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taille de Muret, que Foulques et Dominique se rencon= trent. Si l’on s'en rapporte aux registres d’inquisition, fréquemment à cette époque, et de concert, ils se sont employés à l’évangélisation des hérétiques dans les parties du diocèse de Toulouse soustraites à l'influence du comte Raymond et deses partisans.
En mars 1214, le Souverain-Pontife Innocent III venait de confier la légation du midi de la France à Pierre de Bénévent, cardinal du titre de Sainte-Marie in Aquiro, et celui-ci, dès les premiers jours d'avril, était à Narbonne auprès de son illustre prédécesseur, l'archevêque Arnald Amalric. Comment douter que l’évêque de Toulouse et saint Dominique ne se soient empressés de se rendre à cette occasion vers le représentant du Saint-Siège? Pour le Bienheureux c'est d'autant mieux indiqué qu'il remplace encore l’évêque de Carcassonne dans l’administration de son diocèse. N’a-t-il pas d’ailleurs à faire renouveler par le légat ses pouvoirs d’absoudre de l’hérésie ?
Au début de la seconde quinzaine d'avril, les Narbonnais ont prêté serment au cardinal Pierre. Les comtes de Foix et de Comminges, à leur tour, font abjuration entre les mains du cardinal. Les Toulousains lui offrent leur soumission et ils envoient à Narbonne plusieurs de leurs consuls qui s'engagent en leur nom et par serment à purger la ville de tout hérétique. Enfin Raymond VI se rend lui-même près du légat, et déclare s’en remettre pleinement et entièrement à l'Église romaine (1}. De telles démarches intéressent trop Foulques et Dominique pour que nous ne soyons pas convaincus qu'ils y ont pris une part très active. :
Bientôt, à la tête de chevaliers qui se sont croisés à la
{t) Voir pour tous ces faits: Pierre de Vaux-Cernay, — les lettres d'Innocent III, — Migne, Opp. Inn. III, t, III, pp. 953, V55, 958, 959, ete,, — Hist. Lang., éd. Privat., t. VIIL p. 645 et suiv.
prédication de maitre Jacques de Vitry, l’évêque de Carcassonne arrive de France. Montfort va à leur rencontre jusqu'à Béziers et les amène à Carcassonne les premiers jours de mai. Nécessairement, en cette circonstance, sont ensemble réunis les évêques Gui et Foulques, Frère Dominique et Simon de Montfort, mais pour quelques instants seulement, car l’évêque de Carcassonne et Gui, frère du comte Simon, ne tardent pas à se diriger sur Rodez et Cahors afin de soumettre le Rouergue et de punir le traître qui, en février, a livré à Raymond VI, pour le mettre à mort,;le comte Baudoin, son frère (1).
Pendant ce temps, Montfort, avec son fils Amaury, va conclure à Valence le mariage de ce dernier avec Béatrix, nièce du duc de Bourgogne et fille du Dauphin du Viennois. Les deux comtes, à cause des nécessités de la guerre, ne restent que peu de jours en Dauphiné et ils ramènent la noble fiancée à Carcassonne où saint Dominique se dispose à se rendre, de Fanjeaux, avec l’évêque de Toulouse, pour la bénédiction nuptiale.
(1) Raymond VI, mis par une trahison lâche et honteuse en possession du comte Beaudoin son frère, eut la cruauté de le condamner à être pendu, pour avoir embrassé le parti de l'Eglise. Le comte de Foix et Roger Bernard, son fils, se chargèrent de l’exécution et pendirent de leurs propres mains le malheureux comte, en présence même de Raymond VI,
Hugues de Lascy, seigneur de Castelnaudary et de Laurac, donne à Dieu, à la B. Marie de Prouille, aux Frères et aux Sœurs présents et futurs, servant Dieu et sainte Marie à Prouille, le lieu d’Agassens avec toutes ses appartenances et ses hommes; des pâturages pour les animaux, du bois de chauffage et de construction à prendre dans la forêt de Pechluna,
Juin 1214.
Notum sit præsentibus et futuris quod ego Ugo de Lasci Dominus Castrinovi et Lauriacensis, do, pro remedio animæ meæ et prædecessorum meorum, locum de Agascens cum omnibus pertinenciis suis, hominibus et agris cultis et incultis, nemoribus, aquis, et omnibus iuribus ad prædictum locum pertinentibus, et pascua animalibus domus, et ligna ad comburendum et ad ædificandum domos in loco de Agascens, in foresta de Podiolunar; do, inquam Deo et beatæ Mariæ de Proliano et fratribus et sororibus præsentibus ibidem Deo et beatæ Mariæ servientibus præsentibus et futuris libere et in perpetuum possidendum ; et ego taciam vobis guirentiam ab omni vivente ; et, ut ratum permaneat omni tempore, præsentem paginam sigilli nostri munimine roboramus.
Huius rei sunt testes: Radulfus Pel de Loup, Ugo de Cam-
pania Baulabertus, de Belfort, Hubertus Oyse, Bernardus de Sancto Juliano et Rogerius frater ejus et Bernardus de Sancto Goyrico. Datum, mense junii, anno Domini millesimo ducentesimo decimo quarto.
Copie : Bibl. nat,; Doat, t. XCVIIJ, £ 53°. , Catalogué : A. Molinier, Catal. des Actes de S. et À, de Montfort, p. 78.
Alain de Roucy, seigneur de Montréal et de Bram, donne à Frère Dominique, chanoine d'Osma, aux Frères et aux Sœurs servant à Prouille Dieu et la Bienheureuse Marie, un lieu sis à Bram pour maison, aire et jardin.
Juin 1214.
Notum sit omnibus hominibus præsentibus et futuris, quod ego Alanus, Dominus Montisregalis et Brom, do et concedo libere et in perpetuum fratri Dominico Oxomensis canonico et fratribus et sororibus Deo et beatæ Mariæ in Prolano servientibus, præsentibus et futuris, locum ad domum etad aream et ad ortum apud Bromium. Locus domus terminatur ab altano in hereditate Arnaldi d’Alsona, et a meridie in domo Benefactæ et filiorum ejus; a circio in domo Bernardi Ugonis; ab aquilone in via ante januam. Locus areæ terminatur.ab altano in area del Viver; a meridie in casali Bernardi Rogeriïi et in area Benefactæ; a circio in area Benefactæ et in area de Vilacisclis; ab aquilone in area de Astiferis et in area Bernardi Ugonis. Locus orti terminatur ab altano in hereditate Villarnovar; a meridie in ipsa hereditate a circio in riparia de Bromatel* ; ab aquilone in terra
(a) La rivière dite Bromatel ou ruisseau de Bram est aujourd'hui nommée le Bézal. Klle prend sa source un peu au-dessous
du monastère de Prouille et elle se réunit près de Bram, à la rivière de la Preuille qui est plus au Nord (Note de M. de Teule).
Raymundi Boerti*. Hæ: omnia do et concedo libere et in perpetuum pro remedio animæ meæ et uxoris et parentum meorum, cum ingressibus et egressibus suis, sicut Dominus Rodbertus?, capellanus noster, mandato nostro, misit prædictos fratres in possessionem, coram Johanne Montanario præposito Montisregalis ° et R God‘, bajulo“ de Vealmores*, et Rogerio de Cassainaf, bajulo de Brom, et
Guillelmo Malestricto bajulo Villanovæ# ; salvo tamen jure
dominii super prædictis de furto et de forisfacto". Quod, ut ratum permaneat omni tempore, præsentem paginam sigilli nostri munimine roboramus. Datum, mense juni, anno Domini millesimo ducentesimo decimo quarto.
Copie : Bibl. nat. Doat, t. XCVIII, f° 20 b.
Catalogue : A. Molinier, Catal. des Actes de S. et À. de Montfort. Mentionné : Hist. Lang. éd. Privat, t, IV, p. 855.
(a) Dans ces détails sur l'emplacement des maisons d'habitation des jardins et des aires à Bram, il y a pour l'érudit matière à une étude fort intéressante sur l’organisation topographique de cette localité au treizième siècle.
(b) Robert, chapelain d'Alain de Roucy, est sans doute le frère Robert, témoin dans l'acte de donation d'Odès Juif, seigneur de la Caplade. (Voir plus haut, page 437.)
{e) Ce prévôt de Montréal nous semble être un fonctionnaire principal comme était alors le viguier.
(d) Le baile administrait les domaines etles revenus du seigneur dans une circonscription déterminée appelée bailie. Alan de Roucy avait donc pour sa Seigneurie un prévôt et trois baïles, dont un à Bram, un second à Villeneuve-les-Montréal et le troisième à Vielmur.
(e) Vielmur ou Bielmur (Vealmores Vieille-Morès) n'existe plus : c'était, selon M. de Teule, une localité sise sur le territoire de la commune de Fenouillet au pied d’un escarpement foriné par le Pech de Mure. Il n’y aurait donc pas lieu de confondre ce Vieilmur avec celui que M. Paul Meyer a essayé d'identifier (chanson de la Croisade, t. IT, p. 104 et add., p. 522).
(f} Cassaina est la Cassaigne commune du canton de Fanjeaux.
(g) Villeneuve est un village à peu de distance du chef-lieu de canton Montréal.
(h) I] s’agit ici du droit de haute justice pour vol et forfaiture que le seigneur de Bram se réserve sur les lieux qu’il donne au monastère,
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COMMENTAIRE
I. — Les premiers jours de juin, en l’église cathédrale de Saint-Nazaire, à Carcassonne, Dominique, assisté de l’évêque Foulques (1), célébrait en grande pompe le mariage d'Amaury de Montfort avec Béatrix, fille du Dauphin. En l’invitant de préférence à tout autre, le chef illustre de la croisade ne pouvait témoigner au saint d’une manière plus ostensible l'affection et la vénération profonde qu'il lui avait vouées. C’est la remarque de Gérard de Frachet. « En ce temps-là, dit le chroniqueur dominicain, le comte de Montfort, combattant les hérétiques du glaive matériel, et le B. Dominique du glaive spirituel, devinrent tellement intimes, que le comte voulut que le Bienheureux bénit, à Carcassonne, l’union de son fils avec la fille du Dauphin du Viennois (2). »
Comme à Castelnaudary, lorsque Amaury futarmé chevalier,à cette cérémonie du mariage se rendirent de toutes parts les hauts barons de la contrée. Parmi eux, au premier rang, il faut compter Hugues de Lascy, seigneur de Laurac et de Castelnaudary, et Alain de Roucy, seigneur de Montréal et de Bram. Pendant que Simon de Montfort gratifie l'évêque de Toulouse du château de Verfeil, ces seigneurs, voisins de Prouille, se chargent de témoigner la reconnaissance du comte à saint Dominique par des donations de grand prix.
II. — Déjà nous avons vu Hugues de Lascy exercer sa libéralité envers le monastère par le don de biens sis à Vil-
(1) Que l'évêque de Toulouse ait assisté, à côté de saint Dominique, au mariage d'Amaury de Montfort et que ce mariage ait eu lieu vers le 4 juin, cette conjecture nous semble entièrement soutenable, car le 4 juin, à Carcassonne, on voit Montfort faire à l’évêque le don gracieux du château de Verfeil, sous la seule obligation du service militaire d’un chevalier en temps de guerre.
(Hist. Lang., t. VIII, p. 655.) (2) Chronique dite d'Humbert, dans Mamachi, App., p. 299.
lenouvette (1). Cette fois il se surpasse.Non loin de Laurac, sur les domaines qui lui ont étéinféodés dans cette région par lecomte Simon, son suzerain, Hugues possède une terre du nom d’Agassens, près de Pech-Luna. Cette terre estdans les conditions les meilleures pour y établir une grange ou métairie; le seigneur de Laurac en fait le don gratuit, promettant en même temps tout ce qui est nécessaire à la création de cette métairie : champs, pâturages, bois pour brûler et pour construire. A une époque où chaque famille, chaque communauté devait tirer le vivre et le vêtement
Église de Bram, d'après une phut. de M. A. Cardes.
des revenus et des produits de ses biens fonds, une donation de cette nature était donc le service le plus éminent que l’on püt rendre à l'œuvre du serviteur de Dieu.
Le domaine d'Agassens si avantageusement fondé se développa avec rapidité. Au quatorzième siècle, il était en pleine prospérité (2?) ainsi qu'il appert du procès-verbal de
(1) Voir plus haut, p. 403.
(21lyavaità Agassens, au quatorzième siècle pour les besoins de la grange, deux frères convers, un donné blanc, onze serviteurs, savoir : trois bouviers, un jeune vacher, un cuisinier, un sommelier, trois bergers, un porcher, un manœuvre, et de plus un donné de bure qui, ayant abandonné au monastère ses biens et sa personne, vivait retiré à Agassens sans travailler, à cause de son grand âge. Le bétail se composait de dix-huit bœufs pour trois
la visite régulière de cette grange, faite le 17 octobre 1340 par Pierre Gui, Provincial des Dominicains de Toulouse. Prouille a possédé la grange d'Agassens jusqu'à l'époque de la révolution française (1).
Les noms des témoins cités dans le document que nous essayons d'interpréter : Radulphe ou Raoul Pel de Loup, Hugues de Champagne, Baulabert de Saint-Julien, Bernard de Saint-Goyric, etc., donnent à penser que ces témoins ont été choisis parmi les chevaliers attachés à la personne d’Hugues de Lascy ou faisant partie de la garnison de Laurac {2).
III. — Alain, seigneur de Montréal et de Bram, étaitde la famille des comtes de Roucy et de Braine en Artois (3).
charrues et de 250 bêtes à laine. On avait une bête de somme pour apporter de Prouille le pain de la semaine, et six chiens de garde pour les troupeaux, On élevait dans la grange jusqu’à dixsept porcs dont six étaient mis en salaison et les autres vendus. Enfin on récoltait plus de cent charges de foin, dix-sept tonneaux de vin pur, du froment, du seigle, de l’avoine, de l’orge, du millet et des légumes. Les habitants d’Agassens étaient en outre tenus à certaines redevances envers le monastère.
(1) Ce domaine, que dans tous le pays on continue d'appeler grange d’Agassens et que la carte d'état-major appelle tout simplement la Grange est resté encore intact et très bien conservé.Il est situé sur la commune de Payra. La forêt de Pech-Luna, aux portes de cette localité, existe également et appartient à l'Etat (Note de M. de Teule).
(2) Cependant, près d'Agassens on trouve les communes de Saint-Julia, de Saint-Gauderic, de Saint-Goyric, de la Louvière en qui on peut voir Pel de Loup, le lieu de Baraigne ou Barania. En 1268 un Bernard Radulphe et Jeanne sa femme, vendent au monastère de Prouille des censives sur une terre à Agassens (Note de M. de Teule). Enfin, du temps de saint Dominique, un Sicard de Belfort habitait Laurac. Vers 1254, on voit un Raymond de Saint- Julien conduire l’hérétique Saurine Rigaud de Fanjeaux à Bram, et un P. de Saint-Julien demeure deux ans à Fanjeaux avec le ministre cathare Pélissier, A de plus experts de trancher la question.
(3) La famille de Roucy tirait son nom de Roucy, arrondissement de Laon. Sur Alain et la famille de Roucy, voir Anselme, Généalogie, t. IV et VIII. — Longnon. Le Livre des Vassaux. — Teulet, Layettes du trésor des chartes, n°s 619 et 913. — A. Meyer (Chanson de la Croisade, t. II, p. 104 et 520). Hist.
« Cethomme de tout honneur », comme l'appelle Pierre de Vaux-Cernay, ne vint à la croisade qu'après la victoire de Castelnaudary, à la fin de septembre de l’année 1211. Simon de Montfort alla jusqu'à Narbonne au-devant d'Alain qui lui amenait une troupe de guerriers d'élite.
Dès son entrée en campagne, Alain de Roucy compte parmi les plus braves. A l'Épiphanie de 1212, il tient en échec le comte de Toulouse qui est à Montauban, « l'ennemi, ditlä chanson, en ayant une telle peur qu'il n'ose tenter aucune attaque. » A la bataille de Muret, commandant le deuxième corps de troupes, Alain occupe le centre avec Bouchard de Marly : lui et Florent de Ville ont conjuré la mort du roi d'Aragon; ils le forcent à se découvrir et on assure qu'Alain lui porta le coup mortel (1)
Or, en juin 1214, en même temps qu'Hugues de Lascy donnait au monastère de Prouille, en considération du
B. Dominique, la grange d’Agassens, Alain de Roucy
Lang, t. IV, éd. Privat, tom. VI, VIT et VIII. — Pierre de Vaux- Cernay, Guill. de Puylaurens, etc.
En outre des seigneuries de Montréal et de Bram, Montfort avait donné en fief à Alain de Roucy le château de Termes dans le diocèse de Narbonne avec tout le T'ermenès.
(1) Alain de Roucy ne survécut pas à saint Dominique. En 1216, à Beaucaire, il combat vaillamment. Au siège de Toulouse, il est auprès de Montfort, et comme le maréchal Gui de Levis parle de livrer l'assaut : « Par Dieu, Gui, dit Alain, comme vous êtes plein de bonté et bon ami du comte,je veux que vous entriez le premier et, si le comte y est le second, moi je serai le troisième. — Alain, dit le comte, il n'en sera point fait autrement. » (Chanson de la Croisade). Après la mort tragique de Simon de Montfort, Alain resta fidèle à lacause de son fils. En 1220, le vieux guerrier s'étant renfermé dans Montréal pour le détendre, les comtes de Toulouse et de Foix etle vicomte de Bigorre viennent l'y assiéger. Les habitants du bourg se rendent et Alain se retire dans le fort. A l’assaut qui estlivré le second jour, il est grièvement blessé à la tête. Le château est pris. Le comte de Toulouse trouve Alain assis sur une pierre dans la barbacane. Il s’assicd à ses pieds, ne voulant pas, dit un historien, par honneur et respect, s'asseoir à son côté; il promet la vie sauve à lui et à ses gens, et il les fait accompagner avec armes er bagages jusqu’à Carcassonne. Alain de Roucy mourut peu de temps après.
AU
lui octroyait, sur le territoire de Bram, un emplacement pour jardin, aire et maison. Ce fut encore là un don éminemment utile et opportun. On se souvient qu'en 1211 Foulques de Toulouse avait accordé aux Sœurs de Prouille, pour leur subsistance, le bénéfice de l'église de Saint- Julien, de Bram, avec charge d'assurer au chapelain qui desservirait cette église au nom du monastère sa pension ou portion congrue, mais il n'y avait ni habitation ni terres de rapport. Alain de Roucy y pourvut en juin 1214 (1).
IV. — La charte d'Hugues de Lascy ressemble à tous les documents du même genre que nous avons étudiés précédemment; l'acte d'Alain de Roucy, au contraire, ne parait être que la simple constatation légale d’une donation antérieure. Robert, chapelain du seigneur Alain de Roucy, a reçu le mandat de mettre Prouille en possession de cette donation: il l’a fait en présence de Jean Montanaire, prévot de Montréal; de R. God, baile de Vielmur; de Roger de la Cassaigne, baile de Bram, et de Guillaume Malestroit, baile de Villeneuve-les-Montréal. L'acte de juin n’en est que la confirmation,
Enfin par les chartes d’'Hugues de Lascy et d'Alain de Roucy, comme par celle de l’évêque de Toulouse, on est en mesure d'apprécier une fois de plus l'esprit pratique du saint fondateur de Prouille, mettant à profit toute circonstance pour améliorer le temporel de son monastère eten garantir, autant qu'il le peut, la perpétuité et la stabilité.
(1) La métairie de Bram dont Alain de Roucy a donné le premier emplacement figure sur un plan cadastral de 1760 conservé aux archives de la mairie, Le tout existe encore, mais n’est pas habité. La maison curiale qui appartenait aussi à Prouille était proche de l’église : elle n’existe plus. On voit encore à Bram au midi, près
de la route de Fanjeaux, encore intacts, les anciens magasins de Prouille dont la porte gothique appelle l’attention (Note de M. de
Teule).
Saint Dominique absout et fait rentrer dans le giron de l'Église Arnald Baudriga de Laurac, qui fut hérétique pendant sept années et s'était retiré à Montségur.
Vers 1214.