préparons, nous exposerons les conclusions qui nous paraissent résulter de l'étude des données fournies par ce Cartulaire, combinées avec d'autres provenant de diverses sources.
Or le surnom de Déliés (Delicaius) qui veut dire, non le Subtil on U Retors et encore moins VÉlégant ou le Distingué^ mais le Débite ou le Valétudinaire et que^ depuis Amauri, tous ses descendants ont revendiqué, n'était pas personnel à Raoul fils d'Amauri et son successeur comme vicomte de Pontoise (8).
Le premier acte à date certaine où figure ce dernier, qui a vécu jusqu'à la fin du XI« siècle, est de Tan 1059 (9).
Or près de trente ans en arrière, un personnage du même nom, avec lequel la chronologie ne permet pas de le confondre, souscrit comme le premier des chevaliers mantais, immédiatement après le comte Dreux, une charte de ce comté de Vexin, non datée, mais donnée entre les années 1030 et 1033 (lo).
Pour nous, ce premier Raoul Déliés est bien le second des fils de Gautier I ; les suites d'une maladie survenue dans sa jeunesse lui auront rendu impraticable le dur métier des armes auquel il avait été primitivement destiné, ainsi que le montre le nom même qui lui est imposé et sa participation aux actes de son père.
Il est naturel qu'on lui ait alors confié, comme il y en a de nombreux exem» pies pour des cadets de familles souveraines, des charges domestiques ou fiscales qui n'exigent pas le service militaire personnel (11).
Nous sommes donc portés à attribuer à ce Raoul trois enfants: Raoul Mau^ voisin ^ vicomte de Mantes, Théviriy vicomte de Meulan et Amauri^ vicomte de Pontoise.
Dans une charte donnée, comme comte de Mantes, par Simon de Crépy^ entre 1069 et 1073, en faveur de Cluny, Simon rappelant les autres libéralités faites par les siens à l'abbaye bourguignonne, cite celles du vicomte Raoul qui loi céda l'église de Gassicourt, don auquel Amauri de Pontoise ajouta celui du tonlieu du sel à Mantes (13). La charte du vicomte Raoul nous a été conservée ;.
(8) € Hanc eleemosynam (Imgblrammi db Clbibyo) concesserunt Domnns Almalucus db Pomn- SAiA, Radulfhusqub Dbucatus, filiof ejttsdcm Almalbici ». (Cartul. n* IX). Raoul est qualifié vicomte à la fin de la même notice.
(9] LéTrier, t. XI, p. 149.
(10) Guérard, Cartui. de St'Père de Ckariresy p. 199 (Il est question dans cette pièce d'Amoat/, abbé de St-Père, mort yers 1033). Voir aussi p. 175.
< De Mellemfo : Tbduim os, ricecomes. Amblius, frater ejus. Guabkebius, prepositus. Hxldbgarius BoDiKus. Galtbbius fillus Bbbokis. Abchabdus frater ejus. Rodulfus Dblxcatus. Yto db Abccba. Hubbbtus db Imsula ».
(11) Dans cette hypothèse, comme le surnom de Déliés constatait la raison d*étre d'une altération de la règle d'hérédité, et du tort dont les descendants de Raoul étaient les victimes, et qu'il rappelait en même temps leurs droits et leur origine illustre, on s'explique qu'ils Talent conservé jalousement, en ayant soin de perpétuer sans interruption dans leur lignée le nom de Raoul, le premier et le plus célèbre des deux portés alternativement par les comtes de Valois.
(la) Meo exemplo mei dederunt plura : Radulfus scilicet vicecomes ecclesiam de Vassicurtê cum decimatione vini et annone. Huic dono addidit tAMALiicus quoque db Pobtesio telooeum salis quod Medante habuit (Brnel, Charte* de Clttnjt, n« 3476 ; t. IV, p. 585).
nous la reproduisons plus loin ; c'est, sans l'ombre de contestation possible, le même personnage que le cartulaire de Coulombs appelle Raoul'A4a^Barbe^ et dont les nombreux fils portèrent le surnom de Mauvoisin que ce cartulaire attribue également à Raoul.
Mais dans la donation faite à Cluny, le vicomte Raoul ajoute à l'église de Gassicourt la dîme du tonlieu qu'il avait dans le port de Mantes. Il est donc évident que le tonlieu de Mantes était partagé à cette époque entre le vicomte Raoul et Amauri de Pontoise: d'où nous concluons qu'ils étaient frères.
Quant à la parenté d'Amauri et de Thévin, elle résulte de cette même charte de Dreux II, fort importante pour l'histoire de cette contrée, et qui se résume ainsi: « A l'appel du comte de Vexin, tous les bannerets du Mantais, d'une part, et du Meulanais, de l'autre, se réunissent pour examiner la plainte des moines de St-Père de Chartres contre Hugues, vicomte du Vexin. Le débat porte sur des droits qu'en raison de son titre de vicomte, Hugues s'était attribués sur les terres de Drocourt, de St-Cyr-en-Arthies et de Chaudry, que Dreux avait données à St-Père, par un acte de Tan 1030. Le procès se place donc entre 1030 et 1033, peu avant le départ de Dreux pour le pèlerinage de Terre-Sainte où il mourut.
Or en tête des chevaliers du comté de Meulan, dénommés dans cet acte, se placent « Teduinus, vicecopies et Amelius fraterejus > (13).
AtneUus est incontestablement une forme abréviative à'AmalricuSf dont on a, par d'autres défigurations, tiré aussi les prénoms d'AmafuSj Amadeus, etc. L'emploi d'un diminutif familier semble indiquer qu'à cette date (1030-1033) Amauri était encore un jeune homme.
Amauri occupa d'abord les fonctions de vicomte de Mantes: cela résulte d'une inscription nécrologique concernant le vicomte Anscher, fils de Hugues Estavel, qui a vécu dans la seconde moitié du règne de Philippe l^^ (13).
II devint ensuite, comme l'indique le diplôme de 1069, ^^^ ^^^ autorités
{proceres) du château de Pontoise. Dans un titre de Gautier III, donnant
l'Eglise de Liancourt en Vexin à St-Père de Juziers, en 1059, on trouve parmi
les signatures :
S. Warnerd de Ponte Isare.
S. Amalrici de Ponte Isare.
S. RoDULFi Delicati (9).
Lorsque Philippe I«% à la mort de Gautier III de Vexin, s'empara du château de
Pontoise, il en confia la garde à ces deux mêmes chevaliers : Amauri et Garnier,
Amauri est l'Amauri Déliés de Mantes dont nous venons de parler ; Garnier,
que sans aucun fondement quelques-uns ont supposé son frère, était un Senlisien
dont nous parlerons dans l'appendice suivant.
(13) Idibns Febrnarii. Obiit Aïichviius ex cnjus dono habemus m sol. cesses capitalis in donio que fait Amausxci, vicarii de Medunia^ in qua etiam domo alios yii sol. cenras habemus.
(Nécrologe de St-Père de Chartres. Bibl. mua. de Chartres. Mss. 1037).
En 1082, un jugement rendu par la cour du Roi à Poîssy porte, après la signature des comtes, les trois suivantes :
S. Sdconis de Nealfa, militis.
S. Amalrici db Ponte Isare, militis.
S. Galterh Posteu (14).
Le cartulaire de St-Martin ne nomme, comme fils d'Amauri, que Raoul II Déliés (Cf. no* XI, XVIII, XXXIII) ; mais des actes de 1078 et 1080, relatifs au Beauvaisis, nous apprennent que Raoul, fils d'Amauri, eut trois frères : Pierre^ Eusiache et Golon (i;).
On reconnaît dans le premier de ces personnages Pierre de Pincencouri^ vassal de Raoul Déliés pour des biens à Cléry, terre patrimoniale de cette famille (Cartul. no XXXVIII ; cf. note 178).
Raoul fils d'Amauri, est aussi témoin d'un diplôme de Philippe I*' donné à Beauvais en 108^ (16). C'était un des casati ou vassaux bénéficiaires de l'église de Beauvais, et il était très certainement proche parent des châtelains de cette ville (17).
Il épousa Ha^èche ou Hahuis et en eut Raoul IIl^ Amauri II f n» L) ; Henri^ sans doute filleul du roi Henri I*'', cité avec son père en 1093 (n^XXX et XXXI; Cf. note 102), Agnès et Comtesse.
Du consentement de ses fils aînés et de ses deux^es, il donna à St-Martindes-Champs Téglise de Méni, et divers autres biens, le jour des obsèques de sa femme, auxquelles assista Louis le Gros, roi désigné. Cette donation fut confirmée par Anseau II, évéque de Beauvais, mort en 1099 : Louis le Gros ayant été associé au trône en 1098, la date de la mort d'Hahuis est facile à déterminer.
Amauri II épousa Helvide, dont il eut deux fib: Gantier^ chevalier et Jekan, moine de St-Martin de Pontoise (no« XXXV et XXXVI).
Amauri était seigneur de Neuville ; il se fit religieux à Saint-Martin du vivant de son aïeul Amauri I (n® XXXIII) ; il est cité comme moine de Saint-Martin dans des textes dont l'un est de 1099 {n^ XVIII et XXXVII).
Raoul III dit le Jeunes épousa Agnès (n» XXXIV) et eut un fils nommé Raoul IVj donateur de la terre de RonqueroUes (Cf. note 341 qui exige une légère rectification par suite d'une confusion entre Hahuis et Agnès), et, conjointement
(14) Après le 4 août: ce diplôme est daté de la 23* aaoée de PhiUppe. — A. N. LL 1024, fol. 40. — Lévrier, t. XI, pr. a 19.
(15) Donation de PantaUon de Breteuil, ap. Baluze, t. XXXVIII, fol. 93. — Donation à" Hugues ^AuUuil, Mss. lat. 11776, fol. 87.
(x6) CoU. Mbreau, t. XXXIV, fol. 148. On trouve aussi dans an traité daté de Beanvait et passé entre 1058 et 1074 « Radulfus casatus urbis et frater ejns Pbtrus (Morean, t. XXX, fol. S6). La charte de 1078 distingue nettement < Radulfus casatus, filius Amalrici » de « Radulvhus dapi- FBR» (Raoul de Beauvais^ grand sénéchal de France).
(17) CoU. Moreau, t. XXXII, fol. 94.
avec son père, de Téglise de Cléry (n® XXXIV, dont l'intitulé doit être ainsi rétabli : « Raoul III et Raoul IV Déliés » et la date reportée aux environs de 1 130. Adê ou Adélaïde^ femme de Raoul IV, est en effet la même personne qui figure dans la charte XXXIV et dans la note 341, comme confirmant les libéralités . de son marij.
Nous ne savons si Henri Déliés^ qni vers ii4ofitle voyage de St-Jacques de Compostelle avec sa femme Richilde (18) est le frère de Raoul II cité plus haut.
De ii8a à 1197, nous rencontrons un Henri II Déliés marié à Elisabeth (19). Il est père d'un grand nombre d'enfants mâles : Raoul K, Gautier^ Hugues^ Enguerran^ Guillaume^ Pierre 12 y Richard L Un acte de iiSa les qualifie tous de chevaliers. <2ependant Pierre avait été clerc, d'après notre cartulaire (n^ CXCI).
Raoul V, chevalier de Longuesse en 11 77, eut en 1181 un démêlé avec Saint- Victor. Constance, fiUe du rc: ^^uis VI, et femme de Raymond VI, comte de Toulouse, avait acheté, pour les donner à cette abbaye, 40 arpents de ter^e au chevalier Archer, à la Queue-en-Brie. Raoul V et son beau-frère Manassé de Vilryj réclamèrent sur ce domaine des droits de cens, du chef de leurs femmes Marie et Elisabeth^ filles toutes deux de Guillaume le Veautre et de Vilaine^ de laquelle provenaient ces droits (ao).
Raoul V était marié à Cécile en 1197 ; il exerça les fonctions de connétable du Vexin en iao% et son nom est demeuré attaché à l'acte de rédaction des cou* tûmes relatives à l'hérédité des fiefs (ai).
On peut sans trop de hardiesse le supposer père de Raoul VY, de Thibaut^ que nous rencontrons à partir de laaa comme seigneur d'Ennery près Pontoise, et de Rohaisy leur sœur, mariée dès laaS ^Jéhan^ sire de Fresnoy (as).
Raoul VI épousa Eremburge^ fille à'Agnès^ dame de Baillei (33). Il mourut sans enfants en 1239 (24).
Thibaut^ chevalier d'Ennery^ est nommé dans des actes de iaa6 à 13^8 (a^). Sa femme s'appelait Marguerite (34) et il avait pour fils aine en 1340, Jehan ^ qui prit le nom de Jehan de Cléry^ en 13;; (19). Il avait en 1346, un neveu du nom de Jehan Pyguet^ sans doute fils de sa sœur Rohais et de Jehan de Fresnoy (19).
(x8) Hmiicus Dblxcatus cmn Rxcbxlds nxore, Sium Jacobu^ peregrinitionit causa petit circa an. 1x40 (Cartul. cap. 187, ap. D. Estiennot, 1. Il, c. 7). Voir Cartvl. n* CXLIII, où D. Estiennot adoptant le système qne nons avons combattn pins hant, nomme ce seigneur c Hmixcus ds Liz >.
(19) Cart. dn Val N. D., mss. lat. ^463, fol. 4X, transe, de Gaignières. — Arch. Nat. LL 1^41, fol. 39 et 34. — Analyse dn Cartnl. de St-Lazare de Pontoise, dans le fonds Pihan de la Forest, dossier 3, n* 44. Bibl. mnn. de Pontoise.
(10) A. yi. LL X450, fol. 6fl.
(ai) Tardif, Carions des Rois,
(as) Cartnl. de Beaupré, B. N. mss. lat. 9973, fol. 76.
(93) Arch. de Seine-et-Oise. Fonds de l'abbaye d'Hérivanx, cart. I.
(94) Ibid. cart. x et 3.
(9^) Cmrtuh dt tHâUl^Dîeu de Pontoise, publié par J. Depoin.
— ajo —
Gautier de Longuesse^ iSls d'Henri II, était dès ii;8 homine4ige de St-Denis, et reçut de Tabbé l'autorisation d'établir un pressoir à Sagy (96).
Il épousa Jacqueline, fille à'Amauri de Blaru et sœur de Jehan^ sire de Gaillonneïj l'un des bienfaiteurs de l'abbaye de Jumièges (29).
Il eut un fils appelé Herbert (27).
Pierre, frère de Gautier, épousa Hildeburge et en eut trois fils : Aàsm^ mari d'Helvide, Gjtf/i^r, Evrard] et quatre filles: Bv$Kn4, RichiUê^ Aéé et DamUu4 (a8).
Il existe un fort beau sceau d'un Raoul Ddiés du XII* siècle appendu à l'acte suivant :
« Notum sit omnibus, quod Radulphus de Betbmovt in perpetuam elemosinam fratribus Hospitalis censum et dominium quod habebat in masura JoHAims aororii sui DE Bbtemont tenendum concessit. Hanc elemosinam concedunt Galtbuos Da- BLEGBS et Radulfus Deliez qui sigiUi sui munimine confirmât. (Orig. S. ^lyi — Sceau rond de cire brune ; (S. DOMNI RADVLFI DE LIEZ : dé... à trêis fascês de sabli, chargées d'un lion issant de....)
Dom Estiennot connaissait un sceau analogue qu'il a décrit ainsi : c Pmseé de,., au Lyon rampant brochant sur le tout de,.. »
Il l'attribue à un Raoul Déliés vivant vers 11^ (5).
Lévrier, dans son Dictionnaire du Vexin (tome XIII de la collection) donne le sceau de Gautier de Lon^uesse, issu d'un frère cadet de Raoul V, en 1^2^ i « de... au lion rampant contottrné ».
§ II. FAMttLB MAUVOISIN
Raoul I Mauvoisiuy vicomte sous Gautier III, dont nous avons admis plus haut le rattachement probable à la famille Déliés et par elle à la souche des comtes, est cité plusieurs fois parmi les chevaliers de Gautier III (30), de 10^5 à io6o.
En dehors du surnom de Mauvoisin, qui semble s'être appliqué collectivement à lui et aux siens, il portait celui de A la Barbe {Ad Barbam). A l'abbaye de Coulombs, alors naissante, il donna sa terre de Lommoie (31).
(26) A. N. LL 1x70, fol. 15.
(a;) A. N. LL 1043, fol. 45.
(s8) A. N. LL 1034, fol. 61.
^39) Arch. de U Seine-Inf. Grand Cartul. de Jamièges, n"* 7S et 79.
(30) Guérard, Cart, de St-Père, p. 143, 185, 300.
(31^ Lommoie, cant. de Boonières. Raoul ne possédait que la moitié du territoire de Lommoie. Il abandonna aux moines de St-Êvroul, à la prière de l'abbé Mainier, la dîme qu'il prélevait sur l'autre moitié cédée par Albert Je Gravent, sa femme Albérède fille de Hugues dlvry, évèque de Bayeux, et leur fils Raoul au monastère d'Oache (Orderic Vital, \, VI, éd. Le Prévost, t. III,p. 34, 5^).
- aji —
« Radulfus Malusvicinus cognomento Ad Barbam dedi monachis Ste Marie Columbensis pro remedio anime mee totum herbergamentum Ulmeie... exceptis fevis meorum militum ; et hoc pariter filii mei Robertus, Radulfus, Guiardus, GuiERRicus libenter concesserunt. Testes : Theobaldus privignus ejusdem Radulfi, etc. (32) »•
La formule : « hormis les fiefs de mes chevaliers » montre bien que Raoul Mauvoisin était un puissant personnage et le chef de la noblesse du pays.
A Cluny, au temps de l'abbé Hugues (1049-1109), il fit don de Téglise de Gassicourt. Ce fut à une date antérieure à 107a, puisque Simon de Crépy, qui entra dans le cloître cette même année, cite la libéralité de Raoul dans un acte récapitulatif où il prend encore le titre de comte de Mantes (12).
« In nomine Domini. Notum sit omnibus hominibus p. et f. quod Rodulfus gratia Dei compunctus, annuente uxore sua Eva, et filiis suis Tetbaldo scilicet, et RoTBERTo, Rodulfo, Widone et WmRico, pro anime sue redemptione et animarum istorum et antecessorum, dédit Cluniacensi ecclesie... et domno Hugoni abbati... ecclesiam de Wascicorte et decimam, annone videlicet et vini, ceterumque rerum illic pertinentium, et decimam telonii quodtenebat in portu Medante (33) ».
Ce document prouve avec quelle prudence il faut tirer des conclusions des textes qui semblent les plus clairs. Si nous n'avions que celui-là, nous attribuerions sans hésiter à Raoul un fils aîné du nom de Thibaut, alors que le cartulaire de Coulombs montre que Thibaut, né d'un premier mariage de sa femme Eve, n'était pour Raoul qu'un fils adoptif.
Cette assertion est corroborée par la charte de Simon portant donation de l'abbaye de Mantes à Cluny. Elle a pour témoins : « Hugone Stavelo, Hugone Brusta Salicem, Nivardo de Settuleia, Radulfo filio Radulfi vicecomitis... Tetbaldo predicti vicecomitis privigno (12) ».
A une époque contemporaine, mais qu'aucun synchronisme ne permet de fixer, un chevalier appelé Gautier Pain-et-Eau (peut-être le geôlier du château de Mantes), ayant des besoins d'argent, donna en gage aux moines de St-Wandrille une prébende qu'il avait à Rosny. Raoul Mauvoisin et son fils Robert furent témoins de cet engagement (34).
(3a) Coll. Baloze, t. XXXVIII, fol. 27. Extrait du Cartnlaire de Coalombs.
(33) Extrait du Grand Cartolaire de Clany, coll. Moreaa, t XLIV, foL 71 (PabUé par Bruel). Orderic Vital (éd. Le Prévost, II, 447) qualifie Raoul I « Medantensis oppidanos ».
On rencontre à Hnriel (Allier), en 107$, Guillaume et Raoul Mauvoisin frhres^ oncles {avuuculi) et tuteurs de Bernard Grossinel ; et vers le même temps, Geo/roi et Roger Mauvoisin (Tardif, Cartons des rois, n^ 294 et saiv.). Des Mauvoisins restèrent dans cette contrée. En xx^s, Guillaume et Isnard sont témoins d'un mariage avec Bertrand de Bourbon (Teulet, Laj^ettes du Trésor).
(34) Grand Cartulaire conservé aux Arch. de la Seine-Inférieure, fol. 519. Robert, qui disparaît dans le Vexin, devint un des chevaliers de l'église de Nojon. En xxxi^, une charte de Tévéquc Lambert cite parmi les témoins : c De civitate nostra Robbrtus Malusvicikds » (Guérard, CartuL de N.^D, de Paris^ I, 307). — Dès X090, il est vassal d'Eudes de Péronne pour des c coutures » à Guimécourt en Artois (Coll. Morean, t. xxzvi, fol. 54).
— aja —
Guerriy fils cadet de Raoul I, est cité avec Gautier, son fils, dans un autre acte du même Gautier Pain-et-Eau (54) et dans la charte de composition établie par Guillaume Bonne-Ame, archevêque de Rouen (1079-1110) et Isembard, prévôt de Saint-Gilles de Mantes, entre Raoul de Limay, meurtrier d'Oudard d'Evêquemont, et la famille de celui-ci (35),
Dans cette dernière pièce, Guerri est surnommé de la Porta (de Porta)* Il avait donc les fonctions de concierge du château. Gautier son fils, qu'on retrouve encore à Mantes en 11 17, paraît avoir quitté ce pays, s'il est bien le même que nous rencontrons en Picardie en 1149 (36).
Guif un autre des fils de Raoul I, nous paraît avoir été le premier châtelain de la Roche Guyon. Nous tirons cette déduction de ce fait qu'une des donations à l'abbaye de Josaphat comprises dans la bulle de confirmation générale d'Alexandre III en 1164, fut faite collectivement par Raoul Mauvoisin, Richard de la Roche et les fils de Raoul (37).
Or Richard de la Roche, apparemment le fils de Gui I de la Roche Guyon, était frère de Gui 11^ comme le prouve un acte du cartulaire de St-Leu d'Esserent (38) : il survécut à son frère, victime du terrible drame que Suger raconte.
(3^] B. N. Mss. lat. XS878, fol. 170. D^antret notices da même cartulaire de Marmontier le qualifient € GoBKixcus DB PotTA, amiciifl notter > ; il fit des dons k St-GiUes de Mantes, dépendant de l'abbaye tonrangelle (Ibid. fol. 169).
Voici one antre pièce où figurent Raoul II et Ouêrri son frère :
c Ego GuiLLLLMus miles de Midanta, cogDomine Rufixus, concessi fratribos Majorismoumsterii capellam qnandam jnxta Medaniam in terra mea in honore Sancti Agiiii dedicatam... de terra mea prozima... donayi quantnm cymiterio et ad officinas necessarias faciendas ibi snfficiat... Ad lioc faciendnm et andiendam fnemnt Eichbiiaidus monachns, Stmom db Niblpa qui sedebat ad pedes Régis, Radulpus Malusyxcimus qni adjnrit Eichbiialdum monachnm tenere cartain qnando Rez Philippns in ea signnm Cnxcis scripsit, et Gubrbicus frater ejusdem Radulfi... et Guakxmus prepotitns ».
(B. N. Cart. de Marmootier, mss. lat. $.44x« fol. S09. ColL Morean, t. XLIII, fol. 70).
(36] VaiUrus Maîusvieinus miles (Cart. d'Onrscamps. B. N. Mss. lat. ^473, fol. 903). Un second Guêrri d$ la Porte, sans donte petit-fils dn premier, est nommé dans nn acte de ûimille des Man- Toisin en 1x46 (tn/ra, note 39).
En 1207 on tronre k Mantes, nn Gautier II de La Porte, sa femme Alis, ses fils Guerri III, Baudoin, Gautier III, Pierre et Bcbert (Mss. lat. $469, fol. 933 et suiy.).
L'explication qne nons avons donnée de ce snmom nons semble plausible. Tootefois on pourrait anssi admettre qu'il s'agissait d'une ^orte de Mantes dont la garde aurait été confiée k Guerri, En 124^ ou trouve une mention de vignes c ultra portam de Ponte Gossart de Medonta, » amorties au Val par Pierre de Ver, Jehan de Mégrimont et Galon de Sailly (Mss. lat. $469, fol. 933 et suiv.).
(37) Uvrier, Coll. du Vexin, VIII. 553.
(38) CoU. Morean, t. XLIV, fol. 199. On trouvera ce document dans le cartulaire que M. le Chanoine MûUer se propose de publier sous les auspices de la Société du Vezin.
Nous ne croyons pas justifiée la tradition qui ferait remonter la fortification de la Roche au règne de Hugues Capet. C'est de Gui II et Richard, frères, que St-Père de Chartres obtint Tezemption dn tonlieu c de navibus qu» sub munitione nostra Rupis per Sequanam RoUomafum transeunt » (Gnérmrd, p. x8x). Ce droit venait sans doute d'être créé pour Tentretimi des défenses.
Raoul II Mauvoisin est extrêmement connu. Il souscrivit avec son père et son frère Robert la charte de Simon de Crépy (la). Sa sœur Eudeline épousa Ansotid IV Le Riche , sire de Maule ; Guiboud^ fils de Raoul, était en 1106 le vassal de Pierre II de Maule, son cousin (39).
Orderic Vital décrit les exploits de Raoul II en Normandie, où il fit de grands ravages en 1087 ; il le signale aussi comme Tun des bienfaiteurs de Saint- Evroul (40).
Hugues^ autre fils de Raoul II, enleva aux moines de Coulombs la terre de Lommoie ; mais Raoul II l'obligea de la rendre à Tabbé Thérould (iio^-iii;). Cette restitution se fit à Mantes, et on la notifia à Gui II ^ frère de Hugues, k Maule, où il était retenu, pour cause de maladie (32).
Orderic Vital parle à deux reprises de Gui II: en 11 19, avec Âmauri de Montfort, Eustache de Breteuil, Eudes de Gometz et d'autres bons chevaliers réunis au château de Pacy, il défendit vaillamment les alliés de la France contre les vassaux du roi anglais Henri I^' ; en 11 23, avec Simon de Péronne, Simon de Neaufle, Pierre II de Maule et Guillaume Aiguillon II, il ravagea ies frontières de Normandie, sous les ordres de Galeran II de Meulan (41).
Hugues Mauvoisin fut témoin, en iiii, d'un diplôme de Louis VI, en faveur de St-Jean en Vallée. Il eut encore un frère, Ebrardj et une sœur mariée à Hugugs de CourcelleSf qui cédèrent avec lui leurs droits dans la terre de Mortcerf à l'abbaye de St-Martin (Cartul. n^ XI]. Un Hugo Mahesius est cité comme un des chevaliers du pays de Vendeuil en iii^ (34). Pans la correspondance de l'archevêque Hugues de Rouen avec Loui^ VII {Hisior. de France^ XV, 702), se trouve un appel adressé au roi par ce prélat en faveur du chapitre de St-Mellon de Pontoise, dont un des prévôts, résidant à Gadancourt, a été l'objet de vexations de la part de Hugues Mauvoisin et de Dreux de Courcelles (probablement fils de la sœur de Hugues). i
D'Ebrard sortirent apparemment Ebrard II et Gui Mauvoisin^ frères, que Thibaut comte de Blois, fils d'Adèle, dans une donation à l'abbaye de Coulombs en 1132, cite parmi ses c minores fevaUsi^^ ou feudataires de second rang (41).
Un autre fils de Raoul II fut certainement Raoul III (dit le Barbu, comme son grand-père), qui figure en 11 17 avec Samson et Robert II ses fils, et Gautier j son cousin, dans un accord conclu entre l'abbaye de St-Wandrille et Guillaume, vicomte de Mantes (43).
(>9) Ord. ViUl, éd. Le Prévost, II, 447. Peut-être Guihoud ( Wiiboldus) et Gui II ( Wido) ne sont-Us qn'nne même personne.
(40) Id., III, 35 et aaj ; — IV, 353 et 450.
(41) CoU. BaInze, t. LXXIII, col. 369.
(43) Grand Cartnl. de St-Wandrille, fol. 319 V.
En II 39 il confirma l'exemption, accordée à l'abbaye du Bec par Raoul II, des droits de péage sur les nefis des moines passant sous Mantes et Rosny (43).
Raoul III accorda la même exemption à l'abbaye de St-Wandrille, par accord avec l'abbé Roger (1108-1139). Ses fils Guillaume et Manassé la, confirmèrent plus tard, afin d'obtenir du même abbé une absolution générale pour eux et tous leurs ancêtres, en tant qu'ils avaient pu encourir la redoutable excommunication de l'abbaye de Fontenelle (44).
Guillaume Mauvoisin fut, en 1133, le fondateur de l'église de la Madeleine de Mantes dans des conditions que relate une charte inédite de Coulombs, trop riche en détails sur les mœurs chevaleresques et monacales de ce temps pour ne pas mériter d'être intégralement reproduite :
« Âd certificandam notitiam posterorum, litteris tradimus quod Willelnus Malusvicinus miles optimus, dum bellum inter Hugonem de Noyocastello et RoGERiuM DE ToENio domiuum Novigenti ageretur, expeditionem super Navigen'ium addiscens, graviter vulneratus est, timensque mori, ecclesi^e Columbeusi^à monachatum se reddidit. Qui Columbas adductus, quotidie de monachatu occupabatur, devotissime promittens quod si convalescerit et Dominus ei tempus vitse ad pœnitentiam praestaret, in Castello MeJantœ ecclesiam in honore Beatae Mariae Magdalense construeret, quia hoc sibi concedi a Rege Francise et a Camotensi praesule et a canonicis ipsius villae facile impetraret. Cum autem postmodum gratia Dei, et arte et industria Balduini peritissimi in curandis militibus medici, jam pêne convaluisset, a parentibus Carnutum deducitur, sub occasione quod medicamenta sibi necessaria Columbas invenire non possent, etc. [sic).
» Illic deductus et seductus blanditiis amicorum, rejecto habitu monachili et resumpto seculari, equum ascendit, extendensque manum ut arriperet clypeum, statim ipse divinam sensit ultionem. Nam igné in plaga que putabatur jam omnino sanata desaniente, iterum ecclesie Columbensi se reddidit et rejecto habitu seculari et resumpto monachili, in monasterio S ti Pétri C arnoiensis tamen sub professione Columbensij in afflictione et dolore corporis, et contentione et humiliatione cordis, ipso die qua habitum monachi resumpserat, emisit spiritum. Cujus corpus a fratribus suis et amicis Columbas delatum, honorifîce in claustro est tumulatum.
» Tune Samson frater ejus qui eo tempore Carnotensis ecclesise prsepositus postmodum ad Remensem archiepiscopatum est provectus, ob ejus anima sollicitus, volens supplere in quantum poterat quod ille promiserat, postulavit et impetravit à Ludovico rege Francise et Gaufrido Carnotensi prsesule, et a Canonicis Medaniœ ut bénigne concédèrent Medantœ fieri ecclesiam in honore Btae Marise Magdalenae, quas est sub ditione Columbensis ecclesise. Tali causa talique occasione
(43) Inventaire du Bec. Vo de Colbert, n» 190, fol. 30. (Le copiste a écrit Boenej^ pour Eoenj^).
(44) Grand Cartulaire, fol. 330 v*". Le texte de cette formule d'anathème, qui remonte au VII' siècle, est des plus i mpressionnants.
fundata est ecclesia Btœ Mariœ Magdalenœ in Castro Medaniœ^ anno Incarnati Verbi 1133 (45) >.
Samson^ fils de Raoul et d'Odesinde (46), devint, comme le dit la notice précédente, archevêque de Reims en 1140, et mourut le 21 septembre 1161. Il ne cessa de s'intéresser à son pays d'origine, et les traces de son action bienfaisante se manifestent de toutes parts. C'est lui qui, comme légat du Pape, prit l'initiative de la canonisation de saint Gautier et de la translation solennelle de ses reliques, effectuée le 4 mai 11 53 (Cartul. n® CXXVIII).
Sur ses conseils, dans le cours de la même année, Louis VII établit la commune de Compiègne (47).
Samson revenait du reste souvent à Mantes. Plusieurs actes de lui sont datés de cette ville. Nous en citerons un que nous empruntons au Cartulaire de la Trinité de Fécamp :
« In nomine Sancte et Individue Trinitatis. Ego Sanson Dei gratia Remensis archiepiscopus presentis scripti testimonio p. et f. notum volo fieri quod Radul- Fus Malvesinus frater meus et uxor ejus Brita et filii eorum Radulfus et Gurlelmus et Manasses, et filie eorum Agnes et Regina omnem calumpniam quam injuste faciebant in villa de Busseio que est BU Georgii de Medunia et in omnibus rébus ad eam pertinentibus, scilicet in terra de Monte Ursonis^ et in mansura que fuit HuGONis DAPiFERi et in cultura de ChantecoCj omnino et in perpetuum SU Trinitaii Deo et monachis Bti Georgii ad preces meas quietam clamaverunt. Unde monachi de karitate sua XXX* libr. parisiensium eis donaverunt.
» Ad omnem igitur calumpniam excludendam, rei geste testimonium peribens, sigilli mei auctoritate confirmavi, et omnes illos qui de cetero predictis monachis aliquam injuriam vel molestiam exinde irrogaverint, et eos super hoc vexare contenderint, auctoritate Dei omnipotentis et mea excommunicavi et a Ste matris Ecclesie liminibus sequestravi.
» Actum anno Incarnationis M® C® XLVI^ in ecclesia Sti Georgii de Medunia astantibus istis : Guerrico de Porta, Johanne de Braicel et multis aliis (48) ».
(4^) CoU. Balnze, t. XXXVIII, fol. 29. A la page sulyante est transcrit un diplôme confirmatif de Louis-le-Gros. — Orderic Vital signale les Maavoisin comme les auxiliaires de- Roger de Toéni en 1136.
(46} Nécrol. de Reims, cité par le Gallia ckrisiiana, t. XI, p. 84. D. Marlot n'a pas sn qne Samson avait été prévôt de Chartres. Précédemment, de 1x19 à 1195, il avait été doyen dn chapitre de la cathédrale (Cf. Cartul, de N^-D. dg Chartres^ X, 1, p. xi6). Ce prélat fat l'intime ami de saint Bernard qa'il qualifie dans une lettre: carissimus ac prœcordialis amicus (CoU.Balnxe, t. LI, fol. 337).
(47) A. N. LL 169a, fol. 14. Coll. Moreau, t. LXVI, fol. 134. Cette charte fat donnée entre le x*r août ix)3 et le 3 avril 1x54 (Lachaire, Actes dé Louis VU).
(48) Bibl. de Rouen. Cart. de Fécamp, fol. XXIII y*. — Deux ans après (XX48) Raoul IV qualifié
€ miles nobilts et strenuns >, fonda l'anniversaire de ses parents k St-Germer-de-Fly c concedentibus
hoc conjuge suft Buta et filiis Radulfo, Guillbuio, Maxassb, et filiabus Agmbtb, Joamwa, Rboina ».
Parmi les témoins : € Hugo vicecomes, Guroo Malusvicimus ». {GalL Chr, t. X, Preuves^ col. «38).
A Tépoque de cette rédaction, toute la terre de Boissy-Mauvoisin était donc réunie aux mains des moines de Fécamp. Or la moitié seulement de cette tene avait été donnée à leur abbaye, Tannée même de sa fondation, en looiy par Ouigrin et sa femme Aélis, avec deux pêcheries à Rosny-«ur-Seine (49). Noos aurons l'occasion d'expliquer ailleurs comment le partage des seigneuries de Rosny et de Boissy entre la famille de Ouigrin et celle des Mauvoisin apporte un argument de plus à l'appui de notre hypothèse sur l'origine de ces derniers.
Les actes que nous venons de reproduire donnent à Raoul /V, frère de Samson, six enfants vivants dès 1146 : Raoul V, Guillaume 11^ Marnasse Ilf Agnès^ Jéhanne et Reine. A cette lignée déjà nombreuse il faut ajouter Pierre^ avec le consentement duquel Guillaume II, Adeline sa femme et Manassé II confirmèrent aux moines de Fécamp, en 1171, l'exemption du péage de Mantes (49).
Guillaume II servit Henri II, roi d'Angleterre (^o).
Manassi II ^ en 119;, fit don à l'œuvre de l'église de Notre-Dame de Chartres d'une rente perpétuelle de 60 sols sur ses revenus de Mantes, pour être convertie en ressource ordinaire de la fabrique, lorsque l'édifice serait parachevé.
€ Noverint universi... quod ego Manasserius MALUSVicmus, pietatis intoitu... concessi ecclesie Bie Marie Carnotensis^ ad opus ipsiusecclesie, sexaginta solidos monete Parisiensis, percipiendos apud Meduniam in redditibus meis, singulis ai^ nis, mediante aprili. Cum vero opus et edificationem ecclesie oer Dei griciaoi consummari contigerit, ipsa ecclesia nummos prefatos perpétue habebit. Capitulum vero Carnotense ... in recompensationem ... mihi concessit quod, quamcitins me viam universe carnis ingredi contigerit, anniversarium meum in ipsa ecclesia perpetuo celebrabit ... Actum solemniter Caruoti et datum super altare gloriose Virginis, anno gracie M<» O nonagesimo quinto, V« nonas octobris astantibus... Raginaldo, venerabili episcopo Camolensi ... Petro de Richebosch nepote meo, NivARDO de Corgent et aliis multis» (<^i).
C'est k propos de Raoul IV qu'en 11 50 Louis Vil écrivit à Suger cette belle lettre oh U loi recommande la cause des pauvres du pays de Chartres qui avaient k se plaindre de cf seigneur c quatinns tam diligenter intendatis — dit le roi — ut et Dens super juiticift honoretur, nosquc apod Deum et omnes bonos landem consequemnr ». (Hitt, de Frmmce, XV, 3t)].
(49) Coll. Moreau, t. XXI, fol. so-ax. — B. N. Mss. lat 17048^ fol. ^6s. — Arch. de Ronea* Cartnl. de Fécamp, fol. X.
(jo) Entre X164 et 1x83 (Arch. de TEure, G xai, fol. 40). — On trouve dans les registres da l'Échiquier de Normandie en 1x84 : c Pro uzore Willblmi Malveisim, IX libras per brève Régis» (Mém. de la Soc. des Antiq. de Normandie, t. VIII, p. 369).
De nombreux rameaux de la famille Mauvoisin ont fait souche à leur tour en Normandie.
(^x) De L'Eptnois, Cari. d«N* D. de Chartres, t. I, p. si(9.
Cet acte prouve qu'au nombre des fiUes de Raoul IV Mauvoisin était la mère de Pierre de Richebourg (Cf. note 49). Cette fiUe ne peut être qu'il/wii on Jekanue, car Reime épousa son arrièrecousin Pierre III de Manie. En effet, la femme d*Henri II de Richebonxg, père de Pierre I, portait le nom d'Ainèt (CoU. Balusc. t. XXXVIII, fol. S7).
Manassé est qualifié « mira levitate » (guerrier très agile) par Guillauine le Breton. C'est grâce à son énergie que Philippe-Auguste se décida à attaquer Richard-Cœur-de-Lion et remporta une victoire signalée. Le chantre de la Philippide, en célébrant les exploits de Manassé et de son frère, dit d'eux : « NuUa quibus mors est aut captio curae >.
Ce généreux chevalier « sur la fin de sa vie, en considération de ce qu'on ne peut être justifié que par ses œuvres », donna à St-Germain-des-Prés^ pour y fonder son anniversaire, soixante sols de rente qu'il tenait en fief de son neveu Gui III Mauvoisin. Manassé était alors traité à St-Germain, qui comme toutes les abbayes de ce temps, servait aussi d'hôpital. Il avait avec lui ses deux sergents : Payen et Cointreaux. Pierre j son cadet, seul survivant alors de ses frères, approuva ce don (52).
Manassé vivait encore en 1204 (^3). Il était mort en 1205, date à laquelle le roi donna à Hugues Poulain la terre d'Âvemes-en-Vexin et divers droits sur les cens de cette paroisse et sur les coutumes de Mantes, dont Manassé avait joui (;4).
Ce dernier trépassa le 17 octobre, et le nécrologe de Notre-Dame de Paris, dont il fut aussi le bienfaiteur, le qualifie « nobilis génère et sirenuus armis > ( ;;).
Manassé, Pierre et leurs neveux Gui III Mauvoisin et Pierre de Richebourg furent an nombre des cautions fournies au Roi en laoo par Robert diviy (;6).
Pierre^ que Philippe-Auguste appelle son chevalier, reçut de lui les terres des Alluets, de Cergy, de Nonancourt (vers 1201), de Saint-André au diocèse d'Evreux (en 1213). A cette date, il figure avec Guillaume III ^ un de ses neveux, comme témoin d'un acte de Geofroi de Neaufie {yf).
On sait quel brillant fait d'armes il accomplit, à la bataille de Bouvines, où l'Empereur faillit demeurer son prisonnier (27 août 12 14).
Pierre Mauvoisin épousa Agnès dont fait mention le nécrologe de Saint- Mellon de Pontoise, au i«' mai (;8).
(^9) A. N. IX T0S7, fol. M4*
(j3) CoU. Balaze, t. IV, fol. 91.
(;^4) L. Delisle, CurtuUiirê normmnd^ n* 1x27.
(5$) Guérard, Cari, de N, D, de Paris, III, 100.
($6) L. Delisle, Ca/. des actes de Philippe- Auguste, n* 63s.
()7) L. Merlet, Cart. de N. D. de Chartres, l, a^a. — L« donation des biens royanx de Cergy m été pnbUée par M. H. Omont {Bulletin de la Soc, de VHist. de Pan\ 1896, p. 198).
($8) Obitns Pxtri Malxyicivi et Agnetis ejns nzoris, pro qnomm anniversario Johavvis db Axiix fiUus eorum dédit vicariis xxx denarios (Copie mss. dn XVII* siècle. Bibl. mnn. de Pontoise).
Pierre Manvoisin d'Ennery, en lao^, achète de Mathilde, sorar de Jehan de Poix, ses droits snr des moolins auprès de Pontoise (A. N. LL 1157, fol. 630).
11 était tnort en zsa8. La Conr dn Roi à Ronen ordonna de contraindre, même par saisie de biens et de cheptel, sa Tenve à se désister de ses poursuites contre Robert de Conrtenay, au sujet do sa det {CartuUire normand^ n* sjy).
Ea 1234, Jehan éFEnnery dit Mauvoisin donna au Val-de-Notre-Dame pour le repos de sa mère Agnès qui y fut inhumée, deux arpens à Anvers, près le Bois de la Mairesse. Son sceau, où se voyaient trois aiglettes contournées, est décrit par Gaignières (^9).
Raoul, sire de Saint-André, fils de Pierre, est cité dans divers actes des archives de l'Eure, en laaS et 1238. De concert avec sa femme AdeUne^ il confirma les dons de son père au prieuré de TEstrée (6o). Adêlitu était fille de Guiiill de Chevreuse et d'Aveline de Corbeil (61).
Raoul vivait encore en avril 1243. Un accord fut signé entre lui et Robin d'Ivry, à charge pour celui-ci de fonder et renter une chapellenie à la volonté de la reine Blanche. Adam, vicomte de Melun, chevalier, fut pleige pour Robin et ses frères qui n'étaient pas encore en âge (62).
Vers 12^0, une enquête fut faite, après le décès de Raoul, pour savoir si ce chevalier tenait U plaid de Vépée et les autres plaids à St André de la Marche, au jour du marché qui se tient encore le vendredi.
Pierre Mauvoisin eut aussi un petit-fils, /(fAaii de NoisjhU^ec^ qui, en la^^, confirma une donation faite à l'abbaye du Val du consentement de son aïeul (63).
Richard fut encore un frère de Pierre. Il est mentionné avec GeofrM (sans doute son fils) comme ayant acquitté tous deux, en 1203, des amendes pour violences commises (64).
Raoul V Mauvoisin est cité dans un texte de 11 80 comme ayant payé, de même qu'une infinité d'autres riverains de la Seine, une amende de dix sous aa fisc € pro crasso pisce injuste capto : » il faut croire qu'on avait alors fait une enquête générale sur les délits de pêche commis sur les bords du fleuve (6j).
(y)) Mfl«. Ut. 5463, fol. S). — I)9«lyons [Eclaircissement du Droit de Yiglisede Paris sur PomUise^ p. 116; a publié l'acU d« cftte fondation ^zt Jehan Mauvoisin^ chevalier d'Enneiy, en XS30.
Jekan^ chevalier, dit Mauvoisin, fat avec Nicolas, abbé de St- Martin et Hervé, curé d'Bnneiy» Tun def exécuteurs testamentaires de Raoul Déliés VI, en 1339 (Ârch. de S-et-O. Fonda d'HériTanx, cart. }), La terre d'Ennery était divisée à cette époque entre les Manvoisins et les DeUés.
(60) Arch. de TEure, H 333, cote ^. Voir d'autres actes du même personnage datés de lasS (H 793, fol. 85) et de 1334 (H 430).
(61) Le P. Anselme, t. VIII, p. 198.
(6a) L. Delisle, Cartul. normand, n» 493 et 116$.
(63) Mss. lat. ^463, fol. 361 et suiv. La terre de Noisy était aux mains d'Adam Le Bonteiller en 1334.
(64) Rôles normands, p. 86. Richard Mauvoisin souscrivit à une charte de Hugues de Gonmay en faveur de l'hôpital des pauvres de Lisieux en xaoz (Mém. des Antiq. de Normandie, t. VIII, p. 38). Geofroi est peut-être le même qui fonda la Mauvoisinière, à Pizieux (Sarthe) et se fit enterrer à Perseigne en xa^x. (Mss. lat. $474, fol. 137, où sont nommés les enfants de Geofroi Mauvoisîii et d'Eremburge : Colin, Jehanne et Amelote dite Plorie),
(6$) Rôles de l'Echiquier de Normandie, p. a (Mém. de la Soc. des Antiq. de Norm., t. XV).
En 119&, il paya cinq sous d'amende pour plainte abandonnée devant le bailli d'Âuge(66). Il paraît être mort sans postérité. Son frère, Guillaume II, lui succéda.
Avant d'étudier la descendance de Guillaume, il nous faut parler d'un Mauvoisin des plus célèbres, Robert II. Les généalogistes qui l'ont rencontré dans des actes où Guillaume IV de Garlande l'appelle son frère, ont cru qu'il était de cette maison. On se demande comment ils auraient pu expliquer la charte citée plus loin où Robert Matsooisin^ Guillaume de Garlande et Dreux de Mello se disent /r^r^j.
Ce terme doit être interprété rigoureusement.
Agnès, sœur de Guillaume d'Âulnay, après avoir épousé un sire de Mello dontelle eut Dreux, se remaria à Guillaume III de Garlande, dont elle eut Guillaume IV et Hélisende, mariée en 1161 à Simon de Mardilly (67). Lebeuf a publié leur contrat de mariage.
Une charte de Robert I«r, comte de Meulan, établit nettement ces trois alliances successives :
«•••Ego RoBERTUs comes Mellenti concessi et con&rmavi omnes elemosinas quas pater meus Galerannus comes et mater mea Agnes, Sanie Marie de Gornaio donaverunt... insuper concedo donum quod fecerunt de furno de Cauda^ et xmi sol. census de familia Arroldi^
» Huic concessioni interfuerunt Wu^lelmus de Garlanda, Robertus Malusvici- Nus, et Drogo de Mello fraires. Willelmus Malusvicinus, Manasses frater ejus. Willelmus de Pinu. Robertus de Formovilla. Thomas Bucels (68). »
En II 66, figurent comme témoins d'un acte de Gui de Montjay (Châtillon) « Willelmus de Garlanda, Drooo frater ejus » (69).
Ce Dreux de Mello, fils d'Adeline, n'a rien de commun avec le Dreux qui épousa Basle de Bulles, fille de Lancelin, comte de Dammartin. Mais c'est lui qui, dès 1161, était uni à Ermentrude, fille de Dreux de Mouchy, et dont le roi dut faire respecter les droits au partage de la succession de son beau-père, contre Nivelon de Pierrefonds, qui s'en était emparé comme mari de la fille aînée du sire de Mouchy.
Veuve de Guillaume III de Garlande, Agnès épousa en troisièmes noces Raoul IV Mauooisifif veuf de Bretonne, Elle en eut deux enfants, Robert II Mauvoisin et Agnès.
(66),Gainds râles de TEchiquler de Normandie, p. 19.
(dy) Hinuw d*£viy. Simon donne « dulcissimae conjugi me« Helisssndi in dotem quicquid habeo extta nemns apud LaHniacum quamdiu mater mea vixerit. Testes ex parte Helissendis, GunxEUCus frater ejus x>8 Gablamdia, Roaekxcs Malusvicdws frater ejus... Anno 1x61, Mauricio Parisieasi episcopo in primo anno cpiiBopftAi sulexisunte >*(Edit. Boumoni V, 13 a);
(68) A.N. LL.XI97, fol. ix. .
(69) Le P. Anselme en a fait un Dnux dt Garlande,
— aéo —
Cette dernière épousa Dreux II de Cressonsacq, qui mourut en 1903, dans la Croisade qui aboutit à la conquête de Constantinople (70).
Agnès donna en 1206 à Saint-Antoine de Paris, pour la dot d'une de ses filles, cent sous sur le péage de Mantes, du consentement de Robert (71).
La mère de Guillaume de Garlande, de Robert et d'Agnès Mauvoisin, possédait le domaine de Courdimanche qu'elle transmit à Robert, sous réserve de rentes sur le champart attribuées à Guillaume et Agnès. Guillaume ayant disposé de deux muids de blé sur sa rente, en faveur de Saint-Martin de Pontoise, Agnès les revendiqua après sa mort ; une transaction intervint qui fut garantie par Robert.
Le chartrier de Saint-Martin contenait des lettres de lui à ce sujet, données en juin 1309, munies d'un sceau portant â^or à deux fasces de gueules et la légende :
SlQILLVM ROBERTI MALrvICINI (73).
Robert fit, avec son frère Guillaume IV de Garlande, une fondation à St-Marti^ de Pontoise pour l'âme de son neveu Thibaut. C'est aussi pour obéir à des sympathies de famille qu'il fit diverses libéralités aux chanoines de Livry, que la maison de Garlande avait dotés (73).
Agnès d'Aulnay survécut à son troisième mari ; quand ses deux fils donnèrent ensemble à St-Martin de Pontoise la dîme de Puiseux, que Jehan de Bobigny leur avait vendue, elle intervint pour apporter son consentement (74).
Robert de Garlande, fils de Guillaume IV et d'Idoine, nomme Agnès sa grand'mère dans un acte de laos (Mss. lat. 11003, fol. 371). Ce Robert de Garlande ne doit pas être confondu avec Robert Mauvoisin, son oncle.
Robert Mauvoisin épousa Ciàle de Chevreuse^ sœur de Gui III de Chevreuse, et d'après M. Moutié, fille de Milon IV et petite-fille de Gui II et de Cécile.
Elle aurait donc, suivant l'usage constant de l'époque, relevé le nom d'une de ses grand'mères.
(70] Œ ViUehardoio, tp. Histor. de Fnuuê, XXm, 453, 445.
En mai 1226, Thibaut de Cressonsacq et Isa1>eau, sa femme, cédèrent à Saint-Antoine des Champs une redevance de cent sols parisis à prendre sur les droits dus aux Mauvoisin & Mantes. (Inventaire de Rolland Labbé, Arch. munie, de Mantes. Communication de M. Grave).
(72) D. Estiennot, 1. III, xi, 6.
(73) Lebeuf, t. II, p. 539, 604. Les biens donnés sont à Corberon et à Savigny. Robert avait aussi une censive & Villetaneuse (Ibid. 1. 1, p. 592). Il tenait de Jehan de Gisors des vignes, terres et bois à Ennery : un moulin, un vivier, une avouerie, un tensement valant x8 muids d'avoine, i Sagy, et des arrière-fiefs tenus par les chevaliers de Longuesse. Il avait au Boulay, dans la chatellenie de Nogent-le Roi, un fief pour lequel il devait Tost et la chevauchée, deux mois de garde, et par ses h6tes, la corvée des fossés du château de Nogent (R61e des fiefs normands, p.xSx, 183).
(74) GuiLLEUcus DE Gaixanda et dominus Robextus Malusvicinus frater ^us concessemnt ecdesie Sti Martini Pontisarensis dedmam de Putedis quam eis vendidit dominus Jobamnbs de Baixooâco. Domina quoque Agnes mater ejus qui hanc dedmam concessit ecdesie, habuit zl solidos. Idonza nxor Guillslmx concessit (D. Estiennot, 1. in, ▼, s)-
— aéi — V
Cécile [Sicalia) avait de son propre héritage une rente sur la prévôté de Chevreuse. Elle et Robert donnèrent cent sous pris sur cette rente aux Vaux de Cernay, ce que Tévêque Pierre confirma en lai;. Dans un acte de 1216, elle est qualifiée « Cecilia uxor RobertiMalivicini, soror vero Guidonis ».
Le 31 mai 1198, Robert, du consentement de Cécile^ sa femme (7;), donna pour le repos deTâme de Thibaut de Garlande, à Notre-Dame de Franchart, la moitié de toute sa dîme de Saclay, qu'amortit Guillaume de Garlande dont il la tenait.^ Cet acte est passé à Aulnay (lès-Bondy) (76).
Une libéralité non datée, faite par Robert à Guillaume de Montfermeil, montre que la terre d'Aulnay, dont Robert avait hérité de sa mère, avait été par lui affectée à la dot de sa femme Cécile, qui prend du reste dans certains actes le titre de dame d'Âulnay.
« Ego R. Malvesinus omnibus notum facio quod Willelmo de Montefermoil quicquid habebam apud Zt^j/ concessi, de me tenendum, in feodo avunculi mei Wn.- LELMi videlicet de Alneto, de quo dictam terram tenebam in feodo ; et uxoris mee Cecilie super hoc impetrato consensu. Dictus vero Willelmus de predicto feodo ligium mihi débet hominium, salva fidelitate Willelmi de Garlandia. Quod ne possit in posterum violari, sigilli mei volui munimine confirmari » (77).
Le rôle politique et militaire de Robert II fut important.
Villehardoin le cite parmi les chevaliers de France qui se croisèrent en 1198 et prirent part en 1303 à l'expédition de Constantinople.
Robert fut un grand ami de Pierre des Vaux de Cernay, qui fait de lui le plus complet panégyrique : c Miles Christi nobilissimus, vir miras probitatis, perfectae scientiae,incomparabilisbonitatis,quiàmultis annis Christi serviciis exposueratse et sua ». Envoyé à Rome en 1209 par le comte Simon de Montfort, dont il était le conseiller, pour promouvoir la Croisade contre les Albigeois, il réussit dans sa mission. Son ardeur militante fut extrême dans la lutte : après la prise de Minerve, en 1210, voyant promettre la vie sauve à tous les prisonniers qui se convertiraient, Robert « vir nobilis et totus in fide catholicus », s'effraya de cette clémence, redoutant un retour offensif des adversaires épargnés ; on le rassura en lui répondant que peu d'Albigeois profiteraient de cette grâce ; ce que l'événement confirma. Pour hâter la fin de la guerre, Robert retourna peu après en France, d'où il ramena plus de cent chevaliers qui firent dans le pays de Foix la campagne de laii-iâia. Il s'empara deMarmande au cours de cette dernière année (78).
Quelques années plus tard, en iai6, Robert Mauvoisin fut envoyé par Phi-
(75) Dès X203, elle avait vendu une autre rente de 28 livres sur la même prévôté à son frère Gui III de Chevreuse {Cart. des Vaux de Cernay, t. I, p. 162-164, i79> ^97* 203).
(76) Mss. lat. 17049, fol. 225. Baluze a mal à propos daté cet acte de 1x58 (T. LXXXVIII, fol. xo8). (77] Cet acte est muni d'un sceau équestre dont le contre-sceau porte : Secretum Malevicini, comme
légende entourant tm écu à deux fasus, (A. Nat. S 4360, n^ 52).
(78) Hisior, de France, XVIII, 433, 445; — XIX, 27, 32, 57, $8, 60, 6$.
lippe Auguste en ambassade auprès du pape Honorius III. Ce Toyage fut le dernier de sa vie mouvementée.
En 121 7, ce vaillant guerrier avait cessé de vivre. Cécile [SeâiKa de Aïneio)^ veuve de Robert Mauvoisin, chevalier, fit alors un accord avec Saint-Denis (79).
Robert paraît n'avoir laissé qu'une fille, Isabelle ^ mariée à Adam, sire de Beaumont au Bois (80).
* C'est en effet Robert Mauvoisin qui figure sous l'initiale R. Malusvicinus dans un arrangement assez compliqué consenti par sa fille et son gendre au sujet de la dotation d'une chapellenie votive fondée par lui au moment de son départ pour la croisade (81).
En 12 14, Robert ayant donné à l'abbaye de Chaalisdeux sous de rente sur ses cens d'Aulnay, Adam y consentit (82).
Longtemps après la mort de Robert, en 1238, Adam confirma la fondation du prieuré de Villemomble par son frère Jehan, chambellan de France, et la donation faite à Livry par sa belle-mère, donation que le cartulaire analyse dans les termes suivants :
« Sedilib dame d'Aulnay j fait scavoir que du consentement d*ADAM db Beaumont et d'IsABELLE son épouse sa fille, elle a donné à Notre-Dame de Livr^, 40 sols p. de rente annuelle; et à l'église d'Aulnay savoir: aux momes pour pitance ^ sols et au curé à'Aulttay ; sols *, au curé de Cattbron ; sok et au chspellain de Moniaubatty ^ sols. Le tout à prendre sur la prevosté de Chevreuse tous les ans, aux octaves de S. Jean-Baptiste (S^).»
Guillaume II Mauvoisin, mari d'Adeline, hérita de son frère Raoul V la terre
(79) Coll. Baluzc, t. tVy fol. 4JLI.
(80) Les recherches savantes et malheureusement encore inédites de M. le colonel Bomslli de Serre» sur la famille de Beaumont-sor-Oise lui ont permis d*établir la filiation de cette branche, vassale des Villebéon pour sa terre de Beaumont-au-Bois, près Nemours.
Nous loi exprimons id tons nos remeictments pour la communication «otidpée qu'il t bien voulu nous faire à ce s^}«t.
(81) Noverint universi quod ^p A. (Adam) domntis Bellimontis, de assensu et vohmtate Isabelle, tuLoris mee, cpncessi... donationem quam dominus R. Malus Vicinus fedt pro quadam capeUa constituenda ubicumque voluerit, et si forte eum decedere contigerit antequam cap^lla constltuatur, secundum voluntatem et assensum dispositorum suomm ubicumque voluerint fsbricetur. In dooaticmc istt oontiDentur mod. bladl in campiparte de Alneto ; residuum pratorum de ponte David, post quinque arpenta que dictus R. dédit domui Bti Antonii; viginti sol. in censu de Corberun... Qjiod ut ratum sit et firmum, presentem paginam sigilli mei sigillatam effid. Actum anno Domini M** CO undecimo.
(Arch. Nat. L 1601. Orig. parch. sceau perdu. — DouSt d*Axcq, Reck, hist, sur Us Oûmfes de Seaumout-sur-Oise, p. 317, a reproduit cette pièce avec certaines inexactitudes). (8a) B. N. mss. lat. izoe), fol. 9$$.
(83) Cartul. Livriaci, fol. 17. — Bibl. de Ste Geneviève, ms». 676, p. 41. Adam de Beaumont approunce éou en. 1158 ; Qui de GhevreBM'ea 1^59 (Ib. ibh 40).
de Rosny. On sait quelles avaient été ses attaches normandes (84). Aussi, dès qu'il ^rit possession de son domaine, les religieux du Bec vinreiit-ib iû trouver dâtift Tîle Epineuse, pour solliciter une exemption du péage (8;).
La mort de Guillaume II doit se placer entre 1197, date où vivait encore son frère Raoul V, et 1201, où son fils Gui 11/ l'avait remplacé. Celui-ci confirma les privilèges du Bec, de l'assentiment d'Adeline, sa mère, et de ses frères Guitïaumelll, Raoul VI et Robert III (86).
Il est même probable que Guillaume II était moft dès juillet 1200, époque où nous avons vu son fils. Gui III, figurer avec Pierre, frère cadet de Guillaume, comme caution de Robert d'Ivry. A cette même époque Gui III fonda le prieuré de St-Antoine de Rosny. Trois ans après, on le voit céder à Barthélemi de Roye tous ses prés dans Vile Mauvoisiny sur la Seine, au-dessus du pont de Mantes (87).
Dès laoi. Gui III avait épousé Aélis de Porhoët. Les différends qui s'étaient élevés entre Etienne Poinmule, prévôt de Rosny et les moines de St-Wandrille, au sujet du trait de la dîme, du râtelage des prés, des terres du Mont Nivelon et du Gast-Odeline, furent assoupis, en présence de ses frères Guillâuihe et Robert crt de sa femme Aélis (88).
(84) n fit de brilkntes opérations de guerre signalées notamment daiis un r61e de l'Echiquier de Norman* die en 1195 :
c U libras de rcdemptione prisionariis quos Malveisin fecit, qui tenebantur apud WulmoHt — ... Ib. z solidos de venta quinque navium piscatoriscum quos Malveisin cepit in tempore guerre >.
(85) Ego GuiLLELMUS MàLVEisiK in transitu Sequane apud Medantam tt z^wà. Roeni in his que mihi et bere-
dibus pertinent, dedi monachis Ste Marie Becci jure perpetuo, ut luves et bacci itldnlm éum vino et atanona
liben et quieta sint ab onmi exactione. Testes Adeuna uxor mea, et MANECfcn et PéTrUs fratres mei, Guerkicus
DB Porta, Baiduinusoe Maicna villa, Hubertus de Flohaucurt, Willelmus filius Alani. Facta est hec con-
cessio in insula ante Rœni que vocatur Spinosa.
(ffiusiria pia, p. 490).
(86) Sciant présentes et futuri quod ego GtTiDO Malvûsin consillo et volunute Aelive matHs me6, fratrumque meorum Guillelmi (III), Rodulfi (VI), Roberti (III), omniumque meorum assensu, confirmo monasterio Ste Marie de Becco... libertatem in transitu Sequanae apud Medantam «et apud Eoenai... et pro hoc recepi xjl Iibns de karitite ecc1esi«... his testibus : Theobaldo de Oenvxlla, Jobanne de Seloencokt, Petro DE Magnavilla, etc. Anno laox (Neusfria pia, p. 491).
Le dossier L 780 des Archives Nationales contient un loulesm reprodoîsatit la pancarte du péage de Mante s tt kuMicndttue det eiempii.
(97) Dtrtilleux, Carhikdrt de Joyenval, ap. Mém. de la Soc Hist. du Vekin, t. XIlI, p. 79. — L'abbé
(88) Dominns OtTiDO MALEViconTS notum facio quod controversla dîu duratà inter conventum Sti Vandregesfliet Stbpbakxjic Posocule prepositum de Roni.,, sopita quievit... in presentia nostra et fratrum meorem WiLLEUff et Roberti MALEvrcmoROM et uxoris mee Ablîs, et GAxan tune prions Sti Stephani de Boni et Wbjjoja pftsbfteri 5^' Lafbim et Engelberti Coxïart... Super caput Sd Oiririui martylfs (Saint Cyriii, cumfMgmm de S. Nicaise)... ipse (Stephafnns) rentmciavit, etc. * {Neustria pia, p. 604).
Les archives de Mantes, d'après liûventaire de Rolland Labbé, cotitetuient I^atté dé vente pa^ en isoi ptr GmetElie (sm;), sa femme, < des coustumes et droits de ptssage eti It viHe de Mmte, tiût par mer que ptr etoe, avecques le droit qui lui appartient sur seshosCes et sulfects attd. Mante, cul chalk^es dedairées èsd. lettres scellées en cire blandie, un homaie A cheval ettpffaiitet, p«Édalif en Uics de teie i^.
Tous les historiens, depuis André Duchesne dans V Histoire de la maison de DreuXf ont fait de Gui Mauvoisin, ancêtre de la maison de Rosny, un fils de Raoul IV. L'intercalation nécessaire d'un anneau généalogique ignoré est constatée pourtant de la manière la plus précise, et par les documents déjà cités, et par un diplôme de 1204, non moins formel.
Philippe-Auguste étant à Mantes et confirmant alors l'arrangement passé entre Gui III et la Commune de cette ville, s'exprime ainsi :
€ Ex antiquo scripto GumoNis Malbvicini cognoscimus quod idem Guido de assensu uxoris sue Alix concessit universitati hominum de Medunta duas partes conductus et totius consuetudinis Rodonici^ tam in terra quam in aqua ; et duas partes reddituum omnium et consuetudinum Medunte, tam in terra quam in aqua et in hospitibus, sicut pater ejusdem Guidonis Guillblmus Malevicinus tenuit et habuit, pro cLxxxin libris vi solidis et vm denariis annuatim reddituum, excepto fenagio pratorum suorum quod Gumo retinuit, (quam conventionem) apud petitionem ipsius GumoNis laudamus » (89).
Les cessions de droits consenties par Gui III furent assez nombreuses. En 1204, à Gisors, en présence du roi, il renonce à toute revendication sur les biens possédés à Boissy-Mauvoisin par Saint-Georges de Mantes, énumérés dans la charte de son grand-oncle Sanson reproduite ci-dessus (90).
Vers le même temps, on le voit céder à Saint-Denis tous ses droits sur Boissyl'Aillerie qui lui venaient de Thibaut I de Maudétour, dont descendait, croyonsnous, Adeline, mère de Gui (91).
Sur la fin de l'année 1204, Gui vendit à St-Wandrille deux arpents de terre dans la forêt de Chevry (92).
On trouve en 1207 une transaction entre ce seigneur et l'abbaye de St-Wandrille passée « coram Mathia Renoarth majore Medantensis communie » et ses douze pairs dont les noms sont énumérés dans l'acte (93).
(89) Lévrier, t. XIV, preuve 750. Léop. Delisle, Catal, des actes de Philippe-Auguste, n?* 63a, 869, 897.
(90) Léopold Delisle, Cartulaire normand, n? 1078. Philippe-Auguste le constate dans un diplôme donné à Paris en janvier 1205, qui place désormais cette paroisse sous la protection royale.
(91) Notum sit o. t. f. q. p. quod ego Gumo Malvionus concedo Deo et ecdesie Bti Dionisii omne jus et dominium et omnem redditum quem habebam in villa de Boissi TAgleri, exceptis redditibus et justicia que habebam ex parte Thsobaldi de Maldestor, in majore ejusdem ville. Hujus rei testes sunt : Milo monachus, Buccardus et Ansoldus presbiteri, Martinus Asthonis, Robertus Ruffus, Matheus de Gason (Gaseren ?), Hugo de Hodenc, Herbertus Mentula Asini, Petrus de Besonz, Robertus de Roseo, Goido de ArgentoUo.
Le sceau équestre sur die blanche de Gui III est par&itement intact. Le contre-sceau porte deux fiisces, à l'étoile en pointe. Une charte de Thibaut II de Maudétour, relative à cette aliénation, est datée de 1192. Elle est scellée d*un sceau admirablement conservé, mais d*un dessin très barbare, rappelant certaines œuvres de sculpture ancienne conservées dans des églises du Meulanais et du Vexin.
(92) Grand cartulaire de St-Wandrille, fol. cclv. — En novembre 1283, Philippe le Hardi confirma le ré^ement fait par Gui VI Mauvoisin, au sujet des usages dans cette forêt (Tardif, Cartons des rois, &* 922).
(93) Arch. de Rouen. Grand Cartulaire de S. Wandrille, foL ccLvn.
La table analytique du cartulaire du Bec, dont quelques fragments nous ont été conservés (94), cite un titre où « Guroo MAL^'ESIN et Aalicia, domina de Robni et de Vetolio », délaissent à l'abbaye leurs droits seigneuriaux à Chérencé, près la Roche-Guyon.
Nous avons vu que Gui III avait trois frères: Guillaume III ^ Raoul V/et Robert III. Peut-être le premier est-il le Guillaume Mauvoisin, moine de St-Denis, dont font mention des textes de iai8 (95).
Dès 1204, Raoul V7 vendait aux habitants de Mantes c la neufiesme porcion des coustumes de Rosny à lui appartenant et estant audit Mante et pareille porcion sur les hostes et subjects aud. Mante. » (96).
Raoul V7, mari de Marguerite^ partit pour la croisade des Albigeois et y périt probablement sans postérité (97).
Robert ///épousa Elisabeth Morbier (98). Il hérita de sa mère, qui jouissait de divers biens dans le Meldois, des moulins à Précy-sur-Marne. Robert reconnut, en iao3| un legs fait par sa mère à Sainte-Geneviève d'une rente sur ces moulins (99).
Les fils de Guillaume II paraissent avoir tous succombé prématurément, sans doute au cours delà guerre du Midi. Gui III avait cessé de vivre vers isii.
Aélis était veuve lors de la confection du rôle des fiefs normands dressé par ordre de Philippe-Auguste : c Domina Aaliz de Rooniaco mater GumoNis MaliviciNi tenet de rege hoc quod habet apud Rooniacum in feodo et dominio... et maritagium filii sui, et xvm militum feoda, etc. » (loo).
(94) Arch. de TEure, H 93. Ecriture du XIV* siècle.— Cet inventaire mentionne une sentence rendue aux requêtes du Palais « contra dominum Guixxelmum le Boutezller militem, dominnm de La RKbe-Guym », pour le paiement d'une rente de 14 s. 4 den., de 8 setiers de blé et de 2 muidt de vin qu'il devait au Bec sur ses cens, son moulin et son pressorsge de VétheuU.
(96) Cet aae était scellé en dre blanche, sur lacs de soie jaune, d'un sceau portant un écu i deux fosces. Gui Mauvoisin confirma cette vente dans des lettres de 1204, scellées d'un sceau équestre. (Inventaire de Rolland Labbé, communiqué par M. Grave).
(97) « Ego Radulpbus Malusvionus proficiscens in Alhigensem dono in elemosinam de consensu Mar- GARTTB uxoris mee ecdesie BU Marie di Rooneto, in honore Bte Marie et Bti Qjiirini, dedmam fenorum pratorum meorum de Espineusê ».
(98) Cette alliance est nppelée dans un acte de 1209, constatant une vente par Guillaume Morbier (fils de Gamier qui vivait en 1140), et Tède sa femme, à Jehan Morbier, autre fils de Gamier, du consentement de leurs frères Gamier et Philippe, « concedentibus etiam sororibus mds Hdissent uxore domni Simonis de Pinçon (Picquigny) et Elisabez uxore domni Roberti Malivicini ». (CartuJairê iis Vaux de Cemay, t. I. p. 179).
(99) • Odo Parisiensis episcopus... Robertus Malusvicxnus miles recognovit qnod Aoeus mater sua dederat ecdesie Ste Giuovefe de Buxo Tercii duos medios bladi et dimidium ad mensuram Meldensem in molendinis suis de Prasiaco annuatim ». (Çart. de Stê-Ceneinivê, p. 158).
(xoo) Rôles normands, p. 179.
Gui III laissa à'AiUs éU Porhoët: Gui IV, Guillaume IV, Aélis, mariée à Guillaume II de Seulis, sire de Chantilly, mort captif des Sarrasins en 1949 (loi) ; Marie,, qui s'unit à Anseau III de TIsle-Adami et Agnès, qui éponsa Sicard, vicomte de Lautrec (loa).
Guillaume IV éizii sire de Serquigny et de Fontenay ; il approuva en 1337 la cession des dîmes de Santeuil et du Perchay à l'abbaye de Bonport (103). Au tr déclin de sa vie, en 134% il consentit une autre caution dans des circonstances plus dramatiques. Jehan, prieur de Juziers, ayant été occis traîtreusement, les auteurs présumés du meurtre furent bannis à perpétuité du royaume. C'était Guillaume Périer, chevalier, et Robert, sire de Villette. Ils adressèrent au roi un recours en grâce, demandant que leur procès fût fait devant l'official de Chartres, promettant de se soumettre à la sentence et offrant caution. Ils étaient assurés ainsi d'échapper à la peine capitale et à celle de l'exil perpétuel, que la juridiction religieuse ne pouvait prononcer. Le roi ayant consenti, l'offîcial jugea les coupables et les condamna à effectuer des pèlerinages successifs appelés hachées : d'abord du lieu du forfait X la tombe de leur victime, puis à une série de cathédrales. Ils devaient s y présenter à l'heure d'un office solennel, nu-pieds, en caleçon et chemise d'étamine, un manteau troué sur le dos et des verges à la main, criant : « Nos facimus hoc pro facto quod apponatur nobis de morte Johannis quondam prioris de Jusiaco et pro bono pacis », formule qui réservait leurs protestations d'innocence. Un certificat devait leur être délivré pour chaque amende honorable. Robert de Villette fut en outre condamné à demeurer trois ans en Terre-Sainte, à compter de la St-Jean 1248. Les coupables acceptèrent cet arrêt et présentèrent comme leurs garants Guillaume Mauvoisin et plusieurs autres nobles mantais (104).
En mars 12^8, Guillaume Mauvoisin, Agnès sa femme et Marguerite sœur d'Agnès, veuve de Robert Le Rouillé, s'accordèrent avec les moines de Marmoutier au sujet d'un droit de mouture sur les moulins de Maintenon (10^).
Peut-être faut-il ajouter aux enfants de Gui III un Pierre II Mauvoisin, contemporain de Gui IV, qui conduisit quatre de ses hommes à l'armée du comte de Poitiers vers 1243 (106).
(lox) Le P. Anselme, t. VI, p. 25 3.
(loa) L*abbé Thomas, Roifty-sur Seine.
(105) Mém. de la Soc. Hlst. du Vexia, t. XIX, p. 67. -~ Le Prévost, tp. ^ém. de U Soc. des Aotiq. de Normandie, 1827, p. 41a.
(X04) Lévrier, t. XIV, preuve 929.
(10$) Archives d'Eure-et-Loir, H. 2542. Le sceau de Guillaume, d'après Dom Villerieille (BfM. fip« 5 X940), portait deux fasm icbiquetées,
(106) Teulet, Layettes, II, 659. La seigneurie de Jouy-Mauvoisin près Mantes, était en 1265 aux nMiBt d« Pierre Mauvoisin, chevalier, qui obtint arrêt lui maintenant dans sa terre le droit de hante-justice (Lerrier, t. XV, preuve XO26).
A la mort de Gui III, qui fut peut-être aussi, comme son fils aîné, une vio time de la Croisade, A élis intervint dans plusieurs actes comme tutrice de son fils Gui IV. Témoin l'attestation suivante, datée de juin IS19 :
« Ego Guroo Malusvicinus de assensu matris mee dedi — ecclesie Bte Marie .d$ Rodonio — decimam fenorum pratorum meorum à'Espineuse ».
Nous rencontrons en 1335 un sceau de Gui Mauvoisin apposé à l'acte d'approbation d'une cession de droits sur le travers de Mantes et Rosny à l'abbaye de Jumièges. Ce sceau équestre comporte un contre-sceau où se voit un écu à la fasce accompagnée de six annelets, trois en chef, deux et un en pointe (107).
Les historiens de Elretagne relatent les démêlés de Gui IV avec Raoul de Fougères, son cousin germain, à propos de l'héritage d'Alix de Porhoët. La paix fut faite en 123; par l'intervention royale (108). Gui se désista, moyennant 3500 livres tournois et une rente annuelle de 300 livres assignée sur les biens de Raoul en Normandie, de toute réclamation sur la succession de son bisaïeul Eudes, vicomte de Porhoêt, élu comte de Bretagne en 1148 par les Rennais, chassé en ii)6 par Conan IV et réfugié en France.
Pour ce contrat, les deux parties fournirent caution au roi. Parmi les garants de Gui figure Guillaume IV Mauvoisin.
Gui IV prit part à la journée de Taillebourg en 1348. Sa valeur et sa puissance sont attestées par Joinville. Ce véridique biographe vante sa bravoure an combat de la Massoure en 13^0, et il ajoute: « Toute sa bataille, n*en falloit gueres, estoit toute de chevaliers de son lignage et de chevaliers qui estoient ses hommes-liges >. C'est lui qui fut le porte-parole de tous les chefs de l'armée au conseil tenu sur le retour en France en 1351. L'éloquence de Joinville fit repousser les propositions de Gui, qui se prononçait sur le rapatriement des débris de l'armée française (109).
C'est apparemment à' Acre en août 1250, et non à'Acon près de Tillières, que doit être daté l'acte par lequel Gui Mauvoisin, chevalier, constate la déclaration faite en sa présence par Guillaume de Gazeran et Bouchard de Brétigny, chevaliers, que Simon de Gazeran, chevalier défunt, a fait avant de mourir un legs aux Vaux-de-Cernay (110).
(107) Lévrier, t. XIV, preuve 870.
Dès 1232, Gui agissait seul, comme le montre l'extrait suivant de Tlnvenuire des Archives municipales de Mantes, dressé par Rolland Labbé :
« La cinquiesme (pièce) est une petite lecue en parchemin en dactes de Tan mil deux cens vingt deux ou moys de jning par laq"" appert ledict Guy de Mauvoisin avoir chargé les maire et pers de payer à la chapelle de la Vierge Marie du Valguyon, la somme de soixante solz parisis par chacun an qui sont des charges contenues en sa donnacion, scellées en cire blanche, ung homme à cheval emprainct. »
{108) D. Morice, Hist. èU Bretagne, Preuves, I, 840. — - Les Securitates ou actes de garantie ont été publiés par M. Léopold Delisle {Cartulaire normandf n** 416-420, 1152) et par Teulct {Layettes, II, 295 et suiv.).
(109) Hw/or. d€ France, XX, 229-235-2^^.
(iio) CarJml. du Vaux-dê-Gernay, 1. 1, p. 464.
Son dernier acte paraît avoir été le legs de 20 livres tournois sur l'échiquie . de Rouen fait en 1332 à l'abbaye de la Vauguyon (m).
Dès le 3^ juillet 13^3, sa veuve faisait acte de fidélité au roi, pour le fief de Rosny (112).
Gui IV fut marié deux fois. Julienne^ dame de Tillières, sa première femme,, fit, à son lit de mort, en 1227, une libéralité au prieuré de l'Estrée (113).
Il n'eut de ce mariage qu'une fille, Aélis^ mariée à Gasce V de Poissy.
La seconde femme de Gui IV, Ide^ est citée en 12^6 comme dame de Rosny
Elle mourut en 1261, laissant Guiot [Gui V) son fils, entièrement orphelin. La tutelle fut disputée entre Jehan de l'Isle-Adam, fils de Marie, l'aînée de ses tantes paternelles, et le fils de la cadette, Pierre, vicomte de Lautrec, qui se trouvait être le plus âgé. Conformément à la coutume du Vexin, Jehan eut gain de
cause (11;).
Une fille de Gui Mauvoisin IV épousa le châtelain de la Roche-Guyon. Les- Olim contiennent un aveu de leur fils, rendu au roi en 1301 pour l'hommage direct des bois du Chesnay, entre la Roche et St-Martin-la-Garenne, « présente GuioTo Mauvoisin, avunculo suo » (116).
Les OKm enregistrent un arrêt par lequel les limites d'une juridiction contestées par Guiot Mauvoisin fils de Gui, sont maintenues conformément aux prétentions du Domaine, sur un territoire confinant à Mantes et Rosny (ii?).
Saint Louis, qui avait, pendant un séjour à Mantes, ratifié la convention passée entre la commune et Ide de Rosny, au sujet du droit de chasse, y revint dix ans plus tard pour régler, comme arbitre, une nouvelle contestation entre les bourgeois et le seigneur, au sujet du même droit. Gui V renonça à faire garenne entre Rosny et Mantes, moyennant une indemnité de cent livres parisis (118).
(m) Je Guis Mauvesoins fais savoir a tos ceaas qui ces lettres verront que je lais à Notre Damé dou Foi Guion en pure et perpétuel aumosne pour le salu de m'ame XX liv. de tournois de rente chascun an a establir un moine leans plus qu'il ne n*i a, qui chantera por Tame de moi, assis et a recevoir à Teschaquier de St Michiel a Roban sus les deniers que je tienz de monsegnor le roi de France. Et que ce soit ferme et estable, j'ai ces lettres saellées du gamissement de mon sael. Ce fu fait en Tan de l'Incamadon de N. S. J. C. mccui.
(Martene, Amplissima Collectio, I, 1553).
(112) L. Delisle, Cartulaire normand, n** 509.
(113) Ego GuiDO Malusvicinus n. f. quod Juliana uxor mea... liberam fecit domum de Loines.,, menacbis de Strata de omnibus talliis... et totam moutam suam sibi et successoribus suis solitam in molendinis de TiUeriis... anno gratie 1227. — Charte semblable de « Juuana domina Ttlleriarum ». s. d. (Orig. se. perdus. Arch. de l'Eure, H 320, cote 29. — Cote 33, traduction d'une charte de Richard, év. d'Evreux, de. février r228 (1229 n. st.) vidimant la charte de Jehanne, dame de Tilliéres « d'heureuse mémoire »).
(114) Lévrier, t. XIV, preuve 965.
(115) Olim, I, fol. 27. Le jugement fut rendu après enquête au Parlement de la Chandeleur, 1262.
(116) Lévrier, t. XV, n** 11 30.
(117) Jugement du Parlement de la Pentecôte 1266*
(118) En octobre 1266. — (Lévrier, t. XV, preuve Z039, «i'^prés un original de ses archives).
Le cartulaire de St-Wandrille renferme une longue et curieuse sentence rendue par Guillaume de Flavacourt, archidiacre du Petit-Caux (depuis archevêque de Rouen), entre cette abbaye et Gui Mauvoisin, réglant une série de questions contentieuses, une notamment relative aux essaims [de apibiis vagis). Elle est de 1369 (119).
Par arrêt du Parlement de 1278, Gui V, sire de Rosny, fut condamné à une amende envers la Commune de Mantes, à laquelle la prévôté royale était alors unie, pour faits de violences commis par ses valets dans la ville, et afin de constituer une fondation pieuse pour le repos éternel d'un habitant qu'ils avaient tué.
Gui V fit un riche mariage pour ce temps. Isabeau de Mello^ qu'il épousa, reçut en dot, en 1265, de son frère Dreux VI, une rente de 600 livres sur le Trésor, accordée à leur père Dreux V en échange de ses droits sur les villes de Loches et de Châtillon-sur-Indre (120).
De ce mariage sortirent : Gui V/, marié à Laure de Ponthieu, fille de Jehan comte d'Aumale et d'Ide de Meulan, fille d'Amauri; — JehantUy unie à Robert de Tancarville ; — Marguerite^ qui épousa Pierre de Heilly, sire d'Auneuil; — Isabeauy mariée en 13 13 à Jehan II de Heilly, en 132 1 à Pierre de Chambly, chambellan de Philippe-le-Bel, en 1323 à Louis II de Sancerre; — enfin Ide^ qui épousa Guillaume d'Esneval (121).
Gui V, comme nous l'avons vu, vivait encore en 131 1.
Nous arrêtons ici la généalogie des Mauvoisin qui, depuis le milieu du XIII* siècle, n'offre plus de difficultés.
Les sceaux des Mauvoisin, relevés par Douët d'Arcq, ont tous les mêmes armoiries: un écu chargé de deux fasces. On le retrouve chez Jiobert au XII« siècle; chez G«i/Ven 1228; chez Guillaume 2V en 1231; chez Gui V en 1283 (122).
Les émaux étaient, d'après La Chesnaye des Bois, d'or à deux fasces de gueules. Les Mauvoisin d'Angoville, de la branche normande, portaient trois fasces, les couleurs interverties (123).
(119) Grand Cartulaire, fol. ceux.
'120) Le P. Anselme, t. VI, p. 61. — Gui F Mauvoisin de Rosny ne doit pas être confondu avec son cousin Giù Mauvoisin de St-Andri, descendant de Pierre et de Raoul (p. 258 suprà).
c Guido Malusvicinus miles dominus de Sto Andréa, comparuit pro feodo Sti Andrée, et vadit in exercitum. » (Rôle des chevaliers du bailliage de Gisors en 1272. — Lévrier, t. XV, preuve 1078).
(121) L'abbé Thomas, Rosny-sur-Seine. — Le P. Anselme, t. VI, p. 791-792 ; t. IX, p. 398.
(122) Douët d'Arcq, CoU, de sceaux, t. I, n*^ 2766 k 2770. (125) La Chesnaye des Bois, éd. in-4*', t. IX, 662.
Sur la famille LE RICHE
La famille Le Riche de Paris est une de celles dont l'étude offre le plus d'intérêt pour l'histoire du centre de l'Ile de France. Le surnom de Le Riche n'est point, en effet, comme on l'a cru longtemps, un simple qualificatif individuel: c'est, au même titre que toute autre dénomination analogue, le surnom patronymique d'une race dont la branche principale s'est appelée Le Riche de Paris et souvent, par abréviation, la famille de Paris.
M. Auguste Longnon, avec sa profonde connaissance des détails les plas intimes de notre ancienne histoire, a signalé le premier toute l'importance de cette souche illustre dont, par un étrange contraste, bien des rameaux ont été décrits, alors que le tronc demeurait complètement négligéi
Ce fut sans doute une fidèle alliée de la dynastie eapéttëtitie, dar sous le règne de Hugues Capet et de ses premiers successeurs, on Ia voit oeeiiper la plu-> part des postes militaires, dont elle se fit bientôt des charges héréditaires, et posséder une infinité de biens monastiques, peu à peu restitués plus tard b TEglise.
§ I. Les le RICHE DE MAULE
Parmi les branches qui intéressent le Parisis, nous citerons d'abord la branche de Maule. Elle remonte à Ansoud III^ fils du baron Guirin de Paris, et frère de Mihn; ces deux frères, chevaliers en 1043, sont qualifiés, en 1046, opUmates palaiii régis.
L'héritier d'Ânsoud III, Pierre /, seigneur de Maule, qui confirma des dons faits « ab antecessoribus meis Ansoldo et Guarino », mourut le la janvier iioi. Son épitaphe, qui le qualifie « flos procerum^ summus apud proceres^ nobilium hœres », assure que « Paris le pleura ». Le moine malicieux qui composa ce morceau représente son héros comme un joyeux compère, plus épris des festins que
des armes :
Dapsilis et lœius multtim fuit atque facetuSj
Plus epulis quant miîitiœ siudiosus agoni.
Il épousa Guindesmoihy d'une noble famille du Troiesin, dont il eut quatre fils: Ansoud /V, Thibaut, Guértn Illy Guillaume^ et quatre filles: Herbeline^ Erembourg^ femme de Baudri de Dreux, Eudeline et Hersent^ femme de Hugues de Voisins. Gautier de Poissy fut au nombre des gendres de Pierre (124).
Ansoud / V, successeur de Pierre I à Maule, avait été armé chevalier dès sa tendre jeunesse en 106^ ; il fut un brave guerrier et se distingua notamment dans le combat livré par Robert Guiscard aux Grecs en 1081 près de Durazzo.
De retour en France, il contribua avec son frère Thibaut à défendre le château de leur père, qui résista à l'attaque des Anglais contre la France en 1097.
Il mourut le 27 décembre 11 18, laissant à' Eudeline^ fille de Raoul I Mauvoisin^ sept fils: Pierre II y Raoul, Guértn /V, Lisiard, Gui, Ansoud V et Hugues^ et deux filles, Marie et Guindesmoth. L'une de celles-ci épousa Orson de Mont- Ihéry.
Hugues I fut, en 1138, témoin pour Amauri de Montfort et Etienne de Garlande, dans une convention avec St Germain des Prés (125).
Pierre, associé à son père dès mars 1106, accompagna Louis-le-Gros à la bataille de Brémule ; il fit partie de l'expédition de Guillaume Cliton et se sauva habilement après la défaite; il prit, avec son oncle Gui Mauvoîsin, rang dans les alliés de Galeran II de Meulan en 11 24 (41).
Quelque temps après, une rupture éclata entre lui et le roi, qui marcha contre Maule et détruisit les remparts élevés par Ansoud III (126).
Les chanoines de Ste-Geneviève obtinrent alors de Louis VI confirmation de la cession de la voirie de Rungis, à eux faite par Pierre de Maule et Orson de Montlhéry (127).
(124) D*tprès les archives de la famille de Maule, un frère de Pierre I» GiUrin II, passa en Angleterre en 1066 et y devint la tige d'une nombreuse lignée. (135) Tardif, Cartons des rois, n* 437.
(126) La date de cette expédition est très difficile à fixer. M. Luchaire la place entre X120 et 1x25 (Louis VI le Gros, n* 366). Orderic Vital traite Pierre II de « jeune fou qui s'attira la colère du roi après avoir foUement dilapidé son bien et ravi témérairement celui des autres ». Mais il ne faut pas prendre au pied de la lettre les termes de t jeune fou » sous la plume d'Orderic, qui éuit fort âgé lorsqu'il rédigea cette partie de ses chroniques.
(127) Lebeuf, Hist. du, diocèse de Paris, IV, 48.
Pierre II épousa Ade de Guines^ nièce de Bouchard IV de Montmorency ; il -eut deux fils, Pierre III et Hufrues IL
Pierre II fit une fondation à Notre-Dame de Maule pour le repos de l'âme de son frère Raoul: elle fut confirmée par Pierre III le Jeune ^ son fils.
« Ego Petrus de Manlia confirmo et concedo omnia que antecessores mei Sie Marie de Manlia et monachis ibidem Deo servientibus dederunt, vel a sois data concesserunt, in terris, in vineis, in consuetudinibus nemoris, in hospitibus, in decimis segetum, in decimis molendinorum, in decimis torcularium, et iliaque ego temporibus meis eisdem dedi, vel ab hominibus meis data concessi : decimam mercati, decimam molendini novi, nemus mortuum de coldreio ad duos asinos pro anima Radulfi fratris mei... Hec omnia ego Petrus junior que a pâtre meo data audio vel concessa, monachis Sli Ebruljiy eodem présente, do et concedo, et super altare pono.
» Testes Radulfus Malveisin. Hugo parvus qui eadem concessit. âmalricus de ToREio. RoGERius DE PixEio. SiMON Sakzaveir. Hugo DE Felunvilla. Petrus frater suus. Henricus Brostesalz. Hugo de Vineolis. Gaufridus de Marolio. Adam de Maruu.. Gauterius de Ponz. Radulfus de Cauda. Gumo de Hainnou. Matheus de Mesherout. Galcherius Pictor. Guesbertus Bardol. Gauterius Boschet. Fulco presbiter. Hadericus presbiter. Stephanus de Garda. Gaufredus molendinarius. Gesbertus de Ulfeto. Geroldus taneor. Harduinus filius Gosconis » (128).
« Ego Petrus dnus Manlie concedente Petro juniore, filio meo, dedi Bfe Marie de Manlia et monachis ejus quicquid habebam in vinea Milonis sacerdotis, cognati mei, scilicet censum xli denar. per annum; et acinum ejusdem vinee, quod ad prelum meum venire solebat, a modo ad prelum eorum ibit.
» Monachi vero dederunt mihi hoc quod habebant in terra Seinart, scilicet xu don. per annum, décima ejusdem terre semper monachis rémanente... Testibu» Radulfo de Sancta Columba tune priore. Fulcherio Fulcone. Raginaldo de Gkuntkmknil. Radulfo Malnorri. Galterio Bulete. Rogerio et Johanne, sacerdotibufl. Radulfo de Basemont. Petro de Baina. Osberno Anglico de Novoburqo. Roukkto db Gasbran. Hugone puero filio Dni P[etri]. Henrico de Genor. Roberto
coco » (199).
Pierre III épousa R... [Reine)^ sœur de Guillaume Mauvoisin^ et en eut trois (iU: Hugues III ^ Pierre IV Qi Roger, En 1195, ce dernier d'une part, et Hugues III do l'autro, approuvent un accord conclu entre le Chapitre de Paris et leur aïeul Plorre II (paciionem cum Petro avo meo). Hugues III prit pour pleiges Hugues IIj HOU oucio paternel, Guillaume Mauvoisin son oncle maternel, Simon, Nivard et Huguo» de Poissy, et Robert de Triel (130).
(iiH) H. N. Mil. Ut. 11056, fol. 35.
(isv) H. N. Mu. Ut. xio$6, fol. 54.
(i|o) (iuàriird, Cart, de N. D, d« Paris, II, }$$.
Hugues III fut chevalier de Condoi] son fils Guillaume^ clerc en 1^33, archidiacre en 1236, fut l'un des bienfaiteurs du prieuré de l'Estrée (131). ^
Pierre /Vfut sire de Maule après son père, en 1209.
Roger /fut en juillet laoo, avec trois Mauvoisin, un Blaru et un Richebourg,. pleige de Robert d'Ivry, qui s'engage à rendre au roi ses forteresses (132).
Vers la même époque, il vendait à Philippe-Auguste, moyennant 50 livres,, une rente de cent sous qu'il avait à Meulan (133). (
Il épousa Idoine^ fille de Galon III de Chaumont, sœur de Jehanne^ mariée à Gervais, fils de Bouchard Le Veautre (134).
Pierre /V, de l'assentiment de son fils Roger 11^ fit don en 1209 aux frères de Grandmont, occupant le prieuré des Moulineaux, d'une hôtise à Maule, libre de toute coutume (13^).
Lorsque Philippe-Auguste fit opérer la recension des fiefs relevant de la Couronne, Roger de Maule y fut compris pour un fief à Grisy, tenu de Jehan de Gisors; la mention» relative à Pierre prouve que pour une grande partie de son patrimoine, ce châtelain ne relevait de personne :
€ Dominus Petrus de Maulia tenet hoc quod habet apud Mauliam in dominiOy excepta domo suâ de Maulia quam tenet de Rege. Tenet etiam de Rege omnia feoda que tenent de ipso in Castellania de Maule ^ exceptis quinque feodis et dominio suo de Maule. Inde débet exercitum et equitatum (l'ost et la chevauchée) ad suum custum » (136).
Pierre de Maule figure, dans la pancarte de Montfort, comme tenant du comte des fiefs à ViUepreux, Rocquencourt, Noisy-le-Roi et Crespières (137).
(131) Omnibus p. 1. i. Guillermus de Maulia archidiaconus Laaà ^nemi^ s. in Dno... Confinnavi mcK nasterio de Sirata,.. ut possideant in pcrp«tuum omnes terras et vineas, prau et ortos, que possident in feodo meo de AUuto.
Actum anno gracie M** CO XXX** quarto, mense januarii.
(Arch. de TEure, Orig. H 322, cote 19. Cartul. H 319, fol. 30).
Le nécrologe de N.-D. de Chartres distingue t Guillelmus de Manlia archidiaconus ÎMndonie in Scoîia », mort le 10 juin, de « Guillelmus de Manlia canonicus Camotensis, » décédé le 5 juin. Ce dernier, fils de Pierre V, fut arbitre en 1253 (De l'Epinois, Cartul, de N,'D. de Chartres, t. II, p. 167; t. III, p. 12, 126).
Simon, abbé de St-Chéron, et Aubri, Tun des prévôts du Chapitre de Chartres, exécuteurs du testament de feu Guillaume de Maule, chan. de Chartres, vendent des maisons prés de Taumônerie de St-Jean-en-Vallée, en 1272 (B. N., Mss. lat. 5481, fol. 29. — Cf. Cartul, des Vaux-de-Cemay, I, 792, qui donnerait la date 1282).
(132) Teulet, Layettes du Trésor des Chartes , I, 221.
(133) L. Delisle, Catal. des Actes de Philippe- Auguste, n*" 632 à 646.
(134) A. N. LL i54i« fol. 18.
(135) En présence d'Hubert V de Rosay, de Pierre de Mareuil-sur-Mauldre, de Pierre de Bazemont, et autres (Moutié, Fecueil de chartes concernant le Prieuré de Moulineaux, p. 9).
(136) Reg. des fiefs de Phil. -Auguste, ap. Mém. de la Soc. des Antiq. de Normandie, t. XV, p. 178, 183.
(137) Maquet, Les Seigneurs de Noisy, ap. Mém. de la Soc. hist. de Rambouillet, t. I, p. 141.
Dans un recensement des fiets du comté de Montfort, fait à une époque postérieure, les indications pré» cédentes se trouvent modifiées :
Pierre de Maule était l'un des juges de la Cour du Roi en laaj qtund la succession du comte Jehan de Beaumontfut réglée : «... Ursione cambellano, Pbtio barone et pluribus aliis » (158). Ce titre de baron est celui que Guérin I, cinquième aïeul de Pierre IV, prenait sous le règne de Robert le Pieux (139).
Au mois de mai de l'année suivante, Pierre, sire de Maule, chevalier, approuvant la cession aux moines de Joyenval, par Barthélemi de Roye, d'une vigne dans sa censive, scelle d'un sceau rond de 50 millimètres, l'écu portant um croix, à la Bordure chargée de dou^e besants en orle.
Pierre IV avait cessé de vivre en laaé. Mathieu IV de Marly, son exécuteur testamentaire, fit savoir aux moines des Vaux-de-Cernay qu'il leur avait légué 40 sous de rente sur le quint de sa terre qui constituait la dot de sa veuve Aveline (140).
Il est probable que Roger II mourut avant son père, car la terre de Maule passa à Barthélenti, neveu de Pierre IV et probablement fils de Roger I.
Marie, femme de Barthélemi, est nommée dans un titre de Joyenval en ia>8, où tous deux aliènent leur maison de Maule : « domum suam sitam ante castehiin domini Pétri de Maulia militis >.
Il s'agit ici de Pierre V qui, dès 1233» approuvait un don fait à St-Germaindes-Prés, par son vassal Hugues Bovenel, de 10 sous de rente sur son cens de Maule (141).
En février 1240, Pierre de Maule, chevalier, Jehanne sa femme et leur fib
Guillaume, chanoine de Chartres (131), quittent à l'abbaye de St-Benoît-sur-Loîre
i le droit de fief qu'ils avaient sur sa arpents de terre, sis à Manivillier, vendus à
ce monastère par Gilon de Montoire, dit Tempête, écuyer, cousin de Pierre, et î Clémence sa femme (142).
! Barthélemi et Pierre V de Maule sont du nombre des chevaliers qu'en 1949»
saint Louis faisait se mon Jre pour une future entrée en campagne. Pierre, en 1247, • fut pleige pour Bouchard VII de Marly.
« GuiLLELMUS DE PuRUCHiA tenet de Dno comité (Montis fortis) quidquid habet ftpud hùmliam, CbambooU (Chambord), in valle de Cambaio (Gambais) — et unum sullum carnificis tpud Houâencum^ et consuetudmem foreste, et domum suam et gardam terre sue, et est homo ligius.
Dominus Petrus de Mauua tenet a Dno comité domum suam de Maulia, et débet XV dies custodfe ».
(138) Douët d*Arcq, Rech. bist. sur Us amtes de Beaumont-sur-Oise, p. xo).
(139) Lévrier, Coll. du Vexin, VIII, 67.
(140) Cartid. des Vaux-de-Cernay, t. I, p. 260.
(142) Cartul. de St-Benoit-sur-Loire, fol. 47. D. Villevielle, Trésor ghUalogique, t. LVII. Ms«. fr. 31940, fol. 80.
Les archives de Maule relatent une confirmation par Pierre V, sa femme et leur fils Guillaume, des donations de leurs ancêtres au prieuré, en avril 1234, et un testament de ce seij^eur, donnant aux moines la dîme de ses terres entre Mareil et Crespières, en 1237.
\hi
Guî de Mjulâ, écuyer, fat en 1253 choisi comme arbitre, avec Hervé de Chevreuse et le doyen de Saint-Martin de Tours, dans un différend entre Tabbé des-Vaux-de-Cernay et Robert de Poissy (143).
Un Guillaume de Maule dit l'Anglais^ était marié à Marie en 1255 ; un autre Guillaume de Maule, écuyer, Tétait à Sédile (de Thourotte) en 1270 (144). Sa veuve délégua Pierre de Meré pour faire, en 1272, un service féodal dû par le fief de Maule (145). EUe se remaria à Anseau de Tlsle, chevalier, sire de Balincourt.^ Ils firent ensemble une donation aux Templiers, « regardans au cuer^ disent-ils, les bonie^ et les courtoisies que les trésoriers et les frères du Temple nous ont festes par moult de fois » (146).
Les archives de la maison de Maule, dont Mme la Marquise de Maule a bien voulu nous communiquer des extraits, donnent la série suivante des possesseurs de ce fief à partir de Barthélemi qui se fit moine à Joyenval.
GuUlautne /, fils de Barthélemi, frère de Jehan qui s'expatria.
Jehariy fils de Guillaume, confirme en 1249 les donations de ses prédécesseurs aux moines de St-Evroult et leur laisse, par son testament de 1268, six setiers de blé à prendre au moulin d'Hagnon.
Guillaume II ^ seigneur en 1268, à l'occasion d'une contestation survenue entre le prieur de Maule et le curé de Notre-Dame relativement aux dîmes des novales, confirme le prieur dans les droits que lui conférait le testament de Pierre IL
Henri succède à son père, victime de la peste qui ravagea la France en 1280. Il bâtit l'Hermitage en 1285, et confirme, par son testament de juin 1304, les donations faites au prieuré.
Pierre VI^ par une transaction de 1306, concède aux moines le droit de faire construire, près de la ferme de Beaurepaire, un moulin à vent.
Guillaume III fait le 3 novembre 1324 un accord avec les moines qui, se réservant la basse-justice, abandonnent au seigneur, moyennant dix livres tournois, le droit de haute et moyenne justice que leur conférait le testament de Pierre II.
Pierre VII^ défendant Maule contre les troupes du roi de Navarre, est tué le 7 décembre 1357.
(145) CartuL des Vaux-de-Cernay, t. I, p. 49 X.
(144) Nos GuiLLELMUS DE Maulle armiger et domicelU Sedilia ejus uxor, cupicntes animabus aostris Sâlubriter providere, attendentes devocioni et curialitatibus non modicis quas fratres Domus Sti Maturini Paris. nobis fideliter impenderunt, consentimus quod omnes possessiones apud Fontanetum prope Luparas... quas pos* sident defeodo meo... tenerent in manu mortua... Anno Dni X270, mense mayo. (A. N. LL 1544, fol. 51).
(145) Cf. pour cette étude : Aug. Longnon, La Familte de Paris, dans le Bulletin de la Société de l'Histoire de Paris et de VIle-de-Ff once, sept, octob. 1879; Orderic Viul, éd. Le Prévost, II, 447, et passim. — A. Dutilleux, Cartul. de Joyenval, dans les Mémoires de la Soc. Hist. du Vexin, t. XIII.
(146) Décembre 1281. A. N. S 4993. Douët d'Arcq (Coll. de sceaux, n*» 3687), décrit son sceau apposé à un acte d* Anseau et d'elle en 1275 (A. N. S 4x82, n* 70). On y voit une dame debout, en robe et manteau court, un oiseau au poing. — Sédile mourut le 15 juillet X282 (Le P. Anselme, VIII, 788).
La baronnie de Maule passa depuis dans les familles de Garencières. et de MorainvilIiers(i47). Mais des branches nombreuses, en dehors du rameau anglais, se retrouvent en Picardie où leurs membres continuent à porter Tépée, et à Paris où ils entrent dans la robe sous le règne de Charles VI (148].
Parmi les documents rassemblés par Combault d'Auteuil se trouvait une notice généalogique sur les barons de Maule, que dom Caffiaux a eue sous les ^eux. Elle paraît avoir été rédigée avec une grande précision; malheureusement nous n'avons pu la retrouver (149).
IL Branche de ROBERT DE PARIS.
Robert de Paris^ sur lequel le comte Riant et M. Auguste Longnon ont appelé Tattention des érudits de TIle-de-France (150), fut un vaillant Croisé qui périt àla bataille de Dorylée.
Il était fils à' Etienne, prévôt de Paris, qui souscrivit en J069 au diplôme de sauvegarde accordé à Saint-Martin de Pontoise.
Une pittoresque notice du Cartulaire de Saint-Martin des Champs nous montre Robert fixant, en étendant les bras, la largeur d'un chemin d'accès concédé aux moines par un vassal de Nantier de Montjay :
(147] Des hommages furent rendus pour la terre de Maule sur Mauldre, par le sieur de Garencières, chevalier, ]e 16 mai 1402 ; par Simon de Morainvillier pour raison des hostels, terres et seigneuries qu*il tient du chef de Regnaulde de Maule sa femme, assis à Maule, Montainville et Herbeville, le 20 juillet 1404 (Vc de Colbert, n** 239, fol. 4 et 5) ; pour les mêmes terres, par Louis de Morainvillé, escuyer, le 9 septembre 1450 (Ibid. fol. 13).
(148) Dom VUleviclle (Mss. fr. 31940, toi. 80), cite un Carhonel de Maule, ccuyer dans la prévdté de Péronne en 1334; — noble homme Mcssire Girard de Maulej chevalier, sieur de Pressoy et Jebamie sa femme, fille de feu Jehan de Regny, écuycr (d'après le cartuUire de St-Qpentin-en-rile, p. 35); — noble homme Monseigneur Baouî de Maule, sieur de Liermont, chambellan du duc d'Orléans en 1404, et vassal de Corbîe en 141 1.
Parmi les testaments enregistrés au Parlement de Paris, on cite ii la date du 20 septembre 14x0: « Testanientum magistri Roblrti de Maule, Régis Francis consiliarii in sua curiâ Parlamenti, filli defuncti domini Petri de Maule, et domicellx Joank^e de Beauv&s, ejus uxoris. Executoris suos instituit Joannam filiam suam uxorem Joaknis de Boiscuilloitt et alios. » (Coll. Baluze, t. LI, fol. 45).
(149) Voici un extrait que dom Caffiaux nous a conservé:
« Jeanue de Blainville fut mariée i Bekthault de Maule fils de Pierre de Maule qui avoit épousé en 155$ Juliette des Hsrots. Elle mourut le 5 avril 1416, comme il appert par sa tombe qui est en l'église de Mareil sous Maule, où elle est qualifiée dame de Goumarchez [sic) et du Mesnil : aux quatre coins sont ses armes mi-parties ; au i. une bordure chargée de besants ou tourteaux ; au a. un chevron dont la pointe donne au milieu du côte droit. (Mémoire généalogique sur les Maule, aux archives d'Auteuil, liasse Boumonville^ «• 38) ». — On reconnaît les armoiries des Maule dans celles décrites en premier lieu.
(150) Cartulaire, note 133.
c Paganus Hericio a fonte baptismatis nomen Hudo, dédit ecclesie Sti Martini de Campis duas areas in aqua que vocatur Matrona^ ad construendos duos molendinos, et xl particas superius et xl inferius, et dimidium arpennum prati juxta molendinos, et viam perterram suam quantum mensurare potuit extensione brachii Rotbbrtus filius Stephani prepositi Parisiensis, usque ad viam regalem.
Fuit autem quoddam propter occasionem calumpnie additum, quod erat sive divitibus sive pauperibus qui ad molendinos irent necessarium,videlicetut si qui^ ducens equum vel asinum eundo vel redeundo, equus vel asinus coUum hue iliuc extenderet ut herbam (i^i) sive messem morderet, non propter hoc occasionem damno caperet, nisi in prato aut in messe pascentem inveniret.
Recepit vero societatem seniorum (i^a), simulque habuit inde xi libras denariorum pruvinensium ; ac unoquoque anno recepturus est de censu xn denarios qui in festivitate Sti Remigii solvendi sunt ministro suo apud villam qui vocatur NuUiacus,.. Concedentibus ipsius Pagani sororibus, Helvide uxore Henrici de Hivri et Solia uxore Ivonis de Bri, et viris eorum, et Drogone filio IvoNis. Hoc etiam concesserunt domini de quorum fedo hoc tenebat Paganus Hericio, videlicet Nanterus de Montegaio et Ivo Strabo de Crispeio.
Testes Ursus. Haimericus de Nuilli. Ansoldus de Gornaio. Ingenulfus de eodem castro. Adam de Campis. Rotbertus filius Stephani. Hungerius. Ansellus DE Garlanda. Paganus filius Rohe, nomine baptismatis Adam. Ansoldus homo Joscelini Archidiaconi(i^3). Walterius major de Nuisiaco, Berttannus filius ejus. Ebrardus decanus. Hatto de Nuisiaco. Godefredus. Rainaldus filius Dodonis, et Galcherus de Nuisiaco. Ponciolus custos equorum. Hubertus carpentarius. Walterius major, Warinus frater ejus, Joscelinus, Theodericus (1^4). »
Robert serait-il le frère àHeUouin de Paris^ qui fut fait prisonnier avec Hugues de Clermont et Gui de Senlis au siège de Chambly en 1106? Le Cartulaire de Saint-Germain-des-Prés relate une concession de terrains au delà du Grand-Pont de Paris, moyennant un faible cens, à un chevalier du nom de Flohier. On trouve parmi les témoins de Flohier: c Stephanus cognatus ejus : Herluinus et Robertus nepotes ejus » (i J5).
Une donation faite à Saint-Martin des Champs en 1096 par Gautier, vicomte de Meulan, et relative à Téglise de Montmartre, a pour témoins : « Robertus filius Stephani, Henricus filius ejus, Walo frater ejus » (156).
(151) Le texte, corrompu dans ce pissag:, est facile à rétablir. II porte : « v;:! ilIuc extenio ut fit heriMm morderet, propter hoc occasionando caperet » .
(153) La Communauté des profès.
(155) Josselin fut archidiacre dexo67 (Guérard, N, D, de Paris, IV, ito) à 1096 (Arch. de Scine-et-Oise, Prieuré de Conflans]. Il fut remplacé en X097 (Guérard, I, 107).
(l$4) B. N. Mss. lat. 10977, fol. 23.
(155) Mss. lat. 10977, fol. }3.
(156) A. N. LL X399, fol. 3. -^ Ei, de Barthélémy, R^mil dé chirtes de Fabbaye de Mwt martre. — Un Githn de Maule est cité par Ordcric Vital comm^ un des vassaux de Pierre I Le Riche.
La cession de Téglise de Noisiel à la même abbaye, à une date très voisine, par Gilbert de Garlande, eut pour témoins : « Rotbertus filius Stephani, Paoanus frater ejus : Johannes nepos Rotberti filii Stephani > (157)-
Notre Cartulaire fait connaître un autre fils de Robert : Gautier, témoin d'uq acte de Dreux de Chaumont (N<> XXIII). Le Nécrologe de Senlis mentionne su 7 décembre Tobit de Robert de Paris, père du chanoine Renier (i;^8). Mais la plupart des anniversaires ayant été inscrits après l'avènement de Louis le Gros, il s'agit sans doute d'un homonyme qu'on rencontre à la Cour épiscopale de Paris en 117^ parmi les témoins d'une charte de Maurice de Sully: € LaicL.. Herluinus de Sancto Mederico, Robertus de Paris » (159).
IIL Branche de GARNIER DE SENLIS
Garnier, châtelain de Pontoise après la reprise du Vexin par Philippe I*', appartenait, croyons-nous, à la famille de Senlis^ et celle-ci, comme nous allons le voir, n'est autre qu'une branche des Le Riche.
Dans une bulle confirmative deCalixtelI pour Saint-Martin des Champs (160) se trouve le passage suivant:
« Âpud Pontisaram casiruntj de dono regio,et Radulfi Delicati et Guarnero Silvanectensis, hospites, et terras ». Cette indication nous semble viser le Gamier de Pontoise constamment associé, dans les textes, à Amauri Déliés et à son fils Raoul.
Garnier de Senlis est nommé parmi les chevaliers de Simon, comte de Mantes, en 107a (161). Un vassal de Raoul Déliés, Lambert neveu d'Humbaud, donne dix hôtes à Saint-Martin des Champs pour le salut de son seigneur Garnier de Senlis y du consentement de Louis, fils du roi Philippe (162).
Le nécrologe de Senlis, qui date du milieu du XIII« siècle, rappelle des
(157) Mss. lat. 10977, fol. 39.
(158) « VII Id. Dec. ob. Robertus de Paris pro cujut anima Renerus filius ejus, istius ecdesie canenicus, dédit nobis vin den. censuales in vico Bclon ». (Mss. lat. 9975)*
(r59) Tardif, Cartons dfs Rois, d? 666.
(i6o) Du 27 novembre XI19. — De Lastcyrie, Cartulaire dé Paris ^ I, 206.
Rien de plus fréquent à cette époque que les changements dans les surnoms géographiques chez un même personnage. Ainsi, Gantier de Paris s*est appelé Garnier de Braine et Garnier de Dreux (Cf. Aug. Longnon, Bull, de la Soc. de l'Hist. de Paris, 1899, p. 140).
(/61) Lévrier, t. XVII, preuve 196.
(162) Duclicsnc, Preuves de l'Hist. de Montmorency, p. jj.
fondations de deux chevaliers du nom de Garnier et du chanoine Garnier de Pantoise (163).
Garnier de Senlis appartenait incontestablement à la famille Le Riche. Sa filiation est connue par un texte relaté parle Monasticon Anglicanum (t. I, p. 679) :
« Ânno 1066 venitWiLLELMUsBASTARDUscumstrenuissimâ militiâ in Angliam; •••venerunt cum illo duo fratres strenuissimi milites, videlicetGARNBRiusdictus Le Riche et Simon de Seenlys, filii Raundoel le Riche. Mortuo praedicto Raundoel, Gamerius primogenitus reversus est in Franciam et obtinuit hsreditatem patris. Symon autem in Angliâ remansit ».
A ce Simon de Sentis^ frère de Garnier ^ Guillaume-le-Conquérant fit épouser Maud^ Taînéé des trois filles de Waldef, comte de Huntington, et de Judith, fille delà comtesse d'Aumale, sœur utérine de Guillaume (164).
Simon, héritier des comtés de Huntington et de Northampton, fonda le monastère de Huntington et prit part à la première Croisade. Après sa mort, Maud, devenue veuve, se remaria à David, frère du roi d'Ecosse, auquel Guillaume-le- Roux confia la garde des deux comtés.
Simon II ^ fils de Simon de Senlis^ fonda le monastère des religieuses de la Pré, au comté de Northampton. Il épousa Isabelle, fille de Robert comte de Leicester, frère de Galeran II comte de Meulan. Il trépassa en août 11^3, laissant on fils, Simon III, qui mourut en 1184, sans hoirs de sa femme Alice, fille de Gilbert de Gand (165).