PRÉFACE
Dans les siècles passés, la Confrérie de Notre-Dame des Ardents possédait le CARTULAIRE des titres qui concernaient le Saint-Cierge d'Arras : nous savons par les ilidications des documents qui ont échappé à la destruction de nos archives, que ce précieux Recueil formait un grand volume en parchemin '. Si nous avions eu le bonheur de le conserver, notre devoir eût été de le publier dans son intégrité, trop heureux
* Voir, dans la 1" Partie, la note relative à la Donation de la Comtesse Mahaut en 1320, et celle concernant la Sentence de Pierre Daisnes en 1395. — II« Partie, pièces n»» X et XVI. — Enfin le Registre Thieulaine (manuscrit des Archives de TÉvêché, ainsi appelé du nom de son premier rédacteur qui Ta commencé en 16(>7) nous confirme d'abord Texistence de ce Cartulaire en parchemin, fol. 85, 117, 118, 122, 123, 162, etc., mais il nous apprend en outre qu'il existait un second Cartulaire en papier, lequel n'était probablement qu'une copie du premier : la coexistence de ces deux registres nous est indiquée très-explicitement au folio 118 qui porte cette note en marge : « Ces lettres sont régistrées au Cartulaire en parchemin f^ XXVI et au Cartulaire en papier P* CXIII, » D'après les indications du Registre Thieulaine et du Mémoire de 4770, dont notre !'• Partie est extraite, l'ancien Cartulaire contenait, indépendamment des chartes et titres relatifs à l'avènement du Saint- Cierge, tous les actes de donations et d'arrentements concernant les propriétés foncières de la Confrérie. La publication complète de ces derniers actes aurait offert un minime intérêt, d'autant plus qu'on trouvera l'énumération de ses revenus mobiliers et immobiliers, dans la II* Partie, pièces n»» XXXIII et XXXV.
de montrer à la génération présente comment ses devancières comprenaient le respect de l'histoire. Mais hélas ! ce manuscrit a disparu dans la tourmente qui a emporté tant de richesses intellectuelles, en sorte qu'aujourd'hui pour rétablir, autant que possible, la série des pièces qui le composaient, il faut lès rechercher sur tous les points où le vent révolutionnaire les a emportées et dispersées. Tel est le travail auquel nous nous sommes livré, au moment où le rétablissement du culte de Notre-Dame des Ardents à Arras appelait la publication d'un livre, qui contînt sans doute l'histoire d'un miracle dont le peuple a besoin de se ressouvenir, mais qui renfermât surtout les pièces et les titres authentiques qui établissent la légitimité de cette croyance séculaire.
Déjà, depuis vingt-cinq ans, des hommes, dont la science nous inspire la plus profonde vénération, ont traité ce sujet avec une autorité incontestée et lui ont rendu la place qu'il doit' occuper dans nos fastes historiques. Le premier d'entr'eux, qui ait consacré à Notre-Dame des Ardents un ouvrage spécial, est M. Ch. de Linas qui a publié, dès 1851, un travail sur (k la Sainte-Chandelle d' Arras », et a fait en 1857, l'histoire complète de la Confrérie. Pendant ce temps M. Aug. Terninck venait d'éditer son livre de ce Notre- Dame du Joyel » qui remonte à l'année J853. Enfin nous voyons, en 1860, deux chanoines d'Arras, M. Tabbé Proyart et M. l'abbé Van Drivai, composer
successivettient la « Notice sur lu 8àinte*0haiidelle » et (« rhistoire de Notre-Dame du Joyel » qui devaient populariser le culte que les trois premiers ouvrages avaient fait connaître aux savants \
La Commission, chargée d'organiser les fêtes de la translation du Saint-Cierge dans la nouvelle église de Notre-Dame des Ardents, a pensé qu'il était utile de réunir dans un même volume le récit du miracle de 1105 avec les documents qui le prouvent, en sorte que chacun puisse y trouver^ selon son désir, ou la simple narration du fait ou les pièces qui établissent son authenticité. Ce dernier point est celui qui nous a paru le plus important dans les circonstances présentes, et c'est la raison du titre de ce livre.
Ces explications montreront pourquoi nous avons commencé notre travail par une Introduction histo^ rique dans laquelle nous retraçons séparément Thistoire du Saint-Cierge et celle de la Confrérie. Le Cartulaire proprement dit est divisé en deux parties : la première est la reproduction pure et simple d'un Mémoire composé avec un très grand soin, en 1770, dans le but de défendre la Confrérie contre les attaques dont elle était l'objet; nos lecteurs comprendront qu a défaut de l'ancien Cartulaire, nous ayons édité un écrit dont l'auteur
* Tous les auteurs modernes, qui ont écrit l'histoire d'Airas, se sont occupés incidemment du Saint-Cierge ; nous citerons les ouvrages suivants : Mémorial historique du Pas-de-Calais, 1842, par M. HarbavUle; Arras et ses Monuments, 1853; Les Rues d'Arras, 1856, par MM. le Cle A. d'Héricourt et Al. Godin ; Notice sur la Ville d' Arras, 18^, par M. Lecesne.
8 — avait en mains toutes les pièces justificativea : FaUto* rite de sa parole couvre ainsi nos propres affirmations, et fait de la Première Partie le préambule nécessaire de la Seconde.
Dans cette dernière Partie, nous avons groupé par ordre chronologique tous les documents que nous publions : chaque siècle vient à son tour redire la foi de ses enfants à l'apparition miraculeuse de Notre- Dame des Ardents ; et si, comme nous l'espérons, nous avons retrouvé tous les anneaux de la chaîne, nous pourrons remonter avec certitude le cours de cette longue tradition et relier ainsi le temps présent avec les anciens âges.
Arras, le 25 mars 1876.
INTEODUCTION HISTORIQUE.