D ER CT
nl ï à , “ … {
ol ” Var, £ Le .
ep
etes à
have rs ct
à 4 t . LEP L L »
à Fi : À et
Simon de Montfort déclare que Frère Dominique, son très cher Prieur du monastère de Notre-Dame-de-Prouille, lui a présenté, munie du sceau du vénérable Foulques, évêque de Toulouse, la charte par laquelle les deux frères Usalger et Raynès ont donné à Prouille le lieu et le territoire de Fenouillet ; et, considérant cette charte et la piété du Maitre qui la lui présente, il confirme la donation susdite pour le salut de son âme et celui de ses parents. En foi de quoi il appose son sceau à l'acte qui en témoigne.
Carcassonne, 28 mars 1213.
Pateat universis quod nos Simon, Dei gratia, comes Leicestriæ, dominus Montisfortis, dux Narbonensis, comes Tolosanus. vicecomes Bitterensis, vidimus chartam sigillo venerabilis Patris nostri Fulconis Tolosani episcopi pendente munitam, nobis per fratrem Dominicum, dilectum nostrum Priorem monasterii monialium Beatæ Mariæ de Pruliano in hac forma : Noverint universi quod nos Usalguerius et Raines de Fenoleto damus. etc., etc. (ut supra n° x, p. 277). Et nos F. Dei permissione Tolosanus episcopus, precibus predictorum Usalguerii et Raïinis, etc., etc. (Ut supra n° XVI, p. 299.)
Nos autem videntes concessionem, devotionem et dicti Magistri piam præsentationem considerantes, dictam dona-
tionem in redemptionem animarum nostri et parentum nostrorum, sicut superius in præsenti pagina plenius continetur, libere confirmamus et dictam villam, cum omnibus juribus et pertinentiis suis, dictis monialibus, jure perpetuo, integre concedimus possidendam. In cujus robore firmitatis, præsentem chartam sigilli nostri munimine duximus confirmandam.
Actum est hoc Carcassonæ in domo Domini Episcopi, anno McCx117, v° Kalendas Aprilis.
Imprimé : Echard, Scriplores O. P,, t. 1, p. 2, note. — Mamachi, Annal, O. P., app., p. 40. — Bullaire de l'Ordre, t, I, p. 7.
COMMENTAIRE
I. — Carcassonne, vue de la ville basse, présente aux regards le plus imposant spectacle. Au nord et vers l'ouest se dégagent à l'horizon des fortifications grandioses, d’un aspect saisissant et sévère; en face se dresse la vieille ville du moyen âge, avec ses remparts crénelés, ses rues tortueuses et étroites, ses maisons à demi ruinées. À gauche on aperçoit l'antique château féodal, vaste construction quadrangulaire, flanquée de tours puissantes. À droite, au delà de la tour dite de l’Inquisition et au-dessus du mur d'enceinte, s'élève la tour de l'Évêque, contiguë à l'antique maison épiscopale et au cloître qui conduit à l’église Saint-Nazaire, l’ancienne cathédrale. Construit vers la fin du onzième siècle, cet édifice fut, au treizième, considérablement agrandi sur l'ordre de saint Louis: un magnifique sanctuaire, du style ogival le plus pur, remplaça l'abside; le chœur se développa au milieu de six chapelles de front, mais l’ancienne nef romane resta dans son état primitif, et la chapelle de
Carcassonne : Porte de l'ancienne Cathédrale (Saint-Nazaire).
D'après une photographie de M. A, Cardes,
A pa Fr. 2 , te hrs dde rer ont ren rt UE to +:
4 y "1 CE * = (" ‘ ‘ g' « LE ï 14 t + ñ # à .
A ’ L , fs | 3 + , «+ L Le . FE ; :
- « LA « k + à KE .
rh . . ” = £ . . er ; > wi AU 2 A 22 D PT 'R PR) ' # d ».- AN PR .
ss NUE ER adore tt ei g à = LA :
“ à | = . #” - é : -: bai 1 Re ” - : …
la Sainte Vierge, sans être déplacée, fut seulement ornée et agrandie (1).
Or Constantin d'Orviète, d'après le témoignage d'Étienne de Metz, et d'accord avec le document que nous commentons, nous apprend que, durant la carême de 1213, saint Dominique, chargé de l’administration spirituelle du diocèse pendant l'absence de l’évêque, habita la maison épiscopale de la cité, qu’il ne cessa de s’adonner à la prédication, ne mangeant que du pain et ne buvant que de l’eau, et que, pas une seule fois pendant le carême, il n’entra dans un lit (2). L'ardente parole de Dominique retentit donc alors sous les voûtes de l’église Saint-Nazaire, et l’ancienne nef romane, à n’en pas douter, fut le témoin de ces nuits de pénitence et de prière dont le Père Lacordaire, interprétant les chroniques du temps, a si merveilleusement écrit (3); car si, après les labeurs d'un pénible apostolat, Dominique ne demandait pas au sommeil un repos nécessaire, c'était pour s’entretenir seul avec Dieu près de son tabernacle; et comme l’a remarqué l’éloquent écrivain que nous venons de nommer, « outre les supplications particulières que lui inspiraient les besoins et les événements de chaque jour, il avait la cause de l'Église universelle présente à l'esprit; il priait pour la dilatation de la foi dans le cœur des chrétiens, pour les peuples encore assis dans l'esclavage de l'erreur, pour les âmes
(1) Voir Ditandy, Lectures variées, etc. — Carcassonne, 1875, p. 106, etc. — Joanne, Géographie de l'Aude.
(2) « Sane demoratus est aliquando vir Dei apud Carcassonam in domo episcopi per unam quadragesimam, prædicationi insistens, ubi etiam vices episcopi, tune temporis existentis in Francia, ab eodem sibi commissas in spiritualibus exercebat...... Addebat quoque frater Stephanus quod vir Dei Dominicus, per totam illam quadragesimam, non comedit aut bibit nisi panem et aquam, nec lectum intravit.» (Constant. de Orv. — Echard, t. I, introd.) — Inutile de rappeler que ce carême ne peut être que celui de l’année 4212; :
(A Lacordaire, Vie de saint Dominique, — Paris, 1888, p. 2 LE : «
souffrantes au purgatoire des restes de leurs péchés (1). » Ce fut assurément dans l’une de ces veilles prolongées, en l'église de la cité, que saint Dominique eut la révélation dont Constantin d'Orviète nous a laissé en ces termes l’émouvant récit. « La guerre, en ces jours<là, dit l'historien, devenait de plus en plus vive entre le comte de Montfort, au nom.de l'Église, et le comte de Toulouse. Celui-ci commençait à prévaloir; un religieux convers de l'Ordre de Citeaux, qui était près du saint,s'en affectait douloureusement. Une fois, dans sa profonde tristesse, il s'approche de l’homme de Dieu: «Maitre « Dominique, lui dit-il, est-ce que ces maux ne prendront «jamais fin ? » Le Bienheureux garde le silence; mäis lé Frère, n’ignorant point que le Seigneur lui révélait beauz coup de choses, insiste avec importunité. Enfin, en présence de frère Étienne de Metz, son compagnon, qui; depuis, l’a souvent raconté: « Oui, s'écrie le Bienheureux « Dominique, la malice de ces Toulousains aura une fin! «mais pas sitôt. Le sang d'un grand nombre sera encore «répandu et un roi périra dans l’un des combats de cette « guerre: » À ces mots, le convers cistercien et Frère Étienne d'exprimer leur crainte qu'il ne s'agisse du roi
de France, qui venait récemment de prendre en main la cause de la croisade albigeoise (2;. « Ne craignez rien pour « le roi de France, répond Dominique, ce sera un autre roi, «etbientôt, qui succombera dans lés vicissitudes de la pré-
(1) Vie de Saint Dominique, p. 234. — Dans la chapelle de la Sainte Vierge de l’église de la Cité, le pieux serviteur de Marie a certainement passé de longues heures à prier et à invoquer Celle pour laquelle il avait une particulière dévotion. Serait-il téméraire d'émettre l’opinion que peut-être il y a reçu de Notre-Dame la mission de prêcher son Rosaire ou Psautier, comme des traditions locales l’affirment de différents autres sanctuaires.
(?) On lit dans Pierre de Vaux-Cernay (éd. Migne, t. COXIII, ch. LVIN, p. 660) : « Le premier jour du Carême(?7 février)le roi de France tint à Paris un parlement général dans le but de règler la question du départ de son fils (le prince Louis qui s'était çroisé),
Carcassonne : Nef de l’ancienne Cathédrale (Saint-Nazaire) dans laquelle pria et prêcha saint Dominique,
D'après une photogr, de M. A. Cardes.
# teen cesse ere ne | ; Re à : ve .