‹ Cartulaire de la commune de Namur (volume 3)Chapitre 35 sur 49 · CLXX1V · texte numérisé non relu

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contraire, bien antérieurement au XVIe siècle, le prince promulguer plusieurs chartes d'organisation, qui lui assuraient de nouveaux revenus; mais le plus grand nombre fut octroyé par l'échevinage.

L'existence des métiers namurois considérés comme corporations ne paraît guères remonter au-delà du XTVe siècle; du moins n'en trouvons-nous aucune trace avant cette époque. Les relations politiques et commerciales qui, à partir du XIIIe siècle, s'établirent entre la Flandre et le comté de Namur, les idées libérales qui durent nécessairement en résulter, enfin la considération que plusieurs de nos institutions furent empruntées à la Flandre, tout fait supposer que nos corps de métiers durent leur organisation aux premiers comtes de la maison de Dampierre. Il est à remarquer, toutefois, qu'avant l'obtention de la charte qui leur donne une vie légale, presque tous les métiers existaient de fait; cette charte ne faisait que reconnaître officiellement des droits préexistants.

Suivant un passage du compte communal de l'an 1407, le nombre des métiers de la ville de Namur, s'élevait à cette époque à vingt; un document de l'an 1420, semble indiquer qu'il y en avait alors dix-neuf l,

1 Cartulaire de Namur, II, 361.

Mais dans la suite, on n'en découvre plus que seize, à savoir :

1° Les brasseurs. Il existe une convention du 10 juin 1322 entre le comte Jean Ier et les brasseurs de la franchise de Namur et de la Neuve-ville; mais la plus ancienne charte du métier organisé en corporation qui nous soit parvenue, date du 29 juin 1376. Il paraît qu'au XIVe siècle la plupart des brasseurs habitaient la Neuve-ville; ce ne fut qu'à la suite d'un octroi du 16 juin 1388, par lequel Guillaume Ier les autorisait à brasser toute espèce de bière, qu'un certain nombre érigèrent des brasseries sur la rivière de Sambre. Les brasseurs reconnais saient S* Arnould pour leur patron \

2° Les naiveurs (bateliers), furent organisés en frairie ou corporation par acte du 18 avril 1328, émané de l'échevinage de Namur 2. Saint Nicolas était leur patron.

3° Les fèvres 3. Ce métier, qui se composait des

' Carlul.de Namur, I, 181; II, 112, 169. Cfr. ibidem, 43, note 8.

2 Cart. de Namur,!, 201. Les bateliers ont conservé quelques restes de leur ancienne organisation. De nos jours encore ils ont un maître et, à l'enterrement d'un confrère, ils accompagnent le corps, l'un d'eux portant Yafliche du métier.

3 Je ne compte pas au nombre des corps de métiers, la Cour des ferons (mineurs et forgerons) qui était plutôt un tribunal dont la juridiction

maréchaux, serruriers, armuriers, taillandiers, marchands de fer, etc., avait adopté saint Eloy pour patron. On ne lui connaît pas de charte antérieure à celle qui lui fut accordée par l'échevinage le 19 juillet 1373 l; il est cependant certain que les fèvres étaient organisés en frai rie longtemps avant cette époque.

4. Les merciers comprenaient aussi les potiers d'étain, les selliers, les peintres, les graissiers, les cordiers, les vanniers, etc. Deux maîtres merciers furent impliqués dans une révolte contre Guillaume Ier, en 1352. Une charte ancienne est mentionnée dans un desdit dechevins du 15 juillet 1383; mais elle ne nous est pas parvenue. Nous ne possédons de cette corporation que des statuts du 6 avril 1415, octroyés par l'échevinage 2. Les merciers étaient sous le patronage de saint Michel.

5. Les charliers (charrons), placés sous la protection de saint Guy, étaient également organisés en 1352. On connaît une ordonnance qui leur fut ac-

s étendait sur tout le comté, qu'une corporation. Guillaume Ier lui accorda une charte de franchises en 1345. Elle subsista jusqu'à la fin de la domination autrichienne. Cfr. Coutumes de Namur, I, 210.

1 Cartulaire de Namur, II, 94. Cfr. ibidem, p. 121.

2 Cartul. de Namur, II, 300. Cfr. Coutumes, II, 186.

cordée par l'échevinage le 12 novembre 1364 l ; une autre, du 17 janvier 1400, est perdue.

6. Les quatre maîtres des tisserands furent, avec les hommes de leur métier, les principaux auteurs de la révolte de 1352. On possède une charte de ce métier en date du 27 juillet 1377 2.

7. Sous la dénomination de parmentiers étaient rangés les tailleurs, les fripiers et les couturières. Il est fait mention des quatre maîtres de cette corporation à propos de la révolte de 1352. Les parmentiers obtinrent, le 9 décembre 1381, une charte de l'échevinage 3.

8. Les masqueliers (bouchers, charcutiers et marchands de poisson de mer), possédaient un acte émané de l'échevinage, en date du 9 juillet 1303, fixant les statuts de la frairie 4. Les marchands de poisson, qui vendaient leur denrée à la Boucherie, sont mentionnés en 1350 5.

1 Cartulaire de Namur, II, 77.

8 Cartul. de Namur, II, 115. Cfr. ibidem, III, 252.

s Cartul de Namur, II, 123. Cfr. ibidem, III, 51, 277.

* Cartul. de Namur, I, 162. Contrairement à ce que nous avons dit plus haut, c'est la plus ancienne charte de métier qui nous soit parvenue. — La chapelle des bouchers, dédiée à saint Nicolas, se trouvait dans l'église collégiale Notre-Dame. Cfr. ibid., p. 207, note 6.

s Cartul. de Namur, II, 16. Cfr. ibidem, p. 160, 296; III, 39, 47, 87.

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