IV. Famille des BOUTEILLERS DE SENLIS
Le Cartulaire de Saint-Bertin, publié par Guérard, se termine par un texte incomplet. Le dernier feuillet du précieux manuscrit en fut arraché, et, par une vicissitude curieuse que l'éditeur a ignorée, il tomba sous les yeux de Duchesne, qui y découvrit la pièce la plus ancienne connue, concernant les chevaliers de
(163) « n Ka]. Febr. Ob. Garnerius miles qui dédit nobis dedmam molendinorum de Ponte Hermeri,
« V Kal. Mart. Ob. Warnerus miles qui altarc dédit huic ecclesie, quod est apud Moleincurtem, Cui x sol. par. ».
« vm Id. Aug. Ob. magister Garnerus de Poxtisara canonicus noster, de cujus bcnc!îcio habemus xvi
soi. super terram de Grandiprato ».
(B. N. Mss. lat. 997S).
(164) Alice^ sœur de Garnier et de Simon, épousa le chevalier Raoul de Tosny.
(165) Cf. Guillaume de Jumiègcs, 1. vm, cap. 37 ; — Notes de M. L. Dclisie sur Robert de Torigny, I, 274 et 300; — Note de Le Prévost sur Orderic Vital, III, 402 ; — Note de Fr. Michel sur les Chron. anglonormandes, II, 126.
Le P. Anselme (t. VI, p. 368) a fait de Simon I de Huntington un fils de Landri de Senlis^ le confondant avec Simon I de Neaufle. Le nom de Raundoel (aujourd'hui Bandolph) est une forme anglaise de Jtaoul {Radulfus). Il est possible que le père de Simon et de Garnier ait été Raoul II de SenliSf fils de Gui I.
— i8o — ScnViu. C'est une notice relative à un domaine d'Ombrevoisin {Hmmh^rt90inM\ liitué dans le Beauvaisis. Au temps des rois Hugues et Robert, le prérftt de Seiat- Hcrtin avait, sans Tavou de Tabbé, acensé cette terre à un vassal du clicvalicr lUml ou Ruhou [Rotholdus) de Senlis. Celui-ci s'en saisit à la mort du censitaire; nuU étant devenu vieux etdemeurant loin delà, il se vit dépouiller de ce domaine pui liuilcs de Bcauvais, qui occupait le mont de Mouchy, et qui prétendait avoir clcii droit» plu» directs sur cet héritage.
Rohou n'étant pas en mesure de se défendre, céda ses droits sur Ombrevoîân
dépouillée -
s.i chAtcllenic par un jugement de la cour du roi Robert, en 1030 (i66)- Ombre- \ i)isiii ft»t alors concédé par le roi, non pas aux fils de Rohoa, Foulques et Gui de Si^nlii, mais à uu héritier d'Eudes de Mouchy, Nivelon, fils de Renard et frèro da ïéiiéchul Raoul de Beauvais (167).
lùiulques de Sntlis, chevalier (Fulco miles SavAMECTBHSis) fut témoin d*na dipl«^inc do Robert le Pieux donné entre loaj et 103 1 (168).
DuchcKuu a rattaché, avec assez de vraisemblance, à Foulques de Senlis, Luidri, mari d'IIrmengarde, père de Gui, chevalier de Senlis, mari de Berikê a connu par une notice du Cartulaire de Saint-Martin des Champs (169) comme iiviU k Pantin et b Survilliers.
I.andri ont un autre ftls appelé Simon^ qui devint châtelain de Neaufle. Il fut c'Iumbcllan du roi ())).
(itii /, marié h AdeH{, eut un fils, Raoul II, mari à'Ermengarde, qui, sur la lin do îta vio^ donna à Saint-Martin des Champs 14 arpents de terre à Survilliers en iné'ioni di» Kaoul, sénéchal de Gui de la Tour (170).
I.a gcMiralogio do la maison de Senlis est assurée à partir de Gautier qui, en iiiyfi, (iNniMait avec divers châtelains royaux, à l'assemblée tenue à Mantes par
Philippe !•• (171).
(iantior NiMuMo devoir être identifié avec le bouteiller de ce nom, qui se
(lAfi) ifiiltltiimi'ili* (>i*ll, (\\\\ ^\^\\x^ avec son frire Aubert dans un acte de lo^^o^ fut ajoamé par ordre de H'ith M II * Mil pi «lit t«nu A Scnlt* eu io)o. (I^uvet, Ane, rtm, tU la noblesse d» Beauvoisis, p. 447). Ce fut donc Hii 1.1)0, Mil iu |»lm \*r\\ au commcuccmint de loji, que sa destitution fut prononcée.
(ir.;) NlveltMi, pv'ic J'î l'oulquc» et aïeul de Raoul I de Crcssonsacq, est la tige de cette maison.
(if»H) A. N. I.l. irtJ4, Col. $8.
(tri«i) Mm. U{. too;;, fol. to.
(l;i») Mm U\, ih977« ^^I* 41*
(i;i) c;..II. M ufMi, t. XXXI. fol. i6j. - C'est lui que cite le Pire Anselme (t. VI, p. 251). d*aprês I- trtu/ Hiimi»'* di- ï'l»'r.î^ t • (taulier de Kenlia. lequel vlvoit du tems de Louit le Gros (sic), rcconaoit tenir
Asï iiH .t'Aii|.iu A.iiHw de la SiWchaussie de France, cequUl possèdoiten la ville de Senlis et hors les mu-
i«ilt.« . AiMtii II. le coimu des HoutciUers do Senlis ne se réfvrc à cette prétendue mouvance.
-âSi —
trouvait au siège de Soissons en 1057 avec Henri I^^ (172)9 et souscrivit à un diplôme de Philippe I"* donné à Senlis en 1060 (173).
Il eut pour fils GuilTj à qui le prévôt de Saint-Frambourg de Senlis, Létaud {plus tardévéque de cette ville), concéda en précaire, pour le cens dérisoire de quatre deniers, la butte de Montépilloj, avec les bruyères et les terres arables qui appartenaient au chapitre (i74)«
Ce précaire était limité à Gui II et à son premier héritier ; mais, comme la plupart de ces contrats, il fut, bon gré mal gré, prolongé d'une manière indéfinie, avec augmentation de cens toutefois. En 1166, le bouteiller Gui IV, fils de Guillaume Le Loup, reconnaît devoir à Saint-Frambourg quinze sols de cens « propter totam plateam in qua fuit antiqua villa de Monte Speculatorij et propter totum nemus quo est circumdata » (17;)-
Gui, fils de Gautier, fut en 107; l'un des témoins de la donation faite par un autre Gui (Gumo Wascellini filius), à Notre-Dame de Senlis, pour y fonder une nouvelle prébende (176).
Il se qualifie chevalier à^Ltis uâe souscription au diplôme de Philippe I«^ amortiasant les biens de l'église de Senlis le i^ juin 1068 (177).
C'est aussi le titre que lui donne le nécrologe de Senlis, relatant le don de deux hôtes en cette ville, dans la rue de Paris, que le chevalier Gui fit au chapitre, pour fonder, le 28 mai, l'anniversaire de Gautier 11^ son fils, mort avant lui (i?^)*
Gui II est connu dans divers titres sous le nom de Gui delà Tour. Le Cartulaire de Saint-Leud'Esserent nous le montre accompagnant dans une visite à ce monastère, « le vénérable comte Hugues le Grand». Il est appelé « Wmo de civitate Silvor iw^/i5, cognomento de Turri ». Pour témoigner à ce nouveau prieuré dépendant de Cluny sa bienveillance et son désir de le voir prospérer, il approuva par avance les dons qui pourraient être faits aux moines de biens compris dans les fiefs de ses vassaux, sous la réserve qu'un fief tout entier ne leur serait pas transmis. Guillaume, fils de Gui, ayant protesté contre cette largesse insuffisamment limitée, le prévôt de Saint-Leu, Foucaud (179), se rendit auprès de Gui, à Senlis, et lui
(173) S. WALTExn pincerne régis (Arch. de l'Aisne, H 1508). (175) S. Waltexh pincerne (A. N. K 30, n" i).
(174) Copie d*Afforty, t. XIII, fol. 435 de lâ collection conservée & la Bibl. de Senlis.
(175) G>11. Moreiu, t. XXXI, fol. 74. Le chanoine Afforty a parfaitement conclu de b comparaison de ces textes que les Bouteillers de Senlis descendent de Gui fils de Gautier ^ et nom de Gui fils de Landri^ comme ravait supposé gratuitement André Duchesne. Le manuscrit de ce dernier, intitulé : Généalogie des Bouteillers de Senlis (B. N. Mss. fr. 16798) parut i son auteur trop incomplet pour mériter de voir le jour.
(176) Afibrty, f. XIII, p. 439, d'après le Cartulaire de N.-D. de Senlis, fol. 124.
(177) S. WroOHis filii Waltekct, mîlîtis (Afforty, t. XIII, p. 425). — La l>outcilleric d^ France fut occupée de 107 1 i 1074 par un titulaire du nom de Gui (Le P. Anselme, VIII, 514).
(178) B, N. Mss. lat.9975.
(179) Il éuit en fonctions en xxo6 (Arc de l'Oise, H 2436).
— dSfl —
rappela sa promesse. Le bon seigneur la renouvela et obligea ses deux fils, Guillaume et Hervéy qui étaient auprès de lui, à y acquiescer (i8o).
C'est à Gui de la Tour que s'applique le diplôme de Louis VI, approuvant au sujet du domaine de Rosières, un accord avec les moines de Saint-Mesmin de Micy, conformément à la requête que présente au roi « quidam ex palatio nostro, GuiDO videlicet Silvanectensis^ cum GumoNE filio suo, assensu etiam Guillelmi filii sui » (i8i).
En 1106 fut confirmée par l'évéque Hubert (i8a), à la prière de Gui de la Tour son ami (183), la fondation du prieuré de Saint-Nicolas d'Acy, donné par le vidame Robert aux moines clunisiens de Saint-Martin des Champs, de Taveu de Létaud, prédécesseur d'Hubert (109^-1099). Parmi les témoins : Arnoul, fils d'Heudard, et Eudes de Gonesse, Bourdin de Liancourt, Gauslin (de Lèves).
Gui avait été plus que le bienfaiteur de ce prieuré, car un diplôme de Louis VI confirme les dons faits par ce seigneur à l'église d'Acy « ab eodem Guidons constructa > (184).
Dans une charte, sans date aucune, d'Isembart, frère du chevalier Saveri, en faveur du chapitre de Notre-Dame de Paris, on cite comme témoins : « Guido SiLVANECTBNSis DE TuRRE, et GuaLEUfus filius Guu>ONis DE TuRRB, Fromundus camerarius » (i8^).
Gui II est mentionné dans notre Cartulaire, comme suzerain d'Haimon de Montgerain (n<> VIII) et comme compagnon du prince royal Louis-le-Gros lors d'un séjour qu'il fit à Pontoise (n<> XLIV) que M. Luchaire fixe à 1099-1100. En 1102, il fut fait prisonnier au siège de Chambly où il avait suivi le prince Louis. Le 19 janvier 1104, il figure le premier parmi les témoins de ce prince dans le traité de
(180) Arch. de l'Oise, H 2454. — Cartulaire de S, Leu d'Esserent, publié par M. le chanoine Mûller.
(x8i) Coll. Baluze, t. XLI, fol. 195. — Bibl. mun. d'Orléans, mss. 594 (3), p. 58. *- Ce diplôme est de II 10 (Luchaire, Louis VI le Gros^ p. 100).
Le Cartubire de Saint-Martin des Champs contient une notice de 1098, qui débute ainsi : c Ego Wakke- Rius miles, filius Ascionis, instinctu Dei amoris tactus, quandam terram in territorio Silvatuctensi quam de WiooNE DE TuRRi tcncbam, ipso annuente, ecclesie Sti Martini de Campis dedi, quod feci annuere in claostro monachorum ecdesix SU Marie de Pissiaco^ die dominica ante processionem kalend. maii, etiam Eremburci uxori mee, filieque nostre Marie, fratriqae meo Ascioni. Testes Walterus Postels, Albeucus Teimils, Nanterius miles, Willclmus Revels, Wigerius miles, Odo danxels, Seguinus miles (Sévin dePoissy)... Ror- BERTUS prcpositus Pissîaci. » (B. N. Mss. Ut. 10^77, fol. 11 et |2). ~ Il s'agit ici d'Ascion ou Aston du Pecq, cité dans le Cartulaire de Saint-Germain en Laye que nous avons publié.
(182) Archives de l'Oise, H 2^71.
(183) Ces expressions ne permettent pas de confondre Gui de la Tour avec Gui, frère de Tévèque Hubert, pour le salut éternel duquel, en xiix, ce prélat fit une fondation à Saint-Quentin de Beauvais (GoI/m Cbr», t. X, Preuves^ col. aaS). ~ Un Hubert de Senlis était chanoine de Paris en 11x9 (Guérard, Cart, de AT.-D. de Paris, I, 364).
(184) Arch. de l'Oise. H 2577.
(185) Gnérard, CartuJ, de S\-D. de Paris, î, 574.
paix fait avec les chanoines de Beauvais. Il assiste comme comme conseiller à des jugements royaux à Compiègne en 1104 et à Senlis en 1106 (186).
Nous ignorons la date précise de sa mort. Son obit se célébrait le 8 mars dans l'église de Senlis (187).
La femme de Gui de la Tour s'appelait Aélis, Son fils, le bouteiller Gui III , pour fonder son anniversaire, fixé au 8 octobre, donna au chapitre de Senlis une petite dîme à Montépilloy (1S8). i
Gui II eut au moins trois enfants : Gui III qui fut grand-bouteiller de France, Guillaume et Hervé nommés plus haut.
Hervé de StvAis^Herveus de Silvanecto) fut chevalier ; il assista vers 1 143 à un acte de son neveu Etienne, évéque de Paris, confirmant une donation de Hugues iGls de Garnier (le Riche), sa femme Havoise et leurs deux fils Anseau et Ferri, d'un muid de froment au couvent d'Yerres, sur leur moulin de Brunoy (189).
Gui III est indiqué, dans les diplômes du début du règne de Louis VI, sous cette appellation : « S. Gumoms filii Guidonis de Turre, tune temporis buticularii nostri » (189). Il fut nommé dès 1108, après Payen d'Orléans qui exerçait ses fonctions à l'avènement du jeune roi (106).
Dans son Histoire des Institutions monarchiques delà France sous les premiers Capétiens (t. II, p. 300), M. Luchaire a retracé le rôle que Gui III et ses descendants tinrent à la Cour de Louis-le-Gros et de Louis-le-Jeune :
« Gui de Senlis appartint à l'entourage intime du jeune Louis, et son influence domina dans le Conseil royal pendant les dernières années du règne de Philippe I«'. A peine Louis le Gros fut-il en possession de la couronne, qu'il donna la bouteillerie à Gui en récompense de ses services. Il est vrai que, quatre ans après, la puissante maison de Garlande, déjà maîtresse delà chancellerie et du dapiférat, exigeait la charge de bouteiller pour un de ses membres, Gilbert. Mais les menées ambitieuses d'Etienne de Garlande ayant entraîné sa chute en 1137, Gilbert fut enveloppé dans la disgrâce de son frère, et la maison de Senlis remit la main sur la bouteillerie pour ne plus s'en dessaisir. Après Z(7i//5 de Senlis, Guillaume dit le Loupy son frère et son successeur au palais, garda pendant quinze ans la confiance de Louis le Gros et de Louis le Jeune, qui le déléguèrent comme représentant la royauté dans plusieurs circonstances importantes.
€ Lorsqu'il mourut pendant la seconde croisade, où il avait accompagné son souverain, celui-ci lui laissa léguer la bouteillerie à son fils Gui [IV). A son
(186) Luchaire, Louii VI le Gros, n'*' 9, 12, 28, 55, 39, 40, 62, :oo, X7>, 287, 5x0, 546, 573; et p. 304. Gui fut fait prisonnier avec Hellouin de Paris au siège de Chambly (Sugcr, éd. Molinier, p. la).
(187) « Ob. GuiDO DE Turre, de cujus eleemosina annuatim habcmus septem modlos frumenti et vini decem, et l sol. par. ad refectorium fratrum in Qjiadragesima « (B. N. mss. lat. 997$ )•
(188) A. N. LL 1^99 B, fol. 38 : « Herveus de SavANECTis, Hungerus, Petrus Girboudos milites ».
(189) Actes de xxo8 (Guérard, Cartul. de N.-D, de Paris, t. I, p. 247) ; — de 1x09 (Baluxii, AiiscdUmeap t, II, p. 187); etc. D'après le P. Anselme, Gui III serait mort sans postérité en xxi2 (VIII, 5x5).
tour, Gui fut un des membres les plus influents du palais. Il accompagna Louis VII dans ses voyages, notamment en Aquitaine en ii;a et à Saint-Jacques de Compostelle en ii;;. Il fut presque toujours au nombre des conseillers intimes que le roi investit de missions de confiance. On le vit jurer, au nom de Louis VII, la commune de Compiègne et présider la cour royale... Le crédit dont il jouissait au palais était tel que le roi d'Angleterre Henri II fit tous les efforts ^our le gagner à ses intérêts dans sa longue lutte avec Thomas Becket, réfugié en France (190).
€ Evidemment Gui de Senlis n'était point un grand-officier d'une espèce ordinaire. A la dignité officielle dont il était revêtu, il ajoutait la fonction beaucoup plus importante de conseiller et d'agent de confiance de la royauté. Cette situation particulière, qui fut aussi celle de ses prédécesseurs, explique la faveur toute spéciale dont a bénéficié la maison de Senlis en restant maîtresse, pendant tout un siècle, d'une des hautes charges de la couronne. Elle n'eut jamais le degré de puissance et d'indépendance féodales nécessaire pour porter ombrage au Gouvernement ».
Il faut ajouter aux enfants de Gui III énumérés plus haut : Etienne^ qui devint évêque de Paris en 1133, et mourut le 6 mai 114a. (Cartulaire, note 392).
Louis de Senlis j indiqué par M. Luchaire comme fils de Gui III et frère de Guillaume Le Loup, eut deux autres frères, Adam, bouteillerdu roi en 1107-1108, du vivant de Philippe I»*", et Pierre^ bouteiller en 1109-1110, qui exerçait encore ses fonctions en 1120 (191). Louis défendit Pont-Audemer contre Henri I«' d'Angleterre en 1134 (192). Il fut pourvu en 1127 de la Bouteillerie de France, et la conserva jusqu'aux derniers mois de 113a (186).
(190) Voir une lettre du moine Jean de Saliibury à Stint Thomas, en Z165 {Histor. de France, W\, 509).
(191) Le P. Anselme, VIII, 515.
^193) S. Pbtri pinceme (Afforty, t. XIII, p. 627, d*après le chartrier de Saint-Vincent de Senlis). Void une série de documents concernant ces officiers de la Cour :
I. — Adam pincema Régis dédit ecclesie Bti Martini de Campis pro redemptione anime sue xn arpennos terre apud Sordidam vtUam, et hoc donum concessit Pmtus frater ejus, et pro concessione habuit xxx sol. denâriorum... Testes sunt Wmo de Turrz. Hermerus de Vietello. Wamerius Rotundellus. Bemeredus de Plalli. Petius filius Odonis de Gonissa. Riboldus major. Gixoldus filins Hameri (Géroud, fib d'Hermer de Pontoise). Hoc donum factum est régnante Philippo régi Francorum, ultimo anno regni ejus (1x07-1 108). — (Mss. lat. X0977, fol. 7). — L*obit d'Adam est inscrit au i* janvier dans le nécrologe de Senlis : « Obiit Adam pincema Régis qui dédit nobis n arpenta terre solventes xi solidos. Cui Christus sit propitius. » (Mss. lat. 997$).
II. — Petxus pincema Régis dédit ecclesie Sti Martim de Campis culturan de JJîmo Letbranni apud Sordidamvilla9H, habuitque inde quatuor libras denarioram. Hoc donum concessit Ludovicus frater ejusdem Pinu. Hujus donationis testes fuerant : Rotgeras filius Thome ; Rainerius filius ejus. Gislerannus de SordidaTÎlla... Hoc donum factum est anno 11*. Ludovid régis, filii Philippi régis Francie (zxo9'iixo). — (Mss. laL X0977, fol. 6).
De concert avec Gui de la Tour, Pierre TEchanson renonça en iiao, comme l'avaient fait Guillaume de Garlande et sa femme Hélissende, à son droit de prise sur la dépouille des évoques de Senlis (193).
Pierre eut deux fils : Jehan VEchanson^ chevalier de Senlis, l'un des bienfaiteurs de Chaalis (194), et Gui^ nommé avec son frère vers 11 57 comme r<eprésentant une des cinq familles exerçant à Senlis des droits seigneuriaux (195).
Jehatiy marié à Hélissendây approuva en 1162 avec Pierre //, son fils, une libé^ ralité du chambrierÂubri de Dammartin (196).
Il avait aussi des filles et restitua, de leur assentiment, des dîmes à Villeron dont il s'était emparé (197).
Nous inclinons à croire que c'est de cette branche des Senlis que descendent les Hideus de Chambly^ dont le plus ancien, Pierre, mari de Gille^ eut pour fils Herbert chanoine, puis officiai de Senlis. L'alliance entre les deux familles paraît certaine ; les grandes charges de cour occupées par les Chambly durant tout le XIII« siècle ne permettent pas de les supposer étrangers à la maison dans laquelle Téchansonnerie était héréditaire depuis Louis VI. Les prénoms des Chambly sont presque exclusivement ceux de Pierre, Jehan, Louis, Guillaume, Adam, Gui, Gautier, Raoul ; il n'en est aucun qui ne se retrouve dans l'arbre généalogique de l'échanson Pierre II de Senlis.
Guillaume à^S^nlis, surnommé le Loup, possédait à Montmartre des droits de voirie ; il abandonna la jouissancfe de ces droits sur l'enceinte de l'abbaye de Saint- Pierre, en échange d'un étal de boucher à Paris, que lui concéda Louis VI en 1134(198).
III. — En X154, Louis VI et Louis VII concèdent à l'abbaye d'Yerres la terre de Merbois : « terram de Amarobosco quam Ludovicus buticularius et Adam nepos ejus et Godefridus Silvestris tenebant, Deo et Btc Marie et sanctimonialibus Hedere liberam... concedimus. » (A. N. LL 1599 B, fol. 5).
(193) Luchaire, Louh VI le Gros, n? 287.
(194) JoHANNES scancio, miles de Sii.vanecto, dédit Karoliloco totam decimam quam habebat in terris ecclesie, in territorio Vallis Laurentii et Vilerun (Lettres d'Amauri, év. de Senlis. Mss. lat. ixoo), fol. 3a).
(195) Une charte de Tévèque Amauri en faveur de la léproserie de Senlis énumère les chefs de ces cinq familles : « Gumo buticularius (Gai IV). — Rainoldus coquus. — Johannes scantio, (cum) fratre suo Gui- DONE. — Agnes de LnrRiACO. — Theobaldus de Gonissa. » (Coll. Dom Grenier, t. V, fol. 105).
(196) Mss. lat. X7045, fol. 33.
(197) « T... Parisiensis episcopus... N. f. q. Johannes pincerna Rcgis assensu uxoris sue et Pétri fiUi et suiacfiliarum suarum, quicquid habuit in majori et in minori décima de ViUriin quas injuste usurpayerat, in manu mea reddidit et xxxn lib. de caritate ecclesie Sti Nicolai habuit... Ecclesic S. N. conccssi, assensu <jU£RMUNDi archidiaconi. »
(Cartul. S. Nicolai de Aciaco, p. 3, cité par Aflfarty, t. XIV, p. 117).
(198) Ed. de Barthélémy, RtcueU de chartes de Fabbaye de Montmartre,
Ce fut an des grands bienfaiteurs de l'abbaye dTerres, construite sur se* domaines et qu'il dota ricbement en 1138 (199).
En 1 143, il rendit à son frère l'évéque Etienne de Paris, pour que celui-ci les réunît au patrimoine des religieuses dTerres, les deux tiers de la dîme de Draocy, du consentement A'Adiïine sa femme, et de ses deux-^ls Gui IV tX Hugtus h Loup (aoo).
V Un troisième fils de Guillaume fut Etienne, doyen de Senlis (aot).
A ces trois enfants il faut ajouter deux filles : Marguerite, qui époasa Renaud de Bulles, comte de Dammartin ; Clémence, élue abbesse dTerres à dix-neuf ans vers 11^7, morte après vingt-six ans de gouvernement, le 1*' malt vers 1183. (Cf. Gallia christiana, t. VII, col. 610. — Le chifTre total des années de prélâture attribuées aux abbesses est supérieur au laps de temps écoulé depuis la fondation de l'abbaye).
Vers la fin de 1 145, Guillaume, bouteiller du Roi, consentit ainsi que Hugues de Clicby à ce que Baudoin de Gonesse et son frère Dedon cédassent à l'É^se ce qu'ils avaient à Sevran (aoa).
Guillaume Le Loup conserva les fonctions de grand bouteiller jusqu'au 9 juin 1 147, date du départ de Louis Vil pour la Palestine: il transmit sa charge k son fils Gui IV (303) et suivit son souverain en Terre Sainte. Il succomba au cours de la campagne, le 14 janvier 1 148, et le chapitre de Senlis, pour solenniser ce deaQ, décida que l'anniversaire du Croisé se célébrerait avec une pompe égale i celui des évêques (304).
Hugues U Loup, fils cadet de Guillaume, fut seigneur de Vïllepinte. Il n'avait pas encore d'héritiers quand, d'accord avec son frère, ils octroyèrent au couvent de Cbaalisle libre pacage pour tout son bétail dans les bois de la banlieue d« Paris où ils exerçaient tous deux le droit de gruerie (ao^). Une autre libéralité commune fut faite par les deux frères à l'abbaye de Saint-Denis (906).
(199) Gallia cbriiHaKa, t. VII, Preuves, col. 6i ; L X, PnoTcs, col. m.
{100) Mu. 1)1. 17049, fui. £](.
(101) Gallia cirilliana. — Le P. Anselme laltache aai Bomcillen Bdribitrmi di Sntlù, dOTCO de Ptiic pais ivb{ac it Chilons CD 1137, mort en ii;i, ei Pûm Ji Sinlh, archidiiCK de Soistoos 1 II mfane tfo^M,
(loa) Lncbiire, Ltuâ FI It Gra, n* i;o. — («O}) Lnchiire, Actts ât Lotis VU, p. 48.
(304) XIX Kil. febr. Obiit WnxEUius Boticulauus, cajui umiveiurinm débet Geri lient pra cpitcapo (B. N. Mm. 1.1. 997S).
(30;) GuiDO buticuUrius et Huco Lupus fnter ejas. uiteqaim heredes hiberet, coDcewertint la de) nunin* KanÀiho) qnod omnes bestiz eoruin libete et ibsolule hibeini pucol ornai tenpore la OHKil ncmoribas que suai dm Pariàvs, in qaibus grueriun hibenl • (Mss, lit. IIOO), fol. )l).
[106) * Ego Wmo Dni rcgis buticalirius Hdgoni Loto fntri mco prebni, ot qnudun Injatm MCnll tiouea qnu In dedmis de FîUa picla, qac de jure et domînlg ecdesic Btî Dionjrsïi eue nMcODtnr. É Ml faMÉ fàeere noi et nostri consueveramm, omnino dirnîtleret [A. N. K ij, n- j»; LL 1117, fol. A'^)-
Hngqe* fut candon poui Gui de Siint-Pinl, envers le roi, i propos de U cenion de Pont 9* Hmmc (Sun). En ti{6, ilfEui suienin de Gautier de Boulogne (Bwilwn). Cf. Ed. deBertfaflen;, Jfatlwi'l»», p. y)
Hugues se fit moine sur ses derniers jours, et donna aux religieuses d'Yerres, en 117I1 par affection pour sa sœur Clémence, le cens d'une maison à Montmartin, acensée du consentement de Gui Le Bouteiller (aoy).
La terre de Villepinte fut dévolue, à la mort de Hugues, à son gendre Roger la Piâj un des douze sergents d'armes de Philippe Auguste. Il reçut en don de son oncle Gui IV et de son cousin-germain Gui V, le criage d'Étampes, qui fut démembré à son profit du fief de la bouteillerie (ao8).
Par un acte de 1207, Roger (Rogerius Pica dominus Villapicte) constate qu'un fief à Garges fait partie de la dot constituée à son fils Hugues le Loup 11^ à l'occasion de son mariage avec la fille de Sire Renaud Musavène (209).
Pour le repos de son âme et de celle d'Adeline, sa femme, Roger la Pie légua sept livres parisis sur le port de Conflans au moûtier d'Yerres, dont Eve sa sœur était abbesse (a 10).
Adeline, veuve de Roger, est nommée avec son fils en 1222 (211); en 1233^ elle donna à N.-D. d'Yerres deux muids de blé sur sa dîme du Tremblay (209).
Hugues //, marié en 1207 à Jehanne Musavène^ fille d'un chevalier qui possédait des fiefs importants dans la vallée de Montmorency, approuva en 1220 le legs qu'elle fit de 60 sous de rente dans la censive de Saint-Gratien pour assurer une pitance aux nonnains d'Yerres, le jour de son anniversaire (209).
Hugues le Loup était mort en .1241. « Noble dame Marie », sa veuve, au nom de ses héritiers encore mineurs, fit un accord avec Saint-Martin des Champs au sujet des biens dépendant du prieuré d'Âcy (212).
De son premier mariage, Hugues laissait une fille, Eusfachiej dont le mari, Philippe L'Enfant, réclama en 1248 la moitié de la terre de Villepinte « que le chevalier Hugues le Loup avait donnée en dot à Jehanne, sa première femme, mère de la noble dame Eustache » (213).
Pour l'âme de Marie et de ses trois enfants, Gtii^ Guillaume et Adeline^ une chapelle fut fondée à Villepinte en 1279. Gui, fils de Hugues II et de Marie, est
(207) « Postmodum Hugo ad religionem tnnsiens, affecta erga sororem suam abbatissam de Eiera, censam dicte doxnus monialibus de £^a donarit. • (A. N. LL 1599 ^> ^^^- ^5)«
(ao8) « GuiDO buticularias noster Silvanectensis et Guido filias ejus, fideli servienti nostro Rogeiuo PiCB criagium sunna de Stampis dedenint. Q^ia hoc de feodo nostro est et ad baticnlariam pertinet, nos... pre£aitnm donnm subile esse volumus. ... Actum ParisiuSy anno Inc^ Verbi M"" C" LXXXIP. » (Arch. Nat. K 36, n* 5). — Par an antre diplôme de 1x97, Philippe Auguste approuve une acquisition faite i Roissy par Roger, son féal sergent (LL 11 $7, fol. 485).
(209) A. N. LL X157, fol. 426 ; LL 1146, fol. 340. — La généalogie donnée par le P. Anselme (VI^ 267 . est en contradiction avec les documents que nous dtons et qui nous semblent formels.
(2x0) A. N. LL 1599 B, fol. 49. — Eve, élue à Tige de 54 ans, probablement en 1x85, tint la crosse 50 ans, et mourat le X) mars, au plus tard en X2X5 {GaUia cbristiana, t. VII, col. 6x0).
(2xx) LL 1x57, fol. 466.
(212) Arch. de TOise, H 2648. — Hugues et Marie approuvèrent une vente de cens par Adam Harenc k St-Magloire en mars 1232. (Mss. lat. 54x3, fol. 43).
(2x5) LL 1x57, fol. 488.
mineur en 134 1 ; il est différent de Gui le Loup (sans doute frère de Hugues)» qui dès 1339, portant déjà Tépée de chevalier, donnait à Tabbaye d'Yerres 13 livres de rente « in portu meo de Conflens » (309),
Ce Gui le Loup I, vassal de l'église de Paris pour son fief de Conflans, porta révoque Renaud III à son intronisation en 1390.
D*après le P. Anselme, Guillaume^ second fils de Hugues II, fut l'exécuteur du testament de son frère Gui le Loup (II) et d'Âdeline sa sœur, mariée au seigneur de Thieux. Gui le Loup II était uni, dès 1353, ^ Is^beau de Pomponne qui, devenue veuve, convola avec Gilles d'Acy. Le même généalogiste attribue à Gui et à Isabeau trois enfants : Hugues le Loup III^ Marguerite^ femme de Renaud de Pomponne et une religieuse d'Yerres qu'il nomme à tort Adelvie et qui s'appelait en réalité Adeline ou Aveline.
Hugues le Loup Fil fut le dernier seigneur de Villepinte. Par un acte de 1381, € Guiot le Boutelier de Senli^^ seigneur de Ermenonville^ escuier », reconnaît que « noble homme Hue dit le Leu chevalier, jadis seigneur de Villepaincte et Madame Pétronille dite la Comtesse sa femme », ont vendu, pour 4000 livres tournois à l'abbaye de Saint-Denis, toute leur terre et justice de Villepinte « et tout ce qui pouvoit leur venir de suer Aveline^ nonain de Yerres », de l'assentiment d'Isabeau de Pomponne^ mère du vendeur (314).
C'est à la lignée de Roger que se rattache Henri La Pie^ dernier abbé de Saint-Mellon de Pontoise, dans la première moitié du XIII« siècle. Cette famille existait encore à Saint-Denis en 1383 (315).
L'aîné des fils de Guillaume-le-Loup, Gui IV ^ épousa Marguerite (dame de Luzarches en partie, fille de Renaud II, comte de Clermont), à une date que permet de fixer un diplôme de Louis VII, donné entre le i" août 1154 et le 36 mars ii^^* Le roi fait présent de la maison de Foucher Sacre à Paris, àsonbouteiller, pour lui et les enfants qu'il pourra avoir de sa femme Marguerite (31 6).
A la même époque, le roi assignait, par confirmation d'un échange entre son frère Robert et Gui de Senlis, une rente de 30 livres à ce dernier sur les revenus du domaine à Senlis et à Montmélian. Deux ans après. Gui jurait au nom du roi raccord par lequel Galeran III de Meulan assurait à ce prince son fief de Goprnay. En 1160, Gui, sa femme et Mathiieule Bel approuvaient la cession de la grosse dîme d'Athis qui relevait d'eux. Deux ans plus tard. Gui prenait à cens, moyennant une mine d'avoine par arpent, du prieur dionysien d'Argenteuil, le bois Notre-Dame, voisin de la route publique de Senlis. En 11 70, le roi donne à son bouteiller un moulin à tan que la Couronne avait à Senlis. Les tanneurs de la
(ai4) Ib. fol. 480-481. — (215) LL 1157, fol. ijy. — (216) Duchesne, Mss. £r. 16978.
ville sont obligés d'y faire briser leur tan, la redevance étant fixée à 13 deniers par muid, sans autre charge fiscale (317).
En 11799 Louis VII confirmait un accord intervenu entre Chaalis et le bouteiller Gui, du consentement de sa femme Marguerite, de ses fils Gui et Gi/f/laumâf au sujet déterres à Ermenonville données par Guillaume père de Gui (218).
Gui et Guillaume étaient alors les seuls enfants de Gui IV en âge de figurer dans les actes. Mais dès 1 180, trois autres enfants, Renaud^ Niveïon et Adeline sont énumérés avec leurs aînés dans une supefbe charte en faveur de Chaalis, dont l'original fait partie de la collection de Dom Grenier (219).
En 1173, lorsque fut instituée la commune de Senlis, un diplôme royal réserva expressément une série de droits au bouteiller (390).
Trois ans après, le roi, en échange de l'abandon par Gui de ses droits d'usage dans le bois de Plailly, lui donna ce même droit dans la forêt de Chagny pour son four de Montmélian et son chauffage, plus un cens annuel de 30 sols {221).
En 1181, le bouteiller Gui IV confirmait les libéralités de Gui de la Tour^ son aïeul, au prieuré de Saint-Nicolas d'Âcy, en présence de Thibaut de Gonesse, Pierre de Vietel, Yves de Mortefontaine et Eudes Pot, ses vassaux (322).
C'est à Gui IV que sont attribuées les premières armes connues de sa famille : écarielé éPor et de gueules {i^j^).
Marguerite mourut le 29 octobre (probablement en 1186). Son mari renonça, cette même année, pour le repos éternel delà défunte, à ses droits de gruerie sur les bois de Sainte-Geneviève (224) et donna au chapitre de Senlis un muid de froment sur la grange de Brasseuse. Il semble que cette dernière terre ait constitué la dot de Marguerite: elle passa successivement à ses fils Guillaume le Loup II, mort sans enfants en 1190, et Nivelon (22;). — Quant à Renaudy troisième fils de Gui IV, il devint évêque de Toul en 1210 et périt assassiné en 1219.
(317) Luchairc, Actes de Louis VIL n«* 353, 385,418, 451, 595.
(ai8)CoI. Moreau, t. LXXVII, fol. 13a, 138.
(219) Vol. 338. Elle est datée de la 49* année de Louis VII et de Tannée xi8o. Gui VI s*y intitule « Guroo Ludovic! illustris régis Frande buticularius », et stipule « assensu uxoris niee Margarite et filiorum meoram GumoNis, Wixxelmi, Raikaldi, Nivelonis et filie mee Adeune ». Gui cite parmi ses témoins: « Christophorus capellanus noster, Theobaldus de Gonessa armiger, Rainaldus filius ejus ; Odo li Poz» Sanson 11 Bruns, Radulfus de Belvaco... Stephanus, frater meus, decanus Silvanectensis ; Petkus db Vietel; Ferricus nepos episcopi (Henrio) ».
(290) Flammermont, Hist, des insttt. munie, de Senlis y p. 158.
(331) Luchaire, Actes de Louis VJI, n* 710.
(32a) Arch. de l'Oise, H 3^77.
(323) Le P. Anselme, VI, 352.
(224) Bibl. Sainte-Geneviève. Cartulaire, p. 182.
(22^) Nivelon et Ailis sa femme (Nevelo frater Buticularii, venerabilisque sponsa mea Aauz], amortirent & Tabbaye de Montmartre onze arpents de terre à Roavray, donnés^par Pierre de Chaveicy (Ed. de Barthélémy,
— ajo —
Gui IV mourut le lo octobre 1188, et son fils aîné Gui V donna 20 sous sur le travers de la ville au chapitre de Senlis pour fonder son anniveTsaire, Elisabâih^ femme de Gui V, et Guillaume^ frère de ce dernier, y consentirent (336).
A cette époque, les Bouteillers qui devaient suivre la Cour résidaient habituellement à Paris et n'avaient même pas conservé d'hôtel à Senlis. En 1203, une transaction intervint entre le chapelain Henri et Gui V, du consentement d'Elisabeth et de leur fils Gui VI, ainsi que de Renaud et Nivelgn, frères de Gui V. Henri cède aux Bouteillers, après sa mort, la maison qu'il a fait construire sur un fonds appartenant à Gui et qu'il tenait de lui au cens de trois sols, sous la condition que, sa vie durant, elle lui restera franche de toute redevance, et que « toutes les fois qu'il plaira à Gui ou à son fils de venir demeurer à Senlis, le chapelain sera tenu de les recevoir dans sa maison » (227).
Gui IV fit deux fois le voyage de Terre Sainte en 1190 et en 1219, Dans cette dernière expédition, il fut fait prisonnier par les Sarrasins (sa8).
Elisabeth, sa femme, appartenait à la maison de Trie. Elle avait pour père Enguerran III et pour mère Eve de Mouchy (339).
Pendant la captivité de son mari à Damas, Elisabeth administra les biens de la famille (230). A son retour. Gui V confirma notamment un échange de serfs avec l'Abbaye de Sainte-Geneviève, motivé par la mésalliance d'un de ses vassaux (331).
p. 131). — Il mourut le 31 avril : « Ob. Nevelo miles, frater Buticularii, qui dédit nobis I modium {hunenti in granchia de Braisdva, » (Nécr. du chap. de Senlis, mss. lat. 9973). — Aélis était fille de GuilUame de Mello, châtelain de Roye.
M. le chanoine M&ller a publié une charte inédite de Nivelon en faveur des religieuses du Parc-aux- Dames, donnée en avril 12x5 du consentement de Guillaume III, son fils, ainsi qu'une pièce où Guillaume de Brasseuse, chevalier, vend à ce monastère 37 arpents de terre arable entre la Nouvelle Garenne et Raray, du consentement d'Isabelle de Braibant, sa seconde femme, de ses fils Guillauttu IF et Jehan et de sa fille Philippe, en 1241 [Quelques chartes et sceaux inconnus concernant Senlis, Mém. du Comité archéol. de Senlis, 1897). — Un KiveloH de Senlis éuit chanoine de Paris en 1249 (Guérard, t. II, pp. 598 et 413).
D'après le P. Anselme (VI, 266), Guillaume III eut une sœur, Agnès^ mariée à Raoul de FranconviUe: elle est nommée Buticularia dans un acte de 1246 où elle figure avec son mari et son fils Raoul II (LL 1x27, fol. 7x8) ; — Guillaume IV ne laissa qu'une fille ; — Jehan^ dit le Bouteiller, fut grand maréchal de Sicile en 1267 ; il épousa Jehanne de Chaumont, dame de Latain ville ; leur fils fut Gilles, seigneur de Latainville et de Brasseuse en 1296 ; — Guillaume IV et Jehan éuient fils de Béatrice^ première femme de Guillaume III ; — IsahéUê de Braibant, fille de Miles de Provins, vivait avec son mari en 1259 et X248.
(336) Cf. Nccrol. de Senlis, mss. lat. 9975, au 8 des ides d'octobre; et l'acte de donation (Copie aux Arch. nat. K 189, n*> 173).
(327) Arch. de l'Oise, H 3578. — En 1205 un accord intervint au sujet des limites respectives de leurs justices dans la vallée de Montmélian, entre le châtelain Richard de Vernon et Gui de Senlis (LL n^j, fol. 901).
(228) Le P. Anselme, VIII, 5x6.
(239) Le P. Anselme, VI, 353.
(230) Elle approuve, conune suzeraine, des donations au prieuré d'Acy en 1x98. (Arch. de l'Oise, HS581).
(33X) « Ego Guroo Buticularius... Cum essem in vinculis apud Daxascum, uxor mea Eltsabbth debeba^ ecdesie Ste Oenovefe femin^un meam de nostris proexcambio Marie, que ertt femina ejosdem Ste Genovefe
C'est apparemment à cet exercice du pouvoir féodal que la femme de Gui V dut le surnom de La BouteiUère^ que lui donne son mari, au lieu de son prénom, dans une belle charte de Chaalis : « Ego Gumo Dni régis Francise buticularius, assensnuxoris mee Buticularib, GumoNis filii mei et heredis jam militis (332), Wn.- LELNi, Radulfi adolesceutium et Marie filie mee, pro anima mea et uzoris mee et usons filii mei Guidonis, et antecessorum meorum qui predictum monasterinm fundaverunt, concessi Oooni abbati et conventui KaroUlaci fontem qui oritur in prato meo de HermonoviUa^ ut assumant de eo aquam ad monasterium suum adducendam, quantum aqueductus decem poUices continens in amplitudine capere potesti et ut eandem aquam per terras interjacentes et nemora libère deducere possint, ipsumque fontem purgandi, perscrutandi, faciendi et reficiendi sicut fratribus visumfuerit et quotiens eis visumfuerit ; aqueductum etiam parandi et reparandi, absque omni contradictione vel impedimento, liberam eis tribuo faculta« tem » (^}j)*
La mort d'Elisabeth est mentionnée, au 10 février, dans le nécrologe de Sentis (334).
On trouve en 1333 « domina BoTEaiERB, uxor Johaknis de Juliaco (Jehan de Jurly) >, qui approuve une cession de biens à Ârgenteuil faite aux moines dionysiens par Guillaume de Dugny (333). C'est peut-être Marie ^ une des filles d'Elisabeth.
Dès 1338, Gui V était remplacé par son fils Gui VL Le frère de ce dernier, RaotdlIIj fit hommage, à cette date, à l'évoque de Paris, pour la moitié de la terre de Luzarches (336).
Un troisième fils de Gui V, GuiUaums U^ sire de Chantilly et de Montmélian, partagea avec son frère Raoul III en firrièf 1336.
Dans un voyage qu'il fit en Terre Saînle avec les comtes de Montfort, il fut pris par les infidèles en 1349 et emmené en Egypte où il ne tarda pas à succomber. C'est lui qui épousa Aélis Mauvoisin, fille de Gui III et d'Âélis de Porhoët.
Raoul III f seigneur de Luzarches, épousa Marguerite de Corbeil, fille de Jehan IV de Corbeil. Jehanne de Lorris, mère de Marguerite, fonda pour le repos
de corpore quam Archembaldus homo noster duxerat in uxorem, Johanne abbate et canonicis concedentibus... Loco femine illius Petram filium Henrici Barigan hominem nostrum de corpore eid. ecdesie dedimuï. Ann. zaso. » (Cartvl, dé Sainie-Geimrièvef fol. 184).
(t3s) Gtti VI est nommé seul avec ses parents dans un acte de xso) (Mss. lat. 17049, fol. 445).
(353) L'original de cette charte, daté de laso, est conservé dans la collection de Dom Grenier ; le volume 5s8 renferme une quantité très importante de superbes pièces originales des Bouteillers de Senlis.
(334) « Obiit Elisabeth buticularia de cujus beneficio habemus duos modios avene de horreo suo buticulario pro novallbus de Oiri, •
(936) Gtténurd, Cariui. tUN.D, de Paris, 1. 1, p. 148.
de l'âme de sa fille, de son gendre et de ses parents, le prieuré de Doulcamp en juin 1264 (2)^).
Le testament de Raoul III fut fait en la^o. Lui et Gui VII, son neveu, fondèrent une chapellenie à Chaalis. Au sujet des dernières volontés de Raoul, un procès éclata entre sa veuve Marguerite et Thibaut de Beaumont : il fut soumis à l'arbitrage de c mesire Pierre Choisiaus et mesire Gerars de Chaumontel chevaliers » qui le terminèrent en mars la^i (338).
Le partage accepté par Marguerite fut sanctionné en mars 1971 par ses enfants^ parvenus à leur majorité : c Raoul [IV) li Bouteillers de Sentis^ sires de Ermenon* ville, Ancel li Bouteillers^ sires de Luzarches, chevaliers, et mestre Gefroi:^ li Bouteillers^ chanoine de Beauvais » (338).
Dès avril 1270, un abandon collectif des droits de pâturage dans les bois de Chaalis avait été consenti par « Raous^ chevalier, sire d'Ermenonville, diz Bouteiller de Senlis, et Marguerite sa femme ; Guillaume^ chevalier, sire de Montespillouer, eijahenne^ sa femme ; Anseaus^ escuier, sire de Luzarches ; mestre Geofroi^^ chanoine de Beauvais » (338).
Les sceaux de ces quatre frères sont fort différents. Les trois premiers ont des sceaux de noblesse. Raoul porte : coupé, au i chargé d'un lion. Guillaume a six gerbes, 3, a et i (339), sur son écu chargé d'un lambel à quatre pendants. Anseau porte une croix chargée d'une bande alaisée. Geofroi a un sceau de clergie.
Geofroi vivait encore en juillet 1376. Il était alors archidiacre de Beauvais, et l'abbé de Sainte-Geneviève lui concéda une habitation dans le cloître de l'abbaye (240).
Guillaume^ son frère, est qualifié novus imles en 1267. Cette même année, son aîné Raoul IV reçut du roi, en don, des vêtements de cour, un destrier et un palefroi, le tout montant à plus de 120 livres {242).
Marguerite, femme de Raoul IV, était de la maison de Tlsle Adam. Elle mourut en novembre 137^, un an avant son mari, et fut inhumée à St-Antoine de Paris (141).
Cinq de leurs enfants leur survécurent : Raoul ^ chanoine d'Orléans ; Gui^ Guillaume j Jehan etAdam^ chevaliers. Ce dernier céda par échange au roi la terre de Draveil, dont son oncle Anseau avait été possesseur ; les comptes de cette opération furent réglés à la Chandeleur 133a (242).
(337) Les Vicomtes de Corheil, par J. D;:poin. Bulletia de la Soc. Hist. et Arch. de Corbeîl, 1899, p. 59. — Le bailli d'Orléans perçut, en 1348, 66 liv. X| s. 4 d. pour droits de rachat, de Raoul le Bouteiller. [Histor, de France, XXI, 279).
(358) Coll. D. Grenier, toI. 338. Thibaut, fils de Jehan et d*Isabeau la Bouteillère, avait épousé Jehanme, fille de Raoul III et de sa première femme Jehanne de Rougemont.
(939) Ce sont des armes parlantes par allusion à une étymologie populaire et très fantaisiste de Mont^Ucy,
(240) Cartnl. de Sainte-Geneviève, fol. 370.
(241) Le P. Anselme, VI, j6o.
(242) Hisior. de Framu, XXI, ^96, 523.
Nous renvoyons pour la suite de la généalogie des diverses branches, à V Histoire des Grands officiers delà Couronne, plus complète à partir du règne de saint Louis.