‹ Cartulaire de Notre-Dame-des-Ardents à Arras;Chapitre 41 sur 43 · XII* — XVIII* SIÈCLE · texte numérisé non relu

XII* — XVIII* SIÈCLE

Des Cierges provenant de celui d^Arras ont été donnés

aux localités suivantes :

1* En ii05, St-Pol, patrie du ménestrel Pierre Norman.

2« Id. Bruxelles, dans le Brabant, dont le ménestrel Hier était originaire.

3* Id. Desyres doit la possession de quelques parcelles du Saint Cierge à une circonstance toute particulière. Pierre Norman avait été chargé de porter à Boulogne un baril d'eau dans lequel se trouvaient quelques gouttes de cire du Cierge d' Arras. Mais Thistoire raconte qu'il fut obligé de s'arrêter à Desvres, parce que les chevaux de sa voiture refusèrent d'aller plus loin. Le comte Eustache de Boulogne se décida d'autant mieux à abandonner la relique à la paroisse de Desvres, que lorsqu'on ouvrit le baril, on le trouva, par un nouveau prodige, complètement rempli de cire.

4" Id. Blandecques, près St-Omer. La nièce de l'évêque Lambert habitait l'Abbaye de cette paroisse où l'on voit encore un tableau représentant l'avènement du Saint-Cierge.

5» En 1106, Ruisseàuville (arrondissement de Montreuil), dont l'Abbaye était, précisément à cette époque, gouvernée par un abbé nommé

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Lambert, en sorte que le titre, qui relatait la donation faite par Tévêque d'Arras, portait cette inscription : Lambertus Lamberto.

6* En 1107, Lille. L'évêque Lambert avait été Grand- Chantre de la Collégiale de Saint-Pierre, à Lille. Le Saint Cierge de Lille fut déposé dans une chapelle voisine de Téglise Saint- Étienne jusqu'en 1651, époque à laquelle on le transféra dans la chapelle de Notre- Dame de Lorette.

1^ En 1112, Fleurbaix, Tune des quatre paroisses du pays de Lalleu, dont la seigneurie appartenait autrefois à TAbbaye de Saint- Yaast d'Arras.

8° En 1285, Couhtrai (Belgique) : Cierge donné à T Abbaye de Groningue où il est encore conservé, ainsi qu'un tableau sui'bois représentant l'apparition de Notre-Dame-des- Ardents.

9« Au XlIP siècle, Pecquencourt, près de l'ancienne Abbaye d'Anchin. C'est un nommé Ghévard qui y apporta quelques parcelles du Saint- Cierge d'Arras.

10" En 1350, Bruges (Belgique). Partie du Cierge de Fleurbaix, qui provenait de celui d'Arras, donnée par Jean van Yancoys à la Société ou Ghilde des Ménestrels de Bruges.

11° Au XIV* siècle, Douai. Le Saint-Cierge de cette cité reposait dans la chapelle haute de i'Hôtelde-YiUe. Un second Cierge, provenant de celui de Pecquencourt, fut donné au cou-

vent de Ste-Catherine de Sienne de cette ville en 1644.

42*En 4438, Seninghem (arrondissement de Saint-Omer), par r entremise du duc de Croy, seigneur de Tendroit.

lâ« En 4481, Aire-sur-la-Lys : Cierge déposé dans la chapelle dtf l'Hôtel-de-Ville.

14® Au XVI* siècle, TmENNES, près d'Aire. L'église de cette paroisse possède encore une statue de Notre-Dame-du- Joy el .

450 — Fauquembergue (arrondissement de Saint- Omer), dont le Cierge était renfermé dans une châsse d'argent.

16*» — MoNCHEAux, près Saint-Pol, suivant le témoignage d'Arn. Rayssius qui dit : Insuper m vico qui Monticubis vocitatur, vulgari idiomate Moncheaux, inter Polopolim et Fervendium, adservatur una (eandela).

17» Au XVII* siècle, Œuf, près Saint-Pol: son Cierge était conservé dans une châsse d'argent.

18*» — Oblinghem, près Béthune, dont la paroisse était dédiée à Notre-Dame-du-Joyel.

i go -^ Wambercourt (arrondissement de Montreuil) , par l'entremise des seigneurs de Créquy.

20» Vers 1720, Busnes (arrondissement de Béthune), possède encore aujourd'hui une statue de Nolre-Dame-des-Ardents qui remonte à 1730*.

* Sanctuaires de N.-D. des Ardents ou notices sur les saints cierges provenant de la Sainte Chandelle d'Arras, par M. l'abbé Proyart, 1872.

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LISTE DES AUTEURS ANCIENS Qui ont écrit sur le Saint-Cierge d'Arras «

Balderius, auteur d'une Chronique de Cambray. Baldusinus Iperius, religieux de Tabbaye de Saint-Ber- . tin, Chronicon Monasterii sancti Bertini {i383). Molanus, Natales sanctorum Belgii {i595).

Anselmus Gemblacensis abbas, Cronicon post Sigeber-

tum (1137).

Bersacius, De origine Comitatûs Artesiœ.

Arnoldus Raissius, Trésor des reliques de Flandre^ fol.

MiRŒus, Rerum belgicarum annales (1624).

Mkyerus, Annales rerum Flandricarum (1561).

Mauclerus, en sa Chronique latine.

Baronius, en ses Annales.

Henry de Sponde, en ses Annales.

F. LocRius, Chronicon belgicum, fol. 153, 229, 262 et 289. Laurent Beyerlinck, Magnum theairum vitœ human»^

fol. 63 (1631).

Les Estats, empires et principautés du monde, p, 360

Emmanuel Sueyro, Annales de Flandre, liv. V, p. 140

Le P. Martin THermite, Histoire des saints de la province

de Lille, Douai et Orchies, p. 308 (1638).

Les Récits de Dom Pronier, grand prieur de St-Vaast. Les Grandeurs de la Mère de Dieu,, dédiées à la Reine Mèzeray, historiographe de France.

' D'après un Mss. du cabinet de M. Laroche.

Gazet, Histoire ecclésiastique des Pays-Bas (1614).

Pierre Desmazure, commentateur delà coutume d'Artois.

Hébert, commentateur de la coutume d'Artois.

M. DE Fleury, Histoire ecclésiastique,

Gallia christiana, t. III, fol. 318, 319 et 323.

WiMAPmus, religieux de St-Vaast, dans ses Remarques *.

Nicole Gilles, Histoire de France (1500).

Malbrancq, de Morinis (1654), t. III, liv. ix, ch. 15.

Maillart, Coutumes d'Artois, p. 134, 135.

J. B. DE Castillon, Sacra Belgii chronologia, fol. 363.

11 y a lieu de compléter cette liste par l'addition des

ouvrages suivants :

Le p. Ignace, Dictionnaire du diocèse d'Arras, t. II et IV.

Bibliotheca cardinalis Sirleti, fol. 320 v., cité par le P. Fatou, le Registre Thieulaine, et d'autres manuscrits anciens.

Manuscrit de Blondin, chanoine d'Arras.

Manuscrit du P. Constantin.

Histoire du Cierge d'Arras, manuscrit in-4® anonyme.

* Cette mention de Wimannus ou Guimann est une véritable révélation : on s'étonnait à juste titre que l'illustre chroniqueur de l'abbaye de Saint- Vaast au XII'' siècle, le contemporain de la charte d'Alvise et des premières merveilles du St-Cierge, n'ait rien dit de la miraculeuse origine du culte de N.-D. des Ardents. Guimann n'en a pas parlé dans son Cartulaire, précisément parce qu'il «avait traité cette question dans un autre travail, <i en ses Remarques », manuscrit qui malheureusement n'existe plus.

Le manuscrit de M. Laroche nous apprend également que Guimann a raconté l'histoire de la Ste Manne, dans le même travail.

Ces indications concordent parfaitement avec cette note du Nécrologe de St-Vaast qui disait en parlant de Guimann : Fuse alibi de eo. Avant de connaître l'existence de ces « Remarques », nous ne savions rien de cet aliM révélé par le Nécrologe.

Antoine-Henri Brazier, Diversités curieuses touchant la

ville d'An^aSy mss. du XVIII' siècle.

Advenement de la Ste ChandelUe d'Arras l'an 1105, mss.

du XVIP siècle.

Recueil rédigé en. 1770 au nom de la Confrérie de N.-D.

des Ardents, par M. François-Xavier Desmazières, mss.

des Archives de rÉvêché, de l'Académie d'Arras et de

la Bibliothèque de cette ville.

Le nouveau théâtre du monde, p. 594 (1561).

Le guide universel des Pays-Bas, p. 332 et 334 (1576). Le P. Porée, Triple couronne de la Ste Vierge^ p. 201. Le P. Antoine Deslions, Elegiee de cultis B. V. Mariœ

(1631), Élégie 10^ Le P. Fatou, Discours sur les prodiges du saint-Cierge

d'Arras (1693 et 1744).

Histoire du St Cierge, en latin, imprimée en 1612, Description du voyage de J. Fontaine et de Louis Schon-

BUB (1629-1633), Annales de l'acad. d'arch. de Belgique, t. XI. Voyage littéraire de deux Religieux Bénédictins , t. II

Harduin, Mémoires pour servir à l'histoire de la province

d'Artois (1763).

Dom Devienne, Histoire d'Artois (1784).

Hennebert, Histoire générale de la province d'Artois

HLIIKL* SIÈCLE.

LaMbbrtVs sVsGepIt bGGb Ioannes pIVs heDIntegrat

LETTRE DE S. G. MGR. J.-B. LEQUETTE, ÉVÊQUE d'ARRAS,

pour le rétablissement du culte de Notre-Dame-des-Ardents et la construction d'une nouvelle église sous ce vocable.

Arras, le 25 février 1869.

A nos chers Diocésains de la ville d' Arras,

Parmi les gloires religieuses qui ont illustré la ville d' Arras dans les siècles passés, une des plus grandes a été le culte rendu à la sainte Vierge honorée sous le titre de Notre-Dame-des-Ardents. Un gracieux sanctuaire élevé au sein de la cité voyait de nombreux pèlerins accourir, chaque anné^ pour vénérer le Cierge sacré dont il était dépositaire. Mais, liélas, parle malheur des temps, ce sanctuaire avait disparu, et le culte de Notre- Dame-des-Ardents n'était plus qu'un souvenir.

Depuis qu'il a plu à la divine Providence de nous placer à la tête de ce Diocèse, nous avons conçu la pensée

* Chronogramme composé par M. le chanoine Van Drivai à Toccasion de la pose de la première pierre de l'église Notre-Dame des Ardents : on y trouve heureusement rappelées les deux dates de Téta blissement de ce culte par l'évêque Lambert en ll(fô (MCV), et de sa restauration par Mgr J.-B. Lequette en 1869 (MDCCCLY VVIllI).

de rendre à la couronne de notre chère cité épiscopale ce fleuron qu'elle a perdu. Pouvions-nous ne pas éprouver Tardent désir de réaliser cette pensée, en voyant si heureusement rétablis dans les villes de Boulogne et de Saint-Omer, les pèlerinages qui en faisaient aussi la gloire? Aussi lorsque, Tannée dernière, de nombreux habitants d'Arras vinreatà Saint-Omer vénérer dans son antique sanctuaire Notre-Dame-des-Miracles, au milieu des félicitations adressées par nous aux pieux pèlerins, nous manifestâmes le vœu de notre cœur à Tégard de Notre-Dame-des-Ardents. Ce vœu, nous le savons, fut accueilli avec la plus entière sympathie ; il ne nous restait plus qu'à hâter le moment de le mettre à exécution.

Or, voici qu'une circonstance bien favorable se présente pour rendre à la cité d'Arras son sanctuaire et son culte de Notre-Dame-des-Ardents.

Depuis longtemps les habitants de la Basse-Ville, gênés dans l'accomplissement de leurs devoirs religieux par Téloignement où ils sont de la Cathédrale, exprimaient le désir de voir s'élever au milieu d'eux une église qui leur offrit, sous ce rapport, une satisfaction qu'ils avaient peine à trouver dans la modeste et si étroite chapelle de la Communauté de Sainte-Agnès. La place attenante à cette Communauté, par Theureux dégagement qu'elle a subi, présentait, pour la construction de cette église si désirée, le terrain le plus convenablement approprié. Dans la sollicitude pastorale qui nous anime pour tous nos chers diocésains, nous avons cru qu'il était de notre devoir de seconder des vœux depuis longtemps manifestés, en provoquant nous-même Térection de Téglise qui en est l'objet. Nous prîmes la confiance de commu-

niquer notre dessein à M. le Maire de la ville d'Arras. Cet honorable et digne Magistrat accueillit avec sympathie une ouverture répondant d'ailleurs aux dispositions bienveillantes qu'il avait exprimées plus d'une fois à ce sujet. Le Conseil municipal, secondant notre désir, a décidé que la place de Sainte-Agnès serait mise à notre disposition pour y ériger l'église projetée. C'est im nouveau titre à notre reconnaissance déjà bien motivée par tout ce qu'il a accompli jusqu'ici, pour la satisfaction des besoins religieux de la ville d'Arras.

Il reste donc à trouver, dans la générosité des fidèles, les ressources nécessaires pour mener à bonne fin cette pieuse entreprise.

Il nous a semblé que placer la future église sous le vocable de Notre-Dame-des-Ardents, rétablir dans ce nouveau sanctuaire un culte que nos pères étaient fiers de posséder, ce serait exciter, pour sa construction, une ardeur à laquelle tous les habitants de la ville seraient heureux de prendre part. Quelle famille en effet refuserait d'apporter sa pierre à un monument qui renouerait si bien la chaîne d'une tradition momentanément interrompue, et serait, pour notre cité épiscopale le gage d'une protection dont les si'ècles antérieurs ont ressenti tant de fois les précieux effets? Aussi, avons-nous la confiance que notre appel sera entendu. Sans doute, nous comptons avant tout, sur l'initiative généreuse des habitants de la Basse-Ville, qui trouveront dans le nouveau sanctuaire la facile et pleine satisfaction de leurs besoins religieux : mais tous nos chers diocésains d'Arras voudront aussi offrir à Notre-Dame-des-Ardents

le tribut d'une vénération dont nos pères nous ont transmis Théritage.

Une commission vient d'être formée pour l'exécution du projet de la nouvelle église. M. le Mairea bien voulu en accepter la présidence. Elle se compose de :

MM. Plichon, maire, Président ; Wartelle-Deretz, conseiller général, Vice-Président ; Gardin, président du tribunal civil ; Lecesne, vice-président du conseil de préfecture ; Envent, archiprêtre de la cathédrale ; Grand- GuiLLAUME, membre du conseil municipal ; B. Dauchez ; DE Veyrac; Cotteau ; Petit-Dourlens, Trésorier; Bonnière; deClerck; Van Drival, chanoine, Secrétaire.

Les honorables membres de la Commission ne tarderont pas à se rendre dans les différents quartiers de la ville pour y recueillir les offrandes et souscriptions.

Daigne Notre-Dame-des-Ardents bénir cette pieuse entreprise : puisse le nouveau sanctuaire qui lui sera dédié, être un foyer d'où rayonnent les grâces les plus abondantes sur toutes les familles de la ville d'Arras. Signé: f Je an-Baptiste- Joseph, Évêque d/Arras, Boulogne et Saint-Omer.

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déposées dans la première pierre de l'Église Notre-Dame-des-Ardents.

Anno dominicae . incarnationis MDCCCLXIX, die verô

mensis novembris septimâ, in festo SS. Reliquiarum,

Ego Joannes Baptista Josephus Lequette, Episcopus Atre-

bat. Bol. Aud. benedîxi et injposui primarium lapidem ecclesiae B. M. V. Dominae nostraB Ardentium dictœ, omnium impenses et zelo admirabili aediflcandae, praesentibus DD: Praefecto, Majore, venerabili Capitulo et proceribus ciyitatis, et adstante multo cleri et fldelium numéro.

(Signé) f Joannes Baptista Josephus, episc. Atreb. Bol. et Aud.

Anno dominicae incarnationis 1869, die 7* novembris, présidente SS» Romanae EcclesiaB Pio IX Pontiflce, Napoleone III Gallis imperante, positus est primus lapis ecclesia? B. M. V. Dominae nostrae Ardentium dictae civitatis Atrebatensis, Joanne Baptista Josepho Lequette, episc. Atreb. Bol. et Aud. praîsentibus Capitulo, clero, et proceribus civitatis.

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