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parce que, édifié de ce qu'il voit de la vie des Sœurs, il veut obtenir l'assistance de leurs prières en leur faisant un don éminemment utile ? Nous l’ignorons.

L'acte qui relate cette donation semble avoir été fait à la hâte. Il y a à peine le nombre de témoins nécessaires, trois en tout: Guillaume l'Anglais et maitre Bernier, au

nom d'Enguerran, Arnald Ortiguers le père de Guil-

laume de Monrédon (1) au nom du monastère de Prouille.

Les ruines du château d'Enguerran de Boves.

Ce dut être en cette circonstance, ou peu de temps avant, que mêlé aux pèlerins allemands, le lorrain Etienne de Metz, gagné par les prédications et les exem-

ples du B. Dominique, pour emprunter le langage pitto=

(1) Cf. no XX, page 327.

Apres

resque de Jean de Réchac, « quitta la bandoulière solda-

Fac-simile de l'acte de vente de Pierre Canal à saint Dominique, d’après une photographie de M. A. Cardes. (Voir p. 340.)

tesque et s'enrolla au nombre des vrays soldas de Jesu- Christ, sous la direction du saint Patriarche (1). »

(1) Jean de Réchac, Vie de saint Dominique, t. I, p. 573. — Etienne de Metz, ainsi que nous le verrons bientôt, fut le compagnon du B. Dominique pendant le carême de 1213, à Carcassonne. C'est donc le moins qu'il se soit mis sous la conduite du saint, trois ou quatre mois auparavant. En décembre 1212, il en eut l’occasion toute naturelle. Il a pu de même faire partie des pèlerins allemands amenés en 1211 par le comte de Bar ou le prévôt de Cologne. (P. de V.-C., édit. Migne, t. COXIII, p. 612, etc.)

Lambert de Thury, seigneur de Puivert, pour la rémission de ses péchés et par piété, donne à Dieu et à la maison de la B. Marie de Prouille le chezal dit du Pech, avec ses appartenances sises sur le territoire de Puivert. De plus des terres de labour pour trois charrues y compris celles du dit chezal, quatre arpents pour y planter une vigne, quatre autres arpents pour créer une prairie ; enfin, pour les animaux dépendant de cette grange, le droit de pâture sur tous les pâturages de ses domaines.

Février-mars 1213

Universis præsentes literas inspecturis Lambertus de Thuri, Dominus Podiiviridis salutem in Domino : Ad universitatem vestram volumus pervenire nos dedisse et concessisse, divinæ intuitu pietatis et ob remissionem peccatorum nostrorum, Deo et domui Beatæ Mariæ de Prulano juxta Fanumjovis sitæ, casale Podiisitum in terminio Podiiviridis cum omnibus pertinentiis ejusdem casalis; et, cum ipso casali, terras aptas ad culturam; ita quod, per totum scilicet tam de terra casalis quam de alia apta ad colendum, habeat prædicta domus tantum terræ quantum tria aratra poterunt sufficienter colere annuatim; et hoc sit de propinquioribus terris, quæ infra terminium Podiüviridis poterunt inveniri, Præterea damus et concedimus quatuor arpenta

terræ ad plantandam vineam et tantumdem ad opus prati infra terminium castri prædicti. Concedimus similiter quod animalia prædictæ domus possint libere pascere in totis pascuis terræ nostræ ; et omnia supradicta, sicut melius dare possumus et concedere, damus et concedimus prædictæ domui et fratribus aliisque ibidem Domino servientibus in puram et perpetuam eleemosynam; et, per omnia tempora, libere possideant et quiete. Quod, ut ratum sit et semper inconcussum permaneat, sigilli nostri munimine duximus confirmandum anno ab Incarnatione Domini millesimo ducentesimo decimo tertio.

Copie : Bibl. Nat. Paris, Doat, t, XCVIIL, fe sr?.

COMMENTAIRE

I. — Revenu au commencement de décembre 1212, en son monastère de Prouille, le B. Dominique n'y séjourna pas longtemps. Gui, évêque de Carcassonne, songeait alors à se rendre en France pour les intérêts de la croisade et il avait jeté les yeux sur le serviteur de Dieu, dont la réputation de sainteté grandissait de jour en jour, pour en faire l'administrateur du diocèse en son absence. Gui toutefois n'investit le saint de cette haute fonction, témoignage de sa confiance, qu'après le concile tenu à Lavaur en janvier 1213, concile dont il nous faut d'abord, pour la meilleure intelligence du présent document, dire brièvement le motif.

A la suite des succès des croisés à Penne d'Agen, Moissac et autres lieux, le comte de Toulouse s'était réfugié auprès de Pierre, roi d'Aragon (1), et avait obtenu son concours actif, de telle sorte que, dès le 6 janvier 1213,

(1) Cf, plus haut page 346,

ce prince, se trouvant à Toulouse avec Raymond VI et les seigneurs ses alliés, prenait leur cause en main, et sollicitait, à leur intention, une entrevue avec le légat et le comte de Montfort. Lavaur fut choisi pour cette entrevue à laquelle se rendirent, avec le comte et l'archevêque légat, l'archevêque de Bordeaux, les évêques d'Albi, de Comminges, de Carcassonne, de Toulouse et quelques abbés.

Tout aussitôt des pourparlers s'engagent de vive voix et par écrit entre le concile et le roi d'Aragon qui plaidait la cause du vicomte de Béarn, des comtes de Toulouse, de Foix et de Comminges. A la fin de janvier, le concile, convaincu que le roi et ses clients ne sont pas de, bonne foi, se sépare sans rien conclure, mais après avoir informé le Pape de la situation. Pendant ce temps, Pierre d'Aragon reçoit à Toulouse le serment de fidélité, non seulement des comtes ses protégés, mais encore des consuls et des habitants de la ville et d'un grand nombre

de faidits (1). Gui de Carcassonne et Foulques de Toulouse partent pour la France dans le but de déjouer les menées de Raymond VI près de Philippe-Auguste, de déterminer Louis, fils ainé du roi, à prendre la croix, et enfin de recruter de nouveaux chevaliers pour la défense de la cause catholique en Languedoc.

Saint Dominique, de son côté, le carême approchant (2), vient à Carcassonne et s'installe dans la maison de l’évêque, ayant pour compagnon Frère Étienne de Metz « ce rude macérateur de sa chair (3), » comme le nomment Étienne de Salagnac et Bernard Gui. |

Enfin, peu de jours après la clôture du concile de Lavaur, le comte de Montfort ayant reçu du roi ‘d'Aragon

(1) Voir, pour tous ces faits, Pierre de Vaux-Cernay (Hist. des Alb.). Ed. Migne, t. COXIIE, pages 630-633.

(2) En 1213, le mercredi des Cendres tomba le 27 février, (3) Hic rigidus macerater carnis suæ,

t, d’après une photographie de M. A. Cardes.

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l'invitation pressante de se rencontrer avec lui à Narbonne, l’accepte; mais bien qu'il ait provoqué ce rendezvous, le roi fit défaut et Montfort, craignant un coup de main des routiers, ne tarde pas à revenir à Carcassonne, où il trouve saint Dominique tout entier aux devoirs de la charge dont il porte la responsabilité pendant l'absence de l'évêque.

Bientôt arrivent au comte des hérauts d'armes porteurs de lettres de Pierre d'Aragon dans lesquelles le prince « le défie et le menace autant que faire se peut, » dit le moine de Vaux-Cernay. À un aussi orgueilleux défi, Montfort se décide à répondre hardiment: Entre leschevaliers sur lesquels il peut compter pour un pareil message, il en est un, connu et estimé de tous pour sa bravoure, son sang-froid, sa constance et sa fidélité. C’est Lambert de Thury (1). Enrôlé sous la bannière de Montfort dès 1209, il s’est signalé par plus d'une action d'éclat : Le comte Simon, après la prise du château de Puivert en novembre 1210, l’en a constitué seigneur (2) et l’a placé, comme en vedette, à l'entrée du pays de Sault et en face

(4) Le lieu d’origine de ce brave chevalier paraît être Thury-

sous-Clermont (Oise), à 22 kilomètres de Beauvais, dont la nef de l’église et les ruines du vieux château datent du douzième siècle. Ce pourrait être aussi Thury-en-Valois, arrondissement de Senlis Oise).

(2) Puivert est actuellement un village de 15 à 1,600 habitants, à 28 kilomètres de Limoux et16 environ de Mirepoix. La rivière du Blau coule à ses pieds. A l’est de Puivert, sur une colline de 600 mètres d'altitude, sont de magnifiques ruines de l’ancien chàteau du douzième siècle, jadis habité par Lambert de Thury. Il est dominé par un donjon carré et flanqué de tours de même forme. À quelques kilomètres à l’est de Puivert est une vaste forêt, qui porte encore le nom de forêt de Thury (Expilly, B. Dusan, Vivien Saint-Martin, Baron Trouvé, etc.) Dans son Histoire de la terre privilégiée au pays de Kercorb (Paris, Dumoulin, 1872), M. C. Pont prétend que le premier seigneur établi par Simon de Montfort dans le château de Puivert, en 1210, fut Pons de Bruyèresle-Châtel. L'acte que nous publions ici ne permet plus cette affirmation,

des places fortes de Lavelanet et de Montségur occupées par les hérétiques.

Or, raconte Pierre de Vaux-Cernay : « Lambert de Thury et Walter de Langton, frère de l'évêque de Cantorbéry, chevauchaient un jour, avec des gens du pays, sur les confins des terres du comte de Foix. Raymond Roger, l'apprenant, se met à leur poursuite, et ceux de la contrée qui escortent nos chevaliers, dès qu'ils apérçoivent l'ennemi, s’enfuient, abandonnant traîtreusement leurs chefs. Des nôtres il ne reste bientôt plus que six combattants en présence d’adversaires innombrables qui les entourent et les serrent de près, pendant que le comte de Foix poursuit les fuyards. Nos hommes cernés de tous côtés ont leurs chevaux tués sous eux. Ils ne s’en défendent pas moins vaillamment. Un parent du comte de Foix dit à Lambert de Thury : « Rendez-vous. » — « Ce n'est pas encore l'heure, » répond l’intrépide chevalier ! Puis ne voyant aucun moyen d'échapper: «Nous nous rendrons, s'écrie-t-il, mais voici à quelles conditions : tu ne nous tueras, ni ne nous mutileras ; tu ne nous sépareras pas les uns des autres, tu nous admettras à rançon convenable ; enfin tu ne nous livreras pas au pouvoir d'autrui: fais-nous la promesse formelle de tenir toutes ces conditions, et nous nous rendons ; sinon non! Nous sommes prêts à mourir et, confiants dans le Seigneur, nous espérons bien que nous ne mourrons pas seuls. Nous vendrons chèrement nos vies et, le Christ aidant, nous mettrons à mal bon nombre d’entre vous. Nos mains sont encore libres ; certes, vous ne nous prendrez pas à votre guise ni à bon marché. » Le chevalier ennemi promet tout. « Eh bien! viens maintenant, reprend Lambert de Thury, et donne-m'en ta foi entre mes mains. » Il n'ose se risquer et il ne consent à s'approcher qu'autant qu'au préalable il sera garanti contre toute surprise. Lambert etses compagnons s'y engagent et, aux conditions jurées,

ils se laissent emmener prisonniers ; mais bientôt, enfreignant sa promesse, le traître les livre au comte de Foix, qui les fait charger de lourdes chaines et les met en si cruelle et étroite prison qu'ils ne peuvent s'y tenir ni debout, ni étendus par terre. Dans leur obscur cachot, un faible rayon de lumière ne pénètre qu'au moment où on leur fait passer par une trappe une nourriture misérable ! Et le comte de Foix les retint dans cette prison fort longtemps, jusqu'à ce qu'ils se fussent rachetés à grand prix (1). »

Le seigneur de Puivert avait donc fait ses preuves. Montfort s’en souvint, et c'est pour ce motif sans doute, qu'en février 1213 il députe « le preux et discret chevalier » vers le roi d'Aragon avec ordre de l'interroger sur ce qu'il faut croire du défi que ses envoyés lui ont apporté. Lambert devra certifier au prince aragonais que jamais le comte de Montfort n'a commis de forfaiture à son égard, qu'il est prêt à lui rendre tout office légitime de bon vassal, et que si le roi se plaint relativement aux terres conquises sur les hérétiques par commandement du Pape et avec le secours des croisés, le comte lui offre de s’en räpporter au jugement du Souverain-Pontife ou à celui de l'archevêque de Narbonne, son légat. Enfin, dans le cas où le roi persévérerait dans son obstination, Simon de Montfort remet à Lambert de Thury des lettres qu'il devra présenter et dont voici le résumé : « sans aucune des

(1) Cf. P. de Vaux-Cernay, Ed. Migne, t. CCXIIT, page 614. Voir aussi la traduction Guizot, Paris 1824, et cet ouvrage : « L'Histoire des Albigeois et gestes de Simon de Montfort, descrite par Fr. P. des Vallées-Cernay, moine de l'Ordre des Cisteaux et rendue du latin en françois par M. Arnaud Sorbin, prestre de Montech, docteur en théologie et imprimée à Paris (1654) chez Guillaume Chaudière, rue Saint-Jacques, à l'enseigne du temps et de l'homme

sauvage. »

Dans ce dernier ouvrage, l’auteur fait sans cesse des rapprochements saisissants et instructifs entre ce que furent en Languedoc etles Albigeois du treizième siècle et les Calvinistes du seizième,

qu'il avait sous les yeux.

salutations ordinaires, le comte signifie à Pierre d'Aragon que puisque après tant d'offres de paix et de juste satisfac= tion il n’en persiste pas moins dans son opiniâtreté et ses défis, à son tour, lui, Montfort, déclare que désormais non seulement il lui refusera tout service, mais que, Dieu aidant, il se défendra du roi comme de tout autre ennemi de l'Église. »

« Lambert vient donc vers Pierre d'Aragon et, devant de nombreux barons, il lui explique avec précision et fidélité ce que son maitre lui a mis sur les lèvres, et comme le prince, avec un entêtement persévérant, rejette tout moyen de conciliation et ne veut pas se désister de son défi, sou dain Lambert lui présente les lettres de Montfort. Lues sur-le-champ devant toute l'assemblée, elles mettent le roi en fureur. On fait sortir le courageux envoyé du comte et on le tient sous bonne garde. Pierre II demande aux siens ce qu'il doit faire en cette occurrence. Certains lui conseillent d’'ordonner à Montfort de venir en per- ‘sonne à la cour du roi lui rendre publiquement ce qu’il lui doit comme à son suzerain, et, s’il refuse, ils estiment que l’envoyé de Montfort est digne de mort. Le lendemain, Lam bert de Thury est de nouveau introduit : Il ne craint pas de redire fidèlement ce que la veille il a déclaré au nom du comte : « Bien plus, s'écrie-t-il, s'il est ici quelqu'un qui veuille soutenir que le comte de Montfort a injustement offensé le roi ou lui a manqué en la foi promise, je m'offre à défendre en combat singulier, dans cette cour, la loyauté de mon seigneur et maitre (1). » Personne des assistants n'ose relever ce défi : on se contente d’étouffer sa voix par de violentes clameurs. Enfin, à la prière de certains chevaliers aragonais dont Lambert était connu, le roi le laisse

(4) Au moyen âge un combat singulier entre des chefs d'Etat ou leurs représentants n’était pas assimilé au duel entre particuliers. Il était réputé légitime comme peut l'être une guerre entre deux peuples.

partir, et, après avoir couru maintes fois grand péril de sa vie, il alla rejoindre le comte de Montfort (1). »

II. — Or, c'est à son retour que le noble et vaillant chevalier Lambert de Thury se hâte de combler de ses libéralités le B. Dominique et sa famille de Prouille. Pourquoi ? Le saint lui a-t-il, au départ, promis son assistance auprès de Dieu et celle de son fervent monastère? Lambert, échappé pour la seconde fois à un imminent péril de mort, a-t-il éprouvé le besoin de témoigner à Notre-Dame de Prouille et à ses pieux serviteurs la reconnaissance de son àme ? Nous ne saurions le dire. Un fait est certain : à ce moment et à l'imitation de son illustre seigneur, donnant à Prouille le domaine de Sauzens, Lambert de Thury dota magnifiquement ce même monastère. Son intention apparait manifeste : il veut assurer à Prouille, dans sa seigneurie de Puivert,une grange ou ferme d’un rapport sérieux. Une simple maison d'exploitation à la campagne ne suffit pas à sa générosité, et, au domaine rural qui sera le centre de cette grange, il annexe ce qu'il faut de terres pour le travail de trois charrues, pour un vignoble et des prairies ; de plus, pour les bestiaux, il accorde le droit de pâture sur tous ses biens seigneuriaux.

III. — L'acte par lequel Lambert de Thurÿ se constitue le bienfaiteur de Prouille «par piété et pour la rémission de ses péchés, » comme il le dit lui-même, porte la date de l’année 1213, sans jindiquer ni le jour ni le mois. Ce jour et ce mois ne sauraient toutefois être postérieurs au 5 juin 1213, puisqu’en ce même jour— nous en aurons la preuve prochainement— la donation de Lambert de Thury fut confirmée à Carcassonne par Simon de Montfort. On est ainsi amené à assigner à l'acte qui nous occupe, pour date précise, le moment où Lambert revint de Barcelone, c'est-à-dire vers la fin de février. Rien non

(1) Pierre de Vaux-Cernay. Édit. Migne, t. CCXIIL, p. 659.

plus n'empêche de supposer que le seigneur de Puivert ait fait cette donation immédiatement avant son départ pour la Catalogne afin de se concilier, en cette grave circonstance, la protection de Marie priée et invoquée par Dominique, les Frères etles Sœurs de Prouille. Dans cette hypothèse, le document daterait des premiers jours du mois de février. On peut également supposer, avec quelque apparence de vérité, que le Bienheureux était alors à Puivert auprès de Lambert de Thury, car l'acte de donation n'a été rédigé ni à Prouille par le scribe attitré, Arnald Sans de Laurac, ni à Carcassonne, sans quoi Montfort l’eûut confirmé séance tenante. Qui sait même si l'homme de Dieu n'a pas eu mission du comte d'aller jusque dans les Corbières demander à son féal baron le service éminent qu'il lui rendit avec tant d'honneur et de courage(1)?

(1) Lambert de Thury resta fidèle jusqu’à la fin à Simon de Montfort et cette fidélité chevaléresque 1l la continua, après la mort du héros chrétien, à son fils Amaury. Montfort fut tué devant Toulouse le 18 juin 1218, et le 8 juillet suivant, on trouve Lambert à Pamiers, témoin dans l’acte de pariage que Pierre, abbé de Saint- Antonin de Fredelas, renouvelle au jeune comte en présence du cardinal-légat. Devenu seigneur de Lombers, dans l’Albigeois, on le vit, le 3 septembre 1219, avec le cardinal-légat, l’évêque de Carcassonne et Gui de Montfort, assister à un accord entre l’évêque d'Agde et le comte Amaury... Circonstance et détail historiques échappés aux savants auteurs et éditeurs de l'Histoire du Languedoc pour n'avoir pas su que Lambert de Thury avait été d’abord seigneur de Puivert,

En 1223, la cause du nouveau comte de Montfort en Languedoc était presque perdue. Les évêques de la Province, dans un pressant appel au roi de France en sa favéur, lui disent qu'Amaury, dans une telle extrémité, n’a trouvé pour demeurer avec lui aucun chevalier soit étranger, soit du pays, sauf son oncle Gui de Montfort, le maréchal Gui de Lévis, Lambert de Thury et quelques autres, en tout pas plus de vingt. Lambert de Thury eut deux fils : Lambert et Simon, qui héritèrent de sa seigneurie de Lombers.

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