‹ Cartulaire de la commune de Namur (volume 3)Chapitre 13 sur 49 · PRINCIPAUX FAITS DE L'HISTOIRE DE LA COMMUNE · texte numérisé non relu

PRINCIPAUX FAITS DE L'HISTOIRE DE LA COMMUNE

On ne doit pas s'attendre à trouver, dans le résumé qui va suivre, les événements importants ni les vicissitudes émouvantes que l'on rencontre à chaque pas dans l'histoire des grandes communes de la Flandre, de Liège et du Brabant. Le rôle de Namur fut naturellement plus modeste, sa vie publique moins agitée l. Mais encore faut-il les prendre en considération, soit qu'on étudie simplement les annales de notre province, soit qu'on veuille se rendre un compte exact de l'histoire générale de la Belgique.

Bien que nous voyions déjà la commune érigée à Namur au commencement du XIIe siècle, c'est seulement tout à la fin de ce même siècle que ses

1 « Lorsqu'après avoir lu une histoire détaillée de Flandre ou de Liège on ouvre les annales de Namur, le contraste frappe dès l'abord : d'une part, exubérance de force, lutte des pouvoirs, révolutions incessantes; d'autre part, calme profond, absence, pour ainsi dire, complète de vie politique. » Annales, IV, 329.

habitants s'associent aux événements politiques; jusque-là, la bourgeoisie namuroise a été comptée pour rien. Son histoire proprement dite ne commence toutefois que vers le milieu du XIIIe siècle, c'est-àdire à l'époque où elle ose recourir à la force pour

défendre ses privilèges.

On sait les démêlés qui signalèrent les dernières années du règne de Henri l'Aveugle, comte de Namur. Ce prince, déjà parvenu à un âge assez avancé et dépourvu d'héritier naturel, voulut, de son vivant, assurer le droit de succession à ses domaines, savoir : les comtés de Namur, de Luxembourg, de La Roche et de Durbuy. Par acte du mois de juin 1163, il institua, pour lui succéder, sa sœur Adélaïde, femme de Baudouin IV, comte de Namur, et leur fils, qui devint plus tard Baudouin V. Dans le but d'assurer la réalisation de cette volonté, il ordonna à ses vassaux de prêter hommage à son neveu.

Dans la suite, Baudouin V se fit de nouveau assurer cet important héritage par acte du 1er avril 1184, et les principaux hommes de fief du comté, qui intervinrent comme témoins, le reconnurent pour leur seigneur.

La naissance tardive d'Ermesinde (1187), fille de Henri, vint troubler l'accord qui régnait entre l'oncle

et le neveu. Mais celui-ci, soutenu par l'empereur, parvint à se faire maintenir dans sa possession. Les deux souverains en vinrent à un accommodement, en vertu duquel le Luxembourg était réservé comme apanage à Ermesinde, et Namur, avec La Roche et Durbuy, étaient attribués à Baudouin.

Cette paix fut conclue sur le cimetière de l'antique collégiale Notre-Dame, en présence des grands vassaux du comté et des habitants de la capitale. Henri y reconnut solennellement Baudouin pour son héritier, et jura, les mains sur les saints Evangiles, qu'il ne le troublerait plus dans son droit. Ce serment fut répété par les nobles et par les bourgeois \.

Tout faisait présager la fin de ce différend. Il n'en fut malheureusement pas ainsi. Dès l'année suivante, le vieux comte rompit brusquement avec son neveu. Mais la vengeance de Baudouin fut prompte : il vint investir Namur et y pénétra à la suite d'un assaut; ses soldats la livrèrent au pillage « au regret dudit Baudouin, car il aimoit surtout les

1 Borgnet, Histoire de Namur, p. 57. Ce livre, auquel sont empruntés textuellement certains passages, nous a servi de guide dans tout ce chapitre.

r> gens d'icelle ville, aussy estoit-il aimé d'eux. » Il bloqua ensuite le château, qui fut bientôt forcé de se rendre l.

Cette fois, le comte de Hainaut se borna à demander et obtint la ratification du traité de 1187. Mais la guerre s'étant de nouveau rallumée, Baudouin, après avoir vaincu son -oncle et ses alliés, s'assura la possession de Namur. Il y fut « reçu à seigneur, » le 28 décembre 1189, par la noblesse et la bourgeoisie, qui lui prêtèrent serment dans la plaine de Herbatte.

Cette constante intervention de la bourgeoisie dans des actes aussi importants , prouve suffisamment qu'elle commençait à être comptée pour quelque chose dans la nation; elle sera bientôt appelée à y jouer un rôle important.

Baudouin resta paisible possesseur du comté jusqu'au moment où il en disposa en faveur de Philippe le Noble, qui vint s'y faire reconnaître comme souverain en 1196. Ce fut le premier comte de la dynastie de la maison de Hainaut-Courtenay.

Yolende, qui avait épousé Pierre de Courtenay, lui succéda en 1212. Les nouveaux princes, imitant en

1 Voy. Gislcberti chronica Hanoniœ (1040-1195), éd. de M. le marquis de Godefroy Ménilglaise, t. I, p. 372.

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